mardi 14 février 2012

Entre filles:Episode 32 : l’hypocrisie féminine

Publié par bella_ragatsa à 06:09
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On le sait depuis longtemps : la sexualité de la femme diffère de celle de l'homme sur bien des plans. La sexualité féminine demeure taboue et incompréhensible. La sexualité féminine ne reflète point son véritable orientation. Derrière la sexualité féminine se cache une immense hypocrisie parfois. La sexualité féminine… la sexualité féminine…la sexualité féminine. Bon j’avoue que dernièrement le sujet m’obsédait tellement que je ne faisais que des recherches sur Google pour voir si les femmes naissent véritablement bisexuelles et puis des mutations surviennent pour qu’elles suivent une voie à vie.
Pourquoi j’ai fait une fixation sur la sexualité féminine ? Et ben, je vous le raconterai tout de suite et c’est à vous de juger si j’ai raison ou pas de me poser tant de question.
- Allo ? Yasmine, tu m’entends ?
Comme si j’étais dans une autre planète je reprenais.
- Oui, oui, je suis avec toi Maryem !
Elle ria un petit moment et continua.
- Oh là, t’es timide toi ?
Et puis mon tel sonnait de nouveau.
- Attends Maryem s’il te plait, j’ai un double appel.
- D’accord !
Et surprise, surprise, c’était Sahar à l’appareil.
- Allo, cava ? dis-je en ingurgitant ma salive avec difficulté.
J’entendais un peu de bruit, comme si elle était dans la rue puis elle disait.
- Oui, oui, cava. Puis après un petit moment de silence, dis, tu peux sortir de chez toi, dans un petit quart d’heure ?
- Un petit quart d’heure ? puis en jetant un coup d’œil rapide vers ma montre qui indiquait minuit moins quart, euh, oui !
- Bien, alors à toute. Et raccrochait sans attendre que je lui réponde.
Puis je reprenais la conversation avec Maryem.
- Bon, Maryem, je te laisse maintenant, j’ai des choses à faire.
Curieuse, elle me demanda.
- Des choses à faire ou quelqu’un à voir ?
Au bout des nerfs, je criai.
- Ce ne sont pas tes ognons, désolée.
Elle éclata de rire, puis murmura.
- D’accord, d’accord ! ne sois pas agressive. Et en m’envoyant un bisou, passe une belle nuit, et fais signe de temps en temps.
- Ok, je verrai, allez ciao.
Et je raccrochai. Je me remettais debout et je m’habillais et au bout de dix minutes, mon gsm sonna.
- Descends, je t’attends en bas.
Je traçais un faible sourire et je murmurai.
- Mais pourquoi, tu ne veux pas entrer ?
D’un ton nerveux inhabituel de sa part, elle s’écria.
- Yasmine, ne commence pas s’il te plait !
- Ok, ok je viens !
En sortant, je la voyais dans une voiture polo grise garée face à l’immeuble. Elle était assise au siège conducteur. Elle me fit un signe avec la main pour que je puisse la repérer. Je regardai à droite et gauche puis je traversai la rue en courant. Puis en m’arrêtant prés de sa porte et en échangeant deux bises avec elle.
- Salut, je suis contente de te voir.
Elle me regarda fixement avec des yeux rouges de colère et me disait.
- Allez, monte !
Une fois dans la voiture, elle fermait ma vitre et la sienne, puis en baissant un peu le volume de la radio.
- Alors, quoi de neuf ?
- Euh, rien de spécial.
Elle portait une robe noire, et je voyais ses cuisses à travers son collant couleur chair.
- Jolie la robe !
Elle suivit mon regard, puis en démarrant la voiture.
- La robe ou mes cuisses ?
Cramoisie je balbutie
- Les deux !
- Mmm, je vois ! puis en s’arrêtant au feu rouge. Où veux-tu qu’on aille ?
- Je ne sais pas à toi de proposer…
Elle me jeta un regard bizarre et s’écria.
- Impossible, tu ne peux pas te décider pour une fois ?
C’était la première fois, que je la vois ainsi. Tellement colérique, tapant sur le volant avec les doigts en attendant le feu, puis elle dit.
- Tu veux aller en boite ?
- Ah non, pas de boite s’il te plait ?
Elle traça un sourire persifleur et dit.
- Oui, c’est vrai, ça dépend de la compagnie.
En lui coupant la parole
- Oh, arrête Sahar… puis en voulant changer de sujet. A propos tu ne m’a jamais dit que t’étais motorisée.
Elle fit un tour au rond point puis gara sa voiture tout prés d’un kiosque puis dit.
- Attends-moi, je vais m’acheter quelques cigarettes.
- Ok !
Quelques minutes plus tard, elle revenait et s’installait en allumant une cigarette.
