mercredi 24 mars 2010

Entre filles: épisode9:Va te faire******

Publié par bella_ragatsa à 06:54
Réactions : 

Mettez vous à ma place, vous feriez quoi face à une situation pareille ? Bon, certaines vont se jeter sur le lit ; étouffer leurs pleurs sur l’oreiller, penser au suicide mais renoncent au dernier moment. D’autres vont se la jouer impassible, le sourire grand ouvert comme des hôtesses et finiront en sanglot une fois seuls. D’autres vont chercher le réconfort chez leurs amies intimes.
Et moi personnellement, j’ai passé une demi journée face au grand miroir de ma chambre à coucher. Je me regardais, je faisais des va-et-vient, je me touchais de partout, comme une pute voulant se faire caressante pour attirer de l’attention. Après des heures à ne rien faire, à part m’observer minutieusement devant le miroir, je me suis arrivée à la conclusion que je n’étais pas mal du tout. J’étais belle, je m’habillais bien, même le parfum que j’utilisai plaisait à la plupart de mes amies.
Mais le mot type, qui me tapait si fort dans la tête me rendait de plus en plus dingue. Comment elle a osé me le dire en face ? Elle se prenait pour qui la pétasse ? Voilà, moi aussi j’étais poussée à déployer des mots grossiers pour manifester ma colère.
Le pire, c’était loin de s’arrêter à ce niveau. Comme je vous ai dit, les informations circulent à grande vitesse dans notre communauté. Le bouche à oreille est très développé, dans notre petit cercle lesbien.
Comme les lesbiennes étaient fières d’afficher chaque changement de leur situation amoureuse sur le mur de leur compte face book, certaines aussi étaient aux anges, de révéler à haute voix qu’elles ont rejeté des potentielles copines.
Malheureusement pour moi, j’étais l’une de ces filles rejetées. Deux jours après mon échec, je me contactai sur face book, et je voyais l’ébauche d’une conversation entre Amira et Ilhem. Elles parlaient spontanément et en toute franchise comme si leur conversation fut confidentielle, sur un réseau social servant plus au scandale.
En deux mots, Amira avait participé à l’une des applications, ayant pour objet de déterminer si une personne vous aime en cachette. Après le questionnaire, elle eut une réponse affirmative. Ilhem, bien sûr, a vu la réponse, qu’Amira a laissé volontairement apparaitre en public, et laissa le commentaire suivant.
- Impossible, aucune fille ne voudra d’une imbécile comme toi.
Amira, égale à elle-même, tapait.
- Non, tu te trompes, la preuve Yasmine, l’est !
Pourquoi la salope m’a mentionné par le nom ? C’est ce que je n’arrêtai pas de me demander. Elle aurait pu, inventer n’importe quel nom, où juste dire qu’une personne s’intéresse à elle. Mais non, elle était tellement minable au point de taper mon nom en gras, et de lui raconter en détail comment elle m’a tenu par le visage et m’a craché le mot type sans clémence, ni pitié.
Et voilà, depuis ce moment fatidique, j’évitai de me trouver dans des endroits, où la tribu de lesbiennes s’agglomérait, y compris, l’étoile du Nord.
La première à se moquer de moi, fut « Abdelmajid ». En fait, pour m’évader un peu du stress et de la honte d’une telle révélation, je pris la décision de m’inscrire dans une sale de gym. À ma surprise, c’était celle où Hana s’entrainait, mais elle était plus qu’une simple adhérente. C’était une professeure de sport. Et depuis le premier jour de mon inscription, elle ne me lâchait pas de semelle. Elle profitait de ma situation, étant nouvelle dans la salle, comme quoi pour me montrer comment utiliser les machines, mais elle finissait toujours par aborder le sujet avec moi.
J’étais en train de faire du vélo. En tenue sportive, elle s’approcha de moi, posa ses deux mains sur le guidon et me disait sans me quitter de ses yeux.
- Alors cava ?
