mercredi 24 mars 2010

Entre filles: épisode9:Va te faire******

Publié par bella_ragatsa à 06:54
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Mettez vous à ma place, vous feriez quoi face à une situation pareille ? Bon, certaines vont se jeter sur le lit ; étouffer leurs pleurs sur l’oreiller, penser au suicide mais renoncent au dernier moment. D’autres vont se la jouer impassible, le sourire grand ouvert comme des hôtesses et finiront en sanglot une fois seuls. D’autres vont chercher le réconfort chez leurs amies intimes.
Et moi personnellement, j’ai passé une demi journée face au grand miroir de ma chambre à coucher. Je me regardais, je faisais des va-et-vient, je me touchais de partout, comme une pute voulant se faire caressante pour attirer de l’attention. Après des heures à ne rien faire, à part m’observer minutieusement devant le miroir, je me suis arrivée à la conclusion que je n’étais pas mal du tout. J’étais belle, je m’habillais bien, même le parfum que j’utilisai plaisait à la plupart de mes amies.
Mais le mot type, qui me tapait si fort dans la tête me rendait de plus en plus dingue. Comment elle a osé me le dire en face ? Elle se prenait pour qui la pétasse ? Voilà, moi aussi j’étais poussée à déployer des mots grossiers pour manifester ma colère.
Le pire, c’était loin de s’arrêter à ce niveau. Comme je vous ai dit, les informations circulent à grande vitesse dans notre communauté. Le bouche à oreille est très développé, dans notre petit cercle lesbien.
Comme les lesbiennes étaient fières d’afficher chaque changement de leur situation amoureuse sur le mur de leur compte face book, certaines aussi étaient aux anges, de révéler à haute voix qu’elles ont rejeté des potentielles copines.
Malheureusement pour moi, j’étais l’une de ces filles rejetées. Deux jours après mon échec, je me contactai sur face book, et je voyais l’ébauche d’une conversation entre Amira et Ilhem. Elles parlaient spontanément et en toute franchise comme si leur conversation fut confidentielle, sur un réseau social servant plus au scandale.
En deux mots, Amira avait participé à l’une des applications, ayant pour objet de déterminer si une personne vous aime en cachette. Après le questionnaire, elle eut une réponse affirmative. Ilhem, bien sûr, a vu la réponse, qu’Amira a laissé volontairement apparaitre en public, et laissa le commentaire suivant.
- Impossible, aucune fille ne voudra d’une imbécile comme toi.
Amira, égale à elle-même, tapait.
- Non, tu te trompes, la preuve Yasmine, l’est !
Pourquoi la salope m’a mentionné par le nom ? C’est ce que je n’arrêtai pas de me demander. Elle aurait pu, inventer n’importe quel nom, où juste dire qu’une personne s’intéresse à elle. Mais non, elle était tellement minable au point de taper mon nom en gras, et de lui raconter en détail comment elle m’a tenu par le visage et m’a craché le mot type sans clémence, ni pitié.
Et voilà, depuis ce moment fatidique, j’évitai de me trouver dans des endroits, où la tribu de lesbiennes s’agglomérait, y compris, l’étoile du Nord.
La première à se moquer de moi, fut « Abdelmajid ». En fait, pour m’évader un peu du stress et de la honte d’une telle révélation, je pris la décision de m’inscrire dans une sale de gym. À ma surprise, c’était celle où Hana s’entrainait, mais elle était plus qu’une simple adhérente. C’était une professeure de sport. Et depuis le premier jour de mon inscription, elle ne me lâchait pas de semelle. Elle profitait de ma situation, étant nouvelle dans la salle, comme quoi pour me montrer comment utiliser les machines, mais elle finissait toujours par aborder le sujet avec moi.
J’étais en train de faire du vélo. En tenue sportive, elle s’approcha de moi, posa ses deux mains sur le guidon et me disait sans me quitter de ses yeux.
- Alors cava ?
Du coin de l’œil, je l’observai et je répondis tout en pédalant.
- Oui, cava merci.
- Sûre ?
Je m’arrêtai donc et en m’essuyant de ma serviette, je criai sur les nerfs.
- Pourquoi tu me poses toujours la même question ?
Elle mettait ses deux mains autour de sa taille et reprit en riant.
- Parce qu’à mon avis, c’est dur de regarder les autres filles après un tel rejet ! et en me caressant la main doucement, moi je ne te dirai jamais une chose pareille, c’est une fille qui manque de délicatesse…
En sautant du vélo, je répondis nerveusement.
- Merci pour ta compassion !
Elle me suivait de deux pas et me tint par le bras en disant.
- Si tu veux qu’on discute plus tard, en buvant un café à l’étoile du nord ?
- Pourquoi faire ? m’écriai-je en la regardant furibonde.
Un peu frustrée, elle répondait en me dévorant du regard.
- Ben, pour parler, faire connaissance…
Je lui coupai la parole, en me dirigeant vers le stepper.
- Non, merci je n’ai pas envie.
Dès que je monte sur la machine, elle s’approcha de moi une autre fois et me demanda, les yeux rouges de colère.
- Pourquoi tu m’évites ?
- Je t’évite pas… je n’ai simplement pas envie d’aller nulle part !
Elle posa ses deux mains une autre fois sur l’avant de stepper, et en me bornant d’un regard désagréable.
- Je ne te plais pas c’est ça ?
Emportée par ma colère, je criai.
- Oui, tu ne me plais pas !
Elle tapa si fort avec le pied le bas de stepper et s’écria.
- Toi non plus tu ne me plais pas..
- Alors tant mieux !
Elle fronça ses sourcils d’un geste nerveux et rajouta, en se moquant.
- T’es pas mon type non plus ! Et en riant avec hystérie, voilà, je suis la deuxième lesbienne à te le dire en face, salope !
