mercredi 29 décembre 2010

Entre filles:épisode27: La vache qui hurle!

Publié par bella_ragatsa à 06:07
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Les filles, les filles, des êtres aussi complexes que l’on croit. Qui n’a pas essayé de séduire une fille auparavant ? Qui n’a pas tenté de gagner l’attention de ces êtres fins et incontournables ?
Il ne suffit pas d’être rigolo, riche ou beau gosse pour en avoir la nette certitude d’avoir une fille dans sa poche. Figurez-vous qu’une fille c’est elle qui a le maitre mot dans les affaires du cœur.
C’est elle qui choisisse son âme sœur, et une fille quand elle tombe amoureuse, devient une vraie fleur épanouie, prête à parfumer le monde qui l’entoure d’un arc-en-ciel d’amour et de tendresse, rien que pour faire plaisir à l’élu de son cœur.
Mais quand elle tombe amoureuse de quelqu’un qui refuse ses sentiments, en la rejetant, elle pourrait devenir dangereuse, une vraie louve qui pourrait te mordre à n’importe quel moment.
Quant à moi, j’étais plutôt du genre à me retirer face à l’échec, à me cacher pour enterrer mon humiliation.
Après quelques jours de ma nouvelle déception sentimentale si je peux la qualifier ainsi, je décidai de prendre une pause, de ne plus penser aux relations mais plutôt de m’amuser de sortir un peu, et rien n’était plus distrayant pour moi, que d’aller danser en boite pour me défouler un peu.
Sans trop réfléchir, un certain samedi alors que je venais de me réveiller, j’ai tapé le numéro d’Amira, qui était tellement surprise à entendre ma voix.
- Oh la la ! est ce Yasmine à l’appareil ?
- Oui, c’est moi.
Garce comme d’habitude, elle s’écria.
- Ecoute, si tu veux me baiser on laissera ça au milieu de la semaine. Le weekend est sacré pour moi tu le sais…
Sans trop me casser la tête à entendre ses saletés.
- C’est justement pour ça que je t’ai appelée ! et en avalant ma salive, je veux aller en boite !
A vrai dire, je ne savais pas si accompagner Amira et sa bande de looser en boite était une bonne action à faire, surtout que je voulais fuir la malchance qui me frappait à chaque fois qu’une fille me plaisait.
Mais ce fil maudit qui me retenait prisonnière de cette malchance, n’a cessé de s’enrouler autour de moi, en faisant cette fois-ci un immense nœud.
C’était le même samedi, vers minuit. On n’avait pas de problème avec une patrouille de police. Tout allait bien ou me semblait aller bien. On a bien rigolé, moi, Ilhem Amira et un pote à elles, on a bu mais pas au point de devenir ivres et j’ai beaucoup dansé avec Ilhem. Amira, quant à elle, semblait vouloir regarder les danseurs sans une réelle envie de passer à l’acte.
En revenant vers notre table, je voyais une fille, assez grosse, je dirai dans les 90kg, s’asseyant sur ma chaise, et la main d’Amira, lui pinçant ses joues tellement roses comme celles d’un bébé.
- On a une invitée spéciale ce soir ! s’écria Amira, en riant en me voyant s’approcher avec Ilhem.
La fille, d’une couleur de peau très blanche et d’un visage très rond avec une chevelure d’un châtain clair me dit timidement
- Salut !
En jouant avec ses boucles, Amira continua.
- C’est ma cousine Ibtissem , une bachelière !
En m’asseyant face à la fille, qui me regardait droit aux yeux comme si j’étais l’unique personne avec elle.
- Si tu veux réussir ton année scolaire ma chérie, évite Amira !
La fille, riait doucement et me répondit.
- C’est ce qui me dit ma mère aussi…
Amira, lui coupa la parole et dit en l’embrassant sur son front.
- Aujourd’hui c’est un jour particulier, c’est son anniversaire, et oui, elle est devenue majeure, 18ans les amis !
Ilhem, badina, et répliqua en buvant un peu de bière.
- Et pour ça tu décides de l'emmener en boite !
Ibtissem, sourit faiblement et dit.
- Je ne voulais pas venir, mais elle m’a suppliée en me disant que j’allais rater beaucoup de choses si je ne viens pas !
D’un air de méchanceté, Amira regarda sa cousine et dit.
- C’est ma petite chérie, ma vache à moi ! et sans s’arrêter, mais quand elle devient coléreuse, il vaut mieux l’éviter et en riant, c’est pour ça qu’on l’appelle la vache qui hurle !
La pauvre fille sembla gênée mais ne proférait le moindre le mot devant sa cousine, quant à moi, n’appréciant guère l’humour noir d’Amira.
- Arrête Amira ce n’est pas drôle !
A moitié soule, elle dit en riant.
- Je rigole ! et puis ça lui gène pas qu’on l’a surnomme la vache qui hurle !
Ibtissem, devenait cramoisie et baissa la tête.
- Amira, tais-toi ! j’ajoutai d’une voix ferme.
- D’accord, d’accord ! dit-elle en se mettant debout et en tenant la main de sa cousine, alors tu viens danser avec moi ?
Ibtissem, d’une voix à peine entendue vu qu’elle était humiliée.
- Non, je n’ai pas envie !
- C’est l’occasion pour perdre du poids ma truie !
Ilhem, se leva et dit.
- Allons nous danser et laisse la à son aise !
Elle échangea un bref regard avec sa cousine et s’en alla par la suite. Je restais donc pour une quinzaine de minutes seule avec elle puisque le mec qui nous accompagnait ,allait vers les toilettes.
- Dis !m’interpella-t-elle en reprenant confiance en elle.
- Oui ! dis-je en cherchant mon gsm dans mon sac à main.
- T’es très amie avec ma cousine ?
Un peu étonnée par sa question, je murmurai en tenant mon gsm entre les mains.
- Oui, tu peux dire ça.
Puis je remarquais la présence de trois appels en absence provenant de numéro de mon père.
- Zut, il m’a appelé pendant que je dansais...
- Il y a un problème ?
- Non, dis-je la frimousse un peu pâle, c’est juste que j’appelai mon papa toute la matinée et il me répondait pas..
- Tout va bien, j’espère !
En souriant faiblement.
- C’est pour le loyer, je voulais le rappeler !
- Ce n’est pas grave, appelle-le maintenant. Dit-elle en souriant.
- Je n’ai plus de solde maintenant.
Gentiment, elle me donna son gsm en disant.
- Ben appelle-le du mien !
- Non, ce n’est pas si urgent que ça..
- Vas-y ! dit-elle en traçant un agréable sourire.
Je souris et je passai le coup de fil. J’avais beaucoup apprécié son geste, un geste qui m’a couté cher au bout de quelques jours.
- T’es lesbienne ? m’interrogea-t-elle directement.
Je me taisais un peu et je lui répondis par une autre question.
- Pourquoi tu me demandes ça ?
- Parce que ma cousine, adore les filles, elle me l’a dit une fois et…je sais qu’elle sort en boite avec des filles comme elles.
Comme je ne disais rien, elle continua rapidement avant la venue des filles de la piste de danse.
- Je suis lesbienne, moi !
Je souris, et je dis en levant mon verre de bière.
- Bienvenue au club !
Vers deux heures du matin, je rentrai chez moi, toute bourrée et je dormais comme un bébé. Le lendemain, comme je n’avais rien à foutre, je prenais un petit déjeuner tardif vers 12h à l’étoile du nord avec Cyrine.
- T’as l’air très fatiguée !
- Non, je ne le suis pas ! dis-je en buvant mon café.
Une heure tout juste après, Amira pénétra le portail de la cafétéria accompagnée d’Ilhem, et me fit un geste avec la main en me saluant.
Très attentive, Cyrine suivait Amira jusqu'à ce qu'elle s’asseyait et dit.
- Ne me dis pas que t’es redevenue amie avec elle ?
- Amie de boite c’est tout !
Elle me jeta un regard d’indignement sans prononcer le moindre mot. Et Amira en levant la voix pour que je puisse l’entendre dit.
- Ma cousine te passe le bonjour !
Je souris sans dire le moindre mot alors elle continua en rigolant.
- Elle semble t’apprécier ! elle n’a cessé de parler de toi.
Cyrine, m’interrogea curieuse.
- C’est quoi cette histoire de cousine ?
En secouant les épaules,
- Ben, rien, elle a amené sa cousine à l’occasion de son anniv en boite hier, c’est tout !
D’une voix basse, Cyrine me demanda.
- Sa cousine est gay ?
- Non, elle ne l’est pas ! répondit Amira, qui semblait plus concentrée avec mon amie que moi.
En croisant les bras, je m’adressai à Amira.
- C’est pourtant ce qu’elle m’a dit hier.
Amira, se leva donc de sa chaise et s’approcha de nous en blaguant.
- C’est parce que aucun mâle ne veut d’elle à cause de son poids, qu’elle pense changer d’orientation, comme si les filles étaient moins superficielles que les garçons !
Et mon gsm qui vibre m’interrompit. En vérifiant l’écran, je fus surprise par l’appel de Sahar. En tournant la tête, elle me fit un signe avec la main me demandant de venir.
Sans croire mes yeux, j’hésitai un moment puis je me mettais debout et j’allais vers elle. A deux pas d’elle, elle se leva, s’excusa de son amie, et me demanda de la suivre aux toilettes des filles.
Elle s’arrêta, devant le lavabo puis en me regardant à travers le miroir.
- Tu vas bien, j’espère.
- Oui, cava ! dis-je sans trop oser la regarder aux yeux.
Elle poussa un souffle volumineux puis s’approcha de moi.
- J’ai aussi entendu que tu t’es fait avoir par la salope Jihen.
- C’est du passé ! dis-je en traçant un faux sourire.
En levant un regard audacieux sur moi, elle murmura.
- Tu ne trouves pas que se sont des signes du destin ! et en m’attrapant la main, que toi et moi on devrait peut être…
Puis comme timide elle se taisait. Alors en caressant ses doigts, je m’interrogeais en la dévorant du regard.
- On devrait quoi ?
En plongeant son joli regard sur moi.
- Sortir plus ensemble ! et d’un ton capricieux, tu me plais beaucoup Yasmine... je sais que… je te paraissais assez distante, mais j’hésitai parce que tu me semblais séduite par chaque belle lesbienne et je ne voulais pas m’attacher à toi…
En lui coupant la parole.
- Si tu parles de Nesrine, tu te trompes ! et en attrapant son autre main, c’est vrai, je la trouve belle, enfin, tout le monde la trouve belle, mais c’est toi seule qui m’as séduite !
Elle retira ses mains doucement, et en m’embrassant sur la joue.
- On en parlera de ça une autre fois, ok !
Emportée par une immense émotion, je lui arrachai un délicieux baiser sur les lèvres. Et elle répondit à mon baiser par deux autres sensuels, puis en ouvrant les yeux.
- Je t’appellerai plus tard !
En tentant de contrôler ma grande joie.
- D’accord !
Puis elle me souriait largement et quitta les toilettes. J’étais tellement aux anges. Je me croyais dans un beau rêve, mais j’ai constaté qu’il s’est avéré cauchemardesque à la fin de la journée, en rentrant chez moi. A l’entrée de l’immeuble, je voyais Ibtissem parler avec le concierge.
Un peu surprise, je lui parlai.
- Ça alors ? qu’est ce que tu fais ici ?
En tournant la tête, et en me voyant, elle se précipita vers moi, me serra entre les bras en me faisant deux bises.
- Je t’attendais .dit-elle d’une voix excitée.
- Pourquoi tu m’attendais ? et comment t’as su que j’habitais ici ?
- C’est Amira qui m’a donnée ton adresse ! dit-elle en souriant. Puis en me tirant par la main pour un coin assez tranquille loin du concierge. C’est fou, mais je n’ai pas cessé de penser à toi depuis l’autre soir.
En reculant d’un pas, je balbutiai, un peu gênée.
- De penser à moi ?
Elle m’attrapa, par la main et me dit en levant un regard sincère sur moi.
- Tu m’as plus depuis l’instant où je t’ai vu…
En retirant ma main brusquement, et en m’éloignant d’elle.
- C’est bon arrête !
Elle me suivait, nerveusement et s’écria au bon milieu de la rue.
- Je te plais pas c’est ça eh ! et d’une voix étranglée de pleurs, c’est à cause de mon poids c’est ça eh ! et en avançant encore de deux pas de moi, je n’étais pas grosse avant…c’est…à cause de mon diabète !
En m’arrêtant sur place, je disais, émue.
- Ce n’est pas pour ça…
Je mentais. Comme la plupart, je n’acceptais pas la différence. Je préférai tout ce qui est standard parce que le regard des autres comptait beaucoup pour moi. Mais cette fois-ci, ce n’était pas que pour ça, c’est ce que j’avais essayé de lui faire comprendre.
-j’ai…j’ai quelqu’un dans ma vie.
- Menteuse ! hurla-t-elle, furibonde, Amira, m’a dit que t’avait personne !et, en me pointant du doigt, je croyais que t’étais différente des autres mais t’es comme tout le monde.
En perdant mon sang froid, je criai.
- Bon j’en ai ras-le-bol !
Et sans développer ma colère, je mis le pied sur la première marche du portail de l’immeuble mais je fus figée par ses paroles menaçantes.
- Tu vas le regretter Yasmine !
Et en sortant son gsm.
- Tu vas me le payer cher ! et d’une voix endiablée, j’ai encore le numéro de ton papa, et en traçant un sourire si méchant, je ne crois pas qu’il serait heureux quand je lui annoncerai que sa fille chérie n’est qu’une lesbienne !

