jeudi 13 mai 2010

Entre filles:épisode19: vengeance ou perfidie?

Publié par bella_ragatsa à 04:58 0 commentaires

Étiez-vous pris pour une fois de votre vie, en flagrant délit ? Si c’était le cas, vous pouvez comprendre ce que j’ai ressenti au moment où ma petite amie m’a surprise échangeant un long baiser avec sa rivale Sahar.
Pour la première fois de ma vie, je voyais la colère dans ses yeux qui s’intensifiait de plus en plus. Sahar, quant à elle semblait très calme, comme préparant sa défense et moi comme une gourde, je devenais pâle comme un coing au point d’oublier même ma langue maternelle et d’avoir des difficultés à faire sauter des phrases simples et signifiantes.
Je n’ai jamais eu peur comme c’était au présent cas. J’étais follement amoureuse d’elle, donc, vous pouvez comprendre que j’avais tellement la trouille qu’elle composa les mots magiques « c’est fini entre nous ».
Et comme le silence fut le maitre dans ce petit espace, pour quelques minutes, Amira décida de le briser en criant.
- Ben, continuez ! pourquoi vous vous êtes arrêtées ?
- Amira, ce n’est pas ce que tu crois ! m’écriai-je, en frissonnant.
Elle laissa un rire moqueur l’emporter puis continua.
- Oui, bien sûr, et en badinant, ses lèvres ont atterri par accident sur les tiennes, c’est ça ?
Là, Sahar intervint la voix un peu frustrée.
- Je m’excuse, je ne sais pas ce qui m’a pris…
Amira, lui coupa la parole agressivement.
- Tu l’as embrassé ? et en me jetant un regard sacripant, et donc elle est à toi ! et en me bornant d’un regard rancunier, moi, je ne veux plus d’elle !
Que c’était dur d’entendre ses phrases venimeuses, des phrases, aussi déchirantes que des coups de couteau. Une fois, qu’elle me le cracha en pleine figure sans pitié, elle quitta les WC.
- Amira, attends ! m’écriai-je, désespérément.
Mais elle ne s’arrêta point, et là, Sahar, s’approcha de moi et me tint par la main en disant.
- Je suis désolée ! je…
Mais comme j’étais au bout des nerfs, le cœur brisé, et l’esprit troublé je hurlai.
- Laisse-moi, ok ? et les larmes aux yeux, t’es contente maintenant ?
Et en me débarrassant de sa main.
- Ma copine m’en veut à mort à cause de toi.
- Je suis désolée, je ne voulais pas….
En m’efforçant à retenir mes pleurs.
- Et ben c’est trop retard maintenant.
Je l’avais prononcé dans un moment de désespoir et s’était avéré vrai. Une fois quittant les toilettes des filles, je cherchai du regard ma petite amie mais je ne la trouvai pas. En me voyant, Hikmet, me disait pour la première fois, d’un air sérieux.
- Qu’est ce que tu lui as fait ?
- Rien ! dis-je, en baissant les yeux de honte.
Soulayma, en allumant une cigarette, m’interpela.
- Je ne l’ai jamais vu aussi énervée qu’aujourd’hui.
- Et où est-elle allée ?
Hikmet, balançant sa natte, et suivant de regard une jolie fille pénétrant la cafétéria.
- Je ne sais pas ! elle est partie avec Ilhem.
Tout de suite après, je quittai la cafétéria en composant son numéro, mais je le trouvais injoignable et je décidai donc de rentrer chez moi.une fois à la maison, j’allumais mon pc, je la cherchai sur face book et sur MSN mais je ne la trouvais pas connectée. J’étais très désespérée et triste et pas prête psychologiquement à me faire larguer. Du coup, comme une folle amoureuse, je me dirigeais vers son appartement à 20h, comme dernière tentative de me faire pardonner pour ce baiser échangé qui m’a coûté cher.
En fait, je m’attendais à tout de sa part, qu’elle me cria dessus, qu’elle me dise mes quatre vérités qu’elle me tapa si elle le voulait mais pas à ce qu’elle m’a fait.
En m’ouvrant la porte, elle me regarda froidement et dit.
- Qu’est ce que tu veux ?
En souriant faiblement, je murmurai.
- Je veux qu’on parle.
