mercredi 29 décembre 2010

Entre filles:épisode27: La vache qui hurle!

Publié par bella_ragatsa à 06:07
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Les filles, les filles, des êtres aussi complexes que l’on croit. Qui n’a pas essayé de séduire une fille auparavant ? Qui n’a pas tenté de gagner l’attention de ces êtres fins et incontournables ?
Il ne suffit pas d’être rigolo, riche ou beau gosse pour en avoir la nette certitude d’avoir une fille dans sa poche. Figurez-vous qu’une fille c’est elle qui a le maitre mot dans les affaires du cœur.
C’est elle qui choisisse son âme sœur, et une fille quand elle tombe amoureuse, devient une vraie fleur épanouie, prête à parfumer le monde qui l’entoure d’un arc-en-ciel d’amour et de tendresse, rien que pour faire plaisir à l’élu de son cœur.
Mais quand elle tombe amoureuse de quelqu’un qui refuse ses sentiments, en la rejetant, elle pourrait devenir dangereuse, une vraie louve qui pourrait te mordre à n’importe quel moment.
Quant à moi, j’étais plutôt du genre à me retirer face à l’échec, à me cacher pour enterrer mon humiliation.
Après quelques jours de ma nouvelle déception sentimentale si je peux la qualifier ainsi, je décidai de prendre une pause, de ne plus penser aux relations mais plutôt de m’amuser de sortir un peu, et rien n’était plus distrayant pour moi, que d’aller danser en boite pour me défouler un peu.
Sans trop réfléchir, un certain samedi alors que je venais de me réveiller, j’ai tapé le numéro d’Amira, qui était tellement surprise à entendre ma voix.
- Oh la la ! est ce Yasmine à l’appareil ?
- Oui, c’est moi.
Garce comme d’habitude, elle s’écria.
- Ecoute, si tu veux me baiser on laissera ça au milieu de la semaine. Le weekend est sacré pour moi tu le sais…
Sans trop me casser la tête à entendre ses saletés.
- C’est justement pour ça que je t’ai appelée ! et en avalant ma salive, je veux aller en boite !
A vrai dire, je ne savais pas si accompagner Amira et sa bande de looser en boite était une bonne action à faire, surtout que je voulais fuir la malchance qui me frappait à chaque fois qu’une fille me plaisait.
Mais ce fil maudit qui me retenait prisonnière de cette malchance, n’a cessé de s’enrouler autour de moi, en faisant cette fois-ci un immense nœud.
C’était le même samedi, vers minuit. On n’avait pas de problème avec une patrouille de police. Tout allait bien ou me semblait aller bien. On a bien rigolé, moi, Ilhem Amira et un pote à elles, on a bu mais pas au point de devenir ivres et j’ai beaucoup dansé avec Ilhem. Amira, quant à elle, semblait vouloir regarder les danseurs sans une réelle envie de passer à l’acte.
En revenant vers notre table, je voyais une fille, assez grosse, je dirai dans les 90kg, s’asseyant sur ma chaise, et la main d’Amira, lui pinçant ses joues tellement roses comme celles d’un bébé.
- On a une invitée spéciale ce soir ! s’écria Amira, en riant en me voyant s’approcher avec Ilhem.
La fille, d’une couleur de peau très blanche et d’un visage très rond avec une chevelure d’un châtain clair me dit timidement
- Salut !
En jouant avec ses boucles, Amira continua.
- C’est ma cousine Ibtissem , une bachelière !
En m’asseyant face à la fille, qui me regardait droit aux yeux comme si j’étais l’unique personne avec elle.
- Si tu veux réussir ton année scolaire ma chérie, évite Amira !
La fille, riait doucement et me répondit.
- C’est ce qui me dit ma mère aussi…
Amira, lui coupa la parole et dit en l’embrassant sur son front.
- Aujourd’hui c’est un jour particulier, c’est son anniversaire, et oui, elle est devenue majeure, 18ans les amis !
Ilhem, badina, et répliqua en buvant un peu de bière.
- Et pour ça tu décides de l'emmener en boite !
Ibtissem, sourit faiblement et dit.
- Je ne voulais pas venir, mais elle m’a suppliée en me disant que j’allais rater beaucoup de choses si je ne viens pas !
D’un air de méchanceté, Amira regarda sa cousine et dit.
- C’est ma petite chérie, ma vache à moi ! et sans s’arrêter, mais quand elle devient coléreuse, il vaut mieux l’éviter et en riant, c’est pour ça qu’on l’appelle la vache qui hurle !
La pauvre fille sembla gênée mais ne proférait le moindre le mot devant sa cousine, quant à moi, n’appréciant guère l’humour noir d’Amira.