Du coin de l’œil, je l’observai et je répondis tout en pédalant.
- Oui, cava merci.
- Sûre ?
Je m’arrêtai donc et en m’essuyant de ma serviette, je criai sur les nerfs.
- Pourquoi tu me poses toujours la même question ?
Elle mettait ses deux mains autour de sa taille et reprit en riant.
- Parce qu’à mon avis, c’est dur de regarder les autres filles après un tel rejet ! et en me caressant la main doucement, moi je ne te dirai jamais une chose pareille, c’est une fille qui manque de délicatesse…
En sautant du vélo, je répondis nerveusement.
- Merci pour ta compassion !
Elle me suivait de deux pas et me tint par le bras en disant.
- Si tu veux qu’on discute plus tard, en buvant un café à l’étoile du nord ?
- Pourquoi faire ? m’écriai-je en la regardant furibonde.
Un peu frustrée, elle répondait en me dévorant du regard.
- Ben, pour parler, faire connaissance…
Je lui coupai la parole, en me dirigeant vers le stepper.
- Non, merci je n’ai pas envie.
Dès que je monte sur la machine, elle s’approcha de moi une autre fois et me demanda, les yeux rouges de colère.
- Pourquoi tu m’évites ?
- Je t’évite pas… je n’ai simplement pas envie d’aller nulle part !
Elle posa ses deux mains une autre fois sur l’avant de stepper, et en me bornant d’un regard désagréable.
- Je ne te plais pas c’est ça ?
Emportée par ma colère, je criai.
- Oui, tu ne me plais pas !
Elle tapa si fort avec le pied le bas de stepper et s’écria.
- Toi non plus tu ne me plais pas..
- Alors tant mieux !
Elle fronça ses sourcils d’un geste nerveux et rajouta, en se moquant.
- T’es pas mon type non plus ! Et en riant avec hystérie, voilà, je suis la deuxième lesbienne à te le dire en face, salope !
La seconde personne à me le rappeler fut l’autre minable qui se prenait pour Picasso. C’était le dimanche, à carrefour. J’étais accompagnée de ma colocataire, qui était une fille portant le voile et d’un milieu très conservateur.
On s’était arrêtée avec le chariot face au rayon pâtes. Asma, s’inclinait pour saisir un paquet de riz et moi, je suivais de regard, une fille qui se baladait avec sa mère à côté de nous. Elle avait un beau derrière, que mes yeux ne pouvaient quitter. Puis cet agréable paysage s’enlaidit lorsqu’une natte venait de se balancer devant moi, puis en levant la face, je voyais le sourire stupide de Hikmet. Il me faisait la bise, comme si on était des vieux potes.
Asma, le regardait avec mépris du coin de l’œil, surtout en découvrant son look super efféminé. Elle le prenait surement pour une tapette, et je ne sais de quelles insultes elle le piquait au fond d’elle-même.
Comme si on était seuls au rayon, il ignorait la présence de ma colocataire. Probablement, il ne croyait pas qu’elle fut avec moi à cause de sa tenue religieuse. Et se mettait à me parler à haute voix.
- Écoute, je suis désolé... et en me caressant la joue. Amira est parfois insolente, mais elle a un bon fond ! ce n’est pas de ses habitudes de blesser les autres ! et en voulant me faire rire, si tu n’étais pas lesbienne, j’accepterai volontiers de sortir avec toi !
Mon amie, devenait aussi pâle qu’une morte, et s’éloignait de moi en poussant le chariot. Le lendemain, elle me communiquait sa décision de déménager de l’appartement. Elle me faisait bien sûr, un long discours, sur les homosexuels qui vont se bruler en enfer, et finissait par m’insulter, en conclusion. Et voilà, la deuxième conséquence après l’humiliation, s’affichait le mois suivant, où seule louant l’appartement, je fus désormais dans l’obligation de payer les 300dinars au lieu des 150dinars.
La troisième personne, qui mettait fin à ma patience et déclenchait en moi une abominable rage fut Ilhem, qui me téléphonait, par Gsm, comme elle ne me voyait pas à l’étoile du nord, pour soi-disant avoir de mes nouvelles.
