mardi 29 juin 2010

Entre filles: épisode21: Princesse Majida

Publié par bella_ragatsa à 06:31 0 commentaires

Croire au destin, c’est pour moi refuser de contribuer d’une manière ou d’autre au tissage d’une grande partie de sa vie. C’est accepter sa défaite, lorsqu’elle surgit sans réagir, c’est aussi baisser les bras et se laisser soumettre par une vague métaphysique qui ne se lasse de prendre du volume dans les tréfonds de nos âmes.
C’est exactement comme le fait de croire qu’on soit né sous une bonne étoile ou pas, que la chance aurait choisi dans une phase post- naissante une personne au détriment d’une autre, sans la moindre justice ou logique.
Pour moi, la chance n’est donc pas un vrac de circonstances et d’opportunités offertes solennellement, à une personne pour la beauté de ses yeux, mais un ensemble complexe de signaux qu’on rencontre partout, et qu’on doit déchiffrer au bon moment. Et donc, sont chanceux, ceux qui s’adaptent parfaitement et se fusionnent avec l’environnement et ses métabolismes.
Pourquoi aborder le sujet de la chance et du destin ? Tout simplement, parce que je n’étais pas prête à lâcher prise avec Sahar. Je me disais, que si elle est sortie avec une autre fille, ce n’est pas nécessairement parce que je manquais de chance, mais plutôt comme résultat de ma réticence.
Je n’étais pas aussi prête à lâcher prise parce que je sentais, que cette fille s’intéressait à moi, et qu’en cas où elle serait ma copine, ça pourrait durer entre nous deux.
Et donc pour la première fois de ma vie, je me trouvais décidée à me battre jusqu’au bout pour l’avoir à mes cotés, pour l’avoir à moi toute seule plutôt. Mais pour en arriver là, il fallait éliminer cet obstacle, qui s’appelait Mouna, une fille de 24ans, aux longs cheveux noirs, et aux yeux verts, qui me l’a piquée à un moment où je fus perdue dans un pseudo amour.
Cette idée diabolique éliminatoire ne m’a obsédée qu’après avoir eu une conversation en tête à tête avec Sahar. C’était d’ailleurs le même jour, où elle m’a présenté sa copine.
C’était une demi-heure, tout juste après m’avoir bavée de cette révélation morose. Je n’ai pas dit le moindre mot lorsqu’elle me l’a annoncé. Je me suis contentée de sourire à contre cœur, puis je me suis dirigée vers mes deux potes, qui m’ont accueillie chaleureusement, en croyant que j’ai eu peut être son numéro de téléphone.
- Alors, c’est pour quand votre premier rancard ?
En sortant une cigarette du paquet.
- Elle a une copine.
- Quoi ? s’écria Nawras.
En allumant la cigarette, j’ajoutai.
- Elle sort avec une fille.
- Qui ?celle avec elle ?
- Et oui !
Cyrine, me caressait la main en disant doucement.
- Ce n’est pas grave ma chérie, on te trouvera une autre.
Mais, notre discussion prit fin lorsque Sahar s’approcha de nous et m’adressa la parole.
- Excuse moi Yasmine, est ce que je peux te parler un moment.
Nawras, me fit un petit clin d’œil, et Cyrine se contentait de sourire. Alors, je me levais et je la suivais au grand portail de la cafétéria.
- Je… j’ai senti comme si t’étais un peu intimidée ! me lança-t-elle avec difficulté.
En cherchant à croiser son doux regard.
- Mais non, un peu surprise, mais… et en avalant ma salive. Mais je suis contente pour toi.
En me regardant longuement, elle sourit et me dit.
- Merci. Puis en hésitant un moment, j’espère que tu trouveras si vite une copine.
En riant légèrement.
- Je ne suis pas pressée.
En serrant les poings, elle murmura en reculant d’un pas.
- Bon, j’y vais alors, ma copine m’attend.
Dés qu’elle tourna le dos, je m’écriai.
- Est-ce que tu l’aimes ?
Elle s’arrêta sur place, puis en tournant à peine la tête vers moi.
- Elle me plaît, et puis ça ne fait que deux semaines qu’on sort ensemble, donc je prends mon temps pour la connaître encore plus.
Toutefois, elle ne me demanda pas sur la raison pour laquelle je lui ai posé cette question, elle traça un petit sourire et partit vers sa copine.
Sa venue vers moi était donc comme un signe de l’affection qu’elle portait pour moi, mais qu’elle ne pouvait manifester vu qu’elle est engagée maintenant. Et je ne savais pas pourquoi depuis que je me suis débarrassée d’un bandeau s’appelant Amira , mon attirance pour elle grandissait de plus en plus. Je la trouvais même plus belle qu’Amira, et beaucoup plus douce.
Et cette attirance me poussait encore loin au point de décider de détruire sa relation avec ma rivale. C’était méchant, mais en amour il y a toujours un gagnant et un perdant, et j’étais convaincue, que je serais la gagnante dans cette partie.
Mais je n’avais pas un plan en tête pour opérer dans ce sens. Ce n’est que quatre jours plus tard, en me promenant dans Géant avec Nawras et Cyrine, qu’une idée assez prometteuse m’est venue à l’esprit.
On faisait de la lèche vitrine à l’entrée de l’hypermarché, jusqu’à ce qu’on s’arrête à l’entrée de la boutique Benetton. Là, une chemise plaisait grave à Cyrine au point qu’elle décide de l’essayer. Il y avait assez du monde dans la boutique comme il s’agissait d’une samedi après midi. Et comme on ne trouvait de vendeuse disponible, on se dirigeait nous trois vers le caissier, qui était le responsable de ce point de vente, mais on n’était pas sure s’il était un homme ou une femme. Il avait le visage crémeux, les sourcils superbement épilés, les lèvres assez roses et brillantes, les bras aussi épilés, mais s’habillant d’une tenue de travail masculine : un pull vert et un jean délavé.
- Excuse-moi monsieur ! mais on voulait essayer une chemise.
D’une voix assez rauque, mais tout en riant comme une femme, il répondit.
- Une minute s’il vous plaît les filles.
Puis en quittant le comptoir, et en applaudissant, tout en criant.
- Mouna ! Mouna ! descends, il y a des clients en bas.
A peine deux minutes, la vendeuse descendit du l’escalier menant au petit dépôt, et en cherchant à rencontrer son regard je m’apercevais qu’elle fut la copine de Sahar.
Elle fut un peu surprise, mais elle se rappelait de mon visage. Comment pourrait-t-elle m’oublier bien sur après m’avoir dévisagé d’un aussi désagréable regard l’autre jour comme si elle pressentait que je présente une menace pour son couple.
- Ah salut, ne t’es pas l’amie de Sahar ? me dit-elle en traçant un sourire de boa.
En faisant semblant de sourire, je répondis.
- Oui, et toi sa copine !
Un peu honteuse, elle murmurait.
- Ne le crie pas tout haut, eh ! puis en cherchant de regard Cyrine, alors c’est quelle chemise que tu veux essayer ?
- Celle exposée dans la vitrine, la rose.
- Ah d’accord !
Puis partit avec mon amie, vers l’entrée de la boutique et je restais debout avec Nawras prés du caissier, qui ne cessait de mâcher un bout de chewing gum. Il était assez bizarre comme mec et avait une poitrine assez poussée. Il remarqua mes regards curieux et traça un sourire et dit en riant.
- Tout le monde me regarde bizarrement à cause de ma poitrine.
Je ne disais rien et je tournai la tête vers le petit coin de faux bijoux, où un bout de feuille collé au mur m’attirait l’attention. C’était une annonce de recherche de vendeuse à mi-temps.
Et sans très réfléchir, j’interrogeai le caissier.
- Excusez-moi ! vous cherchez une vendeuse ?
Il sourit et dit.
- Oui, t’es intéressée ?
Sans tourner la langue sept fois dans ma bouche je disais.
- S’il n’est pas déjà pris, pourquoi pas .
Il sourit et répondit calmement.
- Il y a à peine une heure qu’on l’a collé au mur, et t’es la première à venir pour l’annonce. Puis en avalant sa salive, donc si t’es intéressée, tu reviens demain matin, pour un petit entretien avec le patron.
- Ah d’accord c’est cool !
Là, Nawras me tira par la main en se demandant étonnée.
- Qu’est ce que tu fais, là ?
- Ben, je cherche un job à mi-temps.
- Tu fais de la médecine, l’as-tu oublié ?
Je laissai un petit sourire moqueur se faufiler de mes lèvres en disant.
- Ben, oui, mais je n’assiste jamais au cours donc gagner un peu de frics c’est mieux que trainer dans les cafétérias.
Elle me regarda un bout de temps non convaincue et continua.
- T’as déjà un petit job…
- Chanteuse dans un restaurent, une fois par semaine ou deux ? non merci !
Là, les yeux du caissier s’illuminaient d’une lueur d’admiration, et il s’écria.
- Tu chantes ?
Un peu timide, je disais.
- Oui, parfois !
- En arabe ou…
- En anglais souvent.
- Ah c’est cool, moi aussi je suis chanteur, j’ai un petit groupe, on chante souvent des morceaux de blues, et en riant, mais comme on n’a pas assez de moyens pour sortir un album, on se contente de chanter dans les mariages, des morceaux pourris en arabe. Et sans me quitter d’un regard intéressé, moi je m’appelle Majdi, mais je préfère qu’on m’appelle Majida ! hihi, princesse Majida !
Puis sortit du comptoir et posa sa main sur mon épaule, en me disant.
- Si ça ne te gène pas, tu pourrais me chanter un petit morceau de ton choix ?
J’hésitai un petit moment mais je finissais par chanter le refrain d’une ancienne chanson d’Alicia Keys.
Émerveillé par ma voix, il traça un superbe sourire et s’écria excité.
- T’as vraiment une très belle voix ! et en me faisant un clin d’œil, tu auras ce job, si tu acceptes de devenir membre de mon groupe, on a besoin d’une présence féminine hihi ! quoi que je me considère femme aussi hihi !
C’était vraiment un drôle d’homme de 28ans, avec qui je suis devenue très amie au fil du temps, un chanteur transsexuel le soir et un vendeur très efféminé le jour.
Dès que Cyrine sortit du cabinet d’essayage, elle s’approcha de nous et fit un petit tour à la façon d’un mannequin et dit.
- Alors, est ce qu’elle me va ?
- A merveille ! s’écria Mouna, voulant la lui faire acheter à tout prix pour avoir sa commission.
J’intervenais en adressant la parole à Mouna.
- Vous n’avez pas d’autres couleurs, je crois que le blanc te va mieux.
Là, Majdi, me soutenait en disant.
- Tiens, tiens, tu t’y connais dis donc ! et en parlant à Mouna, en fait, je crois qu’on a trouvé notre nouvelle vendeuse ! et en me tapant sur l’épaule fortement, la voilà, et en riant, tu t’appelles comment ma chérie ?
- Yasmine !
Là, Mouna devenait de toutes les couleurs, et perdit sa langue. Elle n’était pas la seule d’ailleurs, mes deux amies aussi l’étaient, et elles savaient aussi, que j’avais un plan derrière la tête à travers cette soit disant envie de bosser en tant que vendeuse.
Le lendemain était donc le premier jour dans mon nouveau job. Vers 10h, la boutique avait ouvert ses portes, et je me suis dirigée vers la petite chambre réservée au personnel de cette boutique. On était quatre y compris le caissier.
J’ai donc fermé la porte derrière moi, pour m’envelopper dans mon uniforme de travail, et là, la porte s’ouvrit brusquement et se ferma si vite. Je bondis sur place, et en tournant ma tête avec effroi, je rencontrai un regard aussi coléreux que celui d’un taureau de corrida.
C’était Mouna, brûlant de fureur et m’injectant d’un regard de plus en plus désagréable. En évitant de rencontrer toute cette haine dégagée de sa frimousse je disais.
- On frappe à la porte, avant de l’ouvrir…
Sans me laisser développer ma phrase, elle s’écria avec une immense colère dans la voix.
- Je ne pars d’ici que si tu m’expliques pourquoi t’as choisi de bosser avec moi dans la même boutique ? et en me mobilisant d’un regard assez venimeux, ne me cherche pas, ok ? sinon je te jure, que tu le regretteras !