Et là, j’entendais la voix d’Ilhem, à l’intérieur s’interrogeant.
- C’est qui ?
En tournant la tête, elle cria.
- Personne ! Puis en m’adressant la parole, bonne nuit !
Et sans me laisser proférer le moindre mot, elle claqua la porte.
- Amira ! ouvre cette putain de porte.
Sans l’ouvrir, elle cria.
- Va-t-en, je ne veux plus te voir.
Je restais un sacré bout de temps, devant l’appartement. Je l’appelais, je tapais à la porte en vain. Et voilà, pour moi, c’était sa façon pour m’informer que c’était fini entre nous officiellement.
C’était aussi l’époque où je j’étais devenue assez proche, de la fille mythique, Ines, la fameuse fille qui avait giflé son admiratrice Abdelmajid.
Une fois virée de chez ma copine, comme une chienne larguée par son maitre à cause d’une crotte qu’elle a laissée sur son lit, je décidai d’aller me bourrer, question de m’évader du monde réel et de la souffrance qui me déchirait.
C’était la première fois, où une telle pensée me traversa l’esprit et au fil du temps, c’était devenu rituel pour moi à la suite de chaque rupture sentimentale.
C’était dans un bar restaurent à deux pas de l’immeuble où j’habitais. 80% des clients furent des hommes, d’ailleurs, je n’ai pas pu échapper à leurs regards désireux d’ivrognes. Une fois assise seule, autour d’une table, je demandai une bière.
Mais je ne restais pas beaucoup de temps, toute seule. Au bout d’un quart d’heure, alors que je sirotai ma bière, amèrement, les yeux baissés et le regard fané, une voix féminine me parla.
- Oh, j’ai de la compagnie ce soir ?
En levant la tête, je voyais Ines, souriante, et très élégante dans un joli tailleur noir. En posant les mains sur la chaise en face de moi, elle parla.
- Tu attends quelqu’un ?
- Non ! dis-je, en traçant un faible sourire.
- Je peux m’asseoir alors ?
- Oui, oui bien sûr !
Une fois assise face à moi, l’odeur très agréable de son parfum me chatouilla les narines. Elle posa son sac à main sur la table et fit signe au serveur.
- Une bière s’il te plaît ! puis en croisant les bras, c’est la première fois que tu viennes ici ?
- Oui, tu peux dire ! dis-je en laissant un triste soupire sauter de mes lèvres.
Elle me suivait d’un agréable regard, puis dit.
- Tu t’es disputée avec ta copine, n’est ce pas ?
Un peu surprise, qu’elle l’ait deviné si vite je murmurai.
- Comment tu l’as su ?
Elle saisissait un paquet de cigarettes de son sac et continua en allumant une.
- Ines, sait toujours tout ! et en souriant, ne t’inquiète pas, au sein d’un couple les disputes sont nécessaires pour pimenter la relation.
J’eus un sourire amer et je répondis.
- Je ne crois pas ! et en vidant ma bière, je pense que c’est la fin de notre histoire.
Elle but un peu de sa bière et murmura.
- T’es nouvelle dans le domaine, n’est ce pas ?
- Nouvelle ?
- Oui, une nouvelle lesbienne ! s’écria-t-elle en riant.
- Comment tu sais tout ça ?
Elle remplit son verre et poursuivait d’un regard intelligent.
- Dès le moment qu’une fille décide de devenir lesbienne, c’est toujours moi la première à le découvrir. Et en rigolant, je suis CNN la communauté LGBT, je sais toujours tout.
Puis en dégageant de la fumée de ses narines.
- Il faut que tu saches une chose ma… et en me demandant, tu t’appelles comment déjà ?
- Yasmine !
- Enchantée ma belle ! et en souriant d’un certain orgueil, moi je suis assez connue dans la communauté, donc je suppose que t’as ta petite idée sur moi.
- Oui, bien sûr ! et en revenant au cœur du sujet, alors il faut que je sache quoi ?
En écrasant sa cigarette dans le cendrier.
- Ah, oui, voilà ! et en plongeant un regard séducteur dans le mien, que les relations de couple entre deux lesbiennes sont très compliqués et qu’une relation ne s’achève presque jamais entre elles, pas complètement en tout cas !