vendredi 5 novembre 2010

Entre filles: épisode26: Bisexuelle et allumeuse

Publié par bella_ragatsa à 08:11
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La gène, la honte, l’humiliation, sont des états dans lesquels je glisse souvent. Est-ce par pur malheur ? Ou est-ce une mauvaise adaptation aux circonstances de la vie que je mène ?
Pourquoi à chaque fois qu’une fille me plaise, une chose surgisse pour l’éloigner de moi ? Pourquoi Nesrine, qui d’habitude n’aime pas trop parler et me taquiner, décide de le faire à l’instant même où Sahar met le pied au salon ? Est-ce un pur hasard ou un complot qu’elle avait mené avec Amira, juste pour me faire chier (excusez-moi pour le terme) ?
Enfin bref, poser des questionnements inutiles à un moment où je fus victime d’un regard accusateur de la fille qui m’intéressait fut exactement comme faire appel dans une affaire perdue d’avance.
Elle était calme, elle souriait alors que son regard cachait une colère, ou plutôt une déception. Amira, quant à elle, ne cessait d’élargir son sourire. Je n’arrivais pas à comprendre cette pseudo-lesbienne, qui me traitait comme si j’étais un clown, bon même un clown était maitre de ses actions mais disons plutôt sa marionnette, qui lui permettait de passer du bon temps.
- Ben vas-y Nesrine, aide-la ! s’écria Amira excitée.
Nesrine sentant une certaine alchimie entre moi et la nouvelle invitée, eut comme de la pitié pour moi, ce qui me prouvait son innocence du complot imaginaire que j’ai cru pour un moment fruit d’un plan diabolique commun entre elle et mon ex.
La majeure partie des invitées, ennuyées par l’attente du strip tease, semblaient désintéressées. Les couples présents, s’éloignaient un peu, pour flirter et discuter, et quant aux célibataires comme moi, il y avait celles qui baillaient et d’autres, qui s’asseyaient sur le canapé pour regarder la télé. Quant à Khawla, l’unique bisexuelle dans le groupe, elle saisissait son portatif qu’elle se déplaçait avec tout le temps, et mettait sa clé orange pour surfer un peu sur le net.
Pourquoi la seule bisexuelle dans le groupe ? Et ben tout simplement, car celles qui s’identifiaient comme étant vraies lesbiennes, détestaient ces soi-disant intruses dans la communauté des gays et lesbiennes.
Les bisexuelles, n’étant donc pas les bienvenues dans la communauté, furent toujours traitées de tous les noms par le petit groupe lesbien de la capitale. Toutes les filles du groupe racontaient donc à chaque nouvelle novice dans le monde de lesbianisme, le mythe selon lequel une fille bisexuelle présentait un danger permanent pour une vulnérable lesbienne. Elles sont des prédatrices, des manipulatrices des nymphomanes, qu’au point d’aimer le cul, elles cherchent à diversifier les partenaires des deux sexes ; qu’une bisexuelle est à éviter et surtout pas à sortir avec. Ce sont donc des pétasses et des psychopathes, qui peuvent rendre ta vie un vrai enfer.
Pourquoi donc ne pas exclure Khawla du groupe ? Et ben tout simplement, parce qu’elle est classée comme ex bisexuelle, depuis qu’elle ne sortait plus avec des mecs, mais ça de toute façon ne veut pas dire qu’un jour elle ne pourrait pas tomber amoureuse d’un mec.
Mais bon les exceptions font partie de la vie, et Khawla fut l’antithèse de ce raisonnement. Enfin, c’est peut être parce qu’elle fut la plupart de temps célibataire vu qu’elle n’avait pas le temps pour tisser une vraie relation à cause de la nature de son job puisqu’elle passait plus de temps dans l’air que sur la terre sinon elle serait exclue de cette bande qui se connaissait depuis quelques années.
- Hey, les filles ! est ce que l’une de vous a reçue une demande d’ajout de la part d’une renommée agora lesbien ?
Toutes les têtes présentes se tournaient intéressées vers khawla, surtout celles des célibataires, puisque la découverte d’une nouvelle lesbienne fut fêtée comme une occasion de quitter ce cercueil de célibat pour celles qui ne souhaitaient que sortir pour le fait de sortir.
- Non, je ne la connais pas ! murmura Abdelmajid en boutonnant son chemisier et en courant vers elle pour arracher une petite place à coté d’elle. Est-ce qu’elle met des photos d’elle ? ajouta-t-elle d’une motivation comme celles des enfants, puisque le rêve ultime de cette pauvre Hana, n’était que sortir avec une fille, puisque aucune fille ne voulait d’elle.
- Attends je vais voir !
Et d’un simple clic sur photo, elle découvrait un album photos de cette fille en question dans une cérémonie de mariage.
- Elle n’est pas mal !
Surexcitée, Hana la poussa d’un coup de main et en dévorant la photo de profil.
- Elle est super jolie !
- N’exagérons pas ! disait Khawla, en riant.
- Moi j’adore les filles avec les cheveux bouclés !
- Oui mais bon, elle n’est pas assez belle comme Nesrine !
Nesrine, allumant une cigarette très calmement, se contentait de sourire en réponse au compliment. Enfin, tout le monde savait que Khawla était folle amoureuse de Nesrine. Elle ne le cachait pas, elle parlait tout le temps d’elle, et se trouvait à chaque fête lesbienne à proximité d’elle comme par hasard.
Nesrine aussi le savait, mais elle faisait semblant de ne pas le savoir. Elle l’ignorait tout le temps et ne parlait pas trop avec elle ; c’était peut être sa façon de lui dire qu’elle ne lui intéressait pas. Khawla, était assez mignonne, une peu petite, mais très féminine avec des beaux yeux d’un noir grisâtre, mais bon, ce qui intéressait Nesrine n’était point la beauté ou les sentiments mais uniquement le sexe, c’était sa nature. Elle était une fille à plusieurs et jamais on l’imaginait en couple avec une seule fille, c’était le joli papillon de la communauté, la sirène de rêve de toutes les filles célibataires et engagées en même temps, tellement elle était extrêmement belle.
Profitant du moment de méditation amoureux de Khawla, Hana arracha le pc de ses genoux et le posa sur les siennes en cliquant et en visionnant toutes les photos de l’album.
- Putain, elle est jolie ! et en rougissant, elle a une belle poitrine.
Amira, toujours en bonne humeur, saisissait la cigarette des lèvres de Nesrine et en prenant un souffle.
- Un nouveau coup de foudre !
Un peu gênée, Abdelmajid ne quittait pas l’écran des yeux et continuait.
- Elle a mis intéressée par les hommes et les femmes. Elle ne serait pas peut être bisexuelle ?
- Bisexuelle ou lesbienne ou même hétéro, tant qu’elle te plait, saisis ta chance ! lança Amira, en disant pour la première fois une phrase sérieusement.
De ma part, je profitais de ce moment où cette fille mystérieuse fut le centre du monde pour m’approcher de Sahar, qui avait l’air intéressée par cette discussion.
- Salut ! dis-je timidement.
En tournant la tête vers moi, elle traça un petit sourire et répondit froidement.
- Salut !
Sans ajouter un mot de plus, elle tourna sa tête vers le reste du groupe aggloméré autour de Khawla. C’était donc sa façon pour me transmettre le message qu’elle ne voulait pas me parler.
Même le salut qu’elle a prononcé fut d’une voix gonflée de colère, d’un ton d'une personne voulant achever la conversation avant même de la commencer.
Un peu humiliée mais surtout triste, je m’éloignais d’elle et en dévisageant tous les visages présents comme pour leur dire au revoir, je m’approchai de la porte à pas de chats, puis quand je voyais Sahar, éclairant sa jolie frimousse d’un agréable sourire en demandant à Khawla de lui montrer les photos de la fille, j’ouvrais la porte et je sortais en rentrant chez moi.
Cette nuit je ne savais pas comment ou quand je me suis endormie. J’étais tellement saturée par les événements par lesquels j’ai passés que je ne me rappelais plus de rien depuis.
Le lendemain vers 10h, en buvant mon café de matin, je consultai mon compte de facebook, et puis en me rappelant la petite conversation d’hier, je tapais le pseudo de cette fille mystérieuse qui a suscité la curiosité du groupe fêtard de la communauté.
- Agora lesbien ! parlais-je à moi-même en tapant son pseudo dans la case recherche.
Très vite, le résultat s’est apparu. C’était très facile puisqu’on avait une amie en commun Khawla. Et je n’ai pas trop hésité avant de lui envoyer une demande d’amitié.
Quelques minutes après un préambule rouge apparait sur mon écran, m’annonçant que la fille avait accepté ma demande.
Très curieuse, je visitai son profil et je mitraillais ses photos. Elle avait un joli sourire, c’est ce qui m’a attiré en premier, puis un certain mystère au regard.
En tout cas, je n’ai pas pris tout mon temps pour contempler le reste de ses photos puisqu’elle m’a adressé la parole sur le chat.
- Salut ! me tapait-elle avec un émoticône qui souriait.
Un peu hésitante, je répondais.
- Salut, et avec politesse, je te remercie pour l’ajout.
Après un petit moment où elle ne tapait rien, elle surgissait de nouveau en m’écrivant.
- Désolée, je parlais avec le serveur !
- Ne t’es pas chez toi ?
- Non, à l’étoile du Nord.
- Ah, tu connais l’étoile alors ? je tapais avec un large sourire.
La fille, après un petit moment disait.
- Tu t’appelles comment avant tout ?
Un peu intimidée je retapais.
- Ouf, on a parlé de la cafétéria avant de se présenter ! et en tapant un long hhhhh comme quoi pour avoir l’air, rigolote, je continuai, moi c’est Yasmine et toi.
- Jiji !
- Jiji ? retapais-je, comme étonnée.
Elle m’envoya donc un émoticône qui sortait la langue et rectifiait.
- Mon nom c’est jihen mais on m’appelle Jiji et entre nous, je préfère Jiji à Jihen, c’est plus fun et léger pour une fille in comme moi.
- T’es in alors ?
- Enfin, je ne suis pas classique j’aime tout ce qui est branché et à la mode ! mais j’adore la lecture comme les classiques intello !
- Moi aussi j’adore la lecture ! c’est cool !
Pour tout vous dire, j’aimais les filles à l’allure intello le genre de la mythique et féministe Ines ; avec un côté branché comme Nesrine, c’était vraiment le top pour moi.
J’étais tellement désespérée de courir après Sahar, que j’ai fini par renoncer à cette fille, enfin, pas renoncer au vrai sens du terme mais à éloigner cette délicieuse pensée d’être en couple avec elle après son comportement. Et je me suis dit que faire la connaissance de cette fille, que je trouvais mignonne, et pourquoi pas tenter de la connaitre du plus prés pour une éventuelle relation fut une bonne idée et beaucoup plus possible que continuer à draguer une fille qui m’avait repoussé gentiment.
Évidemment c’est ce que j’ai concrétisé en lui demandant s’il était possible qu'on se voit. Elle paraissait surprise, vu qu’on n’a pas trop papoté et que j’ai vite demandé à la voir. Elle m’avait dit qu’elle trouvait le fait que je n’aime pas perdre mon temps à parler un point positif, et accepta du coup mon invitation pour boire un café le soir même à l’étoile du Nord.
A 18H30, je fus à l’étoile. En pénétrant l’espace à faible luminosité de la cafétéria, je saisissais la chaise d’une table et je m’asseyais à proximité de petit coin où ils faisaient des spectacles de temps à autre.
Et puis en gardant les yeux fixés sur la petite porte menant à cette partie de la cafétéria, j’arrivais à la reconnaitre dés qu’elle s’arrêta à la porte. En lui faisant un signe avec la main, elle me souriait et se dirigea vers moi.
En me faisant deux bises, elle enleva son gilet et s’asseyait face à moi.
- J’espère que je n’ai pas tardé !
- Non, non, c’est bon, je viens d’arriver !
Elle était plus charmante en direct, une fille mince et petite de taille, disons 1m 58, avec des cheveux longs et bouclés, elle portait beaucoup d’accessoires aux mains et quatre bagues en tout.
En s’accoudant sur sa main, elle me regardait longuement. Elle prenait tout son temps pour me photographier de ses beaux yeux noisette puis me demanda d’une voix capricieuse.
- Je peux fumer ?
- Oui, oui, vas-y ! dis-je un peu troublée vu que c’était notre premier rancard.
En prenant un souffle de sa cigarette, elle reprit.
- Alors, t’es lesbienne ou bisexuelle ?
- Lesbienne ! et en croisant les mains et les jambes, mais je déteste faire les classifications.
Elle sourit et répondit en inhalant de la fumée.
- C’est cool de faire la connaissance d’une fille qui raisonne comme ça ! et en s’accoudant sur l’autre main cette fois-ci. Moi je suis bisexuelle !
Elle le disait et se taisait exprès, comme attendant une réponse de ma part, mais comme je ne disais rien sans la perdre de regard, elle dit.
- Ça ne te gène pas de faire la connaissance d’une bisexuelle ?
- Non, j’ai déjà une amie bi !
Elle traça un sourire persifleur et continua.
- Avoir une amie bi c’est une chose et sortir avec une bi c’est une autre chose !
En participant à son jeu de séduction, je parlais.
- Mais on ne sort pas encore ensemble !
Elle me dévora d’un regard séducteur et continua.
- Mais c’est possible non ?
Les joues un peu rouges, vu qu’elle me draguait directement.
- Je te plais ?
De l’autre main, elle posa la cigarette sur le cendrier et au bout des doigts elle me caressait ma main gauche, sans me quitter de son regard ensorcelant.
- T’es vraiment mignonne ! et en laissant ses doigts m’effleurer la peau, alors avec combien de filles t’es sortie ?
- Une seule.
- Une seule ?
En ingurgitant ma salive, je reprenais.
- Enfin, ça ne fait pas beaucoup de temps que j’ai fait mon coming out !
- Emm, une toute nouvelle ! murmura-t-elle en souriant.
- Et toi ? me lançai-je timide, avec combien de filles?
Elle retira sa main, et dit doucement.
- Je suis sortie à 90% qu’avec des garçons ! et… deux fois uniquement avec des filles ! puis en rigolant, ma première copine, je suis sûre que tu la connais !
- Ah bon ? elle est assez connue ?
Elle prit un long souffle de la cigarette et dit.
- Oui, c’est Ines !
- T’es sortie avec Ines ? m’écriai-je impressionnée, comme si Ines était une superstar.
Elle rait à voix basse et continua.
- Oui, c’était ma première expérience ! j’aimais sa façon de penser les causes qu’elle défendait, mais ça n’a pas marché entre nous ! on est resté d’ailleurs qu’un mois ensemble.
- et pourquoi ça n’a pas marché ? dis-je en la regardant comme un enfant attendant la suite de l’histoire avec impatience.
- Ben, ça n’a pas marché ! j’ai constaté que j’avais uniquement de l’admiration pour elle et non pas de l’amour. Et en rigolant, je crois d’ailleurs que c’est à cause de notre rupture qu’elle a tissé toutes ces histoires bidon autour des bisexuelles, méchantes, sans cœur, nymphomanes etc. et puisqu’elle a de l’influence sur les lesbiennes, elles ont cru à ses histoires, et ont pris son opinion sur les bi comme une référence !
Et tout en riant.
- Elle a un vrai talent de leader cette nana !
- Et ta deuxième !dis-je calmement.
- C’est une française qui est venue passer les vacances d’été à Hammamet ! on a passé deux agréables semaines ensemble puis elle est rentrée chez elle !
- T’as pas eu donc de relations sérieuses avec des filles ?
- Non, malheureusement ! mais ça ne veut pas dire que je ne désire pas m’engager sérieusement avec une fille ! je l’étais une fois avec un mec et on est resté deux années ensemble.
A part ce petit flash sur sa vie sentimentale, on n’a pas trop parlé. Elle avait un an de plus que moi, une fille charismatique, qui savait parler et qui communiquait trop avec les yeux. Mais ce que j’ai constaté ce que je lui intéressais, enfin c’était ma première interprétation. En lui demandant si on pouvait se revoir le lendemain, après avoir passé une heure et demie ensemble, elle faisait semblant de réfléchir puis refusait gentiment et en mettant son gilet, elle continua.
- Si tu veux après demain, je serai libre !
- D’accord alors ! dis-je en traçant un agréable sourire.
Le lendemain, à la même heure, j’étais à l’étoile du Nord, mais cette fois-ci accompagnée de mes deux potes Nawras et cyrine. Elles discutaient et moi je buvais un café crème, en suivant de regard Sahar, assise avec quatre amies à elle, en face de nous. Et puis, j’entendis les sifflements de quelques têtes présentes. Et en tournant la tête, je voyais Abdelmajid chiquement costumée, et Nesrine assise avec Ilhem et Amira , la taquinait.
- Oh ! Hana a un rancard à ce qu’il paraît !
Hana, très heureuse, répondait.
- Oui, oui à la cafétéria dans l’autre avenue avec la belle agora !
- Ah ! tu l’as draguée ? s’écria Amira en allumant une cigarette.
Hana, dessinant un agréable sourire disait avec fierté.
- C’est notre deuxième rancard les filles ! je l’ai vu hier matin à l’étoile du Nord ! et elle m’a dit que je lui plaisais !
- Ah bon ! s’écria Nesrine, ne croyant pas ce qu’elle entendait.
Amira, riant à haute voix.
- Ben, les bisexuelles adorent les filles masculines en général ! c’est à la fois le côté masculin de l’homme qu’elle cherche et la féminité de la fille sur laquelle elle fantasme ! donc une fille masculine c’est un bon coup !
Hana, prenant les paroles de la bande fofolle de Amira comme de la jalousie, fait semblant de ne pas les entendre et quitta la cafétéria en pressant le pas.
Quant à moi, je me sentais stupide. J’étais très intimidée d’avoir mordu à l’hameçon de cette bisexuelle allumeuse, et ne voulant pas éclater en sanglot devant mes potes, je courus vers les toilettes des filles. Et là, à ma surprise, je trouvais Sahar, pleurant dans les bras d’une amie à elle en disant.
- Je n’ai pas de chance avec les filles ! elle s’est moquée de moi cette poufiasse Jiji, elle m’a dit qu’elle me trouvait jolie et qu’elle aimerait bien me revoir demain !!