- Hey, vilaine, t’es encore en vie ?
En m’allongeant sur mon lit, je murmurai.
- Oui, apparemment.
Elle lança l’un de ses rires de sorcière et continua.
- Je ne te vois plus à l’étoile du nord !
- J’aime plus cette cafétéria.
Elle poursuivait son rire persiflant et dit.
- Dis plutôt, que t’aimes plus y aller pour éviter de voir Amira !
Les yeux brûlant de colère, je hurlai.
- Écoute, il y a rien entre moi et cette salope !
- Ouah ! regardons qui déploie des mots grossiers, le petit ange Yasmine…
Je lui coupai la parole, en criant.
- Qu’est ce que tu veux exactement ?
- Prendre de tes nouvelles…
En haussant la voix, sans pouvoir me contrôler.
- Plutôt te moquer de moi !
Là, elle arrêta son rire et reprit son ton sérieux.
- Écoute, tu te crois capable de la séduire ? moi-même j’ai échoué de le faire.. et en ricanant, mais avec Abdelmajid je crois que t’as des fortes chances…
En lui coupant la parole agressivement.
- Non, merci, je préfère mourir célibataire qu’avoir un rancard avec Abdelmajid !
Et je raccrochais, tout en fermant le Gsm pour ne plus recevoir d’appels. Cette nuit-là, je n’arrivai pas à fermer l’œil, la colère me hantait, de partout. Le lendemain de bonne heure, comme si j’étais programmée, je pris la route pour l’appartement d’Amira. J’avais tellement de fureur en moi, et je croyais ne pouvoir la défouler qu’en lui disant ses quatre vérités en face.
C’était aux alentours de 9h30. J’hésitais beaucoup une fois devant son appartement. Puis je mis à frapper si fort à casser la porte. Quelques minutes plus tard, elle ouvrait la porte. Elle avait les yeux semi fermés du sommeil, en pyjama court garni d'images de chats.
Elle me regarda, un long moment et me demanda en bâillant.
- Qu’est ce que tu veux, salope ?
En serrant les poings de colère, je répondis.
- T’es vraiment une salope…
Elle déposa sa main sur la poignée de la porte et s’écria, sur les nerfs.
- T’es venue me gâcher mon sommeil, pour me dire que je suis une salope ? et en levant sur moi un regard de mépris, je le sais, et en me tapotant doucement avec son doigt sur mon nez, le message ne s’est pas bien transmis l’autre fois ? tu veux peut être que je te rafraichisse la mémoire ?
J’expédiais son index d’un geste nerveux et je criai.
- Tu te prends pour qui salope ?
- Hey ! il y a plein mots à utiliser à part salope ! je n’aime pas trop la répétition ! et en traçant un sourire moqueur, et pour répondre à ta question, je me prends pour la fille qui te fait mouiller !
Tremblante du haut en bas, j’eus envie de lui coller une belle gifle mais je me retenais et je me contentai de l’insulter en disant.
- Va te faire****** !
Elle s’éclata de rire et s’approcha de moi encore pour me provoquer.
- Ben vas-y, dis le !
Je laissai un rire nerveux s’échapper et je répondais.
- Je n’ai pas peur ! et en la pointant de mon doigt, va te faire foutre !
Elle me dévisagea d’un regard colérique et poursuivait.
- T’es sûre !
- Absolument ! dis-je en croisant les bras.
Elle sourit, me regarda un long moment et murmura.
- ok !
et me tint fortement avec ses deux main de mon visage, me colla un long baiser sur les lèvres, puis sa main droite descendit rapidement sur mon ventre, et s’arrêtait sur ma ceinture puis en me tirant vers elle avidement.
- On va se faire foutre ensemble !

2 commentaires:

LovelyGirl on 31 mars 2010 à 21:50 a dit…

Salut j'ai bien aimé l'histoire et j'attend la suite avec impatience! Bravissima !

bella_ragatsa on 1 avril 2010 à 03:34 a dit…

bienvenue sur mon blog filles:p je suis contente de ton adhésion et de ce nombre élevé de réactions:)))
Vu ces réactions positives, je n'ai nullement le choix que d'écrire un nouveau post( ça sera pour bientôt promis,au cours de cette même semaine)

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