La seconde personne à me le rappeler fut l’autre minable qui se prenait pour Picasso. C’était le dimanche, à carrefour. J’étais accompagnée de ma colocataire, qui était une fille portant le voile et d’un milieu très conservateur.
On s’était arrêtée avec le chariot face au rayon pâtes. Asma, s’inclinait pour saisir un paquet de riz et moi, je suivais de regard, une fille qui se baladait avec sa mère à côté de nous. Elle avait un beau derrière, que mes yeux ne pouvaient quitter. Puis cet agréable paysage s’enlaidit lorsqu’une natte venait de se balancer devant moi, puis en levant la face, je voyais le sourire stupide de Hikmet. Il me faisait la bise, comme si on était des vieux potes.
Asma, le regardait avec mépris du coin de l’œil, surtout en découvrant son look super efféminé. Elle le prenait surement pour une tapette, et je ne sais de quelles insultes elle le piquait au fond d’elle-même.
Comme si on était seuls au rayon, il ignorait la présence de ma colocataire. Probablement, il ne croyait pas qu’elle fut avec moi à cause de sa tenue religieuse. Et se mettait à me parler à haute voix.
- Écoute, je suis désolé... et en me caressant la joue. Amira est parfois insolente, mais elle a un bon fond ! ce n’est pas de ses habitudes de blesser les autres ! et en voulant me faire rire, si tu n’étais pas lesbienne, j’accepterai volontiers de sortir avec toi !
Mon amie, devenait aussi pâle qu’une morte, et s’éloignait de moi en poussant le chariot. Le lendemain, elle me communiquait sa décision de déménager de l’appartement. Elle me faisait bien sûr, un long discours, sur les homosexuels qui vont se bruler en enfer, et finissait par m’insulter, en conclusion. Et voilà, la deuxième conséquence après l’humiliation, s’affichait le mois suivant, où seule louant l’appartement, je fus désormais dans l’obligation de payer les 300dinars au lieu des 150dinars.
La troisième personne, qui mettait fin à ma patience et déclenchait en moi une abominable rage fut Ilhem, qui me téléphonait, par Gsm, comme elle ne me voyait pas à l’étoile du nord, pour soi-disant avoir de mes nouvelles.
- Hey, vilaine, t’es encore en vie ?
En m’allongeant sur mon lit, je murmurai.
- Oui, apparemment.
Elle lança l’un de ses rires de sorcière et continua.
- Je ne te vois plus à l’étoile du nord !
- J’aime plus cette cafétéria.
Elle poursuivait son rire persiflant et dit.
- Dis plutôt, que t’aimes plus y aller pour éviter de voir Amira !
Les yeux brûlant de colère, je hurlai.
- Écoute, il y a rien entre moi et cette salope !
- Ouah ! regardons qui déploie des mots grossiers, le petit ange Yasmine…
Je lui coupai la parole, en criant.
- Qu’est ce que tu veux exactement ?
- Prendre de tes nouvelles…
En haussant la voix, sans pouvoir me contrôler.
- Plutôt te moquer de moi !
Là, elle arrêta son rire et reprit son ton sérieux.
- Écoute, tu te crois capable de la séduire ? moi-même j’ai échoué de le faire.. et en ricanant, mais avec Abdelmajid je crois que t’as des fortes chances…
En lui coupant la parole agressivement.
- Non, merci, je préfère mourir célibataire qu’avoir un rancard avec Abdelmajid !
Et je raccrochais, tout en fermant le Gsm pour ne plus recevoir d’appels. Cette nuit-là, je n’arrivai pas à fermer l’œil, la colère me hantait, de partout. Le lendemain de bonne heure, comme si j’étais programmée, je pris la route pour l’appartement d’Amira. J’avais tellement de fureur en moi, et je croyais ne pouvoir la défouler qu’en lui disant ses quatre vérités en face.
C’était aux alentours de 9h30. J’hésitais beaucoup une fois devant son appartement. Puis je mis à frapper si fort à casser la porte. Quelques minutes plus tard, elle ouvrait la porte. Elle avait les yeux semi fermés du sommeil, en pyjama court garni d'images de chats.
Elle me regarda, un long moment et me demanda en bâillant.
- Qu’est ce que tu veux, salope ?
En serrant les poings de colère, je répondis.
- T’es vraiment une salope…
Elle déposa sa main sur la poignée de la porte et s’écria, sur les nerfs.
- T’es venue me gâcher mon sommeil, pour me dire que je suis une salope ? et en levant sur moi un regard de mépris, je le sais, et en me tapotant doucement avec son doigt sur mon nez, le message ne s’est pas bien transmis l’autre fois ? tu veux peut être que je te rafraichisse la mémoire ?
J’expédiais son index d’un geste nerveux et je criai.
- Tu te prends pour qui salope ?
- Hey ! il y a plein mots à utiliser à part salope ! je n’aime pas trop la répétition ! et en traçant un sourire moqueur, et pour répondre à ta question, je me prends pour la fille qui te fait mouiller !
Tremblante du haut en bas, j’eus envie de lui coller une belle gifle mais je me retenais et je me contentai de l’insulter en disant.
- Va te faire****** !
Elle s’éclata de rire et s’approcha de moi encore pour me provoquer.
- Ben vas-y, dis le !
Je laissai un rire nerveux s’échapper et je répondais.
- Je n’ai pas peur ! et en la pointant de mon doigt, va te faire foutre !
Elle me dévisagea d’un regard colérique et poursuivait.
- T’es sûre !
- Absolument ! dis-je en croisant les bras.
Elle sourit, me regarda un long moment et murmura.
- ok !
et me tint fortement avec ses deux main de mon visage, me colla un long baiser sur les lèvres, puis sa main droite descendit rapidement sur mon ventre, et s’arrêtait sur ma ceinture puis en me tirant vers elle avidement.
- On va se faire foutre ensemble !