mardi 15 juin 2010

Entre filles: épisode20: On récolte ce que l'on sème

Publié par bella_ragatsa à 07:23 0 commentaires

Qu’est ce qui pousse une personne à se venger ? Une question qui avait tellement bouillonnée dans ma tête. Est-ce la jalousie ? Est ce l’amour ? Est-ce la haine ? Est ce pour savourer la douleur d’autrui et réjouir de sa souffrance ? Où est-ce juste un prétexte pour retrouver un ancien amour ?
En suivant mon cœur, j’avais opté pour la première alternative. Pour moi, c’était sa façon de me faire payer la colère qu’elle ait subite suite au baiser maudit que j’ai échangé aux toilettes des filles.
Ce soir là, j’avais comme la langue coupée. Les mots aussi avaient pris leur part de vengeance en m’abandonnant. Mes lèvres furent le seul organe qui m’ait soutenu, en illuminant mon visage d’un faux sourire.
Mais ce sourire aussi m’avait largué lorsque Ilhem nous avait expressément avoué son amour pour ma copine. Ce qu’il était douloureux pour moi de l’entendre parler d’Amira avec tant de passion. Ce qu’il était épineux pour moi, de ne pouvoir crier tout haut, tais toi s’il te plaît. Je ne sais pas en tout cas comment j’ai trouvé la force ce soir pour ne pas pleurer et lui révéler que j’aimais aussi la même fille.
Ines me regardait avec un œil bienveillant, comme si elle tentait de lire les mots qui ne voulaient pas sauter de mes lèvres. Vers 23H, elle m’avait ramené chez moi. En garant sa POLO sous l’immeuble que j’habitais, elle ferma la radio, puis en posant doucement sa main droite sur mon épaule.
- Dors bien !
En levant sur elle à peine, un regard triste.
- Merci pour m’avoir ramenée.
Je l’embrassais par la suite sur sa joue puis en ouvrant la porte, elle m’interpelait.
- Tu feras mieux de rompre !
- Pardon ? dis-je, en tournant la tête.
Elle alluma une cigarette et reprit d’une voix confiante.
- Tu sais très bien de quoi je parle ! et en souriant, c’est une salope, admets le !
Sans vouloir m’investir dans une profonde conversation avec elle, je souris sans dire un mot puis je quittais la bagnole. De la fenêtre de ma chambre à coucher, je la voyais fumer un dernier bout de la cigarette puis la jeter par terre, en démarrant le moteur.
Le lendemain, sans même prendre mon petit déjeuner, je me suis habillée en me dirigeant vers l’appartement d’Amira. Ce qu’elle était une bonne comédienne, en m’ouvrant la porte avec un large sourire, comme si elle était heureuse de ma vue ou plutôt comme si rien ne s’était passé.
- Hey, t’es bien matinale, ma chérie.
En avalant avec difficulté ma salive, je criai.
- T’es vraiment, une…
- Salope ! pétasse ? dit-elle, en croisant les bras. Puis en me tirant par le bras, allez entre, on va prendre le petit déjeuner ensemble, je n’aime pas manger toute seule.
Ce que c’est méprisant d’être amoureux ! Ne pouvoir jamais dire non à la personne qu’on aime est le pire châtiment qu’on puisse recevoir. Comme un esclave bien obéissant je l’ai suivi au petit salon, elle m’avait offert une tasse de café au lait et s’était assise prés de moi.
- Alors ma puce ? je t’ai manqué tant au point de venir me voir à 9h pile ?
En m’efforçant de participer à son sale jeu, je répondis.
- Je ne t’ai pas manqué autant moi ?
- Mais si mais si ! puis elle posa son bol sur la table basse et se mettait à jouer avec mes cheveux, sans me quitter des yeux, est ce que je t’ai déjà dit que j’aime faire l’amour le matin ?
Gentiment, je me débarrassai de sa main puis je murmurai.
- Non, pas à ce que je le sache ! et en ingurgitant un peu de mon bol, tu ne m’as pas dit aussi que tu aimes faire l’amour à Ilhem ?
Elle traça un sourire malin, croisa les jambes puis d’un ton froid.
- Et alors, ce n’est pas si important, non ?
En déposant le bol sur la table, avant qu’il me tombe des mains tellement je vibrai d’énervement.
- Tu m’as trompé, Amira !
Elle se leva alluma la lumière du couloir et revint vers moi en disant.
- On est quitte maintenant, tu m’as trompé et je t’ai rendu la monnaie de ta pièce !
Dans un excès de colère, je hurlai.
- Je ne t’ai pas trompé moi. C’était un simple baiser…
En me coupant la parole d’une voix soulagée.
- Si je ne m’étais pas venue, ça aurait été le cas ! puis en mettant sa main audacieusement sur ma cuisse, j’ai envie de toi !
En expédiant sa main violemment, je criai.
- Non, tu n’as pas envie de moi Amira ! tu veux juste m’humilier comme d’habitude !
Elle me regarda un long moment puis avec son sourire charmeur prit la parole.
- Et je peux savoir pourquoi t’es venue, si ce n’est pas pour me faire l’amour ?
- T’es vraiment la fille la plus prétentieuse que j’ai jamais vue…
En riant à voix basse, elle répondit en épousant mon regard.
- C’est pour ça que tu m’aimes non ?
Ma gorge palpitait et mes yeux brillaient, en rajoutant.
- Puisque tu parles d’amour, je veux te poser une question.
- vas-y !
Le souffle court, je parlais.
- Est-ce que tu m’aimes ?
Elle laissa un rire ricanant l’emporter puis dit.
- Je savais que t’allais me poser cette question.
- Réponds alors !
Elle hésita un petit moment puis dit.
- Oui je t’aime mais je ne suis pas amoureuse de toi !
D’un coup, j’éprouvais le besoin de me lever mais elle me tint par la main en disant.
- Tu n’as pas assez bu ?
La vue, troublée, tellement les pleurs gonflaient mes yeux.
- T’as encore quelque chose de plus amer à m’offrir ?
Elle se mettait debout, me ceintura de ses bras et dit en me dévorant du regard.
- Un bel orgasme matinal !
Ma réponse cette fois-ci ne fut pas verbale, mais une belle gifle bien placée sur sa joue gauche. Elle baissa la tête un petit moment, puis hocha sa face en me collant, une bien forte sur ma joue. Me regarda après un long moment, et dit en cherchant mon menton avec ses doigts.
- Sors de chez moi, je ne veux plus te voir !
Le visage noyé par mes cheveux, je repris d’une voix étranglée de pleurs.
- Non, cette fois-ci, c’est moi qui ne veux plus de toi ! c’est pour cela que je suis passée te voir !
- Pour me l’annoncer ?
En souriant.
- Oui.
D’un œil furieux, elle criait.
- Tu peux retrouver ta nouvelle copine maintenant.
D’un regard partagé entre la rage et l’humiliation, je continuai.
- Et toi Ilhem.
Puis sans la regarder je me dirigeais vers la porte, mais avant de l’ouvrir, je faisais un dernier tour sur place en m’interrogeant.
- Est-ce que t’as des sentiments pour elle ?
- Puisque c’est fini entre nous, je ne vois pas pourquoi tu veux le savoir.
En lui coupant la parole, d’une voix colérique.
- Parce que je ne comprends pas comment tu peux sortir avec moi alors que ton cœur est pris par une autre !
Après un long silence, ses yeux s’allumèrent d’une méchante lueur.
- Je voulais… puis en ingurgitant sa salive, je voulais savoir si j’étais capable de trouver du plaisir avec une fille !
J’étais sur le point de ma pâmer, mais je ne savais pas comment mes jambes avaient pu me sauver d’une telle situation, jusqu’à me ramener chez moi. Si je pouvais résumer, elle représentait mon premier amour et je représentais sa pute, ou son cobaye sexuel. Je peux même en être fière. Grâce à moi, elle a eu les idées plus claires, et a avoué son amour à Ilhem. Et moi qu’est ce que j’ai eu en contre partie ? Absolument rien, que des pleurs, une tristesse et un début de dépression qui m’avaient hanté deux semaines entières.
Ce n’est qu’à partir d’un mois plus tard, que j’ai récupéré mon sourire grâce à l’aide de mes deux meilleures copines Cyrine et Nawras. Elles m’avaient beau supplié de les accompagner à l’étoile du Nord, et j’avais finalement accepté.
C’était un beau jour d’automne, vers 19h15. Elles me racontaient des blagues, des souvenirs drôles de leurs enfances, elles voulaient briser le mur de tristesse qui m’avait hanté.
- Écoute, on va te trouver une fille le plutôt possible ! s’écria Nawrass en riant.
Cyrine voulant la taquiner, intervint.
- Ben si tu commences à te chercher une pour toi tout d’abord ça serait mieux.
Je souriais sans participer à la conversation, et là Nawras continua.
- Qu’est ce que je fais, si je ne plais à aucune fille ? et en caressant ses cheveux, pourtant j’ai du succès avec les garçons.
En allumant une cigarette, je disais.
- Ben, il serait mieux peut être, que tu sortes avec un mec !
- Non, pour le moment je veux une fille ! dit-elle en suivant le derrière d’une fille qui venait de passer juste à côté.
En inhalant de la fumée, je disais d’une voix amère.
- Je crois que moi, aussi je vais me contenter des mecs.
Cyrine, fronça les sourcils et s’écria stupéfaite.
- Hey, t’es lesbienne ma chérie..
- J’ai eu ma dose avec le lesbianisme.
En mettant sa main sur la mienne.
- T’es juste tombée sur la mauvaise personne, et en traçant un adorable sourire sur ses lèvres, je suis certaine que beaucoup de filles rêvent de sortir avec toi. Regarde toi, t’es belle !
Puis en tournant la tête par hasard, son regard tomba sur Sahar assise au fond de la cafétéria avec une fille.
- Cette fille là-bas, a sûrement envie d’être ta copine.
Nawras, interféra pour m’encourager.
- Oui j’ai remarqué, qu’elle te matait discrètement depuis tout à l’heure.
Au moment, où je croisais son regard, Sahar me souriait puis en adressant la parole à Cyrine.
- J’étais méchante avec elle la dernière fois qu’on a parlé et…
Cyrnie, mit sa main sur mon épaule et m’encourageait.
- Va lui parler ! je serais vraiment contente, si elle serait ta copine ! elle est super gentille et douce !
Sous une bouffée d’encouragement, je me levai et je me dirigeai vers la table de Sahar. En me voyant, elle traça un large sourire et dit.
- Ah, je suis enfin heureuse de te voir ! j’ai entendu que t’avais rompu avec ta meuf, je suis vraiment désolée.
- Non, ce n’est rien ! dis-je d’une voix timide.
La fille, avec elle, me regardait d’un air craintif sans dire le moindre mot, puis en m’injectant d’un autre plus désagréable que le premier.
- Tu ne me présentes pas ton amie ?
Sahar, un peu hésitante, s’écria.
- Ah, excuse moi ma puce ! puis en me souriant, c’est Yasmine une amie à moi, et en tournant la tête vers la fille, c’est Yosra ma petite amie !