- Arrête Amira ce n’est pas drôle !
A moitié soule, elle dit en riant.
- Je rigole ! et puis ça lui gène pas qu’on l’a surnomme la vache qui hurle !
Ibtissem, devenait cramoisie et baissa la tête.
- Amira, tais-toi ! j’ajoutai d’une voix ferme.
- D’accord, d’accord ! dit-elle en se mettant debout et en tenant la main de sa cousine, alors tu viens danser avec moi ?
Ibtissem, d’une voix à peine entendue vu qu’elle était humiliée.
- Non, je n’ai pas envie !
- C’est l’occasion pour perdre du poids ma truie !
Ilhem, se leva et dit.
- Allons nous danser et laisse la à son aise !
Elle échangea un bref regard avec sa cousine et s’en alla par la suite. Je restais donc pour une quinzaine de minutes seule avec elle puisque le mec qui nous accompagnait ,allait vers les toilettes.
- Dis !m’interpella-t-elle en reprenant confiance en elle.
- Oui ! dis-je en cherchant mon gsm dans mon sac à main.
- T’es très amie avec ma cousine ?
Un peu étonnée par sa question, je murmurai en tenant mon gsm entre les mains.
- Oui, tu peux dire ça.
Puis je remarquais la présence de trois appels en absence provenant de numéro de mon père.
- Zut, il m’a appelé pendant que je dansais...
- Il y a un problème ?
- Non, dis-je la frimousse un peu pâle, c’est juste que j’appelai mon papa toute la matinée et il me répondait pas..
- Tout va bien, j’espère !
En souriant faiblement.
- C’est pour le loyer, je voulais le rappeler !
- Ce n’est pas grave, appelle-le maintenant. Dit-elle en souriant.
- Je n’ai plus de solde maintenant.
Gentiment, elle me donna son gsm en disant.
- Ben appelle-le du mien !
- Non, ce n’est pas si urgent que ça..
- Vas-y ! dit-elle en traçant un agréable sourire.
Je souris et je passai le coup de fil. J’avais beaucoup apprécié son geste, un geste qui m’a couté cher au bout de quelques jours.
- T’es lesbienne ? m’interrogea-t-elle directement.
Je me taisais un peu et je lui répondis par une autre question.
- Pourquoi tu me demandes ça ?
- Parce que ma cousine, adore les filles, elle me l’a dit une fois et…je sais qu’elle sort en boite avec des filles comme elles.
Comme je ne disais rien, elle continua rapidement avant la venue des filles de la piste de danse.
- Je suis lesbienne, moi !
Je souris, et je dis en levant mon verre de bière.
- Bienvenue au club !
Vers deux heures du matin, je rentrai chez moi, toute bourrée et je dormais comme un bébé. Le lendemain, comme je n’avais rien à foutre, je prenais un petit déjeuner tardif vers 12h à l’étoile du nord avec Cyrine.
- T’as l’air très fatiguée !
- Non, je ne le suis pas ! dis-je en buvant mon café.
Une heure tout juste après, Amira pénétra le portail de la cafétéria accompagnée d’Ilhem, et me fit un geste avec la main en me saluant.
Très attentive, Cyrine suivait Amira jusqu'à ce qu'elle s’asseyait et dit.
- Ne me dis pas que t’es redevenue amie avec elle ?
- Amie de boite c’est tout !
Elle me jeta un regard d’indignement sans prononcer le moindre mot. Et Amira en levant la voix pour que je puisse l’entendre dit.
- Ma cousine te passe le bonjour !
Je souris sans dire le moindre mot alors elle continua en rigolant.
- Elle semble t’apprécier ! elle n’a cessé de parler de toi.
Cyrine, m’interrogea curieuse.
- C’est quoi cette histoire de cousine ?
En secouant les épaules,
- Ben, rien, elle a amené sa cousine à l’occasion de son anniv en boite hier, c’est tout !
D’une voix basse, Cyrine me demanda.
- Sa cousine est gay ?
- Non, elle ne l’est pas ! répondit Amira, qui semblait plus concentrée avec mon amie que moi.
En croisant les bras, je m’adressai à Amira.
- C’est pourtant ce qu’elle m’a dit hier.
Amira, se leva donc de sa chaise et s’approcha de nous en blaguant.
- C’est parce que aucun mâle ne veut d’elle à cause de son poids, qu’elle pense changer d’orientation, comme si les filles étaient moins superficielles que les garçons !
Et mon gsm qui vibre m’interrompit. En vérifiant l’écran, je fus surprise par l’appel de Sahar. En tournant la tête, elle me fit un signe avec la main me demandant de venir.