mercredi 17 mars 2010

Entre filles:épisode8: type!

Publié par bella_ragatsa à 06:02
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Ce que fut honteux d’être cerné de tant de regards, surtout celui de la fille qui me plaisait. Elle me perçait d’un regard moqueur, un regard de quelqu’un voulant s’amuser en te méprisant en public. C’était la première fois, où je me sentais dans un tel embarras, c’était la première fois aussi où je fus sujet de moqueries. Et pis encore, ils se mettaient à rire, en me voyant, toute rouge, comme quelqu’un d’allergique. Comme j’aurais aimé disparaitre cet après midi maudite, mais je n’ai pas pu. Comme clouée sur ma chaise, je suivais leurs yeux exultant de joie et d’humour. C’est après un long moment de rire, qu’Amira me tapait sur l’épaule en me disant.
- Il te plait c’est ça ?
- Qui ? dis-je, d’une voix si perturbée.
Elle reprenait le rire qu’elle a freiné pour me parler et poursuivait, en faisant un petit mouvement avec la tête.
- Voyons ! Casanova !
- Casanova ?
Une des filles, de leur bande de tarés intervint, en serrant dans ses bras le mec à la natte noire.
- Le voilà, Casanova ! Hikmet, le Roméo de beaux arts.
En regardant le barbu, avec des lunettes de vue si épaisses, je criai.
- Non…
Là, Amira me coupa la parole en me caressant la joue tendrement.
- Il est si mignon ! si je n’étais pas engagée, il serait mon mec. Puis en souriant à Hikmet, enlève tes lunettes pour qu’elle puisse dévorer tes beaux yeux verts.
Hikmet, ria un petit moment et continua avec fierté.
- Arrête Amira ! je ne veux pas faire une nouvelle victime ! sinon on serait dans l’obligation d’appeler une ambulance !
Une ambulance ? Mais pour qui il se prenait ? Pour Brad Pitt ou Gale harold ? Il n’était pas beau du tout. J’ai toujours entendu parler des gouts insolites des étudiants des beaux arts en matière de fringues mais je n’ai jamais cru que leurs gouts bizarroïdes infecteraient aussi leur choix d’hommes et de filles.
À première vue, cet homme, si maigre et si moche avec sa barbe, si sauvage et cette natte qu’il n’arrêtait pas de balancer depuis une bonne heure comme une petite gamine de l’école primaire, me donnait envie de la couper si j’étais disposée d’une paire de ciseaux.
C’était le prototype d’un voyou, d’un SDF modèle des USA. Pourquoi USA ? Je ne sais pas : c’est peut être parce que je regardais fréquemment les séries américaines.
Mais bon il faut rendre à césar ce qui est à césar. D’après ses amis bien sûr, c’était un si talentueux homme, qui vendait déjà des tableaux aux hôtels, et qui gagnait bien sa vie avec ses chef-œuvres.
Mais attendez, pourquoi je parlais de lui ? Qu’il soit un nouveau Picasso, Gauguin, ou Delacroix, je m’en moque ! Si j’ai pris un tel risque de suivre ma princesse qui s’est avérée une méchante sorcière, c’est pour tenter ma chance avec elle et pas avec son Ranma (enfin, le vrai Ranma de la BD était beau).
- T’es belle, Yasmine ! me dit-il en souriant, puis en balançant sa natte, mais je suis en couple pour le moment ! et en me faisant un clin d’œil, mais t’es actuellement sur ma liste d’attentes, en cas où ça foire avec ma copine !
Amira, me secoua de mon épaule en riant.
- T’es chanceuse, tu le sais ?
Comme je ne pouvais plus me casser encore la tête avec cette bande de tarés, je bondis de ma place et je quittai la cafétéria, sans même m’arrêter pour parler à Amira, qui ne cessait de m’appeler de leur table, un bon moment.
Depuis ce jour-là, j’ai pris la décision d’effacer cette fille pour toujours de ma tête. Mais prendre une décision sans l’appliquer, m’était familier. Comme mon père, qui disait toujours non, mais qui finissait par succomber à nos caprices, c’est peut être pour ça, que son mariage s’est foiré. Il n’était pas si ferme, si sévère, et si décisif. Les femmes aimeraient sûrement vivre avec un homme doux et sentimental, mais il faut parfois se montrer dur, et ne pas avoir honte de dire un non inéluctable et irréversible.
Ce qui est clair, ce que j’ai hérité ce non qui signifiait tacitement oui. Après une absence de deux semaines à l’étoile de Nord, je remettais à nouveau mes pieds là-bas. J’étais bien heureuse, de ne pas tomber sur cette bande de looser.
Cependant, mon regard croisera celui de mon ex Fahmi, assis au fond de la cafétéria avec une nouvelle copine. Après m’avoir noyée d’une avalanche de messages et de coup de fils, il a finalement jeté l’éponge et continué sa vie. Il avait raison de toute façon, la vie ne s’arrêtera jamais sur une seule personne. Et ce sont uniquement les maso de la romance, qui brulèrent leur souffrance, en suivant l’unique personne, présente à leur yeux et parfaite, d’où le pourcentage d’une éventuelle substitution est nul.
Je faisais partie d’eux. Mes yeux, ne regardaient qu’Amira, et mon cœur ne battait que quand elle me parla ou me sourit ou effleura ma joue. Je me suis rendue compte aussi après deux semaines de vie casanière, que j’avais plus que de sentiments pour elle. J’avais de l’amour. C’était la première fois où je tombe amoureuse d’une personne.
Je me suis assise autour d’une table à l’entrée de la cafétéria. Seule, fumant une cigarette, je suivais de regard Fahmi, caressant amoureusement la main de sa nouvelle conquête. J’étais jalouse, mais non parce qu’il m’a vite oublié, mais plutôt parce qu’il a vite trouvé quelqu’un alors que moi, je voyais souvent la fille que j’aimais et que je n’osais même pas lui faire sentir la braise de cet amour qui me torturait de plus en plus.
Des larmes, avaient gonflés mes paupières, mais je les ai retenues. Je voulais ne pas me montrer faible et vulnérable. J’avais dans les tréfonds de mon âme, un espoir qu’un jour cette fille se rendra compte toute seule de cet amour que je lui portai. Mais comment elle s'apercevra d’une telle passion alors qu’elle s’apprêtait à se marier ?
C’était toujours l’interrogation qui bouillonnait dans ma tête, et qui m’empoisonnait la vie sans arrêt. Le regard si triste et morne, je tournai la tête vers la porte et j’aperçus Amira sauter d’une belle voiture Mercedes.
En la suivant d’un regard attentif, je la voyais échanger deux bises avec un homme de la cinquantaine, très élégant, les cheveux blancs avec une moustache blanche aussi si épaisse. Elle échangea avec lui quelques paroles puis ferma sa porte de voiture et se dirigea vers la cafétéria.
Je faisais semblant de boire mon café, les yeux baissés. Mais elle s’arrêta devant moi et m’adressa la parole.
- Hey ! Salut toi ! ça fait un bail ?
Je levai la tête et je répondais sans vraiment la regarder.
- J’avais beaucoup d’examens à préparer.
- Oui, je vois !
Puis en déposant sa main sur la chaise en face de moi.
- Tu attends quelqu’un ?
- Non, pas vraiment.
Elle secoua les épaules et reprit.
- Je peux m’assoir donc.
- Oui, bien sûr ! dis-je d’une voix émue.
Elle s’asseyait face à moi, se mettait à tapoter la table aux bouts des doigts, nerveusement, et disait.
- T’as pas vu Hikmet ?
- Non. Dis-je, en faisant semblant d’ouvrir l’un des livres de l’anatomie que j’ai emprunté de la bibliothèque.
Perdant patience, elle regarda sa montre très fine et reprit.
- C’est 18h ! le connard il devrait être là, depuis un quart d’heure !
- Attends encore. Dis-je en saisissant le fleurissant.
Là, elle m’arracha le feutre et s’écria en me dévorant d’un regard soucieux.
- Qu’est ce qui se passe ? pourquoi j’ai l’impression que tu me parles à contre cœur ?
Je reprenais mon feutre d’un geste nerveux et je criai.
- Rien ! j’ai encore un examen à préparer.
- Alors ! ma présence te gène ?
Je secouai la tête pour dire non et je me demandai en osant rencontrer ses beaux yeux.
- C’est ton père ?
- Quoi ? dit-elle en fronçant les sourcils. Puis elle sourit et m’expliquait, mais non, c’est Hedi, mon fiancé.
La bouche entrouverte du choc, je bégayai.
- Ton fiancé ? et ne voulant pas croire. Non, tu rigoles…
Elle sourit et dit d’un air sincère.
- Je te jure ! c’est mon fiancé.
- Mais il est vieux…
- Pas si vieux ! il a 57ans.
- 57ans ? puis en fermant le livre, t’as à peine 21ans.
Elle posa ses douces mains sur les miennes puis en me bornant d’un regard ferme.
- Ce ne sont pas tes ognons ! c’est ma vie, je fais ce que je veux.
- C’est ce que j’appelle une tentative de suicide…
Elle me coupa la parole, en haussant la voix de colère.
- C’est un homme très riche. Avec lui, je nagerai dans l’opulence, je ferai tant de voyages et je vivrai comme une princesse !
Je laissai un rire m’emporter et je poursuivais.
- Alors c’est pour l’argent...
- Ce n’est pas uniquement pour l’argent ! c’est un homme bien que j’aime.
En la cernant d’un regard jaloux.
- Est-ce que t’es amoureuse de lui ?
Elle me regarda bizarrement un long moment puis en croisant les bras.
- Ça ne te regarde pas ! et puis l’amour n’est pas toujours la source du bonheur !
En riant silencieusement, je continuai.
- Vas-y alors, marie-toi.
Elle ria et dit.
- Je n’attends pas ta bénédiction pour le faire ! et en me tenant par le menton, tu te prends pour qui ? hein, pour ma copine ?
- Non ce n’est pas ….
Elle me coupa la parole agressivement, en me jetant un regard si vilain.
- Écoute, même si j’étais encore lesbienne, je ne sortirais pas avec toi.
Et en bloquant ma tête entre ses mains.
- T’es pas mon type !