mardi 5 octobre 2010

Entre filles:épisode25:A poils les filles!

Publié par bella_ragatsa à 07:52
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Allongée sur le ventre sur un canapé, entourée, par une dizaine de filles qui dansaient et buvaient, Amira s’approcha de moi, en me donnant une pilule.
- vas-y ma grande, avec ça tu iras mieux ?
- Ma tête tourne !
Elle s’asseyait prés de ma tête, me caressa les cheveux, puis rajouta.
- vas-y! relève-toi !
Alors où suis-je là ? Eh, voilà, à une nouvelle girly party, dans l’appartement d’Amira. C’était la veille du braquage, à minuit voire plus. Enfin, je me rappelle pas très bien comment j’ai fini aussi saoule sur son canapé, capable uniquement de clignoter mes cils et de voir à peine les pieds dansants des quelques filles à ma proximité.
17heures avant, j’étais au cœur d’un film d’action à la tunisienne. A quelques kilomètres de l’autoroute, menacée pas par un revolver, mais par un petit couteau.
Comme je ne prononçais pas le moindre mot, sous l’emprise de la peur. Ce ne fut pas le bandit qui réagissait, mais une femme de la cinquantaine assise à ma gauche.
Sauvagement, elle m’arracha le collier du cou et le donna au voyou en enlevant ses boucles d’oreilles aussi.
- Voilà, c’est tout ce qu’on a !
Il dévisagea l’autre à l’arrière et s’écria.
- Hey, vous, donnez moi vos bracelets.
La femme de la trentaine, stressée s’écria.
- Ce ne sont que des faux bijoux je t’assure !
- Donnez-les-moi ! hurla-t-il d’un ton menaçant.
Voilà, après 20 minutes horribles, où on nous braqua nos bijoux et vida nos poches d’argents et de cellulaires, les bandits partaient mais en laissant leur emprunte en déchirant les quatre roues du pauvre louagiste. Sans un seul millime, à 7h du matin, sur une route presque calme, on faisait de l’auto-stop.
J’avais la sensation qu’aucune des voitures passantes ne voulait nous embarquer jusqu’à ce qu’une vieille camionnette marron me rappelant celle d’un film d’horreur français « haute tension », s’arrêta devant le louage.
La fille trentenaire, sans réfléchir, partit parler au chauffard puis en haussant la voix.
- Il a de la place pour une autre personne ! Alors, qui veut monter avec moi ?
Et comme je voulais à tout prix rentrer à Tunis, j’ai saisi mon sac à main et je suis partie en courant. C’était un monsieur de la cinquantaine, un type gros avec un ventre énorme et nous deux on arrivait à peine à nous asseoir à coté de lui à cause de son ventre.
Enfin, je sais comment vous réfléchissez ? Vous allez me dire, il vous a emmené sans contre partie comme ça ? Et ben non, la bonté n’est pas donnée à tout le monde, soit on l’a soit on l’a pas.
On n’avait pas de quoi payer et le monsieur ne cessait d’insinuer qu’on devait le payer. Mais n’allez pas très loin avec votre imagination, surtout pas, hein ? Il ne nous demanda pas des faveurs sexuelles, loin de là.
C’était un misérable chauffeur d’une usine à l’entrée de Tunis, et après une demie heure de silence, il sourit, alluma une cigarette et dit.
- Les fils de putes ! ils ne s’endorment jamais ! puis en nous regardant avec ses petits yeux, alors mesdemoiselles, vous allez vous taire tout au long du trajet ?
La femme, qui était plus courageuse que moi, se demanda en rigolant nerveusement.
- Vous voulez peut être qu’on vous chante ?
L’homme appréciant la proposition, cria.
- Oui, une très bonne idée, surtout que je n’ai pas de radio !
La femme, ria doucement et dit.
- Ben, je m’excuse mais si je chante, vous allez sûrement me jeter de la camionnette !
L’homme lança un volumineux rire, au point de nous assourdir avec, puis s’écria.
- Vous avez un sacré sens de l’humour vous ! et en me parlant, et toi, jeune fille ? ne sois pas timide, je veux vraiment t’entendre parler et en me faisant un clin d’œil, la chance de conduire un long trajet accompagné de deux charmantes demoiselles, ne me sourit pas tous les jours, et en prenant un souffle de sa cigarette, alors tu vas sauver ton amie, en chantant à sa place ou pas ?
Un léger coup de pied sur la cuisse, me fit revenir à mon présent. Et après j’entendis un rire que m’était familier.
- Dis donc, ce n’est pas Yasmine qui est là ?
Amira debout prés de moi, buvant de la bière répondit en souriant.
- Oui c’est elle, elle a trop bu ce soir ! et en riant encore, elle a passé une mauvaise journée, elle s’est fait braquée dés l’aube !
- Ce n’est pas vrai ? s’écria Nesrine, puis en parlant à Amira, elle me semblait timide, t’es sûre qu’elle est venue à cette soirée "strip" de son plein grès ?
- Ben, oui ! dit Amira calmement. Puis en regardant avec désir la poitrine de Nesrine. Il est joli ton soutien gorge ?
Allumeuse de nature, Nesrine s’approcha d’Amira et parla avec malice.
- C’est le soutien qui te plait ou ma poitrine ?
Amira, se laissant aller dans le jeu de séduction, répondit.
- A vrai dire, la poitrine !
Nesrine, me secoua à nouveau avec la pointe de son espadrille Asics et badina.
- C’est en fait Yasmine qui m’a aidé à le choisir ! en en me caressant les cheveux, n’est ce pas ma chérie ?
Puis me regarda minutieusement et s’interrogea en chuchotant mais j’arrivais à les entendre.
- Tu ne lui as pas mis un truc dans le verre par hasard ?
Amira, ceinturant le cou de Nesrine avec ses deux bras disait, le visage un peu empourpré d’ivresse.
- Elle est timide, et elle a besoin de se relâcher !
- Coquine ! s’écria Nesrine en lui arrachant un long baiser.
Après je ne me rappelle pas très bien ce qu’elles ont fait. Je crois qu’elles étaient parties quelque part pour faire l’amour. De toute façon, je me rappelle que j’étais restée seule dans la pièce. J’entendis les rires des autres filles provenant de la cuisine et la voix insistante d’Abdelmajid qui demandait à l’une des filles de faire un strip tease.
- Allez Khawla ! ne sois pas timide !
La fille apparemment refusant de le faire, rigolait.
- Non, non, fais le toi-même ! je désire vraiment te voir en sous vêtements.
Abdelmajid, ria à haute voix et dit.
- Moi ? vous n’allez pas l’adorer ! je suis toute musclée.
Une fille, le dos collé au mur, parla.
- Moi, j’adore les filles masculines !
Hana, un peu gênée, finit par accepter, et toute la bande revenait où je me trouvais pour faire le show. En commençant à déboutonner son chemisier, Hana me regarda et me parla.
- Hey, Yasmine ! on est là pour faire la fête, ma grande pas pour dormir !
Khawla, l’hôtesse, sourit et proposa d'un ton malin.
- Et si vous feriez le strip tease en même temps, vous deux ?
- Très bonne idée ! s’écria Hana, joyeuse.
Et après, deux filles s’étaient venues m’aider à me relever.
- Qu’est ce que vous voulez ? dis-je un peu troublée.
Khawla, les bras croisés dit.
- Ne sois pas timide ! tu ne seras pas seule ! et puis on est là pour s’amuser et t’es la seule avec Abdelmajid qui ont refusé de rester en sous vêtements depuis le début de la soirée ! et en buvant un peu de bière, vous nous devez un petit spectacle quand même !
Au bout d’un moment, Nesrine et Amira nous rejoignaient. Puis en s’asseyant côte à côte sur le canapé. Amira, s’écria excitée.
- Allez que la fête commence !
Et Nesrine sous l’emprise de l’alcool :
- A poils les filles !
On était piégée par les regards avides de toute la bande. On se regardait moi et Hana, et une sorte de chaleur moite s’insinua entre nous. Encouragée, par les applaudissements, les sifflements et surtout la musique, Hana commença à déboutonner sa chemise ample et en me souriant.
- Vas-y, qu’est ce que tu attends ?
En clignotant les yeux pour me persuader si je faisais un mauvais rêve ou que réellement je m’apprêtai à devenir strip teaseuse amatrice, je me rendais compte que la situation embarrassante n’était pas moins pire que celle que j’ai vécue très tôt le matin.
Victime de ma propre voix, j’étais obligée de passer une heure et demie voire plus à chanter puisque le chauffeur ne conduisait pas à toute vitesse. Il prenait tout son temps, pour m’entendre chanter.
Comme si c’était son jour de chance, il me demanda de chanter quelques vieux morceaux tunisiens après m’avoir entendu chanter des chansons anglaises.
- Tu sais que t’as une agréable voix ! moi j’adore le Mezoued, chante-moi, un tube de Fatma Bousaha !
- Pardon ?
Et voilà, j’étais donc poussée à me faire passer pour une Bousaha contemporaine jusqu’à ce qu’il nous déposa à l’entrée de Tunis. Là, après un petit quart d’heure de bronzage sous un soleil très fort, et éblouie par les rayons, un taxi s’arrêta et la fille avec moi le prit la première. Elle était gentille en me demandant de l’accompagner mais quand j’ai su qu’on n’avait pas la même destination je me suis excusée.
Un petit bout de moment après, une voiture bleue s’arrêta. Et je n’avais pas compris qu’elle l’avait fait pour moi que quand le chauffeur s’est mit à klaxonner.
En m’approchant de la porte de conducteur, je m’apercevais, surprise, que le conducteur, n’était qu’Ilhem, accompagnée d' Amira à sa coté et de deux fausses blondes à l’arrière de la voiture, toutes bien pomponnées et en robes de soirée.
- Bonjour ma salope ! qu’est ce que tu fais à 8h du matin dans la zone industrielle ? s’écria Amira en me souriant.
Ilhem, gentiment m’interpela.
- Vas-y monte, ne reste pas debout sous le soleil ! on dirait un soleil de plein été !
Une fois engouffrée à l’intérieur de la voiture et coincée entre les cuisses des deux blondasses, je me demandais, les yeux gonflés suite à mon manque de sommeil.
- Ne me dites pas que vous étiez à Hammamet ?
Amira en tournant sa tête, et en me pinçant la joue en badinant.
- Pour la première fois, je découvre que Yasmine est très intelligente ! comment l’as-tu deviné ?
Ilhem, en riant.
- Arrête de la taquiner ! puis en me regardant du rétroviseur, j’aurai aimé que tu nous accompagnes à la boite Ibiza, il y avait une super soirée hier, avec un DJ canon ! mais bon, j’ai changé mon cellulaire et du coup j’ai perdu tous mes contacts.
En m’allongeant sur mon siège, je murmurai.
- De toute façon, moi je dois collecter tous les numéros de mes amies puisque je venais de me faire braquer !
- Non, pas vrai ? s’écria les deux filles à mes côté.
Et sous la surprise, Ilhem fit un frein sec puis cala la voiture au démarrage.
- Comment ça raconte ?
Sous les klaxons désagréables et des quelques insultes matinales de gens voulant atteindre leurs lieux de travail à temps. Amira s’écria, en riant.
- Et si elle nous raconte sa mésaventure à l’étoile du nord !
- Oui, une bonne idée ! dit Ilhem en appréciant l’idée, puis en criant sur les nerfs en sortant sa tête de la fenêtre.
- Vas-y connard passe ! et arrête de klaxonner, tu m’énerves !
Le type nous doubla et cria en s’éloignant.
- Poufiasse !
Autour d’une table au fond de la cafétéria, je me suis mise à leur raconter en détails ma mésaventure matinale.
Amira, en prenant tout à la légère comme d’habitude, se faisait passer pour une écrivaine et dit.
- Si j’avais le don de l’écriture, j'aurai écrit une nouvelle sur tout ce que t’as vécu ce matin, intitulée mon jour de malchance !
Un peu énervée, je murmurai.
- Heureusement que tu ne l’es pas !
En me dévisageant d’un regard séducteur, elle rajouta.
- Ilhem et si tu lui annonces la petite nouvelle toute fraiche ?
- Quelle nouvelle ? se demanda Ilhem, puis en se rappelant, ah, oui, un autre couple lesbien, a rompu hier !
Amira lui coupa la parole en disant.
- Cela t’intéressera sûrement !
- Et pourquoi ça m’intéressera ?
- Il s’agit de Sahar et sa meuf ! c’est fini entre elles deux ! en souriant, elles ont changé leur statut de facebook, mais une fille me l’a informé bien avant.
- J’étais à Tunis hier à l’après midi…
Amira m’interrompit en continuant.
- Et ben pour rompre, même quelques minutes suffisent ! puis en se mettant debout, c’est ta chance de la draguer !
- Elle ne m’intéresse pas ! je criai, frustrée.
Mais comme si, elle ne m’entendait pas, elle ajouta pour me provoquer.
- Et tu ne seras plus dans l’obligation de l’embrasser en cachette dans les toilettes des filles ! puis en parlant à sa bande, alors vous venez ? moi je suis KO, j’ai très sommeil, et je ne veux pas passer une troisième nuit blanche consécutive !
Les autres filles se levèrent, et Ilhem, me demanda si je voulais qu’elle me dépose chez moi, mais je refusais tout en la remerciant. Pour être franche, je ne voulais pas monter avec Amira dans la même bagnole surtout pas qu’elle m’avait mise sur les nerfs.
Et avant d’avancer un seul pas, Amira dit en se rappelant.
- Ah, j’ai oublié ! et en me regardant droit aux yeux, j’organise une petite soirée chez moi ce soir, je t’invite !
- Non, merci, je ne veux pas ! dis-je en faisant une moue.
- Comme tu veux ! dit-elle en secouant ses épaules, puis fit un pas pour s’en aller et se ravisa presque aussitôt. Ah, oui, Sahar fait partie des invitées !
Puis me salua avec la main et partit avec sa bande. Comme si elle savait que j’avais un faible pour Sahar, j’ai mordu à l’hameçon. Et le soir, vers 22h, j’étais même arrivée une des premières à son appartement.
Il n'y avait à cette heure là, qu’Amira et Abdelmajid. En l’interrogeant sur Ilhem, elle m’avait informé qu’elle avait un petit empêchement, mais que ça ne gâchera point notre party.
Et après peu à peu, des couples lesbiens faisaient leur apparition sauf bien sûr Sahar. En m’approchant d’Amira, elle me rassura qu’elle lui a promis de venir, mais j’étais convaincue que c’était un autre piège que cette fille m’avait tendu comme d’habitude juste pour m’avoir prés d’elle.
Et quand elle s’est rendue compte après une heure, que j’étais sur le point de partir, surtout que je ne me sentais pas à l’aise avec toutes ces filles qui se déshabillaient en restant en sous vêtements uniquement ; C’était peut être le thème de leur soirée disjonctée chez une fofolle comme Amira, elle m’avait rattrapé à la porte en me suppliant de rester, elle m’avait même dit qu’elle allait téléphoner à Sahar pour lui demander de venir et m’avait offert un verre de bière.
- Non, merci, j’ai vraiment mal à la tête !
Elle me tint par le bras et dit.
- Viens t’asseoir un peu, je vais t’apporter des comprimés pour maux de tête !
- Non, je ne peux pas vraiment…
- Je t’en supplie Yasmine ! je ne peux pas te laisser t’en aller sur cet état là !
Si j’avais suivi mon instinct à cette heure là, ça m’aurait évité le strip tease que je me préparais à le faire.
Nesrine, ne pouvant plus attendre le show, s’adressa à Hana en disant.
- Ben vas-y ! aide-la un peu à enlever son pull !
Elle hésita un moment, puis mit sa main sur ma taille.
- Ne me touche pas ! dis-je en réagissant agressivement tout en expédiant son bras.
Là, Nesrine s’approcha de moi, et dit en me ceinturant de ses deux bras.
- Tu veux que je le fasse moi, n’est ce pas ?
Le cœur battant, je devenais toute rouge, et là, les autres filles commençaient à me taquiner.
- Oh, elle a un faible pour Nesrine !
- Non, ce n’est pas… ! balbutiai-je très gênée.
En relevant la tête, je perdais ma langue pour de bon, lorsque mes yeux croisèrent ceux de Sahar, debout à côté d’Amira, qui riait en silence.

