mardi 14 février 2012

Entre filles:Episode 32 : l’hypocrisie féminine

Publié par bella_ragatsa à 06:09
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On le sait depuis longtemps : la sexualité de la femme diffère de celle de l'homme sur bien des plans. La sexualité féminine demeure taboue et incompréhensible. La sexualité féminine ne reflète point son véritable orientation. Derrière la sexualité féminine se cache une immense hypocrisie parfois. La sexualité féminine… la sexualité féminine…la sexualité féminine. Bon j’avoue que dernièrement le sujet m’obsédait tellement que je ne faisais que des recherches sur Google pour voir si les femmes naissent véritablement bisexuelles et puis des mutations surviennent pour qu’elles suivent une voie à vie.
Pourquoi j’ai fait une fixation sur la sexualité féminine ? Et ben, je vous le raconterai tout de suite et c’est à vous de juger si j’ai raison ou pas de me poser tant de question.
- Allo ? Yasmine, tu m’entends ?
Comme si j’étais dans une autre planète je reprenais.
- Oui, oui, je suis avec toi Maryem !
Elle ria un petit moment et continua.
- Oh là, t’es timide toi ?
Et puis mon tel sonnait de nouveau.
- Attends Maryem s’il te plait, j’ai un double appel.
- D’accord !
Et surprise, surprise, c’était Sahar à l’appareil.
- Allo, cava ? dis-je en ingurgitant ma salive avec difficulté.
J’entendais un peu de bruit, comme si elle était dans la rue puis elle disait.
- Oui, oui, cava. Puis après un petit moment de silence, dis, tu peux sortir de chez toi, dans un petit quart d’heure ?
- Un petit quart d’heure ? puis en jetant un coup d’œil rapide vers ma montre qui indiquait minuit moins quart, euh, oui !
- Bien, alors à toute. Et raccrochait sans attendre que je lui réponde.
Puis je reprenais la conversation avec Maryem.
- Bon, Maryem, je te laisse maintenant, j’ai des choses à faire.
Curieuse, elle me demanda.
- Des choses à faire ou quelqu’un à voir ?
Au bout des nerfs, je criai.
- Ce ne sont pas tes ognons, désolée.
Elle éclata de rire, puis murmura.
- D’accord, d’accord ! ne sois pas agressive. Et en m’envoyant un bisou, passe une belle nuit, et fais signe de temps en temps.
- Ok, je verrai, allez ciao.
Et je raccrochai. Je me remettais debout et je m’habillais et au bout de dix minutes, mon gsm sonna.
- Descends, je t’attends en bas.
Je traçais un faible sourire et je murmurai.
- Mais pourquoi, tu ne veux pas entrer ?
D’un ton nerveux inhabituel de sa part, elle s’écria.
- Yasmine, ne commence pas s’il te plait !
- Ok, ok je viens !
En sortant, je la voyais dans une voiture polo grise garée face à l’immeuble. Elle était assise au siège conducteur. Elle me fit un signe avec la main pour que je puisse la repérer. Je regardai à droite et gauche puis je traversai la rue en courant. Puis en m’arrêtant prés de sa porte et en échangeant deux bises avec elle.
- Salut, je suis contente de te voir.
Elle me regarda fixement avec des yeux rouges de colère et me disait.
- Allez, monte !
Une fois dans la voiture, elle fermait ma vitre et la sienne, puis en baissant un peu le volume de la radio.
- Alors, quoi de neuf ?
- Euh, rien de spécial.
Elle portait une robe noire, et je voyais ses cuisses à travers son collant couleur chair.
- Jolie la robe !
Elle suivit mon regard, puis en démarrant la voiture.
- La robe ou mes cuisses ?
Cramoisie je balbutie
- Les deux !
- Mmm, je vois ! puis en s’arrêtant au feu rouge. Où veux-tu qu’on aille ?
- Je ne sais pas à toi de proposer…
Elle me jeta un regard bizarre et s’écria.
- Impossible, tu ne peux pas te décider pour une fois ?
C’était la première fois, que je la vois ainsi. Tellement colérique, tapant sur le volant avec les doigts en attendant le feu, puis elle dit.
- Tu veux aller en boite ?
- Ah non, pas de boite s’il te plait ?
Elle traça un sourire persifleur et dit.
- Oui, c’est vrai, ça dépend de la compagnie.
En lui coupant la parole
- Oh, arrête Sahar… puis en voulant changer de sujet. A propos tu ne m’a jamais dit que t’étais motorisée.
Elle fit un tour au rond point puis gara sa voiture tout prés d’un kiosque puis dit.
- Attends-moi, je vais m’acheter quelques cigarettes.
- Ok !
Quelques minutes plus tard, elle revenait et s’installait en allumant une cigarette.
- En fait, ce n’est pas ma voiture mais celle de ma mère. Et en inhalant de la fumée de ses narines, et je n’ai pas de permis non plus.
Un peu sonnée, je disais.
- Quoi ? et tu sors la nuit ?
Elle ria un moment, et me répondit.
- Sois pas une poule mouillée, ce n’est pas ma première sortie nocturne.
- Oui, mais la police est plus active le soir et…
- Et quoi ? puis me regarda d’un doux regard et dit, tu m’as manqué, méchante.
- Toi aussi…
Et là, elle me coupa la parole agressivement et reprenait nerveusement.
- Arrête, ce n’est pas la peine de mentir. Et en me jetant un regard désagréable, tu peux m’expliquer, pourquoi je te vois plus à l’étoile du nord ?
Je relevai ma tête et je disais, à mi voix.
- Franchement, je voulais m’éloigner du Team.
- T’es plus lesbienne ?
- Non, mais j’ai eu ma dose de mes connaissances louches. Du coup, je passe la plupart de mon temps avec les hétéros.
Elle souriait, et dit.
- Je suis hétéro aussi.
- Oui je le sais.
Elle prit un autre souffle de sa cigarette et dit.
- Tant mieux alors. Et comme si elle se souvenait d’une chose, tiens, demain, je vais prendre mon petit déjeuner, avec trois de mes amies, et en riant, elles sont toutes hétéros pures, tu veux nous rejoindre ?
En haussant ma tête pour dire oui.
- Ben, tant que c’est avec toi ok
Elle prit un dernier souffle de sa cigarette et reprenait.
- Ok, ça marche. Bon alors je te conduis chez toi pour te reposer.
C’était une drôle de balade. J’ai même oublié de lui demander la raison de cette sortie. Mais le plus drôle et le plus intriguant c’était ce petit déjeuner, avec une bande de fille homophobes.
On était les premières arrivées au café Casting de la cité Ennasr. Puis trois filles, dont une voilée, viennent nous rejoindre.
- Bonjour Sahar, cava. Dit la fille voilée en rose, comme étant soi-disant moderne,
- Bonjour, Islam, cava. Je te présente mon amie, Yasmine.
Elle me souriait, m’embrassa et s’assit face à moi en disant. Enchantée.
Puis la deuxième fille, la plus belle des trois arrivées, avec des yeux de chats, et une coupe carré plongeant, s’assit prés de moi, et se présente toute seule.
- Moi, c’est Bochra ! et en présentant la dernière fille, la moins bavarde, c’est rachida. Et en rigolant, un prénom antique comme elle
Sahar, riait, et disait.
- Arrête de la taquiner.
Après une bonne heure de discussion sur les mecs et l’univers des relations hétéro, Bochra s’adressa à Sahar, en disant.
- Alors, ton ex te harcèle toujours ?
Sahar, croisa les bras et dit un peu gênée.
- J’ai changé de puce, mais le salaud est toujours en contact avec ma mère, et elle n’arrête pas de m’embêter à chaque fois en me disant, c’est un mec bien, fils de bonne famille, je connais sa mère, c’est une amie à moi etc.
Et en lançant un long souffle
- Tiens, hier, je me suis bagarrée avec elle à cause de lui, et je suis sortie prendre du l’air en plein milieu de la nuit.
Une fois que j’ai eu une réponse indirecte de son état d’énervement, Bochra s’adressa à moi cette fois-ci.
- Et toi, Yasmine, t’as pas un copain ?
- Moi, non, je suis bien comme je suis.
Là, Islam, intervint dans la conversation, en changeant carrément de sujet.
- Regardez cette beauté qui vient d’entrer.
Les trois filles suivaient, une jolie fille très féminine qui vient de pénétrer la cafétéria avec un jeune homme riche.
- Oh la la, elle est si belle ! parla Rachida pour la première fois.
Bochra, sans quitter la fille des yeux, disait.
- Si j’étais un mec je l’aurai baisé tout de suite même en public je m’en fou.
Sahar, alluma une cigarette et dit en badinant.
- Même étant une fille, tu peux la baiser.
Là, son côté homophobe surgit et mit terme à la phase de séduction.
- Je ne suis pas une gouine ma chère.