jeudi 11 mars 2010

Entre filles: épisode7: Espionnage

Publié par bella_ragatsa à 06:24
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Nul ne peut comprendre les signes du cœur ; ses battement très forts, ses pincements douloureux par moment. Le cœur, était toujours symbolisé source d’amour et de passion, alors qu’en vrai, ce n’est est un organe creux et musculaire qui assure la circulation du sang en pompant le sang par des contractions rythmiques vers les vaisseaux sanguins et les cavités du corps. On dit aussi, que le cerveau symbolise la raison, la rationalité alors que c’est un organe du système nerveux central traitant les informations en provenance des sens, contrôle de nombreuses fonctions du corps, dont la motricité volontaire, et constitue le siège des fonctions cognitives de l’esprit telles que le raisonnement, les décisions, la perception. Tout se passe en haut, amour, haine, réflexion, calcul. C’est le système nerveux, le vrai chef d’orchestre, c’est lui, qui détient la recette magique d’amour.
Comme on croyait avant à la beauté incontournable de la lune, qu’en vrai, n’est qu’un satellite naturel orbitant autour de la terre, grisâtre avec des cavités et des cratères, partout, comme un défiguré, le cœur était et il est encore, le plus beau organe aux yeux de tous.
Pourquoi cette petite introduction ? Ben, parce que, j’étais en bonne humeur, cet après midi, et que la révélation de ma copine, m’avait chagrinée, à telle point que ma gaieté s’est colorée d’une acrimonie.
Le pire, ce que ma copine, l’a remarqué. C’était une fille, qui avait le sens d’observation. Elle croisa les bras et me dit d’un air soupçonneux.
- Qu’est ce qui se passe ?
- Rien ! dis-je, d’une voix lugubre.
Ce fut en effet, la première fois où je découvris que j’avais des sentiments pour Amira, des sentiments que je n’ai pu cacher. C’était mon point faible, je ne pouvais pas dissimuler mon émotion, même si je fais l’effort, de me passer pour impassible, mes yeux, me trahissaient tout le temps, en dévoilant mon vrai état d’âme.
C’était d’ailleurs, l’époque où des problèmes de couple commencèrent à faire leur humble appariation. Quand on est en couple, on a des devoirs à faire, surtout coté sexe.
Après un mois exactement de ma relation avec Ilhem, elle ne cachait pas son désir de coucher avec moi. Elle était très compréhensive et patiente avec moi, car avec ses ex, c’est à partir de la deuxième semaine de relation qu’elles ont commencé un cycle sexuel actif.
Et comme j’étais nouvelle dans le monde de lesbianisme, elle a voulu me laisser prendre tout le temps nécessaire, pour me préparer psychologiquement à enjamber la vie intime.
Un soir, elle m’invitait chez elle pour passer la nuit ensemble. C’était une invitation claire et nette, pour faire l’amour, mais je prétendais avoir un examen le lendemain de bonne heure pour m’absenter. Le lendemain soir aussi, elle me téléphonait pour la même raison, et je prétendais avoir la diarrhée depuis le matin, suite à un sandwich que j’ai mangé à la faculté.
Après cela, elle ne me parla pas pendant deux jours, et je ne faisais même pas l’effort de la rappeler pour voir si elle allait bien. Je me contentai de la biper, comme quoi, je pense à toi. Mais elle ne répondait pas à mes bips.
À la fin de la semaine, elle m’envoyait un sms, pour me dire qu’elle m’en voulait à mort, et que c’est manifeste que je ne l’aime pas et que j’aurai dû, le lui dire, au lieu qu’elle perde son temps, avec une peureuse et hypocrite.
Au lieu d’être honnête et sincère avec elle, je mentais bien évidemment. J’avais un bonus dans mon gsm, et je passais une heure à lui parler par téléphone, à lui expliquer, que je suis timide et que c’est ma première fois et que je ne suis pas encore prête pour avoir des relations sexuelles avec elle.
Bien évidemment, je m’attendais à ce qu’elle me pardonnait et que tout revenait comme avant. Mais à ma surprise, elle se taisait puis d’une voix frileuse.
- Ok, alors prends ton temps, quant à moi je vais me chercher une vraie lesbienne pour sortir avec !
Là, la face pâle, je criai.
- C’est parce que je refuse de coucher avec toi, que tu me largues ?
Elle ria doucement, et me répondit.
- Je ne veux pas te mentir, mais j’adore le sexe ! et le sexe est crucial dans un couple et tant que tu ne veux pas coucher avec moi, on fera mieux de rester amies.
- Je n’ai pas dit que je ne veux pas coucher avec toi, j’ai seulement dit que je ne suis pas prête…
Elle me coupa la parole, en criant nerveusement.
- Quand on aime quelqu’un franchement, on est toujours prêt à faire l’amour avec lui, mais quand on hésite, c’est qu’il y a un problème et dans votre cas ma chère, soit tu n’as pas de sentiments pour moi, soit t’es pas vraiment lesbienne !
Puis avec une certaine amertume.
- Je ne sais pas pourquoi je ne tombe que sur des hétéros…
- Je ne suis pas hétéro, je suis lesbienne !