vendredi 3 septembre 2010

Entre filles: Episode24: Des retrouvailles

Publié par bella_ragatsa à 08:14
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- Tu n’es pas un homme !
- Fais attention à ce que tu dis ! et rajouta furieux, je t’ai toujours respecté à cause du lien de parenté qui nous unissait !
Voilà, c’était la fameuse dispute qui s’est déclenchée entre mon papa et ma grand-mère, suite à mon retour forcé à Sousse, l’après midi du scandale qu’elle m’a faite sur le lieu de mon travail.
Elle n’a cessé de m’insulter tout le trajet et surtout d’insulter mon père.D’ailleurs, une heure tout juste après notre arrivée à sa villa de Bouhsina, elle l’a appelé , lui demandant de venir d’urgence comme si quelque chose de grave s’est produite, dont la résolution exigeait la présence de plusieurs personnes.
Cet incident si grave, était bien sur , mon travail. J’étais jeune aux yeux de ma mamie, très jeune même, un bébé dépendant, comme sa fille qui n’a jamais quitté l’adolescence.
Pour elle, tant que j’étudiais, c’était le devoir de mon père de subvenir à mes besoins. Elle aurait cru peut être qu’il ne me donnait pas assez d’argent pour mener une vie d’aisance et de confort, une vie qui correspondait à ma classe sociale.
Pour elle, un enfant de bourgeois, ne devrait bosser qu’en tant que chef de sois même, c’est quelqu’un d’important, avec plein de responsabilités et beaucoup de subordonnées à sa disposition.
Mais être vendeuse dans une boutique, au service des autres, ça c’était impardonnable, une insulte à sa dignité et à son égo. Personnellement, ça me gênait pas d’être au service d’autrui, mais pour elle c’était la fin du monde.
Quand elle l’a appelé, elle ne cessait de crier, comme si un malheur avait surgi. Mon pauvre papa, avait tout laissé et est venu en courant lorsqu’il a appris qu’il s’agissait de moi.
C’était vers 20h. J’étais assise sur un sofa au grand salon, très tendue sous les regards méchants et sacripants de ma grand-mère, debout à quelques centimètres de moi, comme si elle craignait que je prenne la fuite.
A trois pas sur une pouffe, devant l’écran mon frère, était scotché, les mains tenant une manette de sa console de jeu. Très concentré, il n’a même pas fait attention à ma présence et n’a pas pris la peine de ma saluer, même par un simple sourire, pourtant, on s’est pas vu depuis trois mois au moins.
Quant à ma sœur, qui n’avait que 8 ans, elle se tenait debout prés d’une plante de décoration que ma grand-mère, a reçue comme cadeau de l’un de ses amis qui est parti en voyage pour le Mexique très récemment, un Philodendron mandianum, je crois. Elle caressait les feuilles, tendrement, comme si elle caressait les cheveux d’une poupée. En fait, ma sœur, était un peu bizarre, elle ne jouait pas avec les poupées ni avec les voitures des garçons, mais elle adorait les plantes. Elle leurs parlait même.
Elle avait une imagination tellement débordante, qu’elle crut que les plantes et les arbres de la villa lui parlaient le soir quand tout le monde s’en dort.
C’était un sujet qui a toujours inquiété ma grand-mère, puisqu’elle s’est chargée de l’éducation de Lina dés sa venue au monde. C’était d’ailleurs, la seule de nous trois, qui a vécu à plein temps avec mamie, et n’était pas très affectée par le divorce de mes parents, puisqu’elle considérait mamie comme sa mère et son père à la fois. Elle l’emmenait d’un pédiatre à l’autre, et même parfois à des psychiatres. Elle craignait que sa petite fille soit atteinte d’une sorte de démence que son médecin traiteur n’a pas détectée à sa naissance.
Mais la conclusion tirée par tous ceux qui l’ont examiné, ce que c’est dû à son isolement puisque ma grand-mère, avait décidé dés son jeune âge de ne pas l’inscrire à un jardin d’enfant, mais à la manière des aristocrates, de lui payer un professeur qui vient quotidiennement lui apprendre les bonnes manières, et les langues. Elle maitrisait d’ailleurs le français plus que l’arabe. C’était la volonté de ma mamie, qui adorait la langue de Molière et qui la considérait comme un symbole d’appartenance à la hight society.
Et elle l’a inscrite comme nous trois, à l’école des sœurs, une école prestigieuse, pour les enfants de familles bourgeoises.
- Maman, regarde, elle a bougé ses feuilles !
Mamie, la regarda du coin de l’œil tout en gardant l’autre sur moi et dit doucement.
- C’est dû au courant d’air ma chérie !
Puis on entendit le claquement de la porte principale et je voyais papa, avancer à pas lourdes, comme ayant peur d’entendre une mauvaise nouvelle.
Dès qu’elle l’aperçût, elle me libéra de son regard venimeux et le dirigea vers mon pauvre papa.
Sans un bonsoir de sa part, elle l’attaqua directement, si violemment comme d’habitude. Elle l’avait écorché vif, avec ses paroles, ses préjugés moraux.
Et ce que je trouvais bizarre , ce que mon père ne prenait pas sa défense. Il la laissait l’insulter, l’indigner sans vraiment riposter, même pas une crise de colère.
Il lui était peut être reconnaissant, puisqu’elle se chargeait de l’éducation de sa petite fille, mais ce n’était pas une raison pour se laisser maltraiter et humilier ainsi.
- Qu’a-t-il de si urgent ? puis en me dévorant d’un regard à la fois doux et inquiet, cava ma puce ?
En hochant la tête pour dire oui, je murmurai.
- Oui, cava !
Comme soulagé, mon père sortit sa pipe, la seule habitude qu’il a gardée de son ancien statut de businessman, et de l’autre main saisissait le briquet mais ma grand-mère l’arrêta sur le champ.
- Tu fais quoi, là ?
En levant les sourcils de stupéfaction.
- A ton avis ?
- Ne réponds pas à ma question par une autre ! s’écria-t-elle en colère, puis en lui arrachant la pipe avec férocité. Dans ma maison, on ne fume pas !
Puis en me pointant par le doigt comme un condamné à mort.
- Ta chère fille bosse en tant que vendeuse, tu te rends compte ?
Mon père s’assit sur un fauteuil, et dit calmement.
- C’est bien, qu’elle prenne de la responsabilité…
- Pardon ? hurla-t-elle furieuse. Je t’ai dit une vendeuse !
- Et alors ? c’est un travail comme les autres.
Énervée par la froideur de mon père, elle continua.
- Mais tu n’as pas honte de toi ? t’es son père, tu dois travailler pour subvenir à ses besoins mais pas la laisser bosser, elle est si jeune !
Et là, j’intervenais prenant la défense de mon papa.
- Mamie, ce n’est pas pour l’argent que je bosse, c’est juste que…
- Ferme-la ! me lança-t-elle, quand les grands parlent, les jeunes se taisent !
Mon père, intervenait pour la première fois en haussant la voix.
- Ne parle pas comme ça à ma fille !
- Non, c’est ma fille à moi, tu l’as peut être conçue, mais c’est moi qui l’a éduquée.
Et là, on entendit la musique de la perte et une voix ressemblant à celle d’un robot, dire « Game over »émanant de la télé. Là, mon frère, jusqu’à là silencieux, dans son monde à lui, revenait quelques instants avec nous en boudant.
- Merrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrdeuuuuuu ! et en se levant de sa pouffe ! mais vous ne pouvez pas aller discuter ailleurs ? vous me déconcentrez !
Mon père souriait et lui adressa la parole.
- Salut fiston cava ?
Bayram, le regarda du coin de l’œil, et murmura à contre cœur.
- Oui, cava ! et en parlant à mamie, vous ne pouvez pas aller continuer vos discussions byzantines dans une autre pièce ?
Ma grand-mère, ne voulant pas se disputer avec lui aussi.
- Va jouer avec ta console dans ta chambre !
- Non, l’écran de ma télé est petit, et j’aimerai jouer sur celui là ! et insolemment, alors si vous voulez, allez vous disputer dans ma chambre ou dans le jardin !
- Merci pour ta générosité, fiston ! s’écria mon père, en badinant.
Et ma petite sœur aussi, tira le bout de la robe ample de ma grand-mère, en criant de sa voix capricieuse.
- Shuuuuuuuuuuuut Loulou veut dormir !
- C’est qui Loulou ?
- Voyons, maman ! dit-elle en pointant la plante avec son doigt.
Les yeux brulant de colère, mamie hurla.
- Lina, va dans ta chambre !
Et quelques instants après, la porte principale de la villa s’ouvrit et le bruit des talons de ma mère s’approcha de nous. Mamie coulait un regard furieux dans sa direction et la gronda.
- Enfin, t’es de retour !
Sans même s’arrêter, et en mettant le pied sur la première marche de l’escalier.
- On parlera demain man, je suis pressée.
- Pardon ? et en laissant mon père prendre son souffle quelques secondes, tu n’as pas vu qui est ici ?
Ma mère, jeta un coup d’œil sur sa belle montre en or, et en tournant la tête vers nous, l’expression de son visage changea.
- Putain, man, qu’est ce que cet homme fait ici ?
- Cet homme ? se demanda mon père stupéfait, puis en riant, ah c’est bien, tu ne sais plus mon nom maintenant.
Ma mère, faisant semblant de ne pas l’entendre monta encore deux marches, mais ma grand-mère l’arrêta en criant.
- Mais où vas-tu ? tu viens de rentrer.
Ma mère, poussa un siffle, et en fouillant son sac à la recherche de son GSM.
- Je vais sortir avec Ahmed, on va on boite !
- Mais t’étais avec lui l’après midi ?
- Oui, mais on a décidé d’aller en boite, donc je vais me changer pour ça !
En en croisant mon regard.
- Ah, Yasmine ? t’es là ?
- Oui, man ! dis-je en traçant un faux sourire.
- Cava les études ? puis en montant le reste des marches rapidement, écoute si t’as besoin d’argent ou de quoi que ce soit, on en parlera demain, puis en en m’envoyant un bisou avec la main, reste sage, eh !
Puis disparait dans sa chambre de premier étage. Mon père croisa ses bras, un moment, puis se leva du fauteuil, en disant d’un ton sérieux.
- Et ben, ma chère belle-mère, je crois que tu feras mieux de remédier à l’éducation de ta propre fille avant de t’occuper de celle de mes enfants !
Et en s’approchant de moi, tout en me collant une douce bise sur le front.
- Je suis fier toi, ma chérie ! tu peux travailler comme vendeuse ou même comme une danseuse, moi ça ne me gène pas !
Puis serra ma petite sœur contre lui et parla à mon frère.
- Bonne nuit, Bayram !
Mon frère, ne faisait pas l’effort de tourner sa tête et leva juste sa main pour le saluer.
Mon père, le regarda un peu d’un air triste puis traça un petit sourire pour énerver ma grand-mère, qui n’aimait rien en lui, et quitta la villa en claquant fortement la porte.
- Même sa façon de fermer la porte prouve qu’il manque de délicatesse !
Puis en suivant mon regard qui ne traduisait aucune réaction.
- Qu’est ce que tu regardes eh ? à ta chambre tout de suite !
Voilà, une petite idée de la belle ambiance familiale pilotée par la maestro ma grand-mère. Vers22h pile, le calme absolu avait régné dans la demeure. Mamie était dans sa chambre et moi dans la tienne que je partageais avec ma petite sœur.
Je n’avais pas du sommeil, je ne faisais que l’observer dormir comme un bébé et parler pendant son sommeil parfois. Et j’étais décidée à quitter la maison de bonne heure avant que ma grand- mère se réveille et qu’elle me fera une nouvelle leçon de morale à l’ancienne.
Vers 5H du matin, je fuguai de la maison en direction de la station des louages. Le soleil se cachait encore entre les nuages, et un vend froid mais léger jouait tout le trajet avec mes cheveux.
Une fois dans un louage pour Tunis, je mis mes lunettes de soleil sur les yeux, et je m’allongeais légèrement sur mon siège arrière prés de la vitre droite. Un petit quart d’heure après, le chauffeur démarra la voiture, qui fonça dans l’asphalte à toute vitesse, en sautant parfois à cause des multiples crevasses dans la route.
Avant d’entamer l’autoroute, je fermai les yeux en espérant dormir un peu pour me reposer, mais à peine endormie, je fus réveillée par le bruit assourdissant de la cassure de pare brise. La voiture se mettait à déraper sur la route, puis le désagréable son du freinage de la voiture qui s’arrêta brusquement sur la piste me faisait accélérer les battements de cœur.
En ouvrant les yeux, affolée et le visage pâle du choc, je voyais une énorme pierre sur le pare brise, carrément brisé, et les fragments de la pierre étalés sur le capot de la voiture. Et puis en enlevant mes lunettes, je voyais la voiture encerclée par trois mobylettes. L’un des hommes, le visage découvert, sauta de sa mobylette et en menaçant le chauffeur avec un grand couteau.
- Donne-moi les clés de la voiture !

Et l’un des quatre bandits qui l’accompagnait, s’approcha de ma vitre semi ouverte, et se pencha par-dessus la portière, en dévisageant nos visages pâles de peur, puis dit en traçant un méchant sourire quand il remarquait qu’il n’y avait que des femmes à l’arrière de la voiture.
- Alors mesdames et mesdemoiselles, vous n’avez pas quelque chose à m’offrir ce beau matin ?
Et en admirant mon collier qui brillait sous les rayons de soleil infiltrés timidement à travers les nuages, il dégaina son couteau en disant.
- Alors tu me le donnes gentiment ou je le prends à ma manière ?