jeudi 13 mai 2010

Entre filles:épisode19: vengeance ou perfidie?

Publié par bella_ragatsa à 04:58 0 commentaires

Étiez-vous pris pour une fois de votre vie, en flagrant délit ? Si c’était le cas, vous pouvez comprendre ce que j’ai ressenti au moment où ma petite amie m’a surprise échangeant un long baiser avec sa rivale Sahar.
Pour la première fois de ma vie, je voyais la colère dans ses yeux qui s’intensifiait de plus en plus. Sahar, quant à elle semblait très calme, comme préparant sa défense et moi comme une gourde, je devenais pâle comme un coing au point d’oublier même ma langue maternelle et d’avoir des difficultés à faire sauter des phrases simples et signifiantes.
Je n’ai jamais eu peur comme c’était au présent cas. J’étais follement amoureuse d’elle, donc, vous pouvez comprendre que j’avais tellement la trouille qu’elle composa les mots magiques « c’est fini entre nous ».
Et comme le silence fut le maitre dans ce petit espace, pour quelques minutes, Amira décida de le briser en criant.
- Ben, continuez ! pourquoi vous vous êtes arrêtées ?
- Amira, ce n’est pas ce que tu crois ! m’écriai-je, en frissonnant.
Elle laissa un rire moqueur l’emporter puis continua.
- Oui, bien sûr, et en badinant, ses lèvres ont atterri par accident sur les tiennes, c’est ça ?
Là, Sahar intervint la voix un peu frustrée.
- Je m’excuse, je ne sais pas ce qui m’a pris…
Amira, lui coupa la parole agressivement.
- Tu l’as embrassé ? et en me jetant un regard sacripant, et donc elle est à toi ! et en me bornant d’un regard rancunier, moi, je ne veux plus d’elle !
Que c’était dur d’entendre ses phrases venimeuses, des phrases, aussi déchirantes que des coups de couteau. Une fois, qu’elle me le cracha en pleine figure sans pitié, elle quitta les WC.
- Amira, attends ! m’écriai-je, désespérément.
Mais elle ne s’arrêta point, et là, Sahar, s’approcha de moi et me tint par la main en disant.
- Je suis désolée ! je…
Mais comme j’étais au bout des nerfs, le cœur brisé, et l’esprit troublé je hurlai.
- Laisse-moi, ok ? et les larmes aux yeux, t’es contente maintenant ?
Et en me débarrassant de sa main.
- Ma copine m’en veut à mort à cause de toi.
- Je suis désolée, je ne voulais pas….
En m’efforçant à retenir mes pleurs.
- Et ben c’est trop retard maintenant.
Je l’avais prononcé dans un moment de désespoir et s’était avéré vrai. Une fois quittant les toilettes des filles, je cherchai du regard ma petite amie mais je ne la trouvai pas. En me voyant, Hikmet, me disait pour la première fois, d’un air sérieux.
- Qu’est ce que tu lui as fait ?
- Rien ! dis-je, en baissant les yeux de honte.
Soulayma, en allumant une cigarette, m’interpela.
- Je ne l’ai jamais vu aussi énervée qu’aujourd’hui.
- Et où est-elle allée ?
Hikmet, balançant sa natte, et suivant de regard une jolie fille pénétrant la cafétéria.
- Je ne sais pas ! elle est partie avec Ilhem.
Tout de suite après, je quittai la cafétéria en composant son numéro, mais je le trouvais injoignable et je décidai donc de rentrer chez moi.une fois à la maison, j’allumais mon pc, je la cherchai sur face book et sur MSN mais je ne la trouvais pas connectée. J’étais très désespérée et triste et pas prête psychologiquement à me faire larguer. Du coup, comme une folle amoureuse, je me dirigeais vers son appartement à 20h, comme dernière tentative de me faire pardonner pour ce baiser échangé qui m’a coûté cher.
En fait, je m’attendais à tout de sa part, qu’elle me cria dessus, qu’elle me dise mes quatre vérités qu’elle me tapa si elle le voulait mais pas à ce qu’elle m’a fait.
En m’ouvrant la porte, elle me regarda froidement et dit.
- Qu’est ce que tu veux ?
En souriant faiblement, je murmurai.
- Je veux qu’on parle.
Et là, j’entendais la voix d’Ilhem, à l’intérieur s’interrogeant.
- C’est qui ?
En tournant la tête, elle cria.
- Personne ! Puis en m’adressant la parole, bonne nuit !
Et sans me laisser proférer le moindre mot, elle claqua la porte.
- Amira ! ouvre cette putain de porte.
Sans l’ouvrir, elle cria.
- Va-t-en, je ne veux plus te voir.
Je restais un sacré bout de temps, devant l’appartement. Je l’appelais, je tapais à la porte en vain. Et voilà, pour moi, c’était sa façon pour m’informer que c’était fini entre nous officiellement.
C’était aussi l’époque où je j’étais devenue assez proche, de la fille mythique, Ines, la fameuse fille qui avait giflé son admiratrice Abdelmajid.
Une fois virée de chez ma copine, comme une chienne larguée par son maitre à cause d’une crotte qu’elle a laissée sur son lit, je décidai d’aller me bourrer, question de m’évader du monde réel et de la souffrance qui me déchirait.
C’était la première fois, où une telle pensée me traversa l’esprit et au fil du temps, c’était devenu rituel pour moi à la suite de chaque rupture sentimentale.
C’était dans un bar restaurent à deux pas de l’immeuble où j’habitais. 80% des clients furent des hommes, d’ailleurs, je n’ai pas pu échapper à leurs regards désireux d’ivrognes. Une fois assise seule, autour d’une table, je demandai une bière.
Mais je ne restais pas beaucoup de temps, toute seule. Au bout d’un quart d’heure, alors que je sirotai ma bière, amèrement, les yeux baissés et le regard fané, une voix féminine me parla.
- Oh, j’ai de la compagnie ce soir ?
En levant la tête, je voyais Ines, souriante, et très élégante dans un joli tailleur noir. En posant les mains sur la chaise en face de moi, elle parla.
- Tu attends quelqu’un ?
- Non ! dis-je, en traçant un faible sourire.
- Je peux m’asseoir alors ?
- Oui, oui bien sûr !
Une fois assise face à moi, l’odeur très agréable de son parfum me chatouilla les narines. Elle posa son sac à main sur la table et fit signe au serveur.
- Une bière s’il te plaît ! puis en croisant les bras, c’est la première fois que tu viennes ici ?
- Oui, tu peux dire ! dis-je en laissant un triste soupire sauter de mes lèvres.
Elle me suivait d’un agréable regard, puis dit.
- Tu t’es disputée avec ta copine, n’est ce pas ?
Un peu surprise, qu’elle l’ait deviné si vite je murmurai.
- Comment tu l’as su ?
Elle saisissait un paquet de cigarettes de son sac et continua en allumant une.
- Ines, sait toujours tout ! et en souriant, ne t’inquiète pas, au sein d’un couple les disputes sont nécessaires pour pimenter la relation.
J’eus un sourire amer et je répondis.
- Je ne crois pas ! et en vidant ma bière, je pense que c’est la fin de notre histoire.
Elle but un peu de sa bière et murmura.
- T’es nouvelle dans le domaine, n’est ce pas ?
- Nouvelle ?
- Oui, une nouvelle lesbienne ! s’écria-t-elle en riant.
- Comment tu sais tout ça ?
Elle remplit son verre et poursuivait d’un regard intelligent.
- Dès le moment qu’une fille décide de devenir lesbienne, c’est toujours moi la première à le découvrir. Et en rigolant, je suis CNN la communauté LGBT, je sais toujours tout.
Puis en dégageant de la fumée de ses narines.
- Il faut que tu saches une chose ma… et en me demandant, tu t’appelles comment déjà ?
- Yasmine !
- Enchantée ma belle ! et en souriant d’un certain orgueil, moi je suis assez connue dans la communauté, donc je suppose que t’as ta petite idée sur moi.
- Oui, bien sûr ! et en revenant au cœur du sujet, alors il faut que je sache quoi ?
En écrasant sa cigarette dans le cendrier.
- Ah, oui, voilà ! et en plongeant un regard séducteur dans le mien, que les relations de couple entre deux lesbiennes sont très compliqués et qu’une relation ne s’achève presque jamais entre elles, pas complètement en tout cas !
Et en riant.
- Moi, je suis sortie avec une ex trois fois, après notre rupture, et en me faisant un clin d’œil, tu trouves toujours une étincelle de l’amour que tu portes pour elle un peu cachée au fond de ton cœur.
Puis comme elle dévisageait encore la tristesse accablante sur ma frimousse.
- Dis moi avant tout si ça te gène pas, c’est qui ta meuf ?
- Je ne pense pas que tu la connais ! dis-je en souriant.
Elle éclata d’un rire qui sonnait faux.
- Alors là c’est grave ! et en croisant les bras, si je ne la connais pas, ce qu’elle est nécessairement une hétéro.
Je remuai la tête pour dire oui, et là, elle mit sa main sur la mienne et continua d’un ton sérieux.
- Je te conseille de l’oublier. Et en levant son regard sur moi, il y a deux choses extrêmes qu’une lesbienne ne devra pas faire si elle ne veut pas avoir le cœur brisé.
- Lesquels ?
Elle me regardait avec autant de confiance et continua.
- Jouer à l’hétéro et sortir avec une hétéro !
C’était un très bon conseil que je n’ai assimilé malheureusement qu’au fil des ans. Cette fille, fut comme une grande sœur pour moi, un peu la sœur protectrice, et aussi l’amie intime qui me consolait à chaque rupture.
Et comme je l’ai mentionné, ce restaurant bar, était devenu comme l’étoile du nord un espace où je trainai quotidiennement, tous les soirs avec ma nouvelle amie, le mythe.
Après trois jours de ma rupture avec Amira, et dans le même lieu, j’étais assise avec Ines, à la même table et à la même heure, mais cette fois-ci, une autre personne est venue nous joindre. C’était Ilhem. J’étais surprise à la voir mais contente en même temps.
- Ça alors ? qu’est ce que tu fais ici ?
Elle sourit, échangea une bise avec Ines et avec moi puis en tirant une chaise.
- Ben, c’est à toi de me répondre.
Ines, ria un petit moment et dit.
- Moi et Ilhem, on vient souvent ici pour boires quelques verres !et en la tapotant sur son épaule, mais ces jours-ci, elle est un peu confuse.
- Confuse ? pourquoi ? dis-je, en souriant.
Ines, caressa les cheveux blonds d’Ilhem et dit.
- Je lui dis ou je te laisse le plaisir de le faire ?
- Je préfère le dire moi-même ! et en levant sur moi un regard timide et émue, je suis un peu perdue, je croyais que c’était fini entre moi et elle.
Ines, rigolant intervint en me parlant.
- Tu te rappelles ce que je t’avais dit l’autre jour ! ce n’est jamais terminé entre deux lesbiennes.
- C’est qui ton ex ? m’écriai-je le cœur battant très fort.
Elle avala de l’air et dit d’une voix frustrée.
- Amira ! et en allumant une cigarette, elle m’a dit, il y a deux jours qu’elle a encore des sentiments pour moi… et d’un effort harassant, et hier, chez elle, on a fait l’amour !