Puis comme si elle se rappelait d’un truc marrant, elle se mit à rire hystériquement.
- Quoi, t’as perdu la tête ?
Elle s’arrêta pour un moment et dit.
- Non je me suis juste souvenu de l’émission de Elwafi et sur le magasine gay.
Islam, en buvant un peu de son chocolat chaud.
- Oui, c’est grave là, ils croient qu’au nom de la liberté d’expression, tout est toléré. On vit dans une société musulmane quand même, ce qui est illicite est illicite, et ça s’arrête là, ils doivent aller se soigner ces pervers.
Rachida, de sa voix à peine entendue.
- Je ne suis pas contre l’homosexualité moi mais contre les droits qu’ils demandent. Si tu veux baiser un mec, vas-y, mais que ce soit en cachette c’est tout
Bochra, enterra son visage entre ses mains et dit.
- Oh la la, ça me dégoute, je ne peux pas imaginer deux mecs ensemble ! comment un mec pourrait accepter d’être enculé pfffff
Puis Sahar, reçoit un appel téléphonique.
- Incroyable !! s’écria-t-elle
- Qu’est ce que t’as ? dis-je un peu inquiète.
- C’est le numéro de mon ex. comment il a eu mon num ? si je découvre que c’est ma mère qui le lui a donné, je la tuerai.
Puis elle s’excusa et s’éloigna de nous pour répondre au tel. Et une autre belle fille, entra la cafétéria. Et les trois filles, la suivaient attentivement jusqu’à ce qu’elle s’installa avec ses amies au fond de la cafétéria.
- T’as vu le cul qu’elle a mmm. S’écria Bochra.
Séduite, Islam, disait.
- Et sa poitrine aussi. Tu penses qu’elle est naturelle ?
- Oui je crois. Dit Bochra sans la quitter des yeux.
Puis en abordant le sujet des lesbiennes.
- Moi personnellement ça ne me dégoute pas deux filles ensemble.
Puis comme si elle attendait nos réactions.
- J’ai vu une vidéo l’autre fois sur un site lesbien, c’était hot.
Islam, en voulant la taquiner.
- Tu me fais peur Bochra, me dis pas que t’es bisexuelle ?
- Moi, mais non, t’es dingue ou quoi, j’adore la bite moi. Et en avalant sa salive, mais tu ne m’as pas dit ce que tu penses des lesbiennes ?
Un peu hésitante, Islam, murmurait.
- Je ne sais pas, je trouve que c’est mal, mais pas autant que deux mecs ensemble.
- Et pourquoi pas autant ?
La voix un peu perturbée, elle dit en baissant la tête.
- Je ne sais pas, parce que c’est sans pénétration.
Bochra, éclata de rire et dit.
- Je t’assure ma chérie que les filles s’enculent aussi.
- C’est quoi ce sujet débile que tu abordes. Dit-elle, sur les nerfs.
Comme si elle n’a pas écouté sa remarque, elle s’adressa à Rachida.
- Et toi qu’est ce que t’en penses ?
- Tant que les filles s’aiment, je ne vois pas d’inconvénient. C’est mignon je trouve entre filles.
- Oh, t’es tellement gentille toi. Et éclata de rire, tes réponses m’intriguent vraiment.
Comme si elle comprenait ses insinuations, Rachida montra la bague de ses fiançailles et murmura en riant.
- Je suis engagée moi.
Bochra, ria et continua.
- Mais ça ne veut rien dire. Puis en se rappelant de ma présence, et toi Yasmine, qu’est ce que t’en penses des lesbiennes ?
- Je ne sais pas, c’est leur mode de vie et je respecte.
- Mmm tu respectes ! et en me fixant d’un regard inquisiteur, t’es soit trop tolérante, soit homosexuelle refoulée.
Là, Islam, intervenait.
- Oh arrête de la taquiner.
Comme je ne me sentais pas à l’aise, je me mettais debout et je disais.
- Bon les filles, je m’en vais.
Bochra, se leva et me tint le bras en voulant s’excuser
- Je suis désolée ma chérie, je rigolais, je suis toujours comme ça ne le prends pas mal s’il te plait.
En me débarrassant de sa main doucement, et en traçant un pseudo sourire.
- Non ne t’inquiète pas.
Et rachida m’interpella.
- Sahar, va se mettre en colère, si tu pars comme ça sans l’attendre.
En attrapant mon sac à main, je disais.
- Elle pourra m’appeler dans ce cas.
Puis je quittai le lieu en pressant le pas comme si je voulais disparaitre sur-le- champ. Une fois dans la rue, j’arrêtais un taxi. Une fois dedans, mon tel se mettait à sonner. Ce fut Sahar, mais je ne voulais pas décrocher et je ne savais pas pourquoi comme si je l’en voulais parce qu’elle m’a laissé seule avec ses amies ultra hypocrites.
Puis je reçois un premier texto de sa part. « Pourquoi t’es partie ? ». Comme je ne répondais pas, je reçois un second texto dix minutes plus tard. J’allais éteindre mon cellulaire, mais au dernier moment, je décidai de lire son message, et là, mes yeux restaient scotchés sur l’écran de l’émotion.
« Veux-tu devenir ma copine ? »

dimanche 4 décembre 2011

Entre filles: épisode31:la fille de la faculté

Publié par bella_ragatsa à 05:50
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J’ai regretté beaucoup de choses dans ma vie. J’ai regretté mes folies passagères, mes relations louches avec des filles disjonctées, mes fréquentations lesbiennes à la con qui n’ont jamais fructifié par contre, elles ne m’ont apporté que malheur et divers problèmes.
Et pour cause, j’ai décidé de prendre une pause et de me concentrer sur mes études. Être étudiante en médecine, n’était pas chose facile. Et si je vous parlais pas de mon quotidien à la faculté c’est parce que je n’estimais pas que ça valait la peine d’être raconté. Il y avait rien d’intéressant bien sûr coté « team ». Il n’y avait pas beaucoup de jolies filles. Disons que les jolies filles étaient une monnaie rare chez nous. Et avec toute modestie, j’étais classée parmi les plus belles de la faculté, enfin, de ceux qui assistent aux cours.
Et je sympathisais avec quelques garçons. J’avais bien évidemment des amoureux discrets. Enfin, moi je savais très bien qu’ils étaient amoureux de moi mais eux non et je faisais comme si je ne ressentais rien.
Parmi mes victimes, il y avait Lotfi, un mec longiligne, un tunisois de la banlieue nord, de bonne famille. Disons, un peu beau gosse mais avec une peau très mate, plus âgé que moi, mais il refaisait l’année.
Et franchement, il faisait de la concurrence à mon ombre tellement, il était collant, mais c’était un type bien malgré qu’il fût lourd et qu’il avait de l’humour noir.
En tout cas deux semaines après la fête qui a fini mal, et en sortant vers midi du laboratoire de génétique, il sauta devant moi comme par hasard. Mais ce n’était pas bien sûr l’effet du hasard.
- Bonjour Yasmine !
En le devançant d’un pas, je répondis sans vraiment le regarder.
- Salut Lotfi, cava.
Il pressa le pas, pour suivre mon rythme et disait.
- Dis, t’es libre samedi ?
- Pourquoi faire ?
Il croisa les mains et dit après hésitation.
- Il y a une soirée spéciale à ButterFly et j’aimerai bien que tu sois ma cavalière.
Sans montrer aucun signe d’excitation, je murmurai en serrant un livre que j’ai emprunté de la bibliothèque.
- J’ai beaucoup de révision à faire, faut que je me rattrape, j’ai perdu beaucoup de temps.
Et avec un faux sourire.
- Merci quand même !
Comme il ne proféra pas le moindre mot, je continuais ma route avec une certaine fierté comme si je venais de gagner une bataille. Mais ces dernières paroles m’arrêteront sur place.
- Ibrahim, avait raison, quand il m’a dit que tu préférais la compagnie des filles en boite.
Je fis demi-tour sur place, et je me demandais.
- C’est qui celui là ?
- C’est le cousin du gérant de cette boite et on a étudié dans la même section l’année dernière.
Et en allumant une cigarette.
- Il t’a vu plusieurs fois là-bas, avec une bande de filles trop libertines pour ne pas dire autre chose.
Et voilà, même à la faculté la malédiction Amira et compagnie me suivait. Comme je ne savais pas quoi dire, j’ai dit pour écarter les soupçons.
- Écoute, j’en ai marre des boites. J’aimerai mieux assister à un événement culturel ou à un concert d’un groupe musical respectable !
Il traça un large sourire sur son visage et s’écria joyeux.
- Tant mieux, moi aussi je n’aime pas l’ambiance des boites. Et je vous invite à découvrir la richesse et la beauté d’un mélange de la rumba gitane, du flamenco, du gnawa, du chaabi et des musiques traditionnelles de l'Afrique du nord, joué par le groupe Labess. Tu connais le groupe non ?
En avalant ma salive, je murmurai doucement.
- Oui j’adore leur morceau Dawina.
Il s’approcha de moi me pinça doucement la joue et dit très excité.
- D’accord alors, moi je m’occupe de l’achat de tickets, toi je ne te demande rien sauf de te faire belle.
Et en riant.
- Mais t’es superbe comme ça même sans maquillage.
Puis m’embrassa la joue et partit.
Le jour j arrivé, j’étais pas vraiment bien habillée comme il le voulait. Enfin, un peu sportive mais il m’a trouvé splendide et il a loué une voiture pour l’occasion. Il me traitait vraiment comme une princesse. Le concert, était à la coupole d’El Menzah.
C’était vers 17h30, une demi-heure avant le commencement du spectacle, et il y avait déjà beaucoup de monde dehors faisant la queue. La plupart étaient des jeunes.
Et à ma surprise, j’ai vu beaucoup de filles de la « team » là-bas, attendant leur tour pour entrer. Ça m’a gêné un peu vu que quelques unes, me connaissaient bien et qu’elles n’étaient pas discrètes, mais surtout fières de leur homosexualité et s’affichaient en public.
Heureusement pour moi, aucune n’est venue m’aborder comme j’étais avec un groupe de mecs : Lotfi, et trois de ses potes.
Dix minutes avant le début du concert, une fille jolie mais très charmante avec des yeux d’un vert pistache et d’une peau blanche, s’est approchée de nous. Et a sauté au cou de Lotfi, l’a embrassé fortement à la joue et a dit.
- Hey, ça fait un bail que je t’ai pas vu.
Il échangea deux bises avec elle et répondit.
- Et oui, le beau vieux temps.
Elle ria et continua.
- Dommage qu’on est plus dans la même section.
Comme il remarquait que je fus complètement décalée. Il sourit et me présenta la fille.
- C’est Maryouma, on était dans la même section l’année dernière. Et en lançant un rire imbécile, mais elle a réussi l’année et moi non.
La fille, au regard mystérieux que je n’ai pas su décrypter, murmura d’une voix capricieuse.
- Alors c’est ta copine ?
Comme je lisais dans ses yeux, qu’il allait dire oui, je parlais en premier.
- En fait, on est amis.
Elle souriait, me regarda droit dans les yeux longtemps, puis dit.
- Mais en tout cas vous formez un joli couple.
Un peu timide, Lotfi, me serra contre lui et s’écria.
- Oui, pourquoi pas ! et en me lançant un regard doux, si ma princesse le veut bien sûr !
Comme si on était des bonnes copines, elle m’attrapa par le bras et me disait.
- Allez, entrons, sinon rien ne nous garantira qu’on ne restera pas debout ces deux ou trois heures.
Ça me paraissait bizarre, qu’elle me tienne le bras alors qu’on venait de faire connaissance, mais je me disais que peut être elle était câline par nature.
Une fois à l’intérieur, elle me laissait encore perplexe, on s’asseyant au milieu entre moi et mon pote.
Elle ne cessait pas de me jeter des petits regards. Et moi j’étais plutôt concentrée avec le concert. L’ambiance était globalement sympa. Des projecteurs éclairaient à travers les volutes des fumigènes. Les applaudissements et les siffles s’emballaient rapidement avec l’arrivée du groupe sur scène. Une très bonne prestation, la première heure, et puis dans une petite pause, elle tourna la tête vers moi et me murmura à l’oreille.
- Je ne t’ai pas vu avant à la faculté. Tu ne viens pas assez souvent ?
Je souris et je disais en haussant la voix puisque tout le monde parlait en même temps.
- Oui, j’avais quelques problèmes.
- Et tout va bien maintenant ?
- Oui, oui.
Elle redressait sa crinière de lionne d’une manière très sensuelle comme pour me séduire et continua.
- Si t’as besoin d’un cours ou autre, tu peux me le demander.
- Oh ! merci…
Mais elle me coupa la parole et continua.
- Enregistre mon numéro.
J’hésitais un moment puis je sortis mon gsm de mon sac à main et je tapais son num. Elle me suivait attentivement comme si elle craignait que je ne le fasse pas.
- Très bien, maintenant bipe moi !
Je traçais un petit sourire, et je la bipai.
Elle semblait heureuse, comme si elle a gagné au loto puis le groupe reprend son show et on perdit le fil de la conversation.
Ce fut une belle journée en tout cas. J’ai changé un peu d’ambiance et surtout passée une agréable après-midi avec une bande d’hétéros quoi que cette fille m’intriguait beaucoup mais elle ne cessait pas de me parler à notre sortie des mecs et de son type d’homme, de son ex et des raisons de leur rupture c’est pour ça j’ai écarté de ma tête la possibilité qu’elle peut être homosexuelle.
Et Lotfi, comme un gentleman, ma déposé juste devant l’immeuble où j’habitais et a continué sa route avec Maryem, puisqu’elle habitait la Marsa comme lui.
Vers 23h, j’étais en pyjama, bien au chaud dans mon lit sous la couette, en train de réviser un cours d’anatomie, quand j’ai reçu un message. Et en voyant l'expéditeur, j’étais un peu surprise. C’était Maryem, me demandant si elle pouvait m’appeler.
J’ai lui ai envoyé un texto pour dire ok, et une minute plus tard, elle m’appela.
- Hey, salut.
- Salut ! je murmurai d’une voix un peu fatiguée.
Elle ria, et continua.
- Je te gène pas j’espère.
- Non pas du tout. Et en frottant mon front, je suis un peu fatiguée.
Et là, d’un ton culotté, elle me disait.
- Je suis une bonne masseuse ! si tu veux je te le fais gratos.
Naïvement, je répondis.
- Oui, pourquoi pas.
Elle se tut un petit instant et continua.
- Tu sais, t’as une belle voix par tél.
- Merci toi aussi.
En fait, j’aimais beaucoup les amusements par téléphone avec les filles mais elle est allée un peu trop loin avec moi.
- Je suis sérieuse, Yasmine, je sais très bien le faire. Puis se demanda, dis, tu habites seule ou t’as des binômes ?
En croisant mes jambes.
- Ben, depuis quelques mois, j’habite seule.
- Cool ! s’écria-t-elle
J’étais étonnée, alors je l’interrogeais.
- Pourquoi c’est cool ? je me sens seule, comme si j’étais en prison à l’isolement.
Elle ria et dit d’une voix très capricieuse.
- Tu ne seras plus seule ma douce ! je suis là moi.
Comme je ne disais rien, elle ajouta.
- Je suis prête à tout avec toi !
- Je … je n’ai pas compris ce que tu insinues Maryem.
Elle ria encore plus fort et dit.
- Oh que si !
Puis la phrase qui me laissa bouche bée.
- Je suis bonne au lit!