samedi 17 juillet 2010

Entre filles :épisode23: Une sacrée mamie

Publié par bella_ragatsa à 07:46
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Le sexe, est une sacrée peste, qui se positionne entre les jambes. Pour l’allumer, ça diffère d’une personne à une autre, d’un sexe à l’autre. Les mecs sont plus facilement allumés, de toute façon, un homme excité finit toujours par avoir une érection, et c’est observable. Une fille par contre, nécessite bien plus de facteurs pour se laisser aller.
Pour les filles, c’est un peu compliqué. Amour et sexe, sont fortement corrélés. Donc sans sentiments, pas de baise. Enfin, ça reflète la nature romantique du beau sexe, qui cherche toujours à embellir le sexe comme activité physique, à le sculpter de son état animalier jusqu’à le garnir de tendresses et d’une touche humaine.
Mais quand on est sous l’emprise d’un stupéfiant tel que le sexe, on n’est plus les mêmes jusqu’à atteindre la jouissance. On est je ne sais pas comment le dire, comme guider par la petite bête coincée entre les jambes. Une fois qu’elle atteigne son but, notre cerveau reprenne son fonctionnement habituel.
Finalement, le sexe n’est pas aussi terrible que ça, c’est une obsession pour certains, une obligation pour avoir des enfants, et un ingrédient fondamental pour pimenter l’amour.
Dans ma vie intime, je n’ai connu que la première et la dernière catégorie du sexe. Enfin, le sexe comme passe temps, c’est un peu la spécialité des garçons, pour eux il y a une relation d’indépendance entre l’amour et le sexe. Toutefois, les exceptions dans le monde d’Eve existent.
Et oui, pour certaines filles aussi, amour et sexe ne riment pas ensemble. C’était le cas de Nesrine. Une fille belle comme une déesse, mais avec une âme endiablée.
J’avais de la chance avec elle. Disons que j’étais la fille avec qui elle a couché plus d’une fois. A vrai dire, à chaque fois qu’on couche ensemble, elle disparait une bonne période puis refit surface comme si rien n’était, et d’un simple sourire suivi d’une de ses caresses, je tombe illico sous son charme et je finissais dans son lit.
Quant à ma première fois avec elle, ce n’était pas vraiment le top. Enfin, ce n’était pas une véritable première fois, disons un avant goût d’elle, puisque c’était dans un petit cabinet d’essayage et je ne me sentais pas à l’aise, c’est comme si je faisais l’amour dans un lieu public, et que tout le monde me regardait, mais ce que je craignais le plus ce qu’une de mes collègues vienne tirer le rideau brusquement et nous surprenne en flagrant délit. Vous imaginez donc l’angoisse et la peur, avec lesquelles je me trouvais.
Avec ma main collée sur son sein, je brulais de désir. Je voyais très bien qu’elle prenait du plaisir en faisant des petits mouvements circulaires avec ma main comme si c’était la sienne. Puis approcha sa tête de la mienne, je sentais ses chaudes respirations. Et elle frotta pour quelques secondes son nez contre le mien puis avec sa main gauche, me caressa la joue longuement puis me fixa la tête et épousa mes lèvres, un long bout de temps.
C’était un sacré spectacle entre des lèvres affamés, avides d’envie et de désir. Pour un bref moment, tellement, j’étais dans un autre monde, j’oubliais ma présence sur le lieu de travail, et sans ouvrir les yeux, en suivant mon instinct, je laissai mon autre main libre, glisser sur son ventre. Mais à l’instant où elle effleura sa culotte, elle m’attrapa la main, et m’arracha un dernier baiser passionnel, en s’éloignant un petit peu de moi.
- Oh la la, t’es chaude, toi, eh ?
- Je…je…
Avec la main droite, elle me tira à nouveau vers elle puis dit en riant.
- Tu n’as pas eu ma permission pour descendre en bas.
- Je m’excuse, je ne sais pas ce qui m’a pris. Dis-je, toute troublée.
Elle me caressa les cheveux aimablement puis laissa sa main, s’introduire entre mes jambes avec tant du plaisir.
- Emm, je la sentais toute chaude. Puis en m’arrachant un baiser, tu me laisseras te la caresser ?
Comme je ne disais rien, mais que je fermais les yeux d’excitation, elle enleva sa main, puis sourit en continuant.
-tu vois moi, je le demande poliment.
Ce qu’elle était sadique ! Elle savait que je brûlais de désir, et elle ressentait de la joie, à me faire souffrir, en faisant des petites pauses en plein action. Je pensais que c’était sa façon de procurer du plaisir à sa partenaire. C’était nouveau pour moi, enfin, tout était nouveau puisque je n’ai eu qu’une seule expérience sexuelle jusque là.
Mais ce genre de mode opératoire ne marchait qu’en tête à tête. Et comme première impression, c’était une fille qui adorait prendre son temps en faisant l’amour, un bon signe non ?
- Oui, si tu veux ! dis-je, aux bouts des lèvres d’une voix timide.
Elle laisse un petit rire lui échapper et murmura, en posant ses mains sur mes hanches.
- Non, je ne veux pas ! puis comme elle voyait l’expression de stupeur sur ma frimousse elle m’embrassa sur les lèvres à nouveau et continua, je rigole, bien sûr que je le veux.
Sa main atterrissaient à l’intérieur de ma culotte, et un frisson de plaisir instantané traversa mon corps tout entier, mais au moment où ses doigts s’enfonçaient encore plus dedans, j’entendis les cris de Amal qui s’accentuaient en venant vers nous.
- Yasmine ! Yasmine ! où es-tu ?
Puis parlant à Mouna.
- Tu ne l’as pas vu ?
- Je crois l’avoir vu avec Nesrine !
Frustrée, je retirai la main de Nesrine de ma culotte. Elle eut un petit sourire à la suite puis dit en remettant son soutien gorge.
- Ben, je crois que tu dois t’en aller.
- Oui ! dis-je d’un regard séduit. Puis en l’embrassant timidement sur sa joue. Alors on pourra peut être, aller boire un café plus tard ?
Elle inclina le visage comme elle faisait 1M75 et me regarda par en dessous.
- Tu veux boire un café avec moi ?
- Oui, si tu veux bien sûr.
Avec un petit sourire malin, elle posa ses mains sur mes épaules et murmura.
- Je n’ai pas de temps et… en laissant un souffle lui échapper. Et je n’ai pas vraiment envie de boire un café avec toi.
Puis remit son pull, enfila son jean super moulant et dit en me pinçant la joue.
- Je dois m’en aller maintenant.
Puis en m’arrachant un baiser.
- Bonne journée !
Puis saisissait son sac à main et sans me regarder, elle tira le rideau et sortit du cabinet. Quelques secondes plus tard, je sortis et dès que je mis mon pied en dehors de la pièce, mon regard croisa celui de Mouna qui me borna d’un de ses désagréables regards et me dit très énervée.
- Je peux savoir ce que tu faisais avec Nesrine à l’intérieur du cabinet ?
- Je l’aidais ! dis-je en évitant de la regarder.
Elle s’approcha de moi, et continua en baissant la voix, comme il y avait deux ou trois clientes à proximité.
- Tu l’aides à essayer les soutiens gorges ? comme si elle ne savait pas le faire toute seule ? dit-elle d’un air persiflant. Puis avec un regard si furieux. Si le patron saura que tu prends ton pied avec elle, tu seras virée !
- On n’a rien fait.
Mouna pouffa nerveusement en rajoutant.
- Il n’y a pas une seule fille qui reste avec Nesrine en tête à tête sans rien faire.
Aussi pâle qu’un coing, et en m’éloignant d’elle.
- Fais ce que tu veux Mouna !
Elle n’avait rien fait par la suite. Je ne sais pas en fait pourquoi elle me parlait d’un ton aussi provocateur, comme si elle me cherchait la petite bête. Le même soir à l’étoile du Nord, je ne cessais de mater Nesrine, assise avec le même groupe de filles. Puis elle se mit debout et alla vers les toilettes des filles. Quelques minutes plus tard, une des filles la rejoignait là-bas.
J’étais un peu dégoutée, je l’avoue. J’avais plutôt du mal à croire ce que Cyrine m’avait raconté à son propos. Mais elle avait raison. Nesrine, ne cherchait pas à tisser des relations mais juste à baiser.
Mais ce dégout n’était pas comparable au dégout et à l’amertume que j’ai sentie sur mon lieu de travail, trois mois plus tard.
J’étais très contente de mon job. J’aimais l’ambiance, le contact avec les clients, mais l’une des clientes avait bouleversé mon sort et mis terme à tout ça.
Ce jour là, je faisais l’inventaire du stock avec Majdi, comme Karim fut absent. Et au bout d’un quart d’heure, Amal, pénétra le petit dépôt, souriante en me disant.
- Il y a un petit groupe de vieilles femmes bourgeoises qui se baladent à la boutique, tu feras mieux de venir les voir.
Peu intéressée, je répondis sans la regarder.
- Et alors ?
- Ben, viens ! elles se comportent comme des aristocrates, leur façon de parler, leurs manières !
Le ton désinvolte, je murmurai.
- Tu ne vois pas que je suis préoccupée là ?
Majdi, traça un agréable sourire et dit.
- Vas-y ! va avec elle !
En sortant du dépôt, je voyais quatre vielles femmes dans les 80ans presque chacune. Chiquement habillées, lunettes fumés au visage, des belles robes amples. Il y avait un monsieur avec elles. Il était jeune, costumé, et portait des sacs, le chauffeur de l’une de ces dames de la haute société probablement.
Puis Mouna courut vers moi, en attrapant une chemise de nuit blanche très ample et me demanda gentiment d’aller la donner à la vieille femme se trouvant dans le troisième cabinet d’essayage puisqu’elle avait une autre cliente en charge.
Comme elle me l’a demandé gentiment, je saisissais la chemise de nuit et je me dirigeai vers le cabinet d’essayage.
En approchant ma tête du rideau je criai.
- Madame, j’ai la chemise.
La femme à l’intérieur ouvrit donc subitement le rideau. Et le regard sévère avec lequel elle m’injecta me figea sur le sol. A la vue de cette vieille femme, je perdis ma langue et le contrôle de mes gestes. Elle sortit donc du cabinet et tira la chemise de mes mains violemment en criant.
- Yasmine ! je ne crois pas mes yeux. Qu’est ce que tu fais ici ?
Amal, ayant le sentiment qu’un désastre allait se produire avança vers nous et s’interrogea inquiète.
- Il y a-t-il un problème ?
Toute pâle, et en voyant mes mains tremblées.
- Rien, Amal, tout va bien, c’est ma grand-mère !
Là, Amal, spontanément, tenta d’embrasser ma grand-mère, mais elle la repoussa hors d’elle, en un geste fou puis hurla.
- Ne me touche pas sale gamine ! puis ses yeux s’assombrirent et sa voix devenait de plus en plus accentuée, t’es vendeuse Yasmine ?
Sans pouvoir composer une phrase simple tellement j’avais la trouille.
- Je… non… c’est juste…
Et une gifle assourdissante atterrissait violemment sur ma joue droite.
- Tu me fais honte ! tu fais honte à toute ta famille ! t’as oublié qui tu es ? eh ! et en m’attrapant par les cheveux comme une dingue, t’es comme ton père ! t’as pas les gènes des bourgeois mais de la peuplasse !
- Lâche-moi, mamie, tu me fais mal ! dis-je les yeux gonflés de pleurs.
Comme tous les regards nous fixaient, Majdi courut vers nous pour mettre terme à ce scandale, mais il eut sa part de gâteau aussi.
- Madam, s’il vous plait …
Mais, comme elle fut enragée, elle le regarda avec mépris et méchanceté et s’écria.