mercredi 5 mai 2010

Entre filles: épisode18:baiser de consolation

Publié par bella_ragatsa à 06:02 0 commentaires

Je ne pense pas que surprendre sa mère en compagnie d’autre personne que ton père, soit une opportunité qui s’offre à tout le monde. Chacun souhaite le bonheur, des êtres les plus chers à ses yeux ; les deux êtres qui l’ont mis sur cette terre. Mais la définition de cette notion de bonheur, diffère d’une personne à une autre selon sa culture, sa société son ouverture d’esprit et les mœurs, dans lesquelles il s’imprègne dés son jeune âge.
Toutefois, les avis convergent le plus souvent, vers l’ile de cœur de l’enfance ; une enfance joyeuse et conviviale avec deux parents exceptionnels, qui avaient tout, pour un bonheur éternel. Ils étaient beaux, riches mais surtout deux cœurs animés par la force de l’amour passionnel, qui était rare et précieuse, un don divin pour les âmes pures.
Et voilà, qu’un élément majeur de puzzle de leur équilibre disparait et avec lequel, tout s’évapore aussi, l’amour devient un agréable souvenir lointain, leurs enfants, une preuve tangible de leur ancienne vie commune mais leurs beautés demeure toujours, présente, pour commencer une nouvelle vie.
Je n’avais aucune objection contre le fait que ma mère refait sa vie, mais par fierté, j’aurai aimé qu’elle choisisse une âme sœur convenable. Et selon moi bien sûr, l’âme sœur devrait avoir son âge, voir plus mais pas un jeune homme, de l’âge de mon grand frère.
C’était honteux. Et plus je voyais, Amira sourire en cachette, un sourire de moquerie, plus je sentais le sang circulant dans mes veines comme étant de l’essence prêt à s’allumer à n’importe quel moment.
Ma mère quant à elle ne semblait pas trop perturbée par ma vue. Cependant, elle déployait la carte de la mère, pour prendre sa part de revanche en me posant une multitude de questionnements sur les raisons pour lesquels je ne rentrai pas ces dernières semaines chez moi à Sousse.
- Ah ! te voilà, et moi qui croyais que t’étais trop débordée par tes études pour rentrer le weekend chez nous. Et en me dévorant d’un regard sévère, et ma princesse, passe son temps à trainer dans les cafétérias comme les filles nulles.
Ici, Amira, ne put retenir un rire si fort puis me dit d’une voix très basse.
- Elle a raison là-dessus.
- Ferme-la, tu veux ! dis-je, doucement, en l’injectant d’un regard furieux. Puis je croisais les bras et je contemplai son boyfriend, qui n’était pas mal du tout, un bel homme aux yeux verts et bien foutu, mon type de mecs si j’étais hétéro je suppose.
Comme elle remarquait mon regard déviant vers son petit ami, elle prit la parole et me dit fièrement en le tenant par le bras.
- Je te présente Ahmed, c’est un professeur de danse de salsa et de tango !
Il me sourit et dit de sa voix rauque.
- Enchanté, tu ressembles grave à ta mère.
- Je le sais, connard !
Enfin, je l’ai dit à moi-même, mais, avec mon sourire de boa, quand je devenais en colère, je murmurai.
- Moi, même !
Ma mère, qui ne me laissa guère le temps d’évacuer cette colère, encore coincée au fond de ma gorge, persistait.
- Alors ne t’as pas cours aujourd’hui ?
- La présence n’est pas obligatoire, et puis presque personne n’assiste aux cours, on les imprime à la photocopieuse
- Ah, c’est comme ça alors. Et en élevant sa voix devant tout le monde, ce weekend t’as intérêt à rentrer ! et en souriant, ta mamie est très en colère d’après toi. Et tu sais très bien comment elle devient lorsqu’elle devenait en fureur.
Pour vous expliquer, en deux mots, depuis le divorce de mes parents, l’autorité s’était transmise de mon père, à sa belle mère, par voie de cooptation traditionnelle. Même avant leur divorce, elle tenait ce pouvoir et aimait bien donner les ordres à tout le monde y compris mon père. Elle était, aussi du loin, un facteur responsable de ce divorce. Et ma mère, n’avait jamais le moindre contrôle sur nous.
On n’était pas trois enfants pour mon père, mais quatre avec ma mère, qui n’était point responsable et indépendante de sa vie. Elle se comportait même après avoir eu des enfants, comme une fille en pleine adolescence ; le fruit d’une vie de petite princesse, enfant gâtée d’une famille, très connue et anciennement faisant partie de la haute société, mais qui reste toutefois l’une des grandes familles bourgeoises à Sousse.
Et donc vous pouvez comprendre qu’elle n’était ma mère que sur mon acte de naissance, mais disons ma grande sœur dans la vie courante.
- Je ne peux pas rentrer ce weekend, j’ai un examen lundi et je préfère réviser dans mon appartement. Et en levant sur elle un regard rancunier, mais je pense qu’elle serait en colère si, elle saurait que tu sors avec un homme de l’âge de Mouhaned.
Elle se taisait un petit moment comme préparant le dossier de sa défense et reprit.
- Ton frère est au courant !
- Et il ne dit rien ?
En échangeant un agréable regard avec son copain, elle continua.
- Non, par contre il est content pour moi, parce qu’il ne souhaite que le bonheur de sa mère et ne réagit pas comme un gamin égoïste.
Furieuse, et ignorant les regards qui nous perçaient depuis un bout de temps, dans la cafétéria.
- Je ne suis pas égoïste, man ! tu peux sortir avec qui tu veux, mais pas avec un type qui a la moitié de ton âge.
Là, l’homme m’interpela et dit.
- Écoute moi, bien Yasmine, j’aime beaucoup ta mère et c’est sérieux entre nous deux…
Ma mère, lui coupa la parole, en me regardant nerveusement.
- Ce n’est pas la peine de t’expliquer Ahmed devant elle, je n’attends pas ta bénédiction pour sortir avec lui ! et en me pointant du doigt, je suis ta mère, et non ta fille pour me donner des ordres.
J’ingurgitais ma salive avec difficulté et je criai.
- Ben, au moins sors avec un homme de l’âge de mon père !
- L’âge de ton papa ? je veux pas sortir avec un homme me rappelant le grand perdant avec qui j’ai passé une vingtaine d’années, et en laissant un rire persiflant l’emporter, lui-même sort avec une jeune fille de ton âge alors cesse de me juger et de ma casser la tête !
Comme on faisait le centre du monde, dans la cafétéria, le propriétaire s’approcha de nous et dit d’une gentillesse plus proche d’une hostilité.
- S’il vous plait, soit vous vous assoyez autour d’une table, soit partez, vous bloquez l’entrée de la cafétéria et vous faites beaucoup de bruit.
Et voilà, on se faisait virer à l’amiable par le propriétaire de la cafétéria. Tout de suite après, ma mère tira son mec par la main et m’injecta d’un regard coléreux sans me dire le moindre mot et quelques secondes plus tard, je m’engouffrais avec les filles dans la bagnole et on se dirigea vers l’étoile du nord, pour changer d’air.
Tout au long de la route, Ilhem fut silencieuse comma ayant de la compassion pour moi, sans trouver les mots pour me calmer alors qu’Amira, super sympathique et raffinée, ne cessait de rire et de tourner la tête vers la fenêtre, pour éviter mon regard coléreux et une éventuelle dispute en cas où nos regards se croisaient.
Une fois dans la cafétéria, on trouva le reste de la bande de loosers de ma petite amie, qui ne semblait pas désolée pour moi, comme s’en moquant de ma colère et ma tristesse.
- Hey, les filles, cava ? s’écria Hikmet, en balançant sa natte. Puis se leva et faisait un grand câlin à Amira et dit, tu m’as manqué ma jolie !
- Toi aussi, connard ! et s’assit prés de lui et se mettait à jouer avec sa natte.
Je m’asseyais avec Ilhem face à eux, et Soulayma, en allumant une cigarette intervint.
- Alors vous avez changez d’avis ?
Amira, sourit arracha le bout de cigarette des lèvres de sa copine et dit en riant.
- Euh, oui tu peux dire, grâce à la mère de ma salope.
- Sa mère ? s’écria Hikmet en riant, qu’est ce qu’elle fait sur Tunis ?
Sans scrupule, Amira continua.
- Ben, elle se balade avec son petit ami, n’est ce pas ma puce ?
Ilhem intervint, pour la grogner.
- Ça suffit Amira !
Et comme j’étais aux bouts des nerfs, prête à exploser comme une bombe à n’importe quelle minute, je me levais sans la regarder, et je me dirigeais vers les toilettes des filles. Là-bas, je m’enfermais dans les chiottes, je m’assis sur la lunette, et je mettais à pleurer, silencieusement, des pleurs d’un cœur blessé et humilié.
Un petit quart d’heure après avoir lavé le visage d’une averse de larmes chaudes, j’ouvris la porte et je me dirigeais vers le lavabo pour me débarbouiller, en tournant la tête, par hasard, vers ma droite, je constatais que la fille qui se tenait debout prés de moi fut Sahar, la douce file qui voulait sortir avec moi, avant que ça devenait sérieux entre moi et Amira.
Elle me regarda d’un air soucieux et dit en me caressant le visage tendrement.
- T’as les yeux tous rouges ! et en levant sur moi un regard bienveillant. Ne me dis pas que c’est toi la fille qui était en train de pleurer en s’enfermant dans les chiottes.
Comme je ne disais rien, sans oser hocher la tête, car j’avais encore envie de pleurer, elle poursuivait en me caressant la joue.
- Cava, j’espère ! puis me donna une serviette et continua, arrête de pleurer s’il te plaît ! et en tenant mon visage entre ses mains, je ne supporte pas de voir une fille triste !
En traçant un faible sourire, je murmurai.
- Ok, c’est bon je ne pleurerai plus.
Elle dessina un sourire radieux et m’embrassa sur la joue tendrement et poursuivait de sa voix angélique.
- Tu sais que t’as un beau sourire ? puis par curiosité, j’espère que tout va bien, entre toi et ta meuf ?
En osant la regarder dans les yeux, je murmurai.
- Oui, tout vas bien, merci ! et d’une voix très basse, c’est un petit malentendu familial.
en laissant ses doigts très minces, effleurer mon visage d’une manière caressante elle murmura.
- Ça ira, tu verras !
- Oui je le sais ! dis-je sans la perdre de regard.
Elle me dévora d’un regard séduit puis tenait mon visage entre les mains et me colla un long baiser sur les lèvres. J’étais agréablement surprise, par ce baiser, au point d’en vouloir davantage. Et au moment où je cherchais moi, cette fois-ci ses lèvres, pour un nouveau baiser de consolation, mon regard tomba sur celui d’Amira, les bras croisés et le dos collé sur la porte des WC.
En levant sur moi un regard dédaigneux, elle s’écria.
- Elle embrasse bien, j’espère !