- Lesbienne de mon cul, ouais !
Et raccrocha sans me laisser le temps de m’expliquer, et ce fut par la suite, la première fille qui me largue après un mois de relation, sans échanger même un baiser en amoureux.
Je n’étais pas très touchée par ma rupture. D’ailleurs, trois jours plus tard, comme une prédatrice, je ne faisais que surveiller en secret Amira, du loin, à l’étoile du nord. Elle venait souvent, avec un groupe d’amis hétéro, tous étudiants aux beaux arts du Tunis, y compris elle.
Ils rigolaient tout le temps, bombardaient la cafétéria avec leurs rires volumineux, et parfois, même, rendaient l’endroit, un vrai cabaret. Un membre de sa bande, un mec barbu, mais non pieux avec une natte, apportait le plus souvent une darbouka avec lui, et se mettaient, tous, à faire la fête. Et bien sûr, la reine de danse, Amira, était toujours la première qui se mit à danser et à applaudir.
À la voir aussi disjonctée, fofolle et farfelue, on ne peut croire qu’une telle fille, serait pour bientôt une femme mariée, dans une relation mature.
Tant de curiosité m’avait hantée concernant son fiancé. Les questions me démangeraient jours et nuits. Je voulais découvrir l’homme qui a pu conquérir son cœur, et l’assagir.
Et sans vraiment me rendre compte, je ne faisais de mes journées que la suivre partout où elle allait, et je faisais attention à ce qu’elle ne me voyait pas.
Ce qui me rendait de plus en plus perplexe, c’est qu’elle était toujours accompagnée de cette bande de voyous de sa faculté et je n’ai eu jamais la chance de la voir, assise seule avec un homme, avec son prince charmant. Et c’était vraiment très bizarre, surtout qu’ils étaient fiancés et qu’ils préparaient leur mariage, qui serait fêté dans trois mois grand max.
Un jour c’était un mercredi, vers 19h, j’étais comme d’habitude assise à distance de trois tables d’eux, près de l’entrée des toilettes des filles. Et je ne sais pas comment, en tournant la tête, par hasard, elle m’avait repéré, malgré que la cafétéria fût très peuplée ce jour-là, suite à un match de foot de l’équipe nationale contre une équipe de l’Afrique centrale.
Elle me faisait signe avec la main, comme réaction, je baissais la tête et je faisais semblant de lacer mes chaussures. Après cinq minutes, en levant la tête, je vis un beau corps féminin très sexy, debout face à moi et en cherchant le visage, je découvris celui d’Amira, les mains autour de la taille et le sourire démesurément large.
- Qu’est ce que tu fais ici, toute seule ?
- Je viens toujours boire un café, à cette heure là !
En me tenant le bras, elle me dit.
- Viens te joindre à nous !
- Je… je ne veux pas vous gêner !
Elle me pinça doucement de ma joue et dit.
- Mais non, arrête de raisonner comme ça, salope !
En fait, salope, pétasse, connasse, n’étaient pas employés par Amira en tant qu’insultes, mais c’était sa façon de montrer son affection, à ses copines qu’elle aimait bien, et heureusement pour moi, j’avais le privilège, d’être l’une d’elles. La preuve, en me présentant à sa bande de looser, elle cria.
- Je vous présente, ma salope préférée Yasmine !
Le barbu à la natte noire s’écria en ricanant.
- Salut la salope préférée d’Amira !
Amira, se mit à le tirer de sa natte, comme quoi pour le grogner en disant.
- C’est moi uniquement qui lui dit ma salope, compris ?
En essayant de se débarrasser de sa main, il cria en riant.
- Ok, ok ! arrête maintenant, laisse ma pauvre natte !
Elle la relâcha finalement s’assit face à lui, me tira par la main, pour s’asseoir près d’elle puis me dit.
- C’est Hikmet, le grand connard à la natte noire ! et en riant, on le surnomme à la faculté « Ranma » ! tu connais la série Ranma1/2 ?
En souriant, embarrassée par les regards inquisiteurs de ses copains.
- Oui, je l’ai regardé avant sur Mangas !
- Moi aussi, j’adore ! disait-elle.
Puis elle mit à me présenter le reste du groupe. Et au bout d’une demi-heure, elle oublia ma présence et se mettait à parler et à rigoler avec ses copains et ses copines.
Comme je commençais à me lasser, je vidai mon verre de jus que j’ai apporté avec moi de l’autre table et je disais.
- J’ai entendu parler que t’es fiancée, toutes mes félicitations !
- Merci ! murmura-t-elle sans me quitter de ses yeux.
Et là, Hikmet jouant avec sa natte, se mit à rire et en faisant une œillade à Amira.
- Je t’avais dit que c’est pour ça qu’elle. Et se taisait en riant silencieusement, puis répliqua en tendant sa main ouverte à Amira, allez, j’ai gagné le pari, alors où sont mes 10dinars ?
- Attend, je veux m’assurer tout d’abord ! dit-elle en souriant.
Comme je ne comprenais rien à leur minable jeu d’insinuation je me demandai d’une voix perturbée.
- Qu’est ce qui se passe ? vous parlez de moi ou quoi ?
Elle s’accouda sur la table, puis en me regardant un long moment.
- Mes amis et moi, aimerons savoir pourquoi tu nous suis partout où on allait !