- Ne t’approche pas de moi, sale vermine ! t’es même pas un homme, sale pédale ! et en tournant ses yeux vers moi, vendeuse et pis encore, avec des gens comme ça ?
Et en m’attrapant par le bras à me le casser. Elle avait 82ans peut être mais elle était assez costaude et très forte.
- Si tes parents n’ont pas su t’élever convenablement, ça sera mon tour maintenant de remédier à tout ça !

lundi 12 juillet 2010

Entre filles:épisode22: Une diva

Publié par bella_ragatsa à 08:25
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Voilà, j’étais dans une belle et bien situation embarrassante mais je me suis arrivée à m’en sortir tout de même. Enfin, j’étais sauvée par Amal, une collègue, avec qui je suis devenue très amie par la suite.
- Ah ! excusez-moi. Je suis venue prendre le balai. Et en nous guettant du coin de l’œil. Si vous avez un truc de si important je reviendrai plus tard.
C’était en effet l’occasion ou jamais de m’en fuir. En faufilant entre les deux filles, dans ce petit vestiaire je disais.
- Non, non ! cava, on parlera une autre fois.
J’avais de la chance ce matin là. Il y avait tellement de clients, que Mouna n’a même pas pu prendre le temps de récupérer un petit moment. Et au fil des heures, elle m’avait oublié. Enfin, a fait semblant de m’ignorer.
C’était pas mal comme job : pas le genre de job ennuyeux de bureau. Être en contact direct avec les gens, pouvoir sortir prendre une pause et un café quand bon me semble, était le paradis pour moi. A vrai dire, j’étais l’unique privilégiée par ces sorties, bien sûr parce que notre patron sur le lieu du travail, avait besoin de moi dans son groupe musical.
Les toutes premières semaines, je bossais à mi temps, et après peu à peu, ça devenait à longueur de journée. De toute façon, comme ma mère le disait c’était mieux que trainer dans les cafétérias.
Les points positifs de mon nouveau job, furent gagner du fric en premier lieu et m’éloigner un petit peu du monde de lesbianisme. Enfin, je croyais avoir un plan en tête mais je ne savais pas comment concrétiser ce plan dans ce point de vente alors que pendant trois mois de travail à Benetton, la fille en question, pour qui j’ai fait tout ça, n’est venue qu’une fois ou deux pour rendre visite à Mouna ici à Géant.
Quand aux points négatifs, je ne voyais qu’un seul, la présence de Karim, l’unique vendeur masculin avec nous dans le staff (je n’ai pas compté le caissier, parce qu’il se prenait pour une fille bien sûr).
Ce n’était pas un mauvais type. C’était un jeune homme de 24ans ; pas mal physiquement, un peu monsieur je sais tout et ce qui m’agaçait le plus ce qu’il était très collant, et un dragueur de première.
En fait, dès que je sortais prendre un café avec Amal, il nous accompagnait. Alors vous pouvez imaginer l’enfer que je subissais, les histoires d’hétéros d’une part et la drague de Karim d’autre part.
- T’as vu le mec ?
- Quel mec ? dis-je en levant la tête de mon sandwich, au poulet.
En s’accoudant sur la table, Amal me disait d’une voix basse.
- Le caissier de Zara, il est canon.
En suivant le mec en question des yeux, qui se trouvait dans le même petit fastfood que nous à Géant, je disais.
- Ben, il est maigre.
- Mais non, il est longiligne, et sans le quitter de ses yeux. Il est très beau.
Et voilà, que Karim, intervenait dans notre conversation.
- Oui, Yasmine a complètement raison. Et en croisant les bras en me dévorant d’un regard de loup. Comment t’aime les mecs, toi ?
Là, Amal, ria d’un air malin et interféra.
- Pas comme toi en tout cas.
Il souriait et continuait.
- Je suis plus beau que ton caissier de Zara, moi.
- Oh, le prétentieux.
Il ria et m’adressa la parole à nouveau.
- Dis moi, Yasmine, t’as pas de copain ?
- Tu veux devenir son copain par hasard ? s’écria Amal, en le taquinant.
- Mais laisse la parler un peu.
Je souriais à contre cœur en disant.
- Pour le moment non.
En plongeant un doux regard dans le mien.
- C’est bizarre, comment, une si belle fille comme toi, se trouve encore célibataire.
Amal, encore une fois prit la parole.
- Ben, si elle n’a pas de copain ce qu’elle ne le veut pas c’est tout.
Là, ses yeux s’éclaircissaient d’une lueur de méchanceté, et il rajoutait en riant.
- Tu ne seras pas par hasard, comme Mouna ?
Comme je ne comprenais pas ses insinuations, je me taisais alors Amal s’écria un peu sur les nerfs.
- Mais arrête, Mouna n’est pas lesbienne.
- Et le message que j’ai lu sur son tel l’autre jour, quand elle l’a oublié.
En le bornant d’un regard blâmant.
- T’avais pas le droit de faire ça, c’est mal poli même.et en buvant de l’eau, moi aussi il m’arrive d’écrire à des copines, mon cœur et ma puce.
- Mais pas mon amour je t’aime. S’écria-t-il de sa voix grave. Et puis en cherchant à croiser mon regard, ben, je rigole, je sais que t’es pas lesbienne, te fâche pas s’il te plait !
Non, non, je n’ai pas de raison pour me fâcher, je le suis mon grand. Bien sûr, je n’ai pas dit ça. Rares sont les filles, qui étaient fières de l’être dans une société telle que la nôtre.
Je me suis contentée d’un petit sourire, tout en suivant Mouna du coin de l’œil. Le combiné à tâtons collé à l’oreille, elle se tenait debout près d’une des entrées du Géant. Et puis je voyais, Sahar, portant des lunettes de soleil, venir vers elle. Elles échangèrent deux bises puis partaient toutes les deux vers les toilettes des filles.
- C’est sa copine, je suis prêt à parier. S’écria Karim, en les suivant très intéressé.
- Fiche lui la paix, Karim ! s’écria énervée Amal, puis en me tendant la main, allez, viens, ou tu veux encore te casser la tête avec lui.
Voilà, en bref, c’était un peu ma vie au quotidien, jusqu’à un certain après midi, vers 17h30.c’était un jeudi. Mouna, était en train de plier quelques pulls avec l’aide d’Amal. Majdi et Karim, faisaient un peu l’inventaire journalier de la nouvelle collection d’hiver. Et moi, je m’occupais de l’unique cliente qui était dans la boutique à ce moment, et qui faisait plutôt du butinage.
- Putain, Mehdouch ! tu sais que je ne peux pas venir ce soir !
Une phrase tellement, elle était criée d’une haute voix, que mes yeux se sont levés automatiquement chercher la fille qui l’a dite.
J’aurai aimé ne pas lever les yeux, car depuis le moment où mes yeux ont tombé sur elle, n’ont pas voulu la quitter.
C’était une fille canon, une déesse, au look d’une diva. Très féminine, très, très même, avec sa coupe de cheveux, super fashion, serrée dans un jean noir grisâtre, taille basse, et un pull col bateau, qui donnait une vue superbe sur sa poitrine, en bref le portrait craché d’un mannequin et c’était en fait un mannequin et s’est avérée aussi une cliente régulière de la boutique. Elle raccrochait d’un air nerveux puis venait vers moi, comme j’étais l’unique vendeuse disponible.
- Salut ! t’es nouvelle ici ?
- Oui, c’est mon quatrième jour en fait. Dis-je, très timide.
Oh putain, ce qu’elle était parfaite, aucun défaut apparent comme si elle était une poupée faite sur mesure, des beaux yeux bleus d’une louve, des lèvres très roses et voluptueuses, des mains de princesses, et un corps très sexy bien fait. Une déesse de beauté. D’ailleurs, je n’étais pas la seule tombée sous son charme. Quelques mecs faisaient des va-et-vient devant la boutique, rien que pour la regarder.
Là, Majdi, venait vers nous et en échangeant deux bises avec elle.
- Oh, Nesrine, tu nous as tellement manqué. Je suis très fâché contre toi, ça fait plus qu’un mois que t’es pas venue.
Elle mettait son gsm dans son sac à main, et dit en traçant un beau sourire.
- J’avais un défilé de mode sur Paris ! ouf, je suis très crevée. Puis en me regardant du coin de l’œil, tu t’appelles comment toi ?
- Yasmine.
- Jasmine ça sonne mieux ! dit-elle en éclatant de rire.
Non, non, ne vous détrompez pas. Ce n’était pas ma troisième copine. J’aurai aimé sortir avec elle. Qui ne rêvait pas de sortir avec une telle beauté. Mais cette fille, était la reine des relations courtes et une lesbienne, et oui une belle lesbienne. A ma surprise quelques jours après, je l’ai vu à l’étoile de nord. Elle était avec un groupe de filles, parmi elles une fille bisexuelle que je connaissais. Suivant mon regard ébloui, Cyrine, me disait.
- Tu la connais ?
- Qui ?
- Nesrine.
Etonnée, je criai.
- Tu la connais toi ?
- Tout le monde la connait, et en posant sa main sur moi, c’est une allumeuse et une salope.
- Tu sembles la connaitre par cœur.
D’un air nerveux, elle s’écria.
- Qui ne la connait pas c’est une pétasse, qui ne fait pas de petites amies mais qui adore par contre coucher avec des filles.
- Elle n’a pas l’air….
Elle me coupa la parole, en continuant.
- Elle a couché avec mon ex une fois, c’était à une fête, elles étaient toutes les deux bourrées. Mais mon ex, était amoureuse d’elle, et tu sais ce qu’elle lui a dit ?
- Quoi ?
- Qu’elle peut rêver de sortir avec elle, et qu’elle l’avait fait avec elle sous l’emprise de l’alcool et parce que c’était à l’occasion de son anniversaire.
Et en injectant Nesrine, qui riait avec ses amies à haute voix.
- Elle n’arrête pas de crier tout le temps, qu’elle ne couche pas avec une même fille deux fois, une sale prétentieuse et une nymphomane.
Moi, par contre, je la suivais d’un doux regard, j’étais sous le charme. Et je croyais même qu’elle a remarqué mes regards, puisqu’elle m’a souri une fois.
A la boutique toujours, quand je la voyais pénétrer le portail, je courus vers elle pour la guider vers la nouvelle collection. Et puis avec le temps, même quand je me trouvais occupée avec une autre cliente, elle m’attendait et refusait d’être aidée par une autre vendeuse à ma place.
J’étais devenue sa vendeuse préférée et j’étais aux anges de ce peu d’attention qu’elle me portait spécialement.
Voilà, c’était à peu prés la même chose, jusqu’au jour où elle décida d’essayer des nouveaux soutiens en dentelles. Elle avait pris cinq couleurs différentes et partie les essayer dans un cabinet vacant.
Trois minutes plus tard, elle m’appelait. En tenant légèrement le rideau et en la voyant en sous vêtements, je baissai les yeux et là, elle disait en me tirant par la main à l’intérieur.
- Quoi, je t’ai appelé pour m’aider à choisir la couleur qui me va le plus et toi tu baisses les yeux ?
Je relevai ma tête et je disais, à mi voix.
- Le rose te va très bien.
Sans me quitter d’un regard bizarre, elle l’enleva devant moi, et mes yeux tombèrent sur une belle paire de seins bien ronde. Du coup, je devenais toute rouge et elle le remarqua, et souriait puis tint un nouveau soutien bleu ciel et l’essaya en disant.
- Et celui là ?
- Il est magnifique aussi.
Elle me fixa d’un regard inquisiteur, comme si elle voulait lire dans mes pensées puis me disait.
- Je t’ai vu l’autre jour à l’étoile du nord. Et en enlevant le soutien à nouveau. Tu ne seras pas par hasard une…
En lui coupant la parole, tout en avançant un pas vers le rideau avec l’intention de sortir.
- Non, je ne le suis pas.
Elle m’attrapa par la main, et la mettait audacieusement sur son sein droit puis en me tirant vers elle avidement.
- Et maintenant ?