mercredi 28 avril 2010

Entre filles:épisode17: Telle mère telle fille

Publié par bella_ragatsa à 06:25 0 commentaires

C’est très beau pour être vrai, une telle invitation à l’improviste de la part d’Amira. Une envie qui émane d’elle, et non de moi. J’étais extrêmement surprise de sa déclaration, à ne plus pouvoir bouger de petit carreau du trottoir. Mes yeux, cherchaient un confort psychologique de mes nouvelles copines, mais elles étaient plus en train de consoler Abdelmajid, après la claque qu’elle a dégustée, avec un bon nombre de lesbiennes. Quant à Amira, le dos collé à la porte de sa voiture, elle tapotait nerveusement avec les doigts le capot et après un petit moment elle reprit.
- Alors tu viens ou pas ?
Mettez vous à ma place, vous feriez quoi en cas où votre copine te largue à un instant et revient un instant après te demander de faire une partie de jambes en l’air ?
Bon, c’est inutile de vous poser une question pareille, parce que c’est très rare de tomber sur une personne aussi détraquée et indécise comme ma meuf. Et aussi rare d’être si naïve et soumise comme moi, au point de jeter à la poubelle son dernier message de je ne veux plus de toi, et de courir vers elle, comme une gamine heureuse de la venue de sa mère à la fin de la journée pour la sauver des bras de la méchante nanny de la crèche.
J’aurai bien aimé avoir les couilles de dire non, c’est toi qui as mis terme à notre relation et donc tu assumes toute seule les conséquences. Mais bien sûr, je suis lâche, je suis sans personnalité, je suis sans dignité, je suis en deux mots Yasmine la fille qui croit tout ce qu’on lui dit et qui nage jour et nuit dans un ciel bleu de rêves d’une enfant de 2ans dans le corps d’une femme de 20ans.
Une fois à l’intérieur, elle déposa sa main sur ma cuisse et dit après avoir démarré la voiture.
- Tu m’as manqué !
Je la regardais, un long moment très émue et je repris comme si rien n’était.
- Moi aussi. Je n’ai pas arrêté de penser à toi hier soir.
Et voilà que la séquence romantique de notre soap opera prit fin lorsqu’elle reprit sa vraie nature.
- Tu t’es masturbée combien de fois, en pensant à moi, hier ?
Là, tout de suite, l’expression de déception gagna mon visage alors en dégageant sa main de ma cuisse d’un geste nerveux, je rajoute.
- Putain, Amira, tu ne peux pas être romantique pour une fois de ta vie !
Elle sourit et dit en me caressant les cheveux.
- Ce n’est pas moi qui ai inventé le jargon de sexe, et il n’y a rien de romantique dans l’acte sexuel à part les préliminaires ! puis en dépassant une voiture, ok alors je reformule, combien de fois ta main, a fait des mouvements de va-et-vient sur ta petite foufoune !
En m’accoudant sur la fenêtre, je criai furieuse.
- Ferme la, ok !
Elle ria, sans me dire le moindre mot puis s’arrêta au feu rouge. Et là une voiture X5 s’arrêta près de nous et le chauffeur, un bel homme aux yeux bleus sortit sa tête de la fenêtre et dit.
- Salut les filles !
Et comme Amira aimait bien se faire draguer, elle lui sourit et répondit.
- Salut, toi !
Ayant de la confiance, après sa réponse, il continua, en laissant un peu sa voiture nous devancer.
- Je vous invite, toi et ta copine à un café, si vous voulez bien.
- Oui, bien sûr !
Là, je la pinçai de sa jambe et je lui chuchotai.
- T’es folle ou quoi ? on ne connait pas le mec ! et voulant la grogner, arrête de te comporter comme une salope !
Elle sourit au mec puis me tourna la tête.
- On ne peut pas tout de même refuser l’invitation d’un bel homme conduisant une X5 ?
Au bout des nerfs, je criai.
- Ok, c’est bon arrête la voiture, je veux descendre.
Elle ria et dit en persiflant.
- Elle est déjà arrêtée.
Je lui jetai un dernier regard de rogne et je m’apprêtai à me lever alors elle m’attrapa si fort du bras et cria.
- Ok, ok ! puis regarda le mec et dit en souriant, désolée peut être une autre fois.
Le mec, un peu déçu, fit remonter son vitre fumé progressivement et répondit.
- Ce n’est pas grave, les filles !
Une fois le feu vert, l’X5 s’enfonça dans l’asphalte à toute vitesse. Elle me regarda de travers et dit.
- T’es contente maintenant ?
J’eus un petit rire sec et nerveux et je murmurai.
- Écoute, on est sensé passer du bon temps ensemble alors arrête de chercher toujours la petite bête !
Énervée, elle alluma une cigarette et dit.
- Tu fais ta jalouse parce que je voulais prendre un café avec un mec ?
- Ne commence pas s’il te plait !
Ce n’était que le début de son cinéma. Une bonne dose d’énervement qu’elle m’injecta avant de me filler une overdose dans son appartement.
- Fais comme chez toi ! me dit-t-elle, en enlevant sa veste et en se dirigeant vers le réfrigérateur.
Je fermai la porte derrière moi, et je m’installai tranquillement sur le canapé. Au bout d’une minute, elle vint vers moi et s’assit prés de moi en me donnant une bière.
- Non, je ne veux pas merci.
Elle sourit, ouvrit une canette et dit.
- Comme tu veux, je vais les boire toute seule.
D’un geste nerveux, je lui arrachai la canette et je criai.
- Mais putain, tu ne peux pas pour une fois m’embrasser sans avaler une seule goute d’alcool ?
En laissant sa langue, faire un petit tour dans sa bouche elle reprit sans me quitter de son regard.
- Je dois me saouler, pour faire comme si t’étais un mec !
Les poings serrés, je baissai la tête, et je murmurai d’une voix très basse.
- Pourquoi tu n’arrêtes pas toujours de me blesser ?
Elle vida la canette et ouvrit la deuxième, en me caressant les cheveux.
- Tu sais très bien que je ne suis pas lesbienne, mais je fais un énorme effort avec toi.
Et en laissant sa main atterrir sur mon ventre.
- Je n’aime pas la chatte ! qu’est ce que tu veux que je fasse ?
- Ok, c’est bon ! dis-je en faisant un bond.
Puis en saisissant ma veste.