dimanche 7 mars 2010

Entre filles: épisode 6: Smack

Publié par bella_ragatsa à 15:18
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En couple, il n’y pas de différence entre une fille lesbienne et une autre hétéro. Elles sont toutes des tigresses, quand il s’agit de garder l’amoureux. Mais chez nous les lesbiennes, les bagarres sont des séances de mise au point. Deux filles hétéro, quand elles se disputent, n’évoquent presque jamais le nombre de mecs avec qui elles ont eu des rapports sexuels. Chez nous c’est une fierté, surtout, que les filles lesbiennes qui s’affichent sont en nombre restreint., et par conséquent deux filles sur trois, couchent avec les même filles de son ex.
C’était un simple jeu, à vrai dire pour s’amuser, mais il a viré à cause d’un Smack , au cauchemar. À la différence d’un bisou, le smack est accompagné du bruit, des lèvres quand elles se renferment sur ses similaires et s’ouvrent par la suite. Pourquoi le bruit ? C’est pour montrer que ça n’a rien de sensuel, et que c’est à titre amical pour s’amuser.
Mais pour Ilhem, un bisou amoureux était lui-même un smack amical. Tant que sa copine soit touchée par les lèvres, d’une autre prédatrice, c’est la guerre.
Par conséquent, elle devenait dans tous ses états surtout qu’on a jamais échangé un baiser amoureux. Comment tolérer ce qu’on n’a pas gouté à autrui ? Étant égoïste par nature, nous les humains, on n’aime pas le partage surement pas dans les histoires de cœur.
Du coup, Ilhem, saisissait la bouteille, et d’un geste violent la fit tourner.
- Bon, tu choisis une autre !
Là, Hana, arrêta la bouteille de son bras musclé, elle faisait d’ailleurs de la musculation dans une salle de sport, et prenait même de la créatine. Hey, faites gaffes les garçons, elle avait vraiment des biceps durs. Et une fois, venant de sortir de la salle de gym, avec une fille qu’elle venait de connaitre pendant son entrainement, se faisait draguer par deux voyous du coin. À vrai dire, ils ne la draguait pas elle mais sa meuf, parce que Hana, du loin ressemblait plus à un mec qu’à une fille, toujours des jeans larges d’hommes, une chemise et une veste noire qu’elle empruntait souvent à son grand frère. C’est pour cela qu’elle était plus connue sous le surnom « Abdelmajid » que son vraie nom.
- Hey, beauté , tu veux pas deux vrais mecs ?
Se douter de la virilité de « Abdelmajid » fut un crime impardonnable, qui méritait la peine de mort. Elle n’était surement pas dotée d’un pénis, mais elle était loin d’être une femmelette. Comme un mec qu’on provoque lorsqu’on le traite de ne pas être digne d’avoir les bijoux de famille, elle enleva sa veste, la jeta dans les bras de sa copine, puis s’approcha de l’un d’eux, qui était plus petit qu’elle de taille. « Abdelmajid » était une fille costaude, d’un mètre 80.
- Qui sont les vrais mecs, couillon ?
Et sans lui donner le temps de se défendre , elle le fixa de ses bras, à le clouer par terre, et lui donna un coup de tête sec, à la façon d’un catcheur. Le pauvre, tomba tout de suite « raide mort ». L’autre, se pencha par terre, avec l’intention de saisir une pierre, mais elle fut plus rapide , en lui donnant un coup de pied agressif, directement dans le ventre, et il eut le même sort que l’autre victime. Parfois, les mecs peuvent devenir les victimes d’une agression physique, et vous avez bien sûr la preuve.
Revenant au cœur du sujet, comme un juge objectif , Hana s’écria, d’un ton ferme.

- No way ! ce sont les règles de jeu ! et en serrant sans aucune finesse, Amira de son cou. Allez, ma grande, faites nous un joli smack !
- Ferme la, Abdelmajid, ok ?
Hana, se leva d’un bond, puis en injectant ma copine d’un regard sacripant.
- Si t’étais un mec, je t’aurais cassé la figure, pour ta dernière phrase !
- Heureusement que je suis une fille ! puis en me tirant par la main, alors tu viens ?
Comme une conne, je me demande.
- Où ça ?
- On quitte ce putain d’appart !
Amira là, se leva à son tour et s’écria.
- Mon jour d’anniv , tu dis que j’ai un putain d’appart ?
Ilhem, sourit et reprit en se moquant.
- C’est juste une fête comme les autres, ce n’est pas la date de ton anniv !
En secouant ses épaules.
- Quand même, on est sensé faire comme si c’était mon anniv.
Et Hana, interfère à nouveau dans la conversation.
- Allez ! ce n’est qu’un smack, les filles, c’est pour le fun !
- Pourquoi t’es si obsédée par le smack ! intervenait Khawla, l’hôtesse de l’air, et en essayant de calmer les filles, oublions-le et continuons le jeu !
C’est là, que le simple acharnement devenait une véritable mise au point.
- C’est parce que j’ai refusé de sortir avec elle, au passé ! disait Ilhem, les mains autour de sa taille.
- Pardon ? intervenait Hana, en s’approchant d’elle. Quand ça ? si tu me rappelles la date s’il te plait ?
- Il y a deux ans dans les toilettes des filles, à l’ancienne boite qu’on fréquentait. Et en haussant la voix pour la provoquer, on était seule aux vestiaires, et tu t’es mise à te frotter contre moi ! puis tu as tenté même de m’arracher un baiser !
Intimidée, Hana disait d’une voix perturbée.
- J’étais surement bourrée pour le faire ! et en l’insultant à sa manière, si tu n’avais pas l’allure d’une pute, avec ton jean serré taille basse et le string apparent , je ne serai pas tentée !
Ilhem, les yeux rouges de colère hurla.
- Oui, j’aurai pas dû le faire surtout qu’on avait un mec avec une montée de testostérone comme « Abdelmajid » !
Et là, une fille qui ne cessait de boire des bières depuis le début de cette soirée catastrophique.
- Salope ! tu me trompais alors qu’on sortait ensemble ?
- Tout le monde commet des fautes ! disait Hana, perturbée, puis voulant se venger, est ce que vous savez les filles, qu’Ilhem s’est fait virée une fois de l’étoile du nord, parce que des pauvres filles hétéro et vulnérables l’ont vu, embrasser une autre fille dans les toilettes des filles ? et en riant, c’est depuis son scandale, qu’ils ont placé des caméras de surveillance à l’entrée des toilettes des filles !
- Tu vas me le payer, salope ! disait Ilhem en me tenant par la main.
Mais, Hana, ne s’arrêta pas là. Dès qu’on s’approcha de la porte , elle hurla d’une voix haute.
- Elle ne veut peut être pas que les deux filles qu’elle aime, s’embrassent !
- Qu’est ce que tu veux dire par là, « Abdelamjid » ?se demanda son ex tenant la bière.
Amira, devenait rouge, et Ilhem aussi, jusqu’à ce que Hana continua.
- Vous ne savez pas qu’Amira et Ilhem, sortaient ensemble à l’époque ?
Et en éclatant de rire.
- Elle était tellement nulle au lit, apparemment qu’après leur rupture, Amira est redevenue hétéro !
Emportée par sa colère, Ilhem courut vers Hana, avec l’intention de sauter sur elle pour la frapper. Mais les filles interviennent pour mettre terme à cette bagarre.
Voilà, donc à cause d’un putain de smack, deux nouvelles ennemies firent leur manifeste apparition dans la communauté ; la tigresse Ilhem VS le bison « Abdelmajid ».
Cependant, c’était loin de finir ainsi. Pendant tout le trajet , on s’est pas parlé. Je voulais pas la frustrer encore plus. La manière avec la quelle, elle s’est emportée en défiant Hana et en sautant sur elle pour lui casser la figure, était largement suffisante pour que je comprenne qu’elle aimait beaucoup Amira à l’époque, mais ce que j’ignorai c’est si elle avait encore des sentiments pour elle.
Vers 2H30, en me contactant sur mon compte de lesbienne de Face book, la dispute était encore en cours d’exécution. Dès que les deux filles, revenaient à leur domicile, elles faisaient une partie d’insultes et de grossièretés , chacune laissant des vulgarités sur le mur de l’autre et finissait par la supprimer, après avoir lui dit ses quatre vérités, de sa liste d’amis.
Le lendemain, elle m’appela vers 12h. Et on se voyait à l’étoile du nord deux heures après. Elle était calme, me souriait et me parlait comme si elle avait oublié la grande dispute du jour précédant. Ilhem, se mettait à me parler de tout et de rien, et puis de son plein grès, elle parla de Hana.
- Écoute, c’est une pute et une sale gouine ! et je ne veux plus que tu lui parles !
En fait, c’était pas la seule fille qui m’a demandé de ne pas parler à une ennemie. Dans notre monde de lesbianisme, il ne faut jamais adresser la parole aux ennemies de notre bien aimée, mais aussi il faut se lier d’amitié même si c’est temporairement à son cercle d’amis , ce fut la deuxième règle que j’ai apprise.
Et puis , elle seule aussi, évoque le sujet d’Amira en me disant.
- Je veux pas mentir ! c’est vrai, il y a deux ans, j’étais amoureuse d’Amira ! elle n’était pas lesbienne ! et en secouant les épaules, mais tu vois, on se voyait assez souvent, et on a fini par sortir ensemble ! mais, au lit c’était autre chose ! elle ne voulait pas coucher avec moi ! elle prétendait qu’elle était amoureuse de moi mentalement, mais qu’au niveau de physique elle était attirée par les mecs ! et donc on a décidé de rester amies !
Je me taisais un long moment et je me demandais.
- Je vois, mais c’est bien que vous êtes devenues les meilleures amies du monde ! et songeant encore à Amira, et elle sort avec un garçon, je suppose ?
Elle buvait de son jus d’orange et me répondit, calmement.
- Elle est fiancée depuis un an, et se mariera ce printemps !