Et en riant.
- Moi, je suis sortie avec une ex trois fois, après notre rupture, et en me faisant un clin d’œil, tu trouves toujours une étincelle de l’amour que tu portes pour elle un peu cachée au fond de ton cœur.
Puis comme elle dévisageait encore la tristesse accablante sur ma frimousse.
- Dis moi avant tout si ça te gène pas, c’est qui ta meuf ?
- Je ne pense pas que tu la connais ! dis-je en souriant.
Elle éclata d’un rire qui sonnait faux.
- Alors là c’est grave ! et en croisant les bras, si je ne la connais pas, ce qu’elle est nécessairement une hétéro.
Je remuai la tête pour dire oui, et là, elle mit sa main sur la mienne et continua d’un ton sérieux.
- Je te conseille de l’oublier. Et en levant son regard sur moi, il y a deux choses extrêmes qu’une lesbienne ne devra pas faire si elle ne veut pas avoir le cœur brisé.
- Lesquels ?
Elle me regardait avec autant de confiance et continua.
- Jouer à l’hétéro et sortir avec une hétéro !
C’était un très bon conseil que je n’ai assimilé malheureusement qu’au fil des ans. Cette fille, fut comme une grande sœur pour moi, un peu la sœur protectrice, et aussi l’amie intime qui me consolait à chaque rupture.
Et comme je l’ai mentionné, ce restaurant bar, était devenu comme l’étoile du nord un espace où je trainai quotidiennement, tous les soirs avec ma nouvelle amie, le mythe.
Après trois jours de ma rupture avec Amira, et dans le même lieu, j’étais assise avec Ines, à la même table et à la même heure, mais cette fois-ci, une autre personne est venue nous joindre. C’était Ilhem. J’étais surprise à la voir mais contente en même temps.
- Ça alors ? qu’est ce que tu fais ici ?
Elle sourit, échangea une bise avec Ines et avec moi puis en tirant une chaise.
- Ben, c’est à toi de me répondre.
Ines, ria un petit moment et dit.
- Moi et Ilhem, on vient souvent ici pour boires quelques verres !et en la tapotant sur son épaule, mais ces jours-ci, elle est un peu confuse.
- Confuse ? pourquoi ? dis-je, en souriant.
Ines, caressa les cheveux blonds d’Ilhem et dit.
- Je lui dis ou je te laisse le plaisir de le faire ?
- Je préfère le dire moi-même ! et en levant sur moi un regard timide et émue, je suis un peu perdue, je croyais que c’était fini entre moi et elle.
Ines, rigolant intervint en me parlant.
- Tu te rappelles ce que je t’avais dit l’autre jour ! ce n’est jamais terminé entre deux lesbiennes.
- C’est qui ton ex ? m’écriai-je le cœur battant très fort.
Elle avala de l’air et dit d’une voix frustrée.
- Amira ! et en allumant une cigarette, elle m’a dit, il y a deux jours qu’elle a encore des sentiments pour moi… et d’un effort harassant, et hier, chez elle, on a fait l’amour !

mercredi 5 mai 2010

Entre filles: épisode18:baiser de consolation

Publié par bella_ragatsa à 06:02 0 commentaires

Je ne pense pas que surprendre sa mère en compagnie d’autre personne que ton père, soit une opportunité qui s’offre à tout le monde. Chacun souhaite le bonheur, des êtres les plus chers à ses yeux ; les deux êtres qui l’ont mis sur cette terre. Mais la définition de cette notion de bonheur, diffère d’une personne à une autre selon sa culture, sa société son ouverture d’esprit et les mœurs, dans lesquelles il s’imprègne dés son jeune âge.
Toutefois, les avis convergent le plus souvent, vers l’ile de cœur de l’enfance ; une enfance joyeuse et conviviale avec deux parents exceptionnels, qui avaient tout, pour un bonheur éternel. Ils étaient beaux, riches mais surtout deux cœurs animés par la force de l’amour passionnel, qui était rare et précieuse, un don divin pour les âmes pures.
Et voilà, qu’un élément majeur de puzzle de leur équilibre disparait et avec lequel, tout s’évapore aussi, l’amour devient un agréable souvenir lointain