Sans croire mes yeux, j’hésitai un moment puis je me mettais debout et j’allais vers elle. A deux pas d’elle, elle se leva, s’excusa de son amie, et me demanda de la suivre aux toilettes des filles.
Elle s’arrêta, devant le lavabo puis en me regardant à travers le miroir.
- Tu vas bien, j’espère.
- Oui, cava ! dis-je sans trop oser la regarder aux yeux.
Elle poussa un souffle volumineux puis s’approcha de moi.
- J’ai aussi entendu que tu t’es fait avoir par la salope Jihen.
- C’est du passé ! dis-je en traçant un faux sourire.
En levant un regard audacieux sur moi, elle murmura.
- Tu ne trouves pas que se sont des signes du destin ! et en m’attrapant la main, que toi et moi on devrait peut être…
Puis comme timide elle se taisait. Alors en caressant ses doigts, je m’interrogeais en la dévorant du regard.
- On devrait quoi ?
En plongeant son joli regard sur moi.
- Sortir plus ensemble ! et d’un ton capricieux, tu me plais beaucoup Yasmine... je sais que… je te paraissais assez distante, mais j’hésitai parce que tu me semblais séduite par chaque belle lesbienne et je ne voulais pas m’attacher à toi…
En lui coupant la parole.
- Si tu parles de Nesrine, tu te trompes ! et en attrapant son autre main, c’est vrai, je la trouve belle, enfin, tout le monde la trouve belle, mais c’est toi seule qui m’as séduite !
Elle retira ses mains doucement, et en m’embrassant sur la joue.
- On en parlera de ça une autre fois, ok !
Emportée par une immense émotion, je lui arrachai un délicieux baiser sur les lèvres. Et elle répondit à mon baiser par deux autres sensuels, puis en ouvrant les yeux.
- Je t’appellerai plus tard !
En tentant de contrôler ma grande joie.
- D’accord !
Puis elle me souriait largement et quitta les toilettes. J’étais tellement aux anges. Je me croyais dans un beau rêve, mais j’ai constaté qu’il s’est avéré cauchemardesque à la fin de la journée, en rentrant chez moi. A l’entrée de l’immeuble, je voyais Ibtissem parler avec le concierge.
Un peu surprise, je lui parlai.
- Ça alors ? qu’est ce que tu fais ici ?
En tournant la tête, et en me voyant, elle se précipita vers moi, me serra entre les bras en me faisant deux bises.
- Je t’attendais .dit-elle d’une voix excitée.
- Pourquoi tu m’attendais ? et comment t’as su que j’habitais ici ?
- C’est Amira qui m’a donnée ton adresse ! dit-elle en souriant. Puis en me tirant par la main pour un coin assez tranquille loin du concierge. C’est fou, mais je n’ai pas cessé de penser à toi depuis l’autre soir.
En reculant d’un pas, je balbutiai, un peu gênée.
- De penser à moi ?
Elle m’attrapa, par la main et me dit en levant un regard sincère sur moi.
- Tu m’as plus depuis l’instant où je t’ai vu…
En retirant ma main brusquement, et en m’éloignant d’elle.
- C’est bon arrête !
Elle me suivait, nerveusement et s’écria au bon milieu de la rue.
- Je te plais pas c’est ça eh ! et d’une voix étranglée de pleurs, c’est à cause de mon poids c’est ça eh ! et en avançant encore de deux pas de moi, je n’étais pas grosse avant…c’est…à cause de mon diabète !
En m’arrêtant sur place, je disais, émue.
- Ce n’est pas pour ça…
Je mentais. Comme la plupart, je n’acceptais pas la différence. Je préférai tout ce qui est standard parce que le regard des autres comptait beaucoup pour moi. Mais cette fois-ci, ce n’était pas que pour ça, c’est ce que j’avais essayé de lui faire comprendre.
-j’ai…j’ai quelqu’un dans ma vie.
- Menteuse ! hurla-t-elle, furibonde, Amira, m’a dit que t’avait personne !et, en me pointant du doigt, je croyais que t’étais différente des autres mais t’es comme tout le monde.
En perdant mon sang froid, je criai.
- Bon j’en ai ras-le-bol !
Et sans développer ma colère, je mis le pied sur la première marche du portail de l’immeuble mais je fus figée par ses paroles menaçantes.
- Tu vas le regretter Yasmine !
Et en sortant son gsm.
- Tu vas me le payer cher ! et d’une voix endiablée, j’ai encore le numéro de ton papa, et en traçant un sourire si méchant, je ne crois pas qu’il serait heureux quand je lui annoncerai que sa fille chérie n’est qu’une lesbienne !

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