lundi 1 mars 2010

Enre filles: épisode5: A party!

Publié par bella_ragatsa à 17:06
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Depuis ce jour là, je me ne suis pas vraiment arrivée à fermer l’œil. J’étais contente, aux anges. Je croyais que c’était l’un de mes rêves fantastiques, roses. Enfin, j’aurai le privilège de sortir avec une fille, de faire un pas grandiose dans le monde de lesbianisme, de vivre ma vie comme je l’ai toujours souhaité sans pouvoir m’imprégner dans ce petit monde discret et spécial.
Je n’éprouvais plus le besoin de me cacher, ou même de jouer à l’hypocrite avec mon copain. Dès le lendemain, je lui laissai un message sur son GSM. Pour la première fois de ma vie, je pris mon courage à deux mains, et je tapai ce qui suit « Fahmi, je suis désolée, mais je veux rompre ». Que c’était facile de le taper ! Le dire en face, serait surement hargneux. Mais bon, c’était à la manière de ma mère quand elle a largué mon père. Elle n’a pas pris la peine d’attendre le soir, quand il serait rentré. Dès le matin, après avoir lui fait la bise, comme si tout allait bien. Elle faisait toutes ses valises, comme pour quitter définitivement notre maison ou plutôt notre ancienne maison, puisque elle fut vendue deux mois exactement après leur divorce. En tout cas, je me souviens très bien de ce jour là, il y avait une grève pour la cause palestinienne dans la rue, la plupart des manifestants étaient des lycéens du lycée Taher Sfar, et du lycée des garçons, mais entre parenthèses, ils participaient dans cette manifestation pour sécher les cours et non pour se faire entendre au nom de la solidarité, ça me fait rappeler d’ailleurs les jeunes syndics de notre faculté, qui se prenaient pour superman, qui ne cessaient de répéter dans un discours à deux balles, qu’ils représentaient la voix des étudiants mais en vérité, ils parlaient en utilisant toujours la troisième personne du pluriel alors qu’ils ne cherchaient que leur propre bien et pourquoi pas se faire remarquer pour arracher n’importe quel poste politique.
Je sais je suis une grande gueule et je change souvent de sujet. En bref, en m’approchant de ma mère, je croyais qu’elle comptait faire un voyage. Elle avait la fâcheuse manie toujours de nous annoncer son intention de prendre de l’air à la dernière minute.
- Alors ou comptes-tu aller cette fois-ci ?
Elle me caressa le visage, tout en pliant une dernière robe.
- Je vais chez ma mère !
- Et pourquoi toutes ces valises ?
Elle ferma la valise, puis en me fixant d’un regard profond.
- Je vais passer quelques jours chez elle !
- Quelques jours avec la moitié de ta garde robes ?
- Yasmine, fiche moi la paix !
Puis me poussa doucement de la paume de sa main, porta les deux valises prêtes et descendit l’escalier. C’est uniquement le soir, quand mon papa rentra, tard pour la première fois que je saurai la vraie raison. Il s’arrêta devant sa chambre, l’expression du chagrin envahissant son visage et me disait d’une voix émue.
- Ta mère veut le divorce ! et en riant, elle n’a même pas pris la peine de me le dire en face, et en sortant une bouteille de vin d’un sac qu’il a ramené avec lui, c’est ma belle mère qui me l’a dit, et en buvant une bonne gorgée, heureusement qu’elle est fille de bonne famille !
Après il s’enferma dans sa chambre. Je l’entendis pleurer un petit quart d’heure, puis un silence régna et sa mélodie de renflement prit la relève. Il buvait surement en même temps, en mélangeant le gout fort du vin à l’amertume qu’il ressentait, car j’ai trouvé dès le lendemain la bouteille toute vide sous le lit.
Voilà, donc en récapitulant, on n’hérite pas uniquement des gènes mais des comportements, et voilà un aspect que j’ai eu de ma mère, mettre terme à une relation en douce.
C’est ce que je croyais en tout cas. Mais Fahmi, n’était pas prêt à me lâcher. Dès le lendemain, il ne faisait que m’appeler sans arrêt mais je ne répondais pas. Et même pendant mon premier rancard à l’étoile du Nord, mon cellulaire ne cessait de vibrer. Ilhem, me dévisageait d’un regard séducteur et comme elle remarqua mon GSM qui faisait des minuscules sursauts sur la table, elle parla.
- C’est lui encore ?
Honteuse, et en fixant le gsm sur la table d’un geste d’énervement.
- Oui, il me fait chier !
En buvant, tout en tenant la paille.
- Il n’est pas prêt à te lâcher, il est surement amoureux de toi !
- Oui, mais moi, je ne le suis pas !
- Dis le lui !
En cliquant sur les nerfs sur le bouton raccrocher.
- Je lui ai envoyé un message !
Elle laissa, un super sourire gagner sa face, et reprit.
- Ma puce, il faut toujours faire les choses en face ! un simple message, ne suffit pas pour rompre ! et en me caressant la main, surtout pas quand ton copain, est amoureux de toi !
- Ce n’est pas mon copain, je ne l’aime pas, c’était juste…
En allumant une cigarette, elle me coupa la parole.
- Je sais, je sais, pour sauver les apparences ! et en me faisant une œillade, la plupart des lesbiennes ont passé par cette étape !
Puis en me caressant la main tendrement.
- Alors t’as déjà embrassé une fille ?
Les joues toutes rouges.
- Non, jamais !
Elle plongea son regard dans le mien, et reprit.
- Je serai donc honorée d’être ta première et ta professeur of art of kissing !
- Art of kissing ?
Pour clarifier, Ilhem était une étudiante d’anglais, c’est pour cela, qu’elle aimait tant déployer des mots anglophones, pourtant elle n’était pas brillante à la faculté, mais vous savez, surement les filles « in », et tout ce qu’elles font pour se démarquer y compris au niveau du langage.