- Je me demande toujours pourquoi je cède à tes caprices !
En s’accoudant, sensuellement sur un coussin elle dit en traçant un malin sourire.
- Parce que t’es amoureuse de moi.
- Et je pense que j’ai suffisamment payé pour ça ! dis-je en enfilant ma veste, brusquement.
Elle se leva, me contourna et dit en laissant ses doigts me caresser la joue.
- Je mouille, tu veux voir ? et en souriant, ou tu préfères partir ?
Je tins ses doigts entre les miennes et je dis, les yeux brulant de désir.
- Pourquoi tu fais ça ?
- Quoi ? dit-t-elle en mettant mon pouce entre ses deux lèvres.
Et en laissant l’autre main descendre tout doucement sur mes fesses.
- Je veux te baiser.
En approchant ma tête de la sienne, jusqu’à ce que son haleine chaude me chatouille les lèvres.
- À un instant tu me dis que tu n’aimes pas la chatte et maintenant t’as envie de moi ?
Sa main glissa sous mon pull puis ses doigts se mirent à escalader mon ventre et finissaient sur ma poitrine. En m’arrachant un long baiser, elle introduisait l’autre main qui ne se perdit pas à trouver son chemin vers mes seins. Une fois palpant ma poitrine, d’une manière caressante. Elle me mordilla l’oreille et me chuchota.
- Dis-moi que tu brûles de désir comme moi.
En laissant mes jambes frotter les siennes, avidement, je murmurai en cherchant ses lèvres.
- J’ai envie de toi.
- Moi aussi ! murmura-t-elle, en épousant mes lèvres.
Puis sa main droite, dégringola, très rapidement ma poitrine et s’arrêta sur ma ceinture. Elle tenta de déboutonner mon jean, mais comme elle ne parvenait pas avec une seule main. L’autre vint la secourir. Une fois dégrafée, sa main droite coulissait dans ma culotte. Ici, elle ouvrit ses yeux et approcha son nez du mien en humant mes respirations qui s’accéléraient, d’un rythme extraordinaire.
- Tu mouilles !
- Oui ! dis-je en fermant les yeux.
Plus sa main dansait entre mes cuisses, plus je haletais. J’étais à deux doigts de jouir, pour la première fois, non seule. Et c’était différent, plus intense, chaleureux, exaltant de vivre le moment à deux, de croiser son regard au moment de l’atteinte d’un orgasme.
Mais malheureusement, je n’ai pas eu le plaisir d’accéder à ce plaisir en duo. Car au moment où je m’apprêtai à franchir le septième ciel, la porte s’écria. Comme quelqu’un qu’on vient de choper en train de commettre une bêtise, elle retira brusquement sa main, l’essuya sur mon jean, à le tacheter avec le jet de cyprine que j’ai secrété comme une fontaine.
Moi aussi de ma part, je boutonnai mon jean, en la suivant ouvrir la porte. Et ce n’est plus une surprise puisque 99%, de ses visites, furent d’une seule personne Ilhem, que j’ai détesté trop ce jour là puisqu’elle m’a privé de la jouissance.
C’était une fille qui avait le sens de l’observation, en excès même. En nous voyant toutes les deux transpirant, elle nous demanda.
- Vous étiez en train de baiser ou quoi ?
- Mais non ! dit Amira, en s’efforçant de rire, et en me regardant avec crainte, tu sais que les filles me dégoutent.
- Pas la peine de me le rappeler ! dit-elle en s’approchant de moi.
Puis ses yeux tombèrent sur la petite tâche blanche sur mon jean, malheureusement d’une couleur noir.
- C’est quoi ça ? s’interrogea-t-elle avec l’intention de mettre son doigt dessus.
- C’est rien ! c’est un peu de poussière, c’est tout.
- Ah ! d’accord ! puis en souriant, va le laver.
Et en adressant la parole à Amira.
- Il y a une nouvelle cafétéria, c’est un karaoké en même temps et tout le monde en parle.
- Ah, c’est cool. Et en criant pour que je l’entende, on va faire la fête ma chérie.
En essayant avec le savon et l’eau d’enlever la tâche, qui n’était ni blanche ni transparente.
- J’arrive !
En final, j’ai réussi à la rendre moins remarquable à l’œil nu, mais en fronçant les sourcils et en regardant minutieusement, elle était encore là, une preuve dénonçant notre petite partie de jambes en l’air.
Avant de monter dans la voiture d’Ilhem, qu’elle a volé cette fois-ci à sa mère, Elle s’est arrêtée pour passer un coup de fil à une amie. Pendant ce bref laps de temps, Amira laissa ses yeux fixés sur mon pantalon noir et dit en se moquant.
- Ah, c’est encore apparent !
- C’est grâce à toi ! dis-je en grinçant les dents, d’énervement.
Elle laissa un rire ricanant, sortir et dit.
- T’as une cyprine de bonne marque.
- Va te faire foutre ! dis-je en riant.
Avoir une dose d’énervement dans la voiture puis une tâche de merde me rappelant mon acte sexuel à vue de tout le monde, n’était pas au même pied d’égalité de ce que j’ai vu dans cette cafétéria karaoké.
Elle était à cinq kilomètres d’où habitait ma copine. Et il y avait beaucoup de monde dedans au point de rester debout un bon quart d’heure.
- Pfff ! on est venue pour rester debout ? grommelai-je. On ferait bien de partir.
Amira me tint par la main et dit.
- Patience ! et en pointant le doigt vers une table au fond, cette dame et le jeune homme, s’apprêtent à partir.
- Qui ? s’interrogea Ilhem.
Puis en suivant la dame.
- C’est son fils ? ou son petit ami ?
Amira, se mit à rire et badina.
- T’as déjà vu une mère prendre du café en tête à tête avec son fils ?
Et comme je manquais de vue, et que la dame et l’homme étaient assez loin, je ne parvenais pas à les regarder clairement.
- Je ne les vois pas bien.
- Mets tes lunettes !
- Je les ai oubliées chez moi.
Un grand sourire se traça sur les lèvres d’Amira qui s’écria.
- Ça y est, ils s’en vont ! allons-nous !
Elle me tint par le bras et me tira. En s’approchant de la table, mon regard croisa celui de cette femme, bras dessus, bras dessous, avec le jeune homme de 24ans à peine, amoureusement. Figée sur le sol de surprise, mon sourire disparût, et une huée sauta de mes lèvres.
- Maman ?!!

