vendredi 1 juillet 2011

Entre filles:épisode29: Un kg de bananes qui pèse lourd

Publié par bella_ragatsa à 07:45
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Mes yeux clignotaient. Mon cerveau bouillonnait tellement des milliers de scénarios traversaient mon esprit. La seule chose qui ne bougeait pas était mon corps. En fait, le dos collé sur mon matelas, les yeux fixés sur le plafond, je suivais une petite mouche, se heurtant les quatre coins du plafond, comme une ivrogne. Et voilà qu’un appel téléphonique vint perturber mon équilibre, et un nouveau jeu de rôle s’organise. Cette fois-ci, mon corps sursautait tout entier, et mon cerveau se bloque, mon cœur aussi d’ailleurs, comme dépourvu d’oxygène.
- Allo, oui papa !
Au bout du fil, il murmurait.
- Je suis arrivé, ouvre moi la porte !
Avalant avec difficulté ma salive, je me mis debout et j’ouvris la porte. Tout d’abord, je ne voyais personne puis la porte de l’ascenseur s’ouvrit et mon père costumé, portant un sachet, dans la main gauche, s’approcha de moi. On échangea deux bises, et il pénétrait l’appartement.
En fait, passivement, j’attendais qu’il parlait en premier lieu, pour pouvoir me situer, en défense ou en offense.
Comme découvrant l’endroit pour la première fois, il déposait tout doucement le sachet noir sur ma table basse, et dit en sympathisant.
- Je t’ai apporté un kg de bananes avec moi, je sais que tu l’aimes !
Bon commencement, je me disais au fond de moi-même. En fait, mon père n’avait pas l’habitude d’acheter des cadeaux ou n’importe quelle chose sans qu’on le lui demande et s’il le faisait rarement de plein gré, ce qu’il cachait quelque chose de lourd, qu’il aimait dévoiler.
Je souriais, en croisant les bras nerveusement, imaginant le pire.
- Merci, Pa.
Il frottait son front, hésita un moment entre s’asseoir ou pas. En fait, il s’inclinait un moment puis renonçait et resta debout finalement.
- Tout va bien, ma chérie !
- Oui cava ! dis-je, le cœur battant fort.
Il s’approcha de la fenêtre, jeta un coup d’œil à travers, puis revint à la conversation :
- L’argent que je t’envoie te suffit ou pas ?
La face pâle du suspens qu’il m’infligeait, je m’approche de lui, et je décidais de passer à l’attaque.
- Papa, tu me disais que tu voulais qu’on parle !
Nerveux, plus que moi, il bégayait.
- Ah, oui !
Ses lèvres, paraissaient lourde de paroles qu’il n’osait pas proférer, comme ayant besoin d’une aide pour se lancer.
- Vas-y !dis-je en prendre une position de force.
Le regard un peu troublé, il se prononçait finalement.
- Voilà, j’ai décidé de refaire ma vie !
A vrai dire. Je n’étais pas choquée, j’étais surprise plutôt, surtout que mon père avait juré de ne plus s’engager dans une relation avec une autre femme tellement selon lui, ma mère, lui a fait subi un vrai enfer. C’est ce qu’il disait tout le temps à ses copains lorsqu’ils venaient chez nous.
- tu veux te marier ?
Comme, il ne remarqua pas de signe de colère sur ma frimousse, il souriait et parla avec aise.
- Oui, si Dieu le veut bien sûr !
Dieu ne veut rien mais c’est toi qui le veux père je me dis à moi-même et d’une voix entendue et curieuse.
- Euh, je ne sais pas ce que dois dire !
Il s’approcha encore de moi d’un pas et dit.
- Ne t’es pas contre le principe ?
- C’est ta vie père !
Et notre conversation un peu tendu, prit une pause lorsque mon gsm sonne. C’était en fait, Amira. Je m’éloignais un peu de lui et je décrochai.
- Oui !
- Salut ma salope !
Elle le criait si haut que je me perturbais et que je me dirigeai vers ma chambre.
- Tu ne peux parler plus haut ? dis-je en colère.
Elle riait, et dit.
- Je m’entraine, je veux devenir cantatrice !
- C’est très drôle !
Elle riait pour m’énerver davantage et dit.
- En fait, je fais une soirée de soulards ce soir ! et j’invite tous les âmes déprimées et sans espoir à participer à cet événement de loosers !
La frimousse, rouge de colère je criai.
- Amira ! va te faire !
Et je raccrochai puis je sortis de ma chambre et je ne trouvais pas mon Papa dans le salon. Je le cherchai partout et après cinq minutes de fouille, je constatai qu’il est parti.