Pendant une heure et demie, elle ne faisait que me parler de son ex qui l’a larguée pour se mettre en couple avec l’ex d’une ancienne ex à elle, qu’elle a connu sur Face Book. À maintes reprises, j’avais envie de crier « hey ! J’en ai ras le bol, parlons d’autre chose ! », Mais comme je fus lâche, je voilais ma colère par un sourire de sadique. Et ce fut par la suite ma première leçon du lesbianisme.
Règle numéro1 : ne jamais sortir avec une lesbienne qui vient de rompre avec son ex !
Je n’ai compris manifestement cette règle d’or qu’après quelques mois passés et vécus au sein de ma nouvelle communauté.
Mais que j’étais heureuse, lorsqu’elle finit par déchiffrer mon sourire à double sens. Elle, vida son verre de jus de fraise et me dit.
- Je suis désolée ! je sais que je parle trop d’elle ! mais c’est uniquement parce qu’elle m’a laissé pour l’ex de mon ex !
Puis en caressant ma main à nouveau.
- Alors, ça te dit a party ?
Les yeux grands ouverts.
- Pardon ?
- A party ! a lesbian party, chez une amie à moi, qui fête son anniversaire !
L’idée m’avait tellement excitée surtout quand elle ajouta qu’il y aurait plein de lesbiennes et bisexuelles, dans l’appartement de sa copine.
Le soir donc vers 22h, accompagnée de ma nouvelles copine, on s’arrêta devant un bel appartement à Menzah 6.
J’étais aux anges, voilà comment en deux mots je me décris. La main dans la main avec Ilhem, et le cœur battant. Elle frappa à la porte. Et à ma surprise, la personne qui nous ouvrira la porte fut sa copine de l’autre soirée disjonctée à ButterFly Gammarth ; la fille qui m’a ensorcelée, Amira, la reine de danse.
Elle faisait la bise à ma copine, me regarda du coin de l’œil et me fit une bise rapide. Puis d’un geste avec la main nous demanda d’entrer.
En chuchotant dans l’oreille d’Ilhem.
- Pourquoi tu ne m’as pas dit qu’elle serait là ?
Elle s’arrêta en face de moi, et en me regardant bizarrement.
- Ça te fait un problème, sa présence ?
En secouant les épaules, perturbée, tout en cherchant Amira de regard.
- Non, mais t’aurais du me le dire, quand même !
Elle me tapota sur l’épaule droit et en rigolant.
- De toute façon, c’est son anniversaire et son appartement !
Puis me poussa des deux bras, vers l’avant.
- Bon, voilà la bande !
En quittant le hall, je dévisageai une dizaine de filles, assises sur des matelas par terre dans le petit salon. Une fille sur deux, tenant une bière, et me fixaient, toutes, d’un regard à la fois bienveillant et inquisiteur. Et j’ai pu repéré, deux couples au moins, puisqu’elles n’avaient aucun complexe à s’embrasser sur la bouche devant le reste des invitées. Ilhem, me tenant par la main, fièrement, me présenta aux filles.
- Hey, girls ! je vous présente ma nouvelle copine Yasmine !
La bande de filles, me sourit. Quelques unes me faisaient un coucou doux avec la main, émanant d’une certaine sympathie. Et une au look garçon manqué, m’adressa la parole.
- Je t’ai pas vu avant !
Ilhem, rigolant comme d’habitude en me serrant fortement dans ses bras.
- C’est une nouvelle !
- Hum, on doit fêter donc son coming out !
Elle posa ses douces mains autour de ma taille, et en chatouillant mon nez avec le sien.
- Je le ferai à ma façon !
Pendant ce temps là, Amira, ouvra une bière, après avoir assistée attentivement au petit câlin et s’assit cote à cote avec la fille masculine qui m’a adressé la parole.
Tout de suite après, Ilhem, s’assit sur un matelas à deux pas de la télé, et me tira par la main en me disant.
- Viens t’asseoir près de moi, ou sur mes jambes si tu veux !
En rigolant, tout en m’asseyant près d’elle.
- Je pèse 61kg, je crains t’écraser !
Elle se mit à rire et en m’embrassant.
- Non t’inquiète, je suis costaude !
Puis Amira, nous interrompit en parlant à haute voix à tout le monde.
- Hey , les filles, et si on joue à action vérité !
- Bonne idée ! s’écria Ilhem, j’adore ce jeu !
Puis uniquement sept filles, des invitées faisaient un grand cercle, pour participer à ce jeu, tandis que, les deux couples restent sur la même position, s’embrassant sur les lèvres, comme si elles étaient dans une course de qui passe plus de temps collés aux lèvres de son amoureuse.
L’animatrice, du jeu, était la fille masculine, qui s’appelait Hana, et c’était elle aussi qui modifiait les règles de jeu à sa guise et attribuait aux participantes, si elles devraient répondre à une question ou effectuer une action. Pour ma part, j’étais plutôt dans la première catégorie, quant à Amira, la pauvre, elle devait obéir aux ordres.
Ilhem, donc entama, le jeu en s’adressant à Hana.
- La dernière fois où tu as fait l’amour !
- Il y a trois jours !
Toutes les filles, à la fois.
- Ouah ! avec qui ? t’es pas célibataire ?
Elle ria, et répondit.
- C’était un coup d’un soir !
Puis à tour de rôle chacune jouait jusqu’à arriver à Amira qu’après avoir posé une question coquine, à une participante, gouta à la vengeance de son adversaire, une bisexuelle, travaillant comme hôtesse de l’air.
- Ok ! tu dois embrasser une fille !
- Non ! je ne ferai pas ça ! disait Amira, en croisant les bras.
Hana, riant.
- Ce sont les règles de jeu !
Puis saisit une bouteille et la fi tourner par terre, à l’intérieur du petit cercle formé par nos jambes collées l’une à l’autre . Après avoir fait trois rotations, la bouteille, me choisit. Hana, se mit à rire, et en tapotant Amira, en se moquant.
- Voilà, tu dois embrasser la meuf de ta meilleure amie !
 

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