lundi 14 novembre 2011

Entre filles:épisode30 : Une nuit interminable

Publié par bella_ragatsa à 04:25
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Les yeux tout rouges d’ivresse, Nesrine s’écria.
- Tu peux te taire, et te laisser faire ?
Quelle gentillesse émanant d’une si belle créature, me dis-je dans un excès d’étonnement.
Amira, qui dansait en collant tout son corps à une autre, semblait plus intéressée par les câlins que j’échangeais avec Nesrine qu’avec sa partenaire. Dès que Nesrine, m’embrassa de nouveau. Elle ria et s’approcha de nous.
- Hey, si vous voulez faire l’amour, allez chez vous !
Nesrine, ne la répondait pas verbalement mais par un petit doigt d’honneur, sans s’éloigner de moi. Quant à moi, tellement ivre, je me laissais faire sur place sans résistance.
Amira, s’arrêta devant nous et continua.
- C’est une soirée de désespérées pas de baise !
Nesrine, m’arracha un autre baiser, puis tourna la tête vers Amira, et cria de sa voix capricieuse.
- T’es jalouse ou quoi ?
Comme si une mouche l’a piquée, sa frimousse changea de couleur, et elle recula d’un pas en disant.
- Moi jalouse ? de qui ? de toi ou de ma pétasse ?
Quand elle voyait, que tous les regards lui fixaient, elle continua.
- Tu parles sérieusement là ?
Ilhem, qui venait de tirer la chasse et d’ouvrir la porte de toilette, intervint :
- Hey, du calme les filles !
Amira, énervante comme d’habitude, badina.
- Tu faisais pipi ou tu entendais la conversation.
- Les deux ! murmura Ilhem en riant. Je n’arrête pas de pisser depuis tout à l’heure.
Amira, éclata de rire et continua en injectant Nesrine d’un regard désagréable.
- C’est à cause de la bière ! puis en tirant Ilhem par la main, viens j’ai quelque chose à te dire.
Et elle s’éloigna. Je regardais l’horloge qui indiquait 23h et je disais.
- Bon, il faut que je m’en aille.
Elle me tint la main, et dit.
- Il est encore tôt ! puis d’un regard malin, ne me dis pas que Amira t’as déstabilisé ?
- Mais non ! criai-je un peu perturbée. Mais… mais je dois aller à la faculté demain matin.
Froidement, elle alluma une cigarette et dit, sans me lâcher de ses yeux :
- Chérie c’est dimanche demain !
- Ah bon !
Elle souriait en tenant le bout de cigarette entre ses doigts.
- Tu l’aimes encore ?
- Qui ?
- Voyons Amira !
- Mais non ! dis-je violemment, et en me levant, bon je te laisse. A demain peut être !
Et je tenais mon sac à main, mais dès que je levais la face, mon regard croisa celui de Sahar en train d’échanger une bise avec Amira, l’organisatrice de cette fête débile.
Et doucement, mes doigts laissèrent le sac, et ma frimousse devint rouge. Nesrine, inhalant de la fumée de ses narines et suivant attentivement le moindre de mes gestes, murmura.
- Il ne manque plus que cette imbécile !
- Oh arrête ! ne dis pas ça sur elle ! criai-je sur les nerfs.
Puis sans attendre la réaction de Nesrine, je me levai si vite et je m’approchai de Sahar, qui a préféré boire la bière de bienvenue prés de la porte d’entrée.
- Bonsoir, Sahar !
Elle leva les yeux à peine vers moi et dit froidement.
- Bonsoir, cava ?
- Oui et toi ?
Mais comme elle regardait dans tous les coins sauf vers le mien, ça me rendait un peu nerveuse voire jalouse et je disais d’une voix aigüe.
- Tu cherches quelqu’un ?
En suivant Nesrine, qui ouvrit une nouvelle bière, elle disait d’une voix basse comme si elle parlait à elle-même.
- Vous vous entendez bien, vous deux ?
- Qui ? et en appréhendant son insinuation, non ce n’est pas ce que tu crois !
Toujours le regard songeur, elle continua
- Pourtant ce n’est pas ce que Amira m’a fait comprendre.
Emportée par la braise d’une colère immense, je criai.
- Qu’est ce qu’elle t’a raconté cette salope ?
- Rien, de nouveau ! et en fixant finalement ses yeux sur moi, tout le monde en parle de vous deux.
- De moi et qui ? et en m’efforçant de rire, moi et Nes ? mais tu rigoles ou quoi ?
Et en tenant son bras
- Tout le monde sait que c’est une fille qui ne cherche qu’à baiser c’est tout !
- Mais ça n’empêche que t’as des sentiments pour elle.
En m’emportant
- Mais ce n’est pas vrai, je te jure, ma chérie !
Furibonde, elle se débarrassa d’un geste violent de ma main et s’écria.
- Je ne suis pas ta chérie, ok !
Et d’une voix qui tremblait de l’émotion.
- Je croyais que t’étais différente des autres filles, mais finalement…
Elle se tut un instant comme pour intérioriser sa colère puis balbutia
- Mais t’es pire !
Et là, Amira s’approcha de nous deux mais accompagnée d’une personne, qui me figea sur place dés que je la voyais.
- Bonsoir Yasmine ! ça fait un bail, tu sais !
C’était Ibtissem, la cousine d’Amira qui m’a fait un chantage dans une crise de psychose en plein rue, il y a une dizaine de jours.
Elle ria haut, montrant ses dents blanches, entre le sang pur de ses lèvres et continua d’un air persifleur.
- Qu’est ce que t’as ? pourquoi tu fais cette tête de mort hhhhh
Amira, comme ayant du plaisir à me voir si pâle et angoissée, interpella.
- N’aie pas peur ma chérie ! elle m’a tout raconté et elle est venue s’excuser ! et en me tapotant sur l’épaule, elle est jeune, elle s’est emportée l’autre jour, et puis ce n’est pas une lesbienne mais elle croyait que tu lui faisais des avances c’est pour ça elle s’est comportée de la sorte !
N’arrivant même pas à ingurgiter ma salive, les mains, tremblant de colère, je criai, la gorge serrée
- Pourquoi tu me fais ça Amira ?
Elle ria comme si elle était étonnée et me répondit.
- Pardon, c’est moi la fautive maintenant ?
En lui coupant la parole violemment.
- Tu ne fais que me créer des problèmes depuis notre rupture…
Ibtissam, s’approcha de moi et en pointant son doigt vers moi.
- Hey, laisse ma cousine en dehors de ça, ce n’est pas sa faute à elle, c’est toi qui es dragueuse.
- Quoi ? moi dragueuse ? et avec un petit rire nerveux involontaire, et tu penses que je te draguerai toi ?
Je ne voulais pas être méchante avec elle. C’était la première fois, où je parlai d’un ton pareil mais je me sentais tellement opprimée et mal comprise que je ne pouvais plus déployer la carte de gentillesse.
Sa face changeait de couleur, ses yeux devenaient si rouges comme si des larmes s’apprêtaient à se manifester. Amira, ne prononça pas le moindre mot, elle me regarda de travers, avec des yeux si indifférents et froids quant à Sahar, la seule fille qui m’intéressait, elle vida le restant de sa bière d’une seule gorgée, mit la canette dans la main d’Amira et dit en traçant un faux sourire.
- Je crois que la fête est finie pour moi.
Puis ouvrit la porte et sortit, alors je la suivais avant qu’elle prenne l’ascenseur en criant.
- Sahar, attends, on n’a pas terminé notre conversation.
Elle appuya sur le bouton d’appel de l’ascenseur puis en tournant la tête vers moi.
- T’es vraiment pathétique !
Puis la porte s’ouvrit et la cabine l’avala si vite.