mardi 20 avril 2010

Entre filles: épisode16: le mythe

Publié par bella_ragatsa à 07:22 0 commentaires

J’ai beau essayé d’analyser le sens d’une nouvelle connaissance selon Amira, et j’ai fini par conclure qu’elle avait honte de moi, et que même en tant qu’amie, elle ne voulait pas m’accepter alors à quoi bon continuer une pseudo relation, qui ne se formulait que dans ma tête ?
Le lendemain, après m’avoir réveillée, à 16h, cernée comme un monstre, et les cheveux éparpillés dans tous les sens comme des satellites, je trouvai un texto m’attendant sur mon cellulaire, de la part de ma soi-disant copine « Bonjour Yasmine, je ne veux plus te voir ni que tu m’appelle, à dieu ».
C’était clair au moins, qu’elle m’a doublé même en matière de plaquer. Et je ne sais pas, je n’étais pas émue, ni touchée par son texto. C’est peut être dû au fait, que je me suis adaptée, aux règles de son sale jeu de sadisme, où peut être aussi, parce que au fond de moi, je savais qu’elle le faisait juste pour m’énerver, ou pour me voir souffrir quelques temps puis elle reviendrait me serrer dans les bras avec un grand sourire pour me dire, c’était juste pour tester si tu m’aimes ou pas.
Stupide comme pensée, mais c’était le cas de toute façon. Trois jours plus tard, j’étais avec mes deux potes à l’étoile du Nord, c’était vers 18h. Et elle était assise avec sa bande de loosers, autour de la même table. Comme un policier motivé, elle ne cessait de me surveiller. Puis comme elle me voyait rire et rigoler avec Cyrine et Nawras, elle se leva, et s’approcha de nous.
- Salut, les filles.
Cyrine, sirotant son jus, ne prit même la peine de la regarder. Nawras, quant à elle, qui fut en manque tout le temps, puisqu’elle n’a jamais eu de copine, traça un agréable sourire et dit.
- Salut, Amira, cava ?
Puis un coup de pied violent, la piétinant de la part de sa voisine, la calma et réussit même à la faire taire. Comme je fus l’unique à n’effectuer le moindre geste, elle inclina un peu son dos pour rencontrer mes yeux et dit en saisissant mon menton.
- Cava, Yasmine ?
En traçant un faux sourire, je murmurai.
- Oui, cava, merci !
Elle injecta Cyrine d’un mauvais regard et continua en baissant la voix.
- Lève-toi, il faut qu’on parle.
Cyrine, ne dit rien mais son regard si furieux m’ordonna de ne pas bouger.
- Qu’est ce que tu veux Amira ? dis-je, en m’efforçant de rester calme.
- Lève-toi et tu sauras qu’est ce que je veux.
En secouant mes épaules, je murmurai avec mon entêtement.
- Non, vas-y, devant mes amies.
En fait, je m’attendais à ce qu’elle me supplia encore davantage, comme peut être un dernier espoir pour me remonter la morale à la vue de mes potes. Mais, elle me lâcha le menton, et dit en reculant d’un pas.
- Ok, comme tu veux, ce n’est pas la peine !
Et rebroussa chemin vers ses potes. Énervée, Cyrine but de son verre de jus et s’écria.
- Quelle salope, comment tu arrives à la supporter ?
En sirotant le reste de mon jus, avec un petit bruit, je murmurai.
- Grâce à paracétamol et parfois doliprane.
Elle ria et dit pour me taquiner.
- Fais attention, je ne veux pas que tu sois une droguée de produits pharmaceutiques.
- Non, t’inquiète ! dis-je en riant, sans pouvoir contrôler mes yeux, qui me trahissaient en la cherchant.
Ce qu’on devient indigne lorsqu’on tombe amoureux. Même après ce qu’elle m’a fait au poste de police, un secret que j’ai gardé pour moi, sans le révéler à mes deux potes, je n’ai pu cesser de l’aimer. Elle était certainement sadique et je crois que moi de ma part j’étais maso.
C’est vrai que je souffrais beaucoup de son hostilité permanente, mais c’est en quelque sorte, ce qui pimentait notre relation. Très compliquée comme situation n’est ce pas ?
Voilà c’était tout ce qui m’occupait dans ma petite vie de lesbienne, mes hauts et bas avec ma copine hétéro jusqu’au jour où je fais la connaissance d’une fille magnifique, la fille, que tout le monde rêvait de sortir avec, le mythe.
La première fois que je l’ai vue c’était à l’étoile du nord. Elle était venue avec un mec, chauve et moustachu. C’était son meilleur ami, et avec qui elle trainait tout le temps, toutefois il n’était pas homo mais elle si. Une vraie lesbienne, (au début, comme tout lesbienne, elle cachait son identité sexuelle, mais après, elle n’avait plus aucune gêne de s’afficher en tant qu’homosexuelle fière de son mode de vie particulier) une féministe engagée, une journaliste connue et une blogueuse de poids, avec les débats épineux et tournant tous sur l’homosexualité en Tunisie.
C’était un mythe aux yeux des petites lesbiennes vulnérables et timides, une femme forte, qui a du caractère. Elle s’appelait Ines, et elle avait 27ans. Elle n’était pas très belle, mais super charmante. Elle avait du charme quand elle parlait, quand elle souriait et même du charme quand elle se mettait en colère.
Elle était tout simplement magnifique. Rien qu’en la regardant, bavarder, rire et fumer, ça me faisait un grand plaisir mais surtout calma la bête d’amour qui me torturait et qui ne cessait de bourdonner dans mes oreilles, me demandant de me lever demander le pardon d’Amira, comme si j’étais moi la fautive. Cette fille, involontairement, me donna la force, de résister à cet amour malsain qui m’affaiblissait.
Et c’était aussi la lesbienne la plus embêtée par les malades, qui se prenaient pour défendeurs de l’identité sexuelle, naturelle, à l’encontre des pervers, des vermines qui voulaient, selon eux, massacrer les bonnes meurs, enracinées par la religion.
Une fois l’un de ses ennemis, comme beaucoup de mecs le font, s’est fait passé pour une fille. Il allait même très loin dans son minable jeu, en demandant à une fille de l’appeler par téléphone et se montrer par caméra sur MSN, pour qu’elle commence à lui faire confiance.
Et osa même l’inviter pour boire un café. Le jour j, arriva, et la fille avec qui elle parla pendant des jours s’avéra le mec en question. Il faisait semblant d’être gentil, compréhensif, mais ne tarda pas à lui dire que l’homosexualité est interdite, voire prohibée et sévèrement punie, par Allah, ainsi que l’État, comme si elle l’ignorait. Et ajouta qu’il aimerait bien sortir avec elle.
Ines donc, resta très calme, très souriante. C’était l’une des histoires qu’elle racontait assidument à toute nouvelles amie, y compris moi. Ce jour là, elle partit, et la nuit lui envoya un texto, pour lui annoncer qu’elle acceptait son offre, avec une grande joie.
Le jour suivant, l’homme se trouvait au lieu où elle lui a demandé de l’attendre. Dans un parc à Tunis, mais ce n’était pas elle qui était venue, au rancard, mes deux mecs, deux voyous, qu’elle a engagé, pour lui casser la figure.
En deux mots, c’était la fille imbattable et la plus imprévisible. Une autre histoire qu’elle m’a racontée, était celle d’un ennemi virtuel, qui ne cessait de l’insulter et de lui dire des propos blessant sur son blog. Le pire, ce qu’il était tellement bête, à ne rien trouver pour argumenter sa haine envers les homosexuels que d’user les gros mots, qu’il tapait comme il respirait.
Il était son commentateur, numéro un, le seul, qui ne manquait le moindre de ses billets. Mais comme, il ne savait pas à qui il avait affaire, elle a mené sa propre recherche sur le type qui s’est avéré un jeune étudiant dans la faculté de la psychologie de Tunis : un type qui l’a payé cher, surtout qu’elle a découvert ses coordonnés, son nom et prénom, et s’était décidée à le scandaliser et à rendre sa vie pendant des semaines infernales, jusqu’au jour où il venait lui demander pardon devant tout le monde.
Mais l’histoire qui m’a marquée le plus mais surtout m’a fait le plus marrer, c’était celle que j’ai assistée de mes propres yeux, le premier jour où je l’ai vu à la cafétéria.
Elle était l’héroïne, avec Abdelmadjid de ce conte comique. Moi de ma part, j’avais un œil sur elle, et l’autre sur l’élue de mon cœur, qui faisait sa salope avec Hikmet, et Ines quant à elle, fumait une cigarette et parla à son meilleur ami, Bilel.
Et soudainement, l’entrée brusque à la façon d’un taureau dans une corrida, de Hana, attira l’attention de tout le monde à l’étoile du nord.
Les pleurs glissant partout de ses yeux, Hana lui attrapa la main agressivement et s’écria.
- Pourquoi tu m’as fait ça ?
Étonnée comme nous, Ines, ouvra grands les yeux et s’écria.
- Cava pas non ? lâche mon bras.
- Pas avant que tu me dises pourquoi tu ne m’as pas rappelé ! hurla Abdelmajid, folle de rage.
- Quoi ? et en écrasant sa cigarette dans le cendrier, cava Hana ?
- Non pas du tout ! continua Hana, en laissant des gouttelettes de salive sautant de ses lèvres, et asperger le pauvre Bilel sur la figure jusqu’au ce que le pauvre homme ne puisse ouvrir les yeux tellement, il fut victime d’une forte averse violente.
Intimidée plus par les regards, lui bornant de partout, Ines se mit debout, s’enveloppa très vite dans son blouson et quitta la cafétéria. Furieuse, Hana, la suivait en courant, mais elle n’était pas la seule à le faire. Les deux tiers des gens, se trouvant à la cafétéria, l’ont fait, en tête d’eux moi, mes deux potes et le groupe de loosers d’Amira. Qui n’aime pas assister à une bagarre de filles ?
À trois pas du portail de l’étoile du nord, Hana, dans un misérable état psychologique, l’arrêta en la tirant de son blouson cuir.
- Tu ne vas pas t’en sortir comme ça ma grande !
Serrant les dents de colère, ines hurla.
- Assez de scandale devant le monde entier, lâche mon blouson.
- Pourquoi tu ne veux pas sortir avec moi ? s’écria Hana, pleurant de plus en plus fort.
- Mais arrête putain, tu veux me faire la honte de ma vie ou quoi ?
Hana, comme s’en moquant de la vingtaine de personnes, assistants à la bagarre sur le trottoir, prés de feu rouge, poursuivait, d’une manière hystérique.
- Je t’aime Ines ! je suis folle de toi !
Cramoisie, Ines, tenta en vain de débarrasser le bras de fer d’Abdelmahid.
- T’es malade !
L’autre de plus en plus affolée et emportée par la vague de ses sentiments.
- S’il te plait Ines, donne-moi une chance, je t’aime.
Ne pouvant plus supporter le scandale en public, sa main se mit à trembler, puis d’un excès de colère, elle se leva et faisait une chute libre assourdissante sur la joue de Hana.
Une claque historique et mémorable, qui provoquait depuis ce jour là le rire à chaque fois qu’Abdelmadjid pénétra l’étoile du Nord.
Pendant le temps, que je suivais Ines s’éloignant en pressant le pas, et Hana, pleurant de plus en plus fort comme une gamine délaissée par sa mère, une main se posa audacieusement sur mes fesses. Honteuse, je tournai la tête, en croyant que c’était un mec, profitant de la foule, pour laisser sa main balader, à son aise. Mais à ma surprise, c’était Amira, qui me souriait et me ceintura de ses deux bras en me chuchotant à l’oreille.
- J’ai envie de toi !
Je fis tout un demi-tour, le cœur battant si fort à exploser et je me demandai frustrée.
- Pardon ?
Elle m’embrassa, exprès près de mes lèvres, pour m’allumer, puis continua en souriant.
- Tu m’as bien écouté. Puis en se dirigeant vers la voiture de son père qu’elle emprunte de temps à autre, tu viens ou pas ?