- En fait, ce n’est pas ma voiture mais celle de ma mère. Et en inhalant de la fumée de ses narines, et je n’ai pas de permis non plus.
Un peu sonnée, je disais.
- Quoi ? et tu sors la nuit ?
Elle ria un moment, et me répondit.
- Sois pas une poule mouillée, ce n’est pas ma première sortie nocturne.
- Oui, mais la police est plus active le soir et…
- Et quoi ? puis me regarda d’un doux regard et dit, tu m’as manqué, méchante.
- Toi aussi…
Et là, elle me coupa la parole agressivement et reprenait nerveusement.
- Arrête, ce n’est pas la peine de mentir. Et en me jetant un regard désagréable, tu peux m’expliquer, pourquoi je te vois plus à l’étoile du nord ?
Je relevai ma tête et je disais, à mi voix.
- Franchement, je voulais m’éloigner du Team.
- T’es plus lesbienne ?
- Non, mais j’ai eu ma dose de mes connaissances louches. Du coup, je passe la plupart de mon temps avec les hétéros.
Elle souriait, et dit.
- Je suis hétéro aussi.
- Oui je le sais.
Elle prit un autre souffle de sa cigarette et dit.
- Tant mieux alors. Et comme si elle se souvenait d’une chose, tiens, demain, je vais prendre mon petit déjeuner, avec trois de mes amies, et en riant, elles sont toutes hétéros pures, tu veux nous rejoindre ?
En haussant ma tête pour dire oui.
- Ben, tant que c’est avec toi ok
Elle prit un dernier souffle de sa cigarette et reprenait.
- Ok, ça marche. Bon alors je te conduis chez toi pour te reposer.
C’était une drôle de balade. J’ai même oublié de lui demander la raison de cette sortie. Mais le plus drôle et le plus intriguant c’était ce petit déjeuner, avec une bande de fille homophobes.
On était les premières arrivées au café Casting de la cité Ennasr. Puis trois filles, dont une voilée, viennent nous rejoindre.
- Bonjour Sahar, cava. Dit la fille voilée en rose, comme étant soi-disant moderne,
- Bonjour, Islam, cava. Je te présente mon amie, Yasmine.
Elle me souriait, m’embrassa et s’assit face à moi en disant. Enchantée.
Puis la deuxième fille, la plus belle des trois arrivées, avec des yeux de chats, et une coupe carré plongeant, s’assit prés de moi, et se présente toute seule.
- Moi, c’est Bochra ! et en présentant la dernière fille, la moins bavarde, c’est rachida. Et en rigolant, un prénom antique comme elle
Sahar, riait, et disait.
- Arrête de la taquiner.
Après une bonne heure de discussion sur les mecs et l’univers des relations hétéro, Bochra s’adressa à Sahar, en disant.
- Alors, ton ex te harcèle toujours ?
Sahar, croisa les bras et dit un peu gênée.
- J’ai changé de puce, mais le salaud est toujours en contact avec ma mère, et elle n’arrête pas de m’embêter à chaque fois en me disant, c’est un mec bien, fils de bonne famille, je connais sa mère, c’est une amie à moi etc.
Et en lançant un long souffle
- Tiens, hier, je me suis bagarrée avec elle à cause de lui, et je suis sortie prendre du l’air en plein milieu de la nuit.
Une fois que j’ai eu une réponse indirecte de son état d’énervement, Bochra s’adressa à moi cette fois-ci.
- Et toi, Yasmine, t’as pas un copain ?
- Moi, non, je suis bien comme je suis.
Là, Islam, intervint dans la conversation, en changeant carrément de sujet.
- Regardez cette beauté qui vient d’entrer.
Les trois filles suivaient, une jolie fille très féminine qui vient de pénétrer la cafétéria avec un jeune homme riche.
- Oh la la, elle est si belle ! parla Rachida pour la première fois.
Bochra, sans quitter la fille des yeux, disait.
- Si j’étais un mec je l’aurai baisé tout de suite même en public je m’en fou.
Sahar, alluma une cigarette et dit en badinant.
- Même étant une fille, tu peux la baiser.
Là, son côté homophobe surgit et mit terme à la phase de séduction.
- Je ne suis pas une gouine ma chère.

Puis comme si elle se rappelait d’un truc marrant, elle se mit à rire hystériquement.
- Quoi, t’as perdu la tête ?
Elle s’arrêta pour un moment et dit.
- Non je me suis juste souvenu de l’émission de Elwafi et sur le magasine gay.
Islam, en buvant un peu de son chocolat chaud.
- Oui, c’est grave là, ils croient qu’au nom de la liberté d’expression, tout est toléré. On vit dans une société musulmane quand même, ce qui est illicite est illicite, et ça s’arrête là, ils doivent aller se soigner ces pervers.