vendredi 1 juillet 2011

Entre filles:épisode29: Un kg de bananes qui pèse lourd

Publié par bella_ragatsa à 07:45
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Mes yeux clignotaient. Mon cerveau bouillonnait tellement des milliers de scénarios traversaient mon esprit. La seule chose qui ne bougeait pas était mon corps. En fait, le dos collé sur mon matelas, les yeux fixés sur le plafond, je suivais une petite mouche, se heurtant les quatre coins du plafond, comme une ivrogne. Et voilà qu’un appel téléphonique vint perturber mon équilibre, et un nouveau jeu de rôle s’organise. Cette fois-ci, mon corps sursautait tout entier, et mon cerveau se bloque, mon cœur aussi d’ailleurs, comme dépourvu d’oxygène.
- Allo, oui papa !
Au bout du fil, il murmurait.
- Je suis arrivé, ouvre moi la porte !
Avalant avec difficulté ma salive, je me mis debout et j’ouvris la porte. Tout d’abord, je ne voyais personne puis la porte de l’ascenseur s’ouvrit et mon père costumé, portant un sachet, dans la main gauche, s’approcha de moi. On échangea deux bises, et il pénétrait l’appartement.
En fait, passivement, j’attendais qu’il parlait en premier lieu, pour pouvoir me situer, en défense ou en offense.
Comme découvrant l’endroit pour la première fois, il déposait tout doucement le sachet noir sur ma table basse, et dit en sympathisant.
- Je t’ai apporté un kg de bananes avec moi, je sais que tu l’aimes !
Bon commencement, je me disais au fond de moi-même. En fait, mon père n’avait pas l’habitude d’acheter des cadeaux ou n’importe quelle chose sans qu’on le lui demande et s’il le faisait rarement de plein gré, ce qu’il cachait quelque chose de lourd, qu’il aimait dévoiler.
Je souriais, en croisant les bras nerveusement, imaginant le pire.
- Merci, Pa.
Il frottait son front, hésita un moment entre s’asseoir ou pas. En fait, il s’inclinait un moment puis renonçait et resta debout finalement.
- Tout va bien, ma chérie !
- Oui cava ! dis-je, le cœur battant fort.
Il s’approcha de la fenêtre, jeta un coup d’œil à travers, puis revint à la conversation :
- L’argent que je t’envoie te suffit ou pas ?
La face pâle du suspens qu’il m’infligeait, je m’approche de lui, et je décidais de passer à l’attaque.
- Papa, tu me disais que tu voulais qu’on parle !
Nerveux, plus que moi, il bégayait.
- Ah, oui !
Ses lèvres, paraissaient lourde de paroles qu’il n’osait pas proférer, comme ayant besoin d’une aide pour se lancer.
- Vas-y !dis-je en prendre une position de force.
Le regard un peu troublé, il se prononçait finalement.
- Voilà, j’ai décidé de refaire ma vie !
A vrai dire. Je n’étais pas choquée, j’étais surprise plutôt, surtout que mon père avait juré de ne plus s’engager dans une relation avec une autre femme tellement selon lui, ma mère, lui a fait subi un vrai enfer. C’est ce qu’il disait tout le temps à ses copains lorsqu’ils venaient chez nous.
- tu veux te marier ?
Comme, il ne remarqua pas de signe de colère sur ma frimousse, il souriait et parla avec aise.
- Oui, si Dieu le veut bien sûr !
Dieu ne veut rien mais c’est toi qui le veux père je me dis à moi-même et d’une voix entendue et curieuse.
- Euh, je ne sais pas ce que dois dire !
Il s’approcha encore de moi d’un pas et dit.
- Ne t’es pas contre le principe ?
- C’est ta vie père !
Et notre conversation un peu tendu, prit une pause lorsque mon gsm sonne. C’était en fait, Amira. Je m’éloignais un peu de lui et je décrochai.
- Oui !
- Salut ma salope !
Elle le criait si haut que je me perturbais et que je me dirigeai vers ma chambre.
- Tu ne peux parler plus haut ? dis-je en colère.
Elle riait, et dit.
- Je m’entraine, je veux devenir cantatrice !
- C’est très drôle !
Elle riait pour m’énerver davantage et dit.
- En fait, je fais une soirée de soulards ce soir ! et j’invite tous les âmes déprimées et sans espoir à participer à cet événement de loosers !
La frimousse, rouge de colère je criai.
- Amira ! va te faire !
Et je raccrochai puis je sortis de ma chambre et je ne trouvais pas mon Papa dans le salon. Je le cherchai partout et après cinq minutes de fouille, je constatai qu’il est parti.
Puis en tournant la tête vers la table basse j’aperçus un bout de papier sous le sachet de bananes.
En le tenant par la main, je lisais le petit mot laissé par mon père.
« Je me marierai avec Molka Chtourou. Je n’ai pas osé te le dire directement mais je l’aime et j’espère que tu me comprendras »
Figée sur place, ma main lâche le bout de papier, qui survolait quelques secondes avant de finir sur le tapis. Épatée, extrêmement suffoquée, je ne me réveillais à moitié de mon état de forte émotion, qu’à partir de la 5ème bière.
Assise, sur le canapé, chez Amira, demandant une autre bière, n’ayant que le goût fort de la bière mélangée à l’amertume que je supportais. Elle me donna la 6ème et s’assit près de moi en rigolant.
- Hey, j’ai dit une soirée de soulards, mais pas de soulards ruinés, j’ai bien insisté que chacun apporte avec lui ce qu’il va consommer !
Puis comme, elle remarquait la tristesse dans mon regard, elle continuait doucement.
- Bon, puisque t’as l’air hyper déprimée, t’as gagné le prix de loosers et donc tu consommes gratuitement de l’alcool !
Puis m’embrassa sur mon front, et se leva pour danser quand elle écoutait une chanson qu’elle aimait.
Ouvrant la canette, je suivais quelques filles dansant avec elle, puis je vidai la moitié de la bière d’un seul coup.
Nesrine, le dos collé à la porte de l’appartement, tenant un verre de vin blanc, me suivait du regard, puis vint vers moi.
- Salut, Yasmine, cava ?
En m’arrêtant du regard au niveau de sa poitrine, tellement j’avais la tête lourde, je murmurai.
- Salut, Nes, non, je ne me sens pas bien !
Elle s’assit prés de moi, jouait un petit moment avec mes cheveux puis dit.
- Oui je l’ai bien constaté !
Et voulant me remonter le moral, à sa manière.
- Si t’es en manque et que t’es déprimée de ça, je peux t’offrir mon corps, tu vois j’ai un grand cœur.
Ensorcelée, par sa beauté extérieure, et dégoutée en même temps par sa superficialité et laideur intérieure, je prononçais en la dévorant de mes yeux.
- Merci, Nes, mais je ne fais l’amour que par amour !
Elle riait d’une voix basse un petit moment puis en buvant un peu de son verre.
- Je t’assure que baiser sans amour est plus délicieux !
- Pourquoi ? dis-je, sans la perdre du regard, tellement sa présence et le parfum qui émanait d’elle, me laissait sous son charme charnel.
En déposant sa main droite sur ma cuisse gauche puis en la remontant encore plus audacieusement, elle me murmurait à l’oreille.
- Par ce qu’on ne regrette rien par la suite !
Je souriais, et en mettant ma main aussi sur sa cuisse je continuai, absorbée par son jeu de séduction.
- Mais tu ne fais jamais l’amour avec une même fille deux fois, à ma connaissance !
Elle me caressait le bras, puis dit, de sa belle voix.
- Mais on n’a pas fait l’amour ensemble l’autre jour ! c’était de l’initiation !
Les yeux rouges d’ivresse et de tristesse, je lui demandé :
- Et c’est quoi l’amour pour toi ?
- C’est faire tout !

et en m’embrassant l’oreille, ce qui me fait frissonner tout de suite, et m’allumait instantanément.
- Tu me feras tout alors ?
Elle approcha sa tête de la mienne et nos respirations se croisent.
- Tu n’auras que du bon temps avec moi, crois-moi !
Je caressais sa peau douce, un moment puis je balbutiai.
- Merci, pour l’offre, mais….
Sans me laisser terminer ma phrase, elle sauta sur moi et m’arracha un long baiser, puis en ouvrant ses yeux, plein de désir.
- J’ai envie de toi, Yasmine !
Et perdant le contrôle de ses mains, elle se permettait de me caresser le ventre puis, de toucher mon sein gauche, mais là, j’attrapais sa main, et je criai les yeux gonflés de pleurs.
- Moi j’ai envie de tuer Molka Chtourou !
En ouvrant un œil plus que l’autre de surprise elle s’écria.
- C’est qui celle-là ?
En serrant les dents, très fort, de colère, je criai.
- Mon amie intime, une amie d’enfance qui était à certains moments de ma vie plus qu’une amie pour moi !

vendredi 25 mars 2011

Entre filles : épisode28:L'impasse

Publié par bella_ragatsa à 14:50
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Émettre des hypothèses, fut ma seule occupation ce soir-là. Assise sur mon lit, accroupie et serrant mon oreiller contre ma poitrine, mon cerveau ne cessait de tourner. Je n’avais pas de solution en tête, je me trouvais coincée dans une impasse, où je n’avais que deux alternatives :
1- Sortir avec elle.
2- Affronter mon père et assumer les conséquences de mon orientation sexuelle.
La première hypothèse fut rejetée dans ma tête. Il n’était pas question que je sorte avec Ibtissem. Pas maintenant, que Sahar commençait de s’intéresser à moi. Je ne sortirai pas avec une truie, je n’étais pas aussi désespérée. Non c’est non !
J’ai passé une nuit blanche à réfléchir en vain. Le matin, je me suis allée à l’appartement d’Amira. Je me disais que seule, cette salope, pouvait me sauver, puisque c’est elle qui m’a présentée sa cousine.
- Oui qu’est ce que tu veux ? dit-elle, les yeux presque fermés de sommeil.
- On dit bonjour avant.
- Je veux dormir, donc soit tu me dis qu’est ce que t’amènes chez moi, soit je ferme la porte.
En posant ma main contre la porte en colère.
- Ecoute, tu dois agir et faire comprendre à ta cousine de ne plus m’embêter ?
Là, elle ouvra un œil plus que l’autre et s’interrogea.
- Qu’est ce qu’elle a encore fait ?
- Elle veut que je sorte avec elle sinon elle dira à mon père que je suis homo ! criai-je furieuse.
En baillant et en enlevant ma main de sa porte.
- Sors avec elle donc !
Et sans attendre ma réaction, d’un geste rapide, tenta de fermer la porte. Mais je la poussais , et je pénétrai. Je ne sais pas d’où j’ai eu toute cette force tout d’un coup. Elle me regarda un bout de temps puis ferma la porte et se dirigea vers sa chambre, comme si je n’étais pas avec elle.
- Amira ne m’énerve pas !
Elle s’arrêta à l’entrée de sa chambre, et parla d’une voix basse.
- Écoute, c’est ton problème, ne me mêle pas à ça !
En m’arrêtant devant elle, et en la pointant de mon doigt :
- C’est ta cousine !
Elle traça un sourire persifleur, et murmura :
- Avoir un lien de parenté avec elle, ne signifie pas que je dois être mêlée dans vos affaires à deux ! et en baillant pour la deuxième fois, trouve toi une solution… sors avec elle. Sois désagréable, odieuse, elle aura vite marre de toi, et elle t’oubliera !
- Tout est simple pour toi ! je m’écriai en serrant les dents.
Elle me caressa la joue tendrement, puis m’embrassa longuement sur la bouche et dit :
- Ne te complique pas la vie Yasmine ! sors avec elle, t’a pas d’autres choix !
Puis me sourit agréablement et pénétra sa chambre en la fermant à clé. Je restai immobile un bout de temps puis en frappant à la porte.
- Ne t’as pas son num ?
Installée sur son lit, et d’une voix basse :
- Je ne sais pas, t’as que chercher sur le répertoire de mon cellulaire !
- Et il est où ton foutu de gsm ?
- Sur la table basse, t’as qu’ouvrir les yeux ! dit-elle en grommelant.
En le tenant entre mes mains, je tapais le nom Ibtissem, mais aucun résultat ne s’affiche.
- Hey, tu l’as enregistrée sous quel nom, putain !
Mais elle ne répondait pas là.
- Amira ! merde ! je te parle !
Et je passai un petit quart d’heure à frapper à la porte de sa chambre, sans qu’elle me parle ou me rouvre la porte.
- Et merde !
Au bout des nerfs, je passai presque un long moment à visualiser tous ses contacts, en espérant trouver le numéro de sa cousine, mais à ma surprise je trouvai le numéro de Sahar. C’était un choc pour moi. Et beaucoup de questions passaient dans ma tête. Ça m’intriguait de savoir la nature de relation qui existait entre les deux filles. Et surtout pour quelle raison elle l’a enregistrée étant donné qu’elles ne se connaissaient presque pas.
En descendant un peu plus dans le répertoire, je tombai sur un contact qu’elle a surnommé petit cœur, qui n’était que mon numéro.
Ça m’a vraiment épatée, de me trouver le seul contact, avec un surnom aussi adorable. Tous les autres étaient affichés avec le nom et prénom soit avec un surnom débile. Et ça m’a poussé à m’interroger, encore et encore, si elle avait encore des sentiments pour moi, qu’elle essayait de cacher.
J’ai eu comme un petit pincement au cœur, comme une petite lueur d’espoir qu’elle a eu un jour un faible pour moi. Mais pourquoi tous ces questionnements ? J’avais une nouvelle fille en tête, et ce ne n’est pas le temps de faire marche arrière pas maintenant que j’ai réussi à l’enlever carrément ou presque de ma tête.
Et donc sans trop m’attarder à hésiter entre taper à sa porte pour le numéro de sa cousine ou continuer à me déchirer intérieurement entre l’envie de savoir si elle a encore des sentiments pour moi ou pas, je déposai doucement son GSM sur la table basse et je sortis de son appartement.
A vrai dire, je ne savais pas quoi faire. Je n’avais aucune idée de ce que le destin me préparait comme paquet de surprises. Et je ne voulais pas non plus continuer à penser parce que ça commençait vraiment à m’empoisonner la vie.
Et voilà, à midi, je me trouvais à l’intérieur de l’espace culturel l’étoile du Nord. Accompagnée d’un verre de jus frais, je suivais passivement et désintéressée des yeux, un groupe de techniciens préparant la salle de spectacle pour un prochain concert musical jusqu’à ce qu’un petit bip me réveille de mon pseudo méditation.
C’était Sahar. Un sourire spontané trouva son chemin sur mes lèvres. Et au moment, où je tenais mon gsm avec l’intention de l’appeler. Je la voyais me faire un signe avec la main, en venant vers moi.
Je me levais et on échangeait deux bises .elle prit une chaise et s’asseyait en croisant les jambes.
-alors qu’est ce que tu fais ici toute seule ? En traçant un agréable sourire sur ses lèvres. Tu attends quelqu’un ?
- non, je ne sais pas comment je me suis trouvée à l’avenue Habib Bourguiba, et du coup j’ai eu l’idée de boire un jus dans un endroit assez tranquille et isolé comme le sien.
Il y a eu un petit silence. Un homme venait de poser sur le plateau un grand baffle puis s’en alla. Elle le suivait un peu avec le regard puis lui sourit et tourna la tête vers moi une autre fois.
- Tu le connais ? dis-je curieuse.
- Oui, c’est un pote à moi… je suis venue avec lui, il y aura un petit concert d’un jeune groupe de rock vers 18h. ça serait intéressant d’écouter un groupe tunisien de rockeurs.
Comme si j’avais le désespoir du monde entier, le cœur coupé, je balbutiai.
- Oui…t’as raison ?
Sentant que je n’allais pas bien, elle mit sa main sur la mienne et dit en me la caressant, d’une voix inquiète.
- Qu’est ce qui se passe Yasmine ? tu n’as pas l’air d’aller bien ?
- Non, cava ! dis-je en dessinant un faux sourire.
En fait, je ne savais pas si je devrai lui dire dans une crise d’étouffement ce qui m’angoissait ou garder le tout pour moi. J’étais plutôt emportée par la peur de la perdre si elle découvre qu’une nouvelle fille venait de se mettre entre elle et moi. Et finalement, je n’ai rien proférée. Interrompue avant même de remuer mes lèvres, par la voix de Abdelmajid, qui pénétrait la cafétéria avec deux filles aussi masculines qu’elle.
- Hey, regardez qui est là ?
En baissant la tête et en mordant la lèvre inférieure d’énervement.
- Qu’est ce qui l’amène cette conne !
Elle s’approcha de moi avec ses deux copines et en déposant sa lourde main sur mon épaule, elle continua de sa voix grave.
- Tu ne nous présente pas ta copine ?
En faisant semblant de sourire, je ricanai.
- Tu connais Sahar, quand même, ce passage par les présentations est inutile à mes yeux.
Elle prit une chaise d’une autre table et la colla à la mienne en s’asseyant.
- Je ne parle pas de Sahar.
- De qui alors ? dis-je aussi étonnée que Sahar.
Abdelmajid, me regarda avec malice et me dit en me tapant l’épaule.
- Voyons, la cousine d’Amira.
- Quoi ? criai-je la face pale.
Elle éclata de rire et continua.
- Le monde est si petite ma chère, eh ! et grâce à Facebook, rien ne peut se cacher.
Bleue de colère, Sahar, serra ses mains et m’interrogea en tremblant de voix.
- Tu m’avais dit que tu n’avais personne. Je ne suis pas aussi désespérée que ça Yasmine...
Ne savant plus si je devrai me défendre ou me renseigner auprès de Hana, je m’écriai comme une folle.
- Mais d’où t’as eu cette information ?
Un peu stupéfaite, Hana, me regarda bizarrement et dit.
- Tu n’as pas ouvert ton compte Facebook hier soir ?
Et comme je ne disais rien, elle continua.
- Amira était en train de féliciter sa cousine sur son mur et j’ai lu toute la conversation. J’étais stupéfaite, vraiment de savoir que sa cousine sortait avec une fille parce qu’il y a quelques semaines, je l’ai vue avec un jeune garçon aussi gros qu’elle à une cafétéria de l’avenue et je croyais qu’elle était hétéro.
- La salope ! dis-je, les yeux brulant de colère.
Et Sahar, se mettait debout, et traça un sourire furieux en me disant.
- Tu me déçois vraiment.
Là, j’ouvris grand les yeux, et je sautais de mon lit complètement effarouchée. Le cœur battant si vite, j’avalais ma salive avec difficulté puis quand je me suis aperçue qu’il ne s’agissait que d’un mauvais rêve, je me suis allongée de nouveau sur mon lit, tranquille cette fois-ci en regardant le plafond. Après un bref moment où je ne faisais que prendre mon souffle tellement j’avais stressé, je saisissais mon gsm où je trouvais 7 appels en absence tous en provenance de mon papa avec ce message de sa part envoyé tôt ce matin.
« Je passerai te voir l’après midi. Il faut qu’on parle ». Et cette fois-ci, une chose m’était certaine, ce qu’il ne s’agissait pas d’un cauchemar.

mercredi 29 décembre 2010

Entre filles:épisode27: La vache qui hurle!

Publié par bella_ragatsa à 06:07
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Les filles, les filles, des êtres aussi complexes que l’on croit. Qui n’a pas essayé de séduire une fille auparavant ? Qui n’a pas tenté de gagner l’attention de ces êtres fins et incontournables ?
Il ne suffit pas d’être rigolo, riche ou beau gosse pour en avoir la nette certitude d’avoir une fille dans sa poche. Figurez-vous qu’une fille c’est elle qui a le maitre mot dans les affaires du cœur.
C’est elle qui choisisse son âme sœur, et une fille quand elle tombe amoureuse, devient une vraie fleur épanouie, prête à parfumer le monde qui l’entoure d’un arc-en-ciel d’amour et de tendresse, rien que pour faire plaisir à l’élu de son cœur.
Mais quand elle tombe amoureuse de quelqu’un qui refuse ses sentiments, en la rejetant, elle pourrait devenir dangereuse, une vraie louve qui pourrait te mordre à n’importe quel moment.
Quant à moi, j’étais plutôt du genre à me retirer face à l’échec, à me cacher pour enterrer mon humiliation.
Après quelques jours de ma nouvelle déception sentimentale si je peux la qualifier ainsi, je décidai de prendre une pause, de ne plus penser aux relations mais plutôt de m’amuser de sortir un peu, et rien n’était plus distrayant pour moi, que d’aller danser en boite pour me défouler un peu.
Sans trop réfléchir, un certain samedi alors que je venais de me réveiller, j’ai tapé le numéro d’Amira, qui était tellement surprise à entendre ma voix.
- Oh la la ! est ce Yasmine à l’appareil ?
- Oui, c’est moi.
Garce comme d’habitude, elle s’écria.
- Ecoute, si tu veux me baiser on laissera ça au milieu de la semaine. Le weekend est sacré pour moi tu le sais…
Sans trop me casser la tête à entendre ses saletés.
- C’est justement pour ça que je t’ai appelée ! et en avalant ma salive, je veux aller en boite !
A vrai dire, je ne savais pas si accompagner Amira et sa bande de looser en boite était une bonne action à faire, surtout que je voulais fuir la malchance qui me frappait à chaque fois qu’une fille me plaisait.
Mais ce fil maudit qui me retenait prisonnière de cette malchance, n’a cessé de s’enrouler autour de moi, en faisant cette fois-ci un immense nœud.
C’était le même samedi, vers minuit. On n’avait pas de problème avec une patrouille de police. Tout allait bien ou me semblait aller bien. On a bien rigolé, moi, Ilhem Amira et un pote à elles, on a bu mais pas au point de devenir ivres et j’ai beaucoup dansé avec Ilhem. Amira, quant à elle, semblait vouloir regarder les danseurs sans une réelle envie de passer à l’acte.
En revenant vers notre table, je voyais une fille, assez grosse, je dirai dans les 90kg, s’asseyant sur ma chaise, et la main d’Amira, lui pinçant ses joues tellement roses comme celles d’un bébé.
- On a une invitée spéciale ce soir ! s’écria Amira, en riant en me voyant s’approcher avec Ilhem.
La fille, d’une couleur de peau très blanche et d’un visage très rond avec une chevelure d’un châtain clair me dit timidement
- Salut !
En jouant avec ses boucles, Amira continua.
- C’est ma cousine Ibtissem , une bachelière !
En m’asseyant face à la fille, qui me regardait droit aux yeux comme si j’étais l’unique personne avec elle.
- Si tu veux réussir ton année scolaire ma chérie, évite Amira !
La fille, riait doucement et me répondit.
- C’est ce qui me dit ma mère aussi…
Amira, lui coupa la parole et dit en l’embrassant sur son front.
- Aujourd’hui c’est un jour particulier, c’est son anniversaire, et oui, elle est devenue majeure, 18ans les amis !
Ilhem, badina, et répliqua en buvant un peu de bière.
- Et pour ça tu décides de l'emmener en boite !
Ibtissem, sourit faiblement et dit.
- Je ne voulais pas venir, mais elle m’a suppliée en me disant que j’allais rater beaucoup de choses si je ne viens pas !
D’un air de méchanceté, Amira regarda sa cousine et dit.
- C’est ma petite chérie, ma vache à moi ! et sans s’arrêter, mais quand elle devient coléreuse, il vaut mieux l’éviter et en riant, c’est pour ça qu’on l’appelle la vache qui hurle !
La pauvre fille sembla gênée mais ne proférait le moindre le mot devant sa cousine, quant à moi, n’appréciant guère l’humour noir d’Amira.
- Arrête Amira ce n’est pas drôle !
A moitié soule, elle dit en riant.
- Je rigole ! et puis ça lui gène pas qu’on l’a surnomme la vache qui hurle !
Ibtissem, devenait cramoisie et baissa la tête.
- Amira, tais-toi ! j’ajoutai d’une voix ferme.
- D’accord, d’accord ! dit-elle en se mettant debout et en tenant la main de sa cousine, alors tu viens danser avec moi ?
Ibtissem, d’une voix à peine entendue vu qu’elle était humiliée.
- Non, je n’ai pas envie !
- C’est l’occasion pour perdre du poids ma truie !
Ilhem, se leva et dit.
- Allons nous danser et laisse la à son aise !
Elle échangea un bref regard avec sa cousine et s’en alla par la suite. Je restais donc pour une quinzaine de minutes seule avec elle puisque le mec qui nous accompagnait ,allait vers les toilettes.
- Dis !m’interpella-t-elle en reprenant confiance en elle.
- Oui ! dis-je en cherchant mon gsm dans mon sac à main.
- T’es très amie avec ma cousine ?
Un peu étonnée par sa question, je murmurai en tenant mon gsm entre les mains.
- Oui, tu peux dire ça.
Puis je remarquais la présence de trois appels en absence provenant de numéro de mon père.
- Zut, il m’a appelé pendant que je dansais...
- Il y a un problème ?
- Non, dis-je la frimousse un peu pâle, c’est juste que j’appelai mon papa toute la matinée et il me répondait pas..
- Tout va bien, j’espère !
En souriant faiblement.
- C’est pour le loyer, je voulais le rappeler !
- Ce n’est pas grave, appelle-le maintenant. Dit-elle en souriant.
- Je n’ai plus de solde maintenant.
Gentiment, elle me donna son gsm en disant.
- Ben appelle-le du mien !
- Non, ce n’est pas si urgent que ça..
- Vas-y ! dit-elle en traçant un agréable sourire.
Je souris et je passai le coup de fil. J’avais beaucoup apprécié son geste, un geste qui m’a couté cher au bout de quelques jours.
- T’es lesbienne ? m’interrogea-t-elle directement.
Je me taisais un peu et je lui répondis par une autre question.
- Pourquoi tu me demandes ça ?
- Parce que ma cousine, adore les filles, elle me l’a dit une fois et…je sais qu’elle sort en boite avec des filles comme elles.
Comme je ne disais rien, elle continua rapidement avant la venue des filles de la piste de danse.
- Je suis lesbienne, moi !
Je souris, et je dis en levant mon verre de bière.
- Bienvenue au club !
Vers deux heures du matin, je rentrai chez moi, toute bourrée et je dormais comme un bébé. Le lendemain, comme je n’avais rien à foutre, je prenais un petit déjeuner tardif vers 12h à l’étoile du nord avec Cyrine.
- T’as l’air très fatiguée !
- Non, je ne le suis pas ! dis-je en buvant mon café.
Une heure tout juste après, Amira pénétra le portail de la cafétéria accompagnée d’Ilhem, et me fit un geste avec la main en me saluant.
Très attentive, Cyrine suivait Amira jusqu'à ce qu'elle s’asseyait et dit.
- Ne me dis pas que t’es redevenue amie avec elle ?
- Amie de boite c’est tout !
Elle me jeta un regard d’indignement sans prononcer le moindre mot. Et Amira en levant la voix pour que je puisse l’entendre dit.
- Ma cousine te passe le bonjour !
Je souris sans dire le moindre mot alors elle continua en rigolant.
- Elle semble t’apprécier ! elle n’a cessé de parler de toi.
Cyrine, m’interrogea curieuse.
- C’est quoi cette histoire de cousine ?
En secouant les épaules,
- Ben, rien, elle a amené sa cousine à l’occasion de son anniv en boite hier, c’est tout !
D’une voix basse, Cyrine me demanda.
- Sa cousine est gay ?
- Non, elle ne l’est pas ! répondit Amira, qui semblait plus concentrée avec mon amie que moi.
En croisant les bras, je m’adressai à Amira.
- C’est pourtant ce qu’elle m’a dit hier.
Amira, se leva donc de sa chaise et s’approcha de nous en blaguant.
- C’est parce que aucun mâle ne veut d’elle à cause de son poids, qu’elle pense changer d’orientation, comme si les filles étaient moins superficielles que les garçons !
Et mon gsm qui vibre m’interrompit. En vérifiant l’écran, je fus surprise par l’appel de Sahar. En tournant la tête, elle me fit un signe avec la main me demandant de venir.
Sans croire mes yeux, j’hésitai un moment puis je me mettais debout et j’allais vers elle. A deux pas d’elle, elle se leva, s’excusa de son amie, et me demanda de la suivre aux toilettes des filles.
Elle s’arrêta, devant le lavabo puis en me regardant à travers le miroir.
- Tu vas bien, j’espère.
- Oui, cava ! dis-je sans trop oser la regarder aux yeux.
Elle poussa un souffle volumineux puis s’approcha de moi.
- J’ai aussi entendu que tu t’es fait avoir par la salope Jihen.
- C’est du passé ! dis-je en traçant un faux sourire.
En levant un regard audacieux sur moi, elle murmura.
- Tu ne trouves pas que se sont des signes du destin ! et en m’attrapant la main, que toi et moi on devrait peut être…
Puis comme timide elle se taisait. Alors en caressant ses doigts, je m’interrogeais en la dévorant du regard.
- On devrait quoi ?
En plongeant son joli regard sur moi.
- Sortir plus ensemble ! et d’un ton capricieux, tu me plais beaucoup Yasmine... je sais que… je te paraissais assez distante, mais j’hésitai parce que tu me semblais séduite par chaque belle lesbienne et je ne voulais pas m’attacher à toi…
En lui coupant la parole.
- Si tu parles de Nesrine, tu te trompes ! et en attrapant son autre main, c’est vrai, je la trouve belle, enfin, tout le monde la trouve belle, mais c’est toi seule qui m’as séduite !
Elle retira ses mains doucement, et en m’embrassant sur la joue.
- On en parlera de ça une autre fois, ok !
Emportée par une immense émotion, je lui arrachai un délicieux baiser sur les lèvres. Et elle répondit à mon baiser par deux autres sensuels, puis en ouvrant les yeux.
- Je t’appellerai plus tard !
En tentant de contrôler ma grande joie.
- D’accord !
Puis elle me souriait largement et quitta les toilettes. J’étais tellement aux anges. Je me croyais dans un beau rêve, mais j’ai constaté qu’il s’est avéré cauchemardesque à la fin de la journée, en rentrant chez moi. A l’entrée de l’immeuble, je voyais Ibtissem parler avec le concierge.
Un peu surprise, je lui parlai.
- Ça alors ? qu’est ce que tu fais ici ?
En tournant la tête, et en me voyant, elle se précipita vers moi, me serra entre les bras en me faisant deux bises.
- Je t’attendais .dit-elle d’une voix excitée.
- Pourquoi tu m’attendais ? et comment t’as su que j’habitais ici ?
- C’est Amira qui m’a donnée ton adresse ! dit-elle en souriant. Puis en me tirant par la main pour un coin assez tranquille loin du concierge. C’est fou, mais je n’ai pas cessé de penser à toi depuis l’autre soir.
En reculant d’un pas, je balbutiai, un peu gênée.
- De penser à moi ?
Elle m’attrapa, par la main et me dit en levant un regard sincère sur moi.
- Tu m’as plus depuis l’instant où je t’ai vu…
En retirant ma main brusquement, et en m’éloignant d’elle.
- C’est bon arrête !
Elle me suivait, nerveusement et s’écria au bon milieu de la rue.
- Je te plais pas c’est ça eh ! et d’une voix étranglée de pleurs, c’est à cause de mon poids c’est ça eh ! et en avançant encore de deux pas de moi, je n’étais pas grosse avant…c’est…à cause de mon diabète !
En m’arrêtant sur place, je disais, émue.
- Ce n’est pas pour ça…
Je mentais. Comme la plupart, je n’acceptais pas la différence. Je préférai tout ce qui est standard parce que le regard des autres comptait beaucoup pour moi. Mais cette fois-ci, ce n’était pas que pour ça, c’est ce que j’avais essayé de lui faire comprendre.
-j’ai…j’ai quelqu’un dans ma vie.
- Menteuse ! hurla-t-elle, furibonde, Amira, m’a dit que t’avait personne !et, en me pointant du doigt, je croyais que t’étais différente des autres mais t’es comme tout le monde.
En perdant mon sang froid, je criai.
- Bon j’en ai ras-le-bol !
Et sans développer ma colère, je mis le pied sur la première marche du portail de l’immeuble mais je fus figée par ses paroles menaçantes.
- Tu vas le regretter Yasmine !
Et en sortant son gsm.
- Tu vas me le payer cher ! et d’une voix endiablée, j’ai encore le numéro de ton papa, et en traçant un sourire si méchant, je ne crois pas qu’il serait heureux quand je lui annoncerai que sa fille chérie n’est qu’une lesbienne !

vendredi 5 novembre 2010

Entre filles: épisode26: Bisexuelle et allumeuse

Publié par bella_ragatsa à 08:11
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La gène, la honte, l’humiliation, sont des états dans lesquels je glisse souvent. Est-ce par pur malheur ? Ou est-ce une mauvaise adaptation aux circonstances de la vie que je mène ?
Pourquoi à chaque fois qu’une fille me plaise, une chose surgisse pour l’éloigner de moi ? Pourquoi Nesrine, qui d’habitude n’aime pas trop parler et me taquiner, décide de le faire à l’instant même où Sahar met le pied au salon ? Est-ce un pur hasard ou un complot qu’elle avait mené avec Amira, juste pour me faire chier (excusez-moi pour le terme) ?
Enfin bref, poser des questionnements inutiles à un moment où je fus victime d’un regard accusateur de la fille qui m’intéressait fut exactement comme faire appel dans une affaire perdue d’avance.
Elle était calme, elle souriait alors que son regard cachait une colère, ou plutôt une déception. Amira, quant à elle, ne cessait d’élargir son sourire. Je n’arrivais pas à comprendre cette pseudo-lesbienne, qui me traitait comme si j’étais un clown, bon même un clown était maitre de ses actions mais disons plutôt sa marionnette, qui lui permettait de passer du bon temps.
- Ben vas-y Nesrine, aide-la ! s’écria Amira excitée.
Nesrine sentant une certaine alchimie entre moi et la nouvelle invitée, eut comme de la pitié pour moi, ce qui me prouvait son innocence du complot imaginaire que j’ai cru pour un moment fruit d’un plan diabolique commun entre elle et mon ex.
La majeure partie des invitées, ennuyées par l’attente du strip tease, semblaient désintéressées. Les couples présents, s’éloignaient un peu, pour flirter et discuter, et quant aux célibataires comme moi, il y avait celles qui baillaient et d’autres, qui s’asseyaient sur le canapé pour regarder la télé. Quant à Khawla, l’unique bisexuelle dans le groupe, elle saisissait son portatif qu’elle se déplaçait avec tout le temps, et mettait sa clé orange pour surfer un peu sur le net.
Pourquoi la seule bisexuelle dans le groupe ? Et ben tout simplement, car celles qui s’identifiaient comme étant vraies lesbiennes, détestaient ces soi-disant intruses dans la communauté des gays et lesbiennes.
Les bisexuelles, n’étant donc pas les bienvenues dans la communauté, furent toujours traitées de tous les noms par le petit groupe lesbien de la capitale. Toutes les filles du groupe racontaient donc à chaque nouvelle novice dans le monde de lesbianisme, le mythe selon lequel une fille bisexuelle présentait un danger permanent pour une vulnérable lesbienne. Elles sont des prédatrices, des manipulatrices des nymphomanes, qu’au point d’aimer le cul, elles cherchent à diversifier les partenaires des deux sexes ; qu’une bisexuelle est à éviter et surtout pas à sortir avec. Ce sont donc des pétasses et des psychopathes, qui peuvent rendre ta vie un vrai enfer.
Pourquoi donc ne pas exclure Khawla du groupe ? Et ben tout simplement, parce qu’elle est classée comme ex bisexuelle, depuis qu’elle ne sortait plus avec des mecs, mais ça de toute façon ne veut pas dire qu’un jour elle ne pourrait pas tomber amoureuse d’un mec.
Mais bon les exceptions font partie de la vie, et Khawla fut l’antithèse de ce raisonnement. Enfin, c’est peut être parce qu’elle fut la plupart de temps célibataire vu qu’elle n’avait pas le temps pour tisser une vraie relation à cause de la nature de son job puisqu’elle passait plus de temps dans l’air que sur la terre sinon elle serait exclue de cette bande qui se connaissait depuis quelques années.
- Hey, les filles ! est ce que l’une de vous a reçue une demande d’ajout de la part d’une renommée agora lesbien ?
Toutes les têtes présentes se tournaient intéressées vers khawla, surtout celles des célibataires, puisque la découverte d’une nouvelle lesbienne fut fêtée comme une occasion de quitter ce cercueil de célibat pour celles qui ne souhaitaient que sortir pour le fait de sortir.
- Non, je ne la connais pas ! murmura Abdelmajid en boutonnant son chemisier et en courant vers elle pour arracher une petite place à coté d’elle. Est-ce qu’elle met des photos d’elle ? ajouta-t-elle d’une motivation comme celles des enfants, puisque le rêve ultime de cette pauvre Hana, n’était que sortir avec une fille, puisque aucune fille ne voulait d’elle.
- Attends je vais voir !
Et d’un simple clic sur photo, elle découvrait un album photos de cette fille en question dans une cérémonie de mariage.
- Elle n’est pas mal !
Surexcitée, Hana la poussa d’un coup de main et en dévorant la photo de profil.
- Elle est super jolie !
- N’exagérons pas ! disait Khawla, en riant.
- Moi j’adore les filles avec les cheveux bouclés !
- Oui mais bon, elle n’est pas assez belle comme Nesrine !
Nesrine, allumant une cigarette très calmement, se contentait de sourire en réponse au compliment. Enfin, tout le monde savait que Khawla était folle amoureuse de Nesrine. Elle ne le cachait pas, elle parlait tout le temps d’elle, et se trouvait à chaque fête lesbienne à proximité d’elle comme par hasard.
Nesrine aussi le savait, mais elle faisait semblant de ne pas le savoir. Elle l’ignorait tout le temps et ne parlait pas trop avec elle ; c’était peut être sa façon de lui dire qu’elle ne lui intéressait pas. Khawla, était assez mignonne, une peu petite, mais très féminine avec des beaux yeux d’un noir grisâtre, mais bon, ce qui intéressait Nesrine n’était point la beauté ou les sentiments mais uniquement le sexe, c’était sa nature. Elle était une fille à plusieurs et jamais on l’imaginait en couple avec une seule fille, c’était le joli papillon de la communauté, la sirène de rêve de toutes les filles célibataires et engagées en même temps, tellement elle était extrêmement belle.
Profitant du moment de méditation amoureux de Khawla, Hana arracha le pc de ses genoux et le posa sur les siennes en cliquant et en visionnant toutes les photos de l’album.
- Putain, elle est jolie ! et en rougissant, elle a une belle poitrine.
Amira, toujours en bonne humeur, saisissait la cigarette des lèvres de Nesrine et en prenant un souffle.
- Un nouveau coup de foudre !
Un peu gênée, Abdelmajid ne quittait pas l’écran des yeux et continuait.
- Elle a mis intéressée par les hommes et les femmes. Elle ne serait pas peut être bisexuelle ?
- Bisexuelle ou lesbienne ou même hétéro, tant qu’elle te plait, saisis ta chance ! lança Amira, en disant pour la première fois une phrase sérieusement.
De ma part, je profitais de ce moment où cette fille mystérieuse fut le centre du monde pour m’approcher de Sahar, qui avait l’air intéressée par cette discussion.
- Salut ! dis-je timidement.
En tournant la tête vers moi, elle traça un petit sourire et répondit froidement.
- Salut !
Sans ajouter un mot de plus, elle tourna sa tête vers le reste du groupe aggloméré autour de Khawla. C’était donc sa façon pour me transmettre le message qu’elle ne voulait pas me parler.
Même le salut qu’elle a prononcé fut d’une voix gonflée de colère, d’un ton d'une personne voulant achever la conversation avant même de la commencer.
Un peu humiliée mais surtout triste, je m’éloignais d’elle et en dévisageant tous les visages présents comme pour leur dire au revoir, je m’approchai de la porte à pas de chats, puis quand je voyais Sahar, éclairant sa jolie frimousse d’un agréable sourire en demandant à Khawla de lui montrer les photos de la fille, j’ouvrais la porte et je sortais en rentrant chez moi.
Cette nuit je ne savais pas comment ou quand je me suis endormie. J’étais tellement saturée par les événements par lesquels j’ai passés que je ne me rappelais plus de rien depuis.
Le lendemain vers 10h, en buvant mon café de matin, je consultai mon compte de facebook, et puis en me rappelant la petite conversation d’hier, je tapais le pseudo de cette fille mystérieuse qui a suscité la curiosité du groupe fêtard de la communauté.
- Agora lesbien ! parlais-je à moi-même en tapant son pseudo dans la case recherche.
Très vite, le résultat s’est apparu. C’était très facile puisqu’on avait une amie en commun Khawla. Et je n’ai pas trop hésité avant de lui envoyer une demande d’amitié.
Quelques minutes après un préambule rouge apparait sur mon écran, m’annonçant que la fille avait accepté ma demande.
Très curieuse, je visitai son profil et je mitraillais ses photos. Elle avait un joli sourire, c’est ce qui m’a attiré en premier, puis un certain mystère au regard.
En tout cas, je n’ai pas pris tout mon temps pour contempler le reste de ses photos puisqu’elle m’a adressé la parole sur le chat.
- Salut ! me tapait-elle avec un émoticône qui souriait.
Un peu hésitante, je répondais.
- Salut, et avec politesse, je te remercie pour l’ajout.
Après un petit moment où elle ne tapait rien, elle surgissait de nouveau en m’écrivant.
- Désolée, je parlais avec le serveur !
- Ne t’es pas chez toi ?
- Non, à l’étoile du Nord.
- Ah, tu connais l’étoile alors ? je tapais avec un large sourire.
La fille, après un petit moment disait.
- Tu t’appelles comment avant tout ?
Un peu intimidée je retapais.
- Ouf, on a parlé de la cafétéria avant de se présenter ! et en tapant un long hhhhh comme quoi pour avoir l’air, rigolote, je continuai, moi c’est Yasmine et toi.
- Jiji !
- Jiji ? retapais-je, comme étonnée.
Elle m’envoya donc un émoticône qui sortait la langue et rectifiait.
- Mon nom c’est jihen mais on m’appelle Jiji et entre nous, je préfère Jiji à Jihen, c’est plus fun et léger pour une fille in comme moi.
- T’es in alors ?
- Enfin, je ne suis pas classique j’aime tout ce qui est branché et à la mode ! mais j’adore la lecture comme les classiques intello !
- Moi aussi j’adore la lecture ! c’est cool !
Pour tout vous dire, j’aimais les filles à l’allure intello le genre de la mythique et féministe Ines ; avec un côté branché comme Nesrine, c’était vraiment le top pour moi.
J’étais tellement désespérée de courir après Sahar, que j’ai fini par renoncer à cette fille, enfin, pas renoncer au vrai sens du terme mais à éloigner cette délicieuse pensée d’être en couple avec elle après son comportement. Et je me suis dit que faire la connaissance de cette fille, que je trouvais mignonne, et pourquoi pas tenter de la connaitre du plus prés pour une éventuelle relation fut une bonne idée et beaucoup plus possible que continuer à draguer une fille qui m’avait repoussé gentiment.
Évidemment c’est ce que j’ai concrétisé en lui demandant s’il était possible qu'on se voit. Elle paraissait surprise, vu qu’on n’a pas trop papoté et que j’ai vite demandé à la voir. Elle m’avait dit qu’elle trouvait le fait que je n’aime pas perdre mon temps à parler un point positif, et accepta du coup mon invitation pour boire un café le soir même à l’étoile du Nord.
A 18H30, je fus à l’étoile. En pénétrant l’espace à faible luminosité de la cafétéria, je saisissais la chaise d’une table et je m’asseyais à proximité de petit coin où ils faisaient des spectacles de temps à autre.
Et puis en gardant les yeux fixés sur la petite porte menant à cette partie de la cafétéria, j’arrivais à la reconnaitre dés qu’elle s’arrêta à la porte. En lui faisant un signe avec la main, elle me souriait et se dirigea vers moi.
En me faisant deux bises, elle enleva son gilet et s’asseyait face à moi.
- J’espère que je n’ai pas tardé !
- Non, non, c’est bon, je viens d’arriver !
Elle était plus charmante en direct, une fille mince et petite de taille, disons 1m 58, avec des cheveux longs et bouclés, elle portait beaucoup d’accessoires aux mains et quatre bagues en tout.
En s’accoudant sur sa main, elle me regardait longuement. Elle prenait tout son temps pour me photographier de ses beaux yeux noisette puis me demanda d’une voix capricieuse.
- Je peux fumer ?
- Oui, oui, vas-y ! dis-je un peu troublée vu que c’était notre premier rancard.
En prenant un souffle de sa cigarette, elle reprit.
- Alors, t’es lesbienne ou bisexuelle ?
- Lesbienne ! et en croisant les mains et les jambes, mais je déteste faire les classifications.
Elle sourit et répondit en inhalant de la fumée.
- C’est cool de faire la connaissance d’une fille qui raisonne comme ça ! et en s’accoudant sur l’autre main cette fois-ci. Moi je suis bisexuelle !
Elle le disait et se taisait exprès, comme attendant une réponse de ma part, mais comme je ne disais rien sans la perdre de regard, elle dit.
- Ça ne te gène pas de faire la connaissance d’une bisexuelle ?
- Non, j’ai déjà une amie bi !
Elle traça un sourire persifleur et continua.
- Avoir une amie bi c’est une chose et sortir avec une bi c’est une autre chose !
En participant à son jeu de séduction, je parlais.
- Mais on ne sort pas encore ensemble !
Elle me dévora d’un regard séducteur et continua.
- Mais c’est possible non ?
Les joues un peu rouges, vu qu’elle me draguait directement.
- Je te plais ?
De l’autre main, elle posa la cigarette sur le cendrier et au bout des doigts elle me caressait ma main gauche, sans me quitter de son regard ensorcelant.
- T’es vraiment mignonne ! et en laissant ses doigts m’effleurer la peau, alors avec combien de filles t’es sortie ?
- Une seule.
- Une seule ?
En ingurgitant ma salive, je reprenais.
- Enfin, ça ne fait pas beaucoup de temps que j’ai fait mon coming out !
- Emm, une toute nouvelle ! murmura-t-elle en souriant.
- Et toi ? me lançai-je timide, avec combien de filles?
Elle retira sa main, et dit doucement.
- Je suis sortie à 90% qu’avec des garçons ! et… deux fois uniquement avec des filles ! puis en rigolant, ma première copine, je suis sûre que tu la connais !
- Ah bon ? elle est assez connue ?
Elle prit un long souffle de la cigarette et dit.
- Oui, c’est Ines !
- T’es sortie avec Ines ? m’écriai-je impressionnée, comme si Ines était une superstar.
Elle rait à voix basse et continua.
- Oui, c’était ma première expérience ! j’aimais sa façon de penser les causes qu’elle défendait, mais ça n’a pas marché entre nous ! on est resté d’ailleurs qu’un mois ensemble.
- et pourquoi ça n’a pas marché ? dis-je en la regardant comme un enfant attendant la suite de l’histoire avec impatience.
- Ben, ça n’a pas marché ! j’ai constaté que j’avais uniquement de l’admiration pour elle et non pas de l’amour. Et en rigolant, je crois d’ailleurs que c’est à cause de notre rupture qu’elle a tissé toutes ces histoires bidon autour des bisexuelles, méchantes, sans cœur, nymphomanes etc. et puisqu’elle a de l’influence sur les lesbiennes, elles ont cru à ses histoires, et ont pris son opinion sur les bi comme une référence !
Et tout en riant.
- Elle a un vrai talent de leader cette nana !
- Et ta deuxième !dis-je calmement.
- C’est une française qui est venue passer les vacances d’été à Hammamet ! on a passé deux agréables semaines ensemble puis elle est rentrée chez elle !
- T’as pas eu donc de relations sérieuses avec des filles ?
- Non, malheureusement ! mais ça ne veut pas dire que je ne désire pas m’engager sérieusement avec une fille ! je l’étais une fois avec un mec et on est resté deux années ensemble.
A part ce petit flash sur sa vie sentimentale, on n’a pas trop parlé. Elle avait un an de plus que moi, une fille charismatique, qui savait parler et qui communiquait trop avec les yeux. Mais ce que j’ai constaté ce que je lui intéressais, enfin c’était ma première interprétation. En lui demandant si on pouvait se revoir le lendemain, après avoir passé une heure et demie ensemble, elle faisait semblant de réfléchir puis refusait gentiment et en mettant son gilet, elle continua.
- Si tu veux après demain, je serai libre !
- D’accord alors ! dis-je en traçant un agréable sourire.
Le lendemain, à la même heure, j’étais à l’étoile du Nord, mais cette fois-ci accompagnée de mes deux potes Nawras et cyrine. Elles discutaient et moi je buvais un café crème, en suivant de regard Sahar, assise avec quatre amies à elle, en face de nous. Et puis, j’entendis les sifflements de quelques têtes présentes. Et en tournant la tête, je voyais Abdelmajid chiquement costumée, et Nesrine assise avec Ilhem et Amira , la taquinait.
- Oh ! Hana a un rancard à ce qu’il paraît !
Hana, très heureuse, répondait.
- Oui, oui à la cafétéria dans l’autre avenue avec la belle agora !
- Ah ! tu l’as draguée ? s’écria Amira en allumant une cigarette.
Hana, dessinant un agréable sourire disait avec fierté.
- C’est notre deuxième rancard les filles ! je l’ai vu hier matin à l’étoile du Nord ! et elle m’a dit que je lui plaisais !
- Ah bon ! s’écria Nesrine, ne croyant pas ce qu’elle entendait.
Amira, riant à haute voix.
- Ben, les bisexuelles adorent les filles masculines en général ! c’est à la fois le côté masculin de l’homme qu’elle cherche et la féminité de la fille sur laquelle elle fantasme ! donc une fille masculine c’est un bon coup !
Hana, prenant les paroles de la bande fofolle de Amira comme de la jalousie, fait semblant de ne pas les entendre et quitta la cafétéria en pressant le pas.
Quant à moi, je me sentais stupide. J’étais très intimidée d’avoir mordu à l’hameçon de cette bisexuelle allumeuse, et ne voulant pas éclater en sanglot devant mes potes, je courus vers les toilettes des filles. Et là, à ma surprise, je trouvais Sahar, pleurant dans les bras d’une amie à elle en disant.
- Je n’ai pas de chance avec les filles ! elle s’est moquée de moi cette poufiasse Jiji, elle m’a dit qu’elle me trouvait jolie et qu’elle aimerait bien me revoir demain !!
 

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