mardi 29 juin 2010

Entre filles: épisode21: Princesse Majida

Publié par bella_ragatsa à 06:31
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Croire au destin, c’est pour moi refuser de contribuer d’une manière ou d’autre au tissage d’une grande partie de sa vie. C’est accepter sa défaite, lorsqu’elle surgit sans réagir, c’est aussi baisser les bras et se laisser soumettre par une vague métaphysique qui ne se lasse de prendre du volume dans les tréfonds de nos âmes.
C’est exactement comme le fait de croire qu’on soit né sous une bonne étoile ou pas, que la chance aurait choisi dans une phase post- naissante une personne au détriment d’une autre, sans la moindre justice ou logique.
Pour moi, la chance n’est donc pas un vrac de circonstances et d’opportunités offertes solennellement, à une personne pour la beauté de ses yeux, mais un ensemble complexe de signaux qu’on rencontre partout, et qu’on doit déchiffrer au bon moment. Et donc, sont chanceux, ceux qui s’adaptent parfaitement et se fusionnent avec l’environnement et ses métabolismes.
Pourquoi aborder le sujet de la chance et du destin ? Tout simplement, parce que je n’étais pas prête à lâcher prise avec Sahar. Je me disais, que si elle est sortie avec une autre fille, ce n’est pas nécessairement parce que je manquais de chance, mais plutôt comme résultat de ma réticence.
Je n’étais pas aussi prête à lâcher prise parce que je sentais, que cette fille s’intéressait à moi, et qu’en cas où elle serait ma copine, ça pourrait durer entre nous deux.
Et donc pour la première fois de ma vie, je me trouvais décidée à me battre jusqu’au bout pour l’avoir à mes cotés, pour l’avoir à moi toute seule plutôt. Mais pour en arriver là, il fallait éliminer cet obstacle, qui s’appelait Mouna, une fille de 24ans, aux longs cheveux noirs, et aux yeux verts, qui me l’a piquée à un moment où je fus perdue dans un pseudo amour.
Cette idée diabolique éliminatoire ne m’a obsédée qu’après avoir eu une conversation en tête à tête avec Sahar. C’était d’ailleurs le même jour, où elle m’a présenté sa copine.
C’était une demi-heure, tout juste après m’avoir bavée de cette révélation morose. Je n’ai pas dit le moindre mot lorsqu’elle me l’a annoncé. Je me suis contentée de sourire à contre cœur, puis je me suis dirigée vers mes deux potes, qui m’ont accueillie chaleureusement, en croyant que j’ai eu peut être son numéro de téléphone.
- Alors, c’est pour quand votre premier rancard ?
En sortant une cigarette du paquet.
- Elle a une copine.
- Quoi ? s’écria Nawras.
En allumant la cigarette, j’ajoutai.
- Elle sort avec une fille.
- Qui ?celle avec elle ?
- Et oui !
Cyrine, me caressait la main en disant doucement.
- Ce n’est pas grave ma chérie, on te trouvera une autre.
Mais, notre discussion prit fin lorsque Sahar s’approcha de nous et m’adressa la parole.
- Excuse moi Yasmine, est ce que je peux te parler un moment.
Nawras, me fit un petit clin d’œil, et Cyrine se contentait de sourire. Alors, je me levais et je la suivais au grand portail de la cafétéria.
- Je… j’ai senti comme si t’étais un peu intimidée ! me lança-t-elle avec difficulté.
En cherchant à croiser son doux regard.
- Mais non, un peu surprise, mais… et en avalant ma salive. Mais je suis contente pour toi.
En me regardant longuement, elle sourit et me dit.
- Merci. Puis en hésitant un moment, j’espère que tu trouveras si vite une copine.
En riant légèrement.
- Je ne suis pas pressée.
En serrant les poings, elle murmura en reculant d’un pas.
- Bon, j’y vais alors, ma copine m’attend.
Dés qu’elle tourna le dos, je m’écriai.
- Est-ce que tu l’aimes ?
Elle s’arrêta sur place, puis en tournant à peine la tête vers moi.
- Elle me plaît, et puis ça ne fait que deux semaines qu’on sort ensemble, donc je prends mon temps pour la connaître encore plus.
Toutefois, elle ne me demanda pas sur la raison pour laquelle je lui ai posé cette question, elle traça un petit sourire et partit vers sa copine.
Sa venue vers moi était donc comme un signe de l’affection qu’elle portait pour moi, mais qu’elle ne pouvait manifester vu qu’elle est engagée maintenant. Et je ne savais pas pourquoi depuis que je me suis débarrassée d’un bandeau s’appelant Amira , mon attirance pour elle grandissait de plus en plus. Je la trouvais même plus belle qu’Amira, et beaucoup plus douce.
Et cette attirance me poussait encore loin au point de décider de détruire sa relation avec ma rivale. C’était méchant, mais en amour il y a toujours un gagnant et un perdant, et j’étais convaincue, que je serais la gagnante dans cette partie.
Mais je n’avais pas un plan en tête pour opérer dans ce sens. Ce n’est que quatre jours plus tard, en me promenant dans Géant avec Nawras et Cyrine, qu’une idée assez prometteuse m’est venue à l’esprit.
On faisait de la lèche vitrine à l’entrée de l’hypermarché, jusqu’à ce qu’on s’arrête à l’entrée de la boutique Benetton. Là, une chemise plaisait grave à Cyrine au point qu’elle décide de l’essayer. Il y avait assez du monde dans la boutique comme il s’agissait d’une samedi après midi. Et comme on ne trouvait de vendeuse disponible, on se dirigeait nous trois vers le caissier, qui était le responsable de ce point de vente, mais on n’était pas sure s’il était un homme ou une femme. Il avait le visage crémeux, les sourcils superbement épilés, les lèvres assez roses et brillantes, les bras aussi épilés, mais s’habillant d’une tenue de travail masculine : un pull vert et un jean délavé.
- Excuse-moi monsieur ! mais on voulait essayer une chemise.
D’une voix assez rauque, mais tout en riant comme une femme, il répondit.
- Une minute s’il vous plaît les filles.
Puis en quittant le comptoir, et en applaudissant, tout en criant.
- Mouna ! Mouna ! descends, il y a des clients en bas.
A peine deux minutes, la vendeuse descendit du l’escalier menant au petit dépôt, et en cherchant à rencontrer son regard je m’apercevais qu’elle fut la copine de Sahar.
Elle fut un peu surprise, mais elle se rappelait de mon visage. Comment pourrait-t-elle m’oublier bien sur après m’avoir dévisagé d’un aussi désagréable regard l’autre jour comme si elle pressentait que je présente une menace pour son couple.
- Ah salut, ne t’es pas l’amie de Sahar ? me dit-elle en traçant un sourire de boa.
En faisant semblant de sourire, je répondis.
- Oui, et toi sa copine !
Un peu honteuse, elle murmurait.
- Ne le crie pas tout haut, eh ! puis en cherchant de regard Cyrine, alors c’est quelle chemise que tu veux essayer ?
- Celle exposée dans la vitrine, la rose.
- Ah d’accord !
Puis partit avec mon amie, vers l’entrée de la boutique et je restais debout avec Nawras prés du caissier, qui ne cessait de mâcher un bout de chewing gum. Il était assez bizarre comme mec et avait une poitrine assez poussée. Il remarqua mes regards curieux et traça un sourire et dit en riant.
- Tout le monde me regarde bizarrement à cause de ma poitrine.
Je ne disais rien et je tournai la tête vers le petit coin de faux bijoux, où un bout de feuille collé au mur m’attirait l’attention. C’était une annonce de recherche de vendeuse à mi-temps.
Et sans très réfléchir, j’interrogeai le caissier.
- Excusez-moi ! vous cherchez une vendeuse ?
Il sourit et dit.
- Oui, t’es intéressée ?
Sans tourner la langue sept fois dans ma bouche je disais.
- S’il n’est pas déjà pris, pourquoi pas .
Il sourit et répondit calmement.
- Il y a à peine une heure qu’on l’a collé au mur, et t’es la première à venir pour l’annonce. Puis en avalant sa salive, donc si t’es intéressée, tu reviens demain matin, pour un petit entretien avec le patron.
- Ah d’accord c’est cool !
Là, Nawras me tira par la main en se demandant étonnée.
- Qu’est ce que tu fais, là ?
- Ben, je cherche un job à mi-temps.
- Tu fais de la médecine, l’as-tu oublié ?
Je laissai un petit sourire moqueur se faufiler de mes lèvres en disant.
- Ben, oui, mais je n’assiste jamais au cours donc gagner un peu de frics c’est mieux que trainer dans les cafétérias.
Elle me regarda un bout de temps non convaincue et continua.
- T’as déjà un petit job…
- Chanteuse dans un restaurent, une fois par semaine ou deux ? non merci !
Là, les yeux du caissier s’illuminaient d’une lueur d’admiration, et il s’écria.
- Tu chantes ?
Un peu timide, je disais.
- Oui, parfois !
- En arabe ou…
- En anglais souvent.
- Ah c’est cool, moi aussi je suis chanteur, j’ai un petit groupe, on chante souvent des morceaux de blues, et en riant, mais comme on n’a pas assez de moyens pour sortir un album, on se contente de chanter dans les mariages, des morceaux pourris en arabe. Et sans me quitter d’un regard intéressé, moi je m’appelle Majdi, mais je préfère qu’on m’appelle Majida ! hihi, princesse Majida !
Puis sortit du comptoir et posa sa main sur mon épaule, en me disant.
- Si ça ne te gène pas, tu pourrais me chanter un petit morceau de ton choix ?
J’hésitai un petit moment mais je finissais par chanter le refrain d’une ancienne chanson d’Alicia Keys.
Émerveillé par ma voix, il traça un superbe sourire et s’écria excité.
- T’as vraiment une très belle voix ! et en me faisant un clin d’œil, tu auras ce job, si tu acceptes de devenir membre de mon groupe, on a besoin d’une présence féminine hihi ! quoi que je me considère femme aussi hihi !
C’était vraiment un drôle d’homme de 28ans, avec qui je suis devenue très amie au fil du temps, un chanteur transsexuel le soir et un vendeur très efféminé le jour.
Dès que Cyrine sortit du cabinet d’essayage, elle s’approcha de nous et fit un petit tour à la façon d’un mannequin et dit.
- Alors, est ce qu’elle me va ?
- A merveille ! s’écria Mouna, voulant la lui faire acheter à tout prix pour avoir sa commission.
J’intervenais en adressant la parole à Mouna.
- Vous n’avez pas d’autres couleurs, je crois que le blanc te va mieux.
Là, Majdi, me soutenait en disant.
- Tiens, tiens, tu t’y connais dis donc ! et en parlant à Mouna, en fait, je crois qu’on a trouvé notre nouvelle vendeuse ! et en me tapant sur l’épaule fortement, la voilà, et en riant, tu t’appelles comment ma chérie ?
- Yasmine !
Là, Mouna devenait de toutes les couleurs, et perdit sa langue. Elle n’était pas la seule d’ailleurs, mes deux amies aussi l’étaient, et elles savaient aussi, que j’avais un plan derrière la tête à travers cette soit disant envie de bosser en tant que vendeuse.
Le lendemain était donc le premier jour dans mon nouveau job. Vers 10h, la boutique avait ouvert ses portes, et je me suis dirigée vers la petite chambre réservée au personnel de cette boutique. On était quatre y compris le caissier.
J’ai donc fermé la porte derrière moi, pour m’envelopper dans mon uniforme de travail, et là, la porte s’ouvrit brusquement et se ferma si vite. Je bondis sur place, et en tournant ma tête avec effroi, je rencontrai un regard aussi coléreux que celui d’un taureau de corrida.
C’était Mouna, brûlant de fureur et m’injectant d’un regard de plus en plus désagréable. En évitant de rencontrer toute cette haine dégagée de sa frimousse je disais.
- On frappe à la porte, avant de l’ouvrir…
Sans me laisser développer ma phrase, elle s’écria avec une immense colère dans la voix.
- Je ne pars d’ici que si tu m’expliques pourquoi t’as choisi de bosser avec moi dans la même boutique ? et en me mobilisant d’un regard assez venimeux, ne me cherche pas, ok ? sinon je te jure, que tu le regretteras !