Puis en tournant la tête vers la table basse j’aperçus un bout de papier sous le sachet de bananes.
En le tenant par la main, je lisais le petit mot laissé par mon père.
« Je me marierai avec Molka Chtourou. Je n’ai pas osé te le dire directement mais je l’aime et j’espère que tu me comprendras »
Figée sur place, ma main lâche le bout de papier, qui survolait quelques secondes avant de finir sur le tapis. Épatée, extrêmement suffoquée, je ne me réveillais à moitié de mon état de forte émotion, qu’à partir de la 5ème bière.
Assise, sur le canapé, chez Amira, demandant une autre bière, n’ayant que le goût fort de la bière mélangée à l’amertume que je supportais. Elle me donna la 6ème et s’assit près de moi en rigolant.
- Hey, j’ai dit une soirée de soulards, mais pas de soulards ruinés, j’ai bien insisté que chacun apporte avec lui ce qu’il va consommer !
Puis comme, elle remarquait la tristesse dans mon regard, elle continuait doucement.
- Bon, puisque t’as l’air hyper déprimée, t’as gagné le prix de loosers et donc tu consommes gratuitement de l’alcool !
Puis m’embrassa sur mon front, et se leva pour danser quand elle écoutait une chanson qu’elle aimait.
Ouvrant la canette, je suivais quelques filles dansant avec elle, puis je vidai la moitié de la bière d’un seul coup.
Nesrine, le dos collé à la porte de l’appartement, tenant un verre de vin blanc, me suivait du regard, puis vint vers moi.
- Salut, Yasmine, cava ?
En m’arrêtant du regard au niveau de sa poitrine, tellement j’avais la tête lourde, je murmurai.
- Salut, Nes, non, je ne me sens pas bien !
Elle s’assit prés de moi, jouait un petit moment avec mes cheveux puis dit.
- Oui je l’ai bien constaté !
Et voulant me remonter le moral, à sa manière.
- Si t’es en manque et que t’es déprimée de ça, je peux t’offrir mon corps, tu vois j’ai un grand cœur.
Ensorcelée, par sa beauté extérieure, et dégoutée en même temps par sa superficialité et laideur intérieure, je prononçais en la dévorant de mes yeux.
- Merci, Nes, mais je ne fais l’amour que par amour !
Elle riait d’une voix basse un petit moment puis en buvant un peu de son verre.
- Je t’assure que baiser sans amour est plus délicieux !
- Pourquoi ? dis-je, sans la perdre du regard, tellement sa présence et le parfum qui émanait d’elle, me laissait sous son charme charnel.
En déposant sa main droite sur ma cuisse gauche puis en la remontant encore plus audacieusement, elle me murmurait à l’oreille.
- Par ce qu’on ne regrette rien par la suite !
Je souriais, et en mettant ma main aussi sur sa cuisse je continuai, absorbée par son jeu de séduction.
- Mais tu ne fais jamais l’amour avec une même fille deux fois, à ma connaissance !
Elle me caressait le bras, puis dit, de sa belle voix.
- Mais on n’a pas fait l’amour ensemble l’autre jour ! c’était de l’initiation !
Les yeux rouges d’ivresse et de tristesse, je lui demandé :
- Et c’est quoi l’amour pour toi ?
- C’est faire tout !

et en m’embrassant l’oreille, ce qui me fait frissonner tout de suite, et m’allumait instantanément.
- Tu me feras tout alors ?
Elle approcha sa tête de la mienne et nos respirations se croisent.
- Tu n’auras que du bon temps avec moi, crois-moi !
Je caressais sa peau douce, un moment puis je balbutiai.
- Merci, pour l’offre, mais….
Sans me laisser terminer ma phrase, elle sauta sur moi et m’arracha un long baiser, puis en ouvrant ses yeux, plein de désir.
- J’ai envie de toi, Yasmine !
Et perdant le contrôle de ses mains, elle se permettait de me caresser le ventre puis, de toucher mon sein gauche, mais là, j’attrapais sa main, et je criai les yeux gonflés de pleurs.
- Moi j’ai envie de tuer Molka Chtourou !
En ouvrant un œil plus que l’autre de surprise elle s’écria.
- C’est qui celle-là ?
En serrant les dents, très fort, de colère, je criai.
- Mon amie intime, une amie d’enfance qui était à certains moments de ma vie plus qu’une amie pour moi !
 

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