Rachida, de sa voix à peine entendue.
- Je ne suis pas contre l’homosexualité moi mais contre les droits qu’ils demandent. Si tu veux baiser un mec, vas-y, mais que ce soit en cachette c’est tout
Bochra, enterra son visage entre ses mains et dit.
- Oh la la, ça me dégoute, je ne peux pas imaginer deux mecs ensemble ! comment un mec pourrait accepter d’être enculé pfffff
Puis Sahar, reçoit un appel téléphonique.
- Incroyable !! s’écria-t-elle
- Qu’est ce que t’as ? dis-je un peu inquiète.
- C’est le numéro de mon ex. comment il a eu mon num ? si je découvre que c’est ma mère qui le lui a donné, je la tuerai.
Puis elle s’excusa et s’éloigna de nous pour répondre au tel. Et une autre belle fille, entra la cafétéria. Et les trois filles, la suivaient attentivement jusqu’à ce qu’elle s’installa avec ses amies au fond de la cafétéria.
- T’as vu le cul qu’elle a mmm. S’écria Bochra.
Séduite, Islam, disait.
- Et sa poitrine aussi. Tu penses qu’elle est naturelle ?
- Oui je crois. Dit Bochra sans la quitter des yeux.
Puis en abordant le sujet des lesbiennes.
- Moi personnellement ça ne me dégoute pas deux filles ensemble.
Puis comme si elle attendait nos réactions.
- J’ai vu une vidéo l’autre fois sur un site lesbien, c’était hot.
Islam, en voulant la taquiner.
- Tu me fais peur Bochra, me dis pas que t’es bisexuelle ?
- Moi, mais non, t’es dingue ou quoi, j’adore la bite moi. Et en avalant sa salive, mais tu ne m’as pas dit ce que tu penses des lesbiennes ?
Un peu hésitante, Islam, murmurait.
- Je ne sais pas, je trouve que c’est mal, mais pas autant que deux mecs ensemble.
- Et pourquoi pas autant ?
La voix un peu perturbée, elle dit en baissant la tête.
- Je ne sais pas, parce que c’est sans pénétration.
Bochra, éclata de rire et dit.
- Je t’assure ma chérie que les filles s’enculent aussi.
- C’est quoi ce sujet débile que tu abordes. Dit-elle, sur les nerfs.
Comme si elle n’a pas écouté sa remarque, elle s’adressa à Rachida.
- Et toi qu’est ce que t’en penses ?
- Tant que les filles s’aiment, je ne vois pas d’inconvénient. C’est mignon je trouve entre filles.
- Oh, t’es tellement gentille toi. Et éclata de rire, tes réponses m’intriguent vraiment.
Comme si elle comprenait ses insinuations, Rachida montra la bague de ses fiançailles et murmura en riant.
- Je suis engagée moi.
Bochra, ria et continua.
- Mais ça ne veut rien dire. Puis en se rappelant de ma présence, et toi Yasmine, qu’est ce que t’en penses des lesbiennes ?
- Je ne sais pas, c’est leur mode de vie et je respecte.
- Mmm tu respectes ! et en me fixant d’un regard inquisiteur, t’es soit trop tolérante, soit homosexuelle refoulée.
Là, Islam, intervenait.
- Oh arrête de la taquiner.
Comme je ne me sentais pas à l’aise, je me mettais debout et je disais.
- Bon les filles, je m’en vais.
Bochra, se leva et me tint le bras en voulant s’excuser
- Je suis désolée ma chérie, je rigolais, je suis toujours comme ça ne le prends pas mal s’il te plait.
En me débarrassant de sa main doucement, et en traçant un pseudo sourire.
- Non ne t’inquiète pas.
Et rachida m’interpella.
- Sahar, va se mettre en colère, si tu pars comme ça sans l’attendre.
En attrapant mon sac à main, je disais.
- Elle pourra m’appeler dans ce cas.
Puis je quittai le lieu en pressant le pas comme si je voulais disparaitre sur-le- champ. Une fois dans la rue, j’arrêtais un taxi. Une fois dedans, mon tel se mettait à sonner. Ce fut Sahar, mais je ne voulais pas décrocher et je ne savais pas pourquoi comme si je l’en voulais parce qu’elle m’a laissé seule avec ses amies ultra hypocrites.
Puis je reçois un premier texto de sa part. « Pourquoi t’es partie ? ». Comme je ne répondais pas, je reçois un second texto dix minutes plus tard. J’allais éteindre mon cellulaire, mais au dernier moment, je décidai de lire son message, et là, mes yeux restaient scotchés sur l’écran de l’émotion.
« Veux-tu devenir ma copine ? »
 

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