mardi 15 juin 2010

Entre filles: épisode20: On récolte ce que l'on sème

Publié par bella_ragatsa à 07:23
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Qu’est ce qui pousse une personne à se venger ? Une question qui avait tellement bouillonnée dans ma tête. Est-ce la jalousie ? Est ce l’amour ? Est-ce la haine ? Est ce pour savourer la douleur d’autrui et réjouir de sa souffrance ? Où est-ce juste un prétexte pour retrouver un ancien amour ?
En suivant mon cœur, j’avais opté pour la première alternative. Pour moi, c’était sa façon de me faire payer la colère qu’elle ait subite suite au baiser maudit que j’ai échangé aux toilettes des filles.
Ce soir là, j’avais comme la langue coupée. Les mots aussi avaient pris leur part de vengeance en m’abandonnant. Mes lèvres furent le seul organe qui m’ait soutenu, en illuminant mon visage d’un faux sourire.
Mais ce sourire aussi m’avait largué lorsque Ilhem nous avait expressément avoué son amour pour ma copine. Ce qu’il était douloureux pour moi de l’entendre parler d’Amira avec tant de passion. Ce qu’il était épineux pour moi, de ne pouvoir crier tout haut, tais toi s’il te plaît. Je ne sais pas en tout cas comment j’ai trouvé la force ce soir pour ne pas pleurer et lui révéler que j’aimais aussi la même fille.
Ines me regardait avec un œil bienveillant, comme si elle tentait de lire les mots qui ne voulaient pas sauter de mes lèvres. Vers 23H, elle m’avait ramené chez moi. En garant sa POLO sous l’immeuble que j’habitais, elle ferma la radio, puis en posant doucement sa main droite sur mon épaule.
- Dors bien !
En levant sur elle à peine, un regard triste.
- Merci pour m’avoir ramenée.
Je l’embrassais par la suite sur sa joue puis en ouvrant la porte, elle m’interpelait.
- Tu feras mieux de rompre !
- Pardon ? dis-je, en tournant la tête.
Elle alluma une cigarette et reprit d’une voix confiante.
- Tu sais très bien de quoi je parle ! et en souriant, c’est une salope, admets le !
Sans vouloir m’investir dans une profonde conversation avec elle, je souris sans dire un mot puis je quittais la bagnole. De la fenêtre de ma chambre à coucher, je la voyais fumer un dernier bout de la cigarette puis la jeter par terre, en démarrant le moteur.
Le lendemain, sans même prendre mon petit déjeuner, je me suis habillée en me dirigeant vers l’appartement d’Amira. Ce qu’elle était une bonne comédienne, en m’ouvrant la porte avec un large sourire, comme si elle était heureuse de ma vue ou plutôt comme si rien ne s’était passé.
- Hey, t’es bien matinale, ma chérie.
En avalant avec difficulté ma salive, je criai.
- T’es vraiment, une…
- Salope ! pétasse ? dit-elle, en croisant les bras. Puis en me tirant par le bras, allez entre, on va prendre le petit déjeuner ensemble, je n’aime pas manger toute seule.
Ce que c’est méprisant d’être amoureux ! Ne pouvoir jamais dire non à la personne qu’on aime est le pire châtiment qu’on puisse recevoir. Comme un esclave bien obéissant je l’ai suivi au petit salon, elle m’avait offert une tasse de café au lait et s’était assise prés de moi.
- Alors ma puce ? je t’ai manqué tant au point de venir me voir à 9h pile ?
En m’efforçant de participer à son sale jeu, je répondis.
- Je ne t’ai pas manqué autant moi ?
- Mais si mais si ! puis elle posa son bol sur la table basse et se mettait à jouer avec mes cheveux, sans me quitter des yeux, est ce que je t’ai déjà dit que j’aime faire l’amour le matin ?
Gentiment, je me débarrassai de sa main puis je murmurai.
- Non, pas à ce que je le sache ! et en ingurgitant un peu de mon bol, tu ne m’as pas dit aussi que tu aimes faire l’amour à Ilhem ?
Elle traça un sourire malin, croisa les jambes puis d’un ton froid.
- Et alors, ce n’est pas si important, non ?
En déposant le bol sur la table, avant qu’il me tombe des mains tellement je vibrai d’énervement.
- Tu m’as trompé, Amira !
Elle se leva alluma la lumière du couloir et revint vers moi en disant.
- On est quitte maintenant, tu m’as trompé et je t’ai rendu la monnaie de ta pièce !
Dans un excès de colère, je hurlai.
- Je ne t’ai pas trompé moi. C’était un simple baiser…
En me coupant la parole d’une voix soulagée.
- Si je ne m’étais pas venue, ça aurait été le cas ! puis en mettant sa main audacieusement sur ma cuisse, j’ai envie de toi !
En expédiant sa main violemment, je criai.
- Non, tu n’as pas envie de moi Amira ! tu veux juste m’humilier comme d’habitude !
Elle me regarda un long moment puis avec son sourire charmeur prit la parole.
- Et je peux savoir pourquoi t’es venue, si ce n’est pas pour me faire l’amour ?
- T’es vraiment la fille la plus prétentieuse que j’ai jamais vue…
En riant à voix basse, elle répondit en épousant mon regard.
- C’est pour ça que tu m’aimes non ?
Ma gorge palpitait et mes yeux brillaient, en rajoutant.
- Puisque tu parles d’amour, je veux te poser une question.
- vas-y !
Le souffle court, je parlais.
- Est-ce que tu m’aimes ?
Elle laissa un rire ricanant l’emporter puis dit.
- Je savais que t’allais me poser cette question.
- Réponds alors !
Elle hésita un petit moment puis dit.
- Oui je t’aime mais je ne suis pas amoureuse de toi !
D’un coup, j’éprouvais le besoin de me lever mais elle me tint par la main en disant.
- Tu n’as pas assez bu ?
La vue, troublée, tellement les pleurs gonflaient mes yeux.
- T’as encore quelque chose de plus amer à m’offrir ?
Elle se mettait debout, me ceintura de ses bras et dit en me dévorant du regard.
- Un bel orgasme matinal !
Ma réponse cette fois-ci ne fut pas verbale, mais une belle gifle bien placée sur sa joue gauche. Elle baissa la tête un petit moment, puis hocha sa face en me collant, une bien forte sur ma joue. Me regarda après un long moment, et dit en cherchant mon menton avec ses doigts.
- Sors de chez moi, je ne veux plus te voir !
Le visage noyé par mes cheveux, je repris d’une voix étranglée de pleurs.
- Non, cette fois-ci, c’est moi qui ne veux plus de toi ! c’est pour cela que je suis passée te voir !
- Pour me l’annoncer ?
En souriant.
- Oui.
D’un œil furieux, elle criait.
- Tu peux retrouver ta nouvelle copine maintenant.
D’un regard partagé entre la rage et l’humiliation, je continuai.
- Et toi Ilhem.
Puis sans la regarder je me dirigeais vers la porte, mais avant de l’ouvrir, je faisais un dernier tour sur place en m’interrogeant.
- Est-ce que t’as des sentiments pour elle ?
- Puisque c’est fini entre nous, je ne vois pas pourquoi tu veux le savoir.
En lui coupant la parole, d’une voix colérique.
- Parce que je ne comprends pas comment tu peux sortir avec moi alors que ton cœur est pris par une autre !
Après un long silence, ses yeux s’allumèrent d’une méchante lueur.
- Je voulais… puis en ingurgitant sa salive, je voulais savoir si j’étais capable de trouver du plaisir avec une fille !
J’étais sur le point de ma pâmer, mais je ne savais pas comment mes jambes avaient pu me sauver d’une telle situation, jusqu’à me ramener chez moi. Si je pouvais résumer, elle représentait mon premier amour et je représentais sa pute, ou son cobaye sexuel. Je peux même en être fière. Grâce à moi, elle a eu les idées plus claires, et a avoué son amour à Ilhem. Et moi qu’est ce que j’ai eu en contre partie ? Absolument rien, que des pleurs, une tristesse et un début de dépression qui m’avaient hanté deux semaines entières.
Ce n’est qu’à partir d’un mois plus tard, que j’ai récupéré mon sourire grâce à l’aide de mes deux meilleures copines Cyrine et Nawras. Elles m’avaient beau supplié de les accompagner à l’étoile du Nord, et j’avais finalement accepté.
C’était un beau jour d’automne, vers 19h15. Elles me racontaient des blagues, des souvenirs drôles de leurs enfances, elles voulaient briser le mur de tristesse qui m’avait hanté.
- Écoute, on va te trouver une fille le plutôt possible ! s’écria Nawrass en riant.
Cyrine voulant la taquiner, intervint.
- Ben si tu commences à te chercher une pour toi tout d’abord ça serait mieux.
Je souriais sans participer à la conversation, et là Nawras continua.
- Qu’est ce que je fais, si je ne plais à aucune fille ? et en caressant ses cheveux, pourtant j’ai du succès avec les garçons.
En allumant une cigarette, je disais.
- Ben, il serait mieux peut être, que tu sortes avec un mec !
- Non, pour le moment je veux une fille ! dit-elle en suivant le derrière d’une fille qui venait de passer juste à côté.
En inhalant de la fumée, je disais d’une voix amère.
- Je crois que moi, aussi je vais me contenter des mecs.
Cyrine, fronça les sourcils et s’écria stupéfaite.
- Hey, t’es lesbienne ma chérie..
- J’ai eu ma dose avec le lesbianisme.
En mettant sa main sur la mienne.
- T’es juste tombée sur la mauvaise personne, et en traçant un adorable sourire sur ses lèvres, je suis certaine que beaucoup de filles rêvent de sortir avec toi. Regarde toi, t’es belle !
Puis en tournant la tête par hasard, son regard tomba sur Sahar assise au fond de la cafétéria avec une fille.
- Cette fille là-bas, a sûrement envie d’être ta copine.
Nawras, interféra pour m’encourager.
- Oui j’ai remarqué, qu’elle te matait discrètement depuis tout à l’heure.
Au moment, où je croisais son regard, Sahar me souriait puis en adressant la parole à Cyrine.
- J’étais méchante avec elle la dernière fois qu’on a parlé et…
Cyrnie, mit sa main sur mon épaule et m’encourageait.
- Va lui parler ! je serais vraiment contente, si elle serait ta copine ! elle est super gentille et douce !
Sous une bouffée d’encouragement, je me levai et je me dirigeai vers la table de Sahar. En me voyant, elle traça un large sourire et dit.
- Ah, je suis enfin heureuse de te voir ! j’ai entendu que t’avais rompu avec ta meuf, je suis vraiment désolée.
- Non, ce n’est rien ! dis-je d’une voix timide.
La fille, avec elle, me regardait d’un air craintif sans dire le moindre mot, puis en m’injectant d’un autre plus désagréable que le premier.
- Tu ne me présentes pas ton amie ?
Sahar, un peu hésitante, s’écria.
- Ah, excuse moi ma puce ! puis en me souriant, c’est Yasmine une amie à moi, et en tournant la tête vers la fille, c’est Yosra ma petite amie !
 

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