dimanche 18 avril 2010

Entre filles: épisode15: Nouvelle connaissance

Publié par bella_ragatsa à 08:25 0 commentaires

Qui était capable d’imaginer une telle tournure d’événements ? On se donnait la peine de nous pomponner, de nous maquiller, pour aller passer, notre soirée pourrie derrière les barreaux d’un poste de police, à rue Barcelone. C’était vraiment le top, que même dans une fiction, on ne peut l’imaginer. On dit souvent que la vérité dépasse la fiction et s’est avéré vrai, finalement.
Mais passer trois heures au poste, ne m’a pas trop affecté, c’est le geste qu’a fait Amira lorsque son sauveur est venu, qui m’a blessé, voir m’a laissé avaler mes larmes, tellement, mes yeux n’avaient pas la force de les secréter.
Sans trop vous faire attendre, et à la manière de la fameuse série américaine, unité spéciale pour les victimes, voici mon histoire.
Sans trop entrer en détails, en vous expliquant qu’il nous a toutes expédiées à l’arrière de sa bagnole, une vieille voiture, de dix ans au moins, l’œuvre d’une charité pour cette patrouille de police, sa caisse, voulait faire l’intéressante, en s’arrêtant, un petit quart d’heure après nous avoir ramassées de notre belle voiture, comme des moutons.
- Et merde ! s’écria le policier, en fermant le moteur, puis en redémarrant de nouveau, en vain.
- Pas de gros mots, monsieur l’agent ! s’écria Amira, plus odieuse que jamais.
Il lui injecta d’un regard désagréable de son rétroviseur et dit.
- Hey, toi, j’enregistre tout mot que tu craches, alors fais attention, tu vas payer cher pour le petit doigt que t’as monté !
D’une voix si basse que j’ai à peine entendue, elle murmura.
- Je serai aux anges de te monter un autre !
Je la pinçai de son bras, furieuse.
- Qu’est ce que t’as ce soir ? hein ? tout ça nous arrive à cause de toi !
Elle tourna la tête vers moi et reprit de son ton culotté.
- Hey, ma grande ? t’étais volontaire, on ne t’a pas forcé alors arrête de bouder, tout ira bien !
Puis tira son GSM, et avant de pouvoir composer le moindre numéro, le policier l’arracha d’un geste brusque et hurla.
- Pas de coup d’appel ! vous êtes en état d’arrestation !
- Hey, c’est mon IPOD, et je fais ce que je veux, tant que je ne suis pas au poste.
Il se souleva un peu de son siège et en la fixant d’un regard colérique.
- Tant que vous vous retrouvez dans ma bagnole, vous m’obéissez !
Puis nous demanda, de lui donner nos cellulaires aussi. Une fois que sa voiture, accepta de démarrer, il ne nous fallait qu’une petite dizaine de minutes pour nous retrouver au poste.
Dès notre entrée, une fille de rue, une fausse blonde, d’une trentaine d’années qui tenta de débarrasser sa main de celle d’un agent qui l’a agrippé, s’écria en nous voyant.
- Hey, tiens de la concurrence !
- Ferme-la, loulou ! s’écria le vieux policier assis à l’accueil, en prenant ses empruntes.
- Hey, tu me fais mal, et puis t’es pas obligé d’émerger tous mes doigts dans l’encre, vous allez salir mes angles manucurés, ça m’a couté 5dinars chez l’esthéticienne.
Puis quand elle voyait, le résultat désastreux, avec les doigts si noirs.
- Ah putain, vous l’avez fait exprès.
Un autre policier, mâchant un bout de chewing-gum, interféra en se moquant.
- Ce n’est pas grave loulou, tu feras une nouvelle manucure avec ton prochain client, avant d’être chopé par l’un de nos agents.
D’un geste violent, elle retira sa main sortit un bout de mouchoir de son sac à main et continua.
- Vous avez imprimés mes empruntes digitales il y a 6mois, je ne vois pas pourquoi vous le faites une autre fois ?
- On a perdu ton ancien dossier, donc on est obligée de répéter la procédure. Puis en levant les yeux sur l’agent qui mâchait, hey, Hosni, viens lui montrer le chemin de notre salon de thé.
L’homme, ria, puis attrapa la prostituée de son bras à le casser et dis en la poussant devant lui.
- Allez devant moi, ma poule !
Une fois disponible, le vieil homme, nous fit geste avec la main pour que nous approchions de son bureau puis dit après avoir pris, tout son temps pour nous dévisager.
- Alors, dans quelle maison close vous bossez?
- Pardon ? s’écria Ilhem.
Et Amira, sur les nerfs s’écria.
- Ne nous sommes pas des putes ? et en pointant son doigt vers le policier qui nous a ramené, c’est ce monsieur qui nous a amené ici de force !
Il leva un regard douteux vers son collègue et dit.
- Qu’est ce qu’elles ont fait ?
- Manque de respect à l’égard d’un agent de police et conduite en état d’ivresse.
L’homme cinquantenaire, traça un faible sourire puis dit.
- Ben, c’est grave comme accusations les filles. puis en allumant une cigarette, ben, si vous avez un parent à appeler vous le feriez maintenant.
Amira, emportée par une fierté surprenante, me poussa de son épaule, me devança tout en parlant à l’homme.
- Je vais appeler Hedi ! puis en jetant un regard énervant à l’autre policier, et on verra !
Une fois qu'elle passait son coup téléphonique, le policier en question, au bout des nerfs, l’attrapa de son bras agressivement en criant.
- Pendant ce temps là, vous allez découvrir notre salon de thé.
- Non, merci, je n’ai pas soif.
Il ria, nerveusement et murmura.
- Il est fait justement pour les personnes qui n’ont pas soif.
Une fois, nous trois derrière les barreaux, Ilhem, qui n’arrivait plus à parler tellement elle brûlait de colère.
- Tu m’as gâché une belle opportunité d’avoir un autographe d’Inna.
Bon, je comprends bien qu’elle soit en colère, moi aussi je l’étais mais par pour le même motif, ce qui était très évident. Quant à Amira, elle ne lâcha pas le policier de son regard belliqueux, qui s’enflamma lorsqu’elle le voyait jouant avec son IPOD.
- Hey, ne touche pas à mon IPOD !
Il sourit pour l’énerver puis continua à jouer avec, sans prononcer le moindre mot. Dans cette cellule d’arrestation, nous nous étions pas seules, mais avec cette prostituée, qui ne faisait que mâcher un bout de chewing-gum, puis marmonna.
- Alors vous bossez pour Ibrahim ?
- Quoi ?
Elle ria silencieusement et reprit en croisant les bras.
- Des putes de luxe ?
Ilhem, ne pouvant plus supporter toutes ces fausses accusations lui coupa la parole agressivement.
- On a l’air de putes ? sale pute !
- Oh, oh du calme ! dis-je en retenant le bras d’Ilhem.
Puis un cri de joie sauta des lèvres d’Amira, qui s’approcha des barreaux et dit, gaiement.
- Oh, c’est mon chéri, il est arrivé !
Le vieux fiancé, lui sourit et fit un petit coucou avec la main puis partit parler au policier.
- On va bientôt sortir de ce trou de rats ! s’écria Amira en croisant les bras.
L’autre femme, sans nous manquer de son regard inquisiteur murmura d’une voix basse.
- Putes de luxe et VIP de plus !
Au bout d’une vingtaine de minutes, son fiancé élégant dans un costume grisâtre s’approcha de nous accompagné du policier qui nous a chopées de Gammart. Il traça un sourire puis adressa la parole à Amira d’un ton doux.
- Alors ma princesse ? on fait encore des bêtises ?
Elle sourit et lui caressa sa main poilue puis murmura honteuse.
- Ce n’était pas exprès Titi !
- Titi ? dis-je, en croyant l’avoir dit à moi-même.
Alors Ilhem, ria doucement et reprit en me chuchotant à l’oreille.
- C’est comme ça qu’elle appelle Hedi.
Hedi ? Titi ? Pour moi, il était clair qu’il n’y avait aucune mot apparenté à ces deux noms propres ni aucune possibilité de dérivation, mais bon qui sait d’où on invente les surnoms et sur quelle base ?
- Hey, mon chou, si tu veux une expérimentée tu peux t’adresser à moi ! dit la prostituée, en se faisant caressante, puis en lui faisant un clin d’œil, tu ne le regretteras pas !
Le policier, intervint d’une voix ferme.
- Ferme-la, layla !
Hedi, suivit sa fiancée d’un œil bienveillant puis dit.
- Bon, voilà, ce monsieur, s’est avéré un homme bien et gentil, il est prêt à faire table rase avec toi ma puce à condition que tu t’excuses.
Elle le regarda, froidement un petit moment puis s’efforça de le dire à contre cœur. Une fois qu’il partit chercher les clefs pour nous ouvrir la cellule, Amira se demanda non convaincue.
- Ça t’a coûté combien ?
Il sourit et dit en baissant la voix, puisque le policier se dirigea vers nous.
- C’est en nature ! deux weekends gratuitement à mon hôtel, Hedipalace au mois de juillet, lui sa femme et ses enfants.
- Je doutais bien de sa gentillesse ! murmura Amira, en ricanant.
Une fois la porte ouverte, Amira sortit et se jeta audacieusement dans les bras de son homme en l’embrassant sur la joue longuement.
- Merci mon sauveur !
Hedi, plus raisonné et pudique qu’elle, se relâcha gentiment des bras de sa fiancée et dit en souriant.
- Alors ,qui étais avec toi dans la voiture ?
Sans réfléchir deux fois elle dit, en attrapant la main de Hedi.
- Ilhem.
Ilhem, sortit de la cellule d’arrestation et s’écria, les yeux grands ouverts.
- Et Yasmine ? tu l’as oublié.
Elle me regarda bizarrement, pour la première fois puis dit, en dessinant un faux sourire.
- Ah oui, Yasmine.
Son fiancé, me fixa d’un doux regard et dit.
- Je connais Ilhem, mais toi non.
Je souriais, en voulant me présenter mais Amira fut plus rapide et me vola la parole en s’écriant.
- C’est une nouvelle connaissance d’Ilhem !
 

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