lundi 25 janvier 2010

Entre filles:épisode3: Choisir son camp!

Publié par bella_ragatsa à 06:07
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Personne ne souhaiterait être à ma place ce jour-là ; personne ça c’est sur ! Suivre les moindres mouvements de ses lèvres voluptueuses et brillantes comme de l’or dans un fleuve. De l’or dans un fleuve ? Ça devrait être le résidu d’un documentaire que j’ai vu sur Voyage, non, non, plutôt comme des fraises bien lavées, et mises sur une belle assiette bien présentable attendant capricieusement d’être dévorées par une bouche affamée, échappant de la misère d’un cerveau t’efforçant à bouffer en permanence des bananes et des patates. Des bananes et des patates ? Pff, oubliez ce que je viens de vous dire. De toute façon, comme si ma langue était bloquée au fond de ma gorge, je ne faisais que clignoter mes yeux, et sourire naïvement comme un vilain gamin qui se faisait avoir.
Puis la vue de mon petit ami, en tournant la tête, me fit encore engloutir dans un silence angoissant.
Sentant la colère brulant son beau regard, elle se redressa puis me dit.
- T’as perdu la langue ?
Et l’arrivée de mon petit ami, le regard inquisiteur et curieux, l’obligea à partir en me jetant un dernier coup d’œil désagréable et sacripant.
Il reprit sa place et le regard noyé dans une tourmente de questions.
- Ce n’est pas la fille de l’autre fois ?
- Non ce n’est pas elle ! dis-je en évitant de le regarder.
En attrapant ma main sérieusement, et d’un ton furieux.
- Je ne suis pas un con Yasmine ! qu'est-ce qui se passe entre vous deux et pourquoi elle est venue à notre table puis en me voyant elle est partie ?
- Rien ! je t’assure rien !
- OK ! c’est bon ! puis en se mettant debout, lève-toi, je vais te ramener chez toi !
- Mais on vient d’arriver ! dis-je, intimidée, surtout que toutes les têtes nous contournaient.
Il me serra la main à la briser, et en m’apostrophant, en jouant le rôle du mâle dominant.
- Suis-moi !
Dans la voiture, il n’osa même pas me regarder. Il fumait comme un train un bout de cigarette, et au moment où il la gara en face de l’immeuble où j’habitais.
- Bonne journée !
Étonnée de la façon douce qu’il il a employée pour me dire dégage, je poussais la porte puis en sautant de la voiture.
- Merci Fahmi !
Il ferma ma porte puis me regarda à travers brièvement et disparait si vite avec sa bagnole dans les entrailles de la capitale.
Comme une gourde, je restai un long moment sur place contemplant les voitures et les quelques camions bouchant la circulation. Toutefois, je n’étais pas triste, au contraire, très ravie, qu’il m’ait finalement libéré, enfin momentanément, car Fahmi n’était pas du genre qui perdait l’espoir aussi facilement, mais quand il s’énerve il préfère s’isoler, c’est mieux que manifester sa colère en cassant la gueule de sa partenaire.
Une fois à l’intérieur de mon appartement, je me jetai sur mon lit, les bras sous ma tête, et les yeux fixés sur le plafond, imaginant la fille de tout à l’heure et ses belles lèvres, délicieuses. Après un long moment de méditation fanatique, je revenais à mon insignifiant monde réel camouflé par l’hypocrite personne que j’étais devenue.
Tout ce que je voulais, fut être moi-même, je voulais plus mentir, plus m’investir dans cette comédie idéaliste de la fille hétérosexuelle modèle.
Et pourquoi je ne serai pas moi-même pour une fois ? Excitée par l’idée enflammée d’un cœur ne battant que pour les filles, je pris finalement la décision, de franchir la porte d’homosexualité, d’adhérer sans honte à mon véritable camp, et pour s’inscrire officiellement dans ce monde spécial, il fallait avoir un compte sur Netlog ou Face book.
Comme première étape, il fallait choisir un pseudonyme original, un surnom qui reflétait convenablement la personne que tu es. Une fois le surnom choisi, il fallait aussi réfléchir bien sur la photo de profil à télécharger, une photo qui hurle solennellement que t’es lesbienne.
Ce que j’étais tellement heureuse, au moment où j’ai tapé intéressée par les femmes. Pour la première fois de ma vie, j’arrivai à m’identifier, à trouver un sens à ma vie. Un sentiment de sureté et de soulagement m’avait envahi comme de l’extase.
Une fois le compte « Sapho Lesbika », crée, et la photo du drapeau multicolore de la fierté gay, choisie comme photo de profile, je me suis lancée dans la course de ce monde jusqu’ici ténébreux pour moi.
Comme j’étais nouvelle sur mon compte face book homosexuel, j’ai commencé à distribuer les demandes d’amitié un peu partout.
Que c’était aisé à mes yeux de le faire, en tapant dans la case rechercher le mot lesbienne, gouine, belle fille aimant les filles, et que ma joie était tellement immense de voir s’afficher des centaines de profiles où les mots clefs que j’ai employés apparurent.
Je me sentais une autre Yasmine, nouvellement née. Tout ce qu’il me restait à faire c’était sélectionner les comptes qui me paraissaient intéressants et attractifs. Et je me suis mise à ajouter tout profile affichant la photo d’une belle fille.
A l’instant où en bas de l’écran de ma page de Face book, un tout minuscule préambule rouge apparut pour m’annoncer que l’un des comptes que je venais d’ajouter, accepta mon amitié. Mon cœur se fit ébranlé par un tonnerre de joie et d’excitation.
Directement sans réfléchir mille fois, je cliquai sur son lien et je lui tapai un court message pour la remercier de m’avoir ajouté. Le temps, que je faisais un petit tour sur son profile, en examinant ses belles photos, sexy, je me suis dit qu’une telle beauté, sans le moindre défaut, ne serait intéressée par une fille, qui n’est pas extrêmement belle comme elle.
J’étais sur le point de décourager, lorsque « lesbienne Tahfouna barcha » me répondit finalement. Elle me demanda illico mon adresse MSN. Emportée par la joie, je lui filai mon MSN officiel
Une fois connectée, elle m’envoya une émoticône d’homme baisant sauvagement une fille. Et puis l’image de son profile, me dévoila le corps nu d’une belle femme.
Perturbée et frustrée, qu’elle s’exhibe de cette manière à une personne qu’elle connaissait à peine je tapai, gentiment.
- Pourquoi tu te montres nue ? On se connait à peine.
Elle me répondit rapidement.
- T’es pas lesbienne ?
- Si je le suis !
- Alors pourquoi tu me poses cette question ?
Puis elle m’envoya une invitation pour que j’ouvre ma caméra et me disait.
- Je veux te voir !
Naïvement, j’acceptai de démarrer ma caméra puis une fois en marche.
- T’es super belle !
Timide de recevoir un premier compliment de la part d’une fille, je souris et je disais.
- Je veux te voir aussi !
- OK !
Puis elle mit sa caméra en marche. Au début, je ne vis rien puis, dans une chambre légèrement éclairée, je vis un petit organe long, rougeâtre, et en enfonçant mes yeux sur l’écran, je constatai finalement que c’était un pénis en érection, se redressant de la braguette d’un gars qui s’ébranlait devant moi, en me montrant que sa partie inférieure.
Honteuse, dégoutée par cette vue exclusive d’une scène de masturbation masculine pornographique. Je coupai ma caméra, et la sienne et au moment où je cliquai sur le bouton droit cherchant l’icône supprimer pour effacer ce pervers de ma liste, il m’envoya un message désagréable manifestant sa colère de l’avoir interrompu en plein fantasme.
- Salope pourquoi t’as coupé la caméra ?
Sans prendre la peine de répondre et de participer à son sale jeu de crapule, d’un geste de répugnance, je le supprimai. J’étais choquée, écœurée, tellement intimidée par ma naïveté, que je décidai d’éteindre l’ordinateur, la lampe et de glisser sous la couette, pour dormir et tenter d’oublier la mésaventure honteuse qui m’était arrivée.
Vers 17heures, je me réveillai, et l’image du gars redressant son pénis ne put s’effacer de mon esprit. J’étais extrêmement dégoutée, et je regrettai dans un moment de détresse d’avoir créer un compte de lesbienne sur Face book.
Je me levai, et je décidai de me préparer un bon café chaud, question de me détendre et d’avoir les idées plus claires. Une fois préparé, je m’endossais dans mon lit et j’allumais l’ordinateur. Comme je l’ai éteint brusquement sans fermer les fenêtres que j’ai ouvertes tout à l’heure.
La page de Face Book s’ouvrit automatiquement, et je vis une dizaine de demande d’ajout à ma liste.
Par curiosité, je consultai ces demandes d’amitié, et d’un geste rancunier colérique, je mis à ignorer les demandes, jusqu’à m’arrêter sur une demande de provenance d’un compte d’homme, qui n’utilisait pas un pseudonyme, mais son vrai nom et mettait sa photo.
Rassurée et curieuse qu’il fit une demande d’ajout à une fille qui affichait clairement qu’elle était lesbienne, je l’acceptai. Et en une fraction de seconde, cet homme me parlait sur le chat de Face Book.
- Salut ! il me tapa en m’envoyant une émoticône qui sourit.
En buvant un peu de mon café, je tapai.
- Salut !
Et puis il resta un long moment tapant un paragraphe, qui s’affichait sur ma page cinq minutes plus tard pour me dire, que c’est honteux et déshonorant à l’égard de ma famille, de suivre la voie de perversion, que j’étais , en quelque sorte, malade, et que j’aurai besoin de l’aide d’un psychiatre sinon lui , il était bénévole pour jouer ce rôle, soi-disant par bonté de cœur, pour que je reprenne mon identité sexuelle.
Il me disait aussi que Dieu est miséricordieux, comme si je ne le savais pas, et que l’homosexualité est un péché suprême contre l’ordre établi par Dieu ; que le Coran la condamnait et que l’enfer m’attendait en cas où je ne suivis pas la voie de la raison, en épousant un homme et fondant une famille, comme le tout puissant le souhaitait.
Ne pouvant plus de ces montées de tensions, les pleurs couvrirent mes yeux et je fermai l’ordinateur et puis je m’éclatai en sanglot en essayant d’étouffer mes larmes sur mon oreiller.
Quelques minutes plus tard, la porte de mon appartement cria, et la vue de Fahmi debout, souriant tendrement et tenant une rose, me fit craquer encore plus alors je me jetai dans ses bras. En me serrant chaleureusement dans ses bras, il disait naïvement.
- Je suis désolée ma puce ! j’aurai pas dû me comporter aussi sévèrement avec toi ! j’étais jaloux et énervé, car je sentais que tu me négliges ?
Et en collant une bise sur mon front.
- Je te jure bébé, je ne te ferai plus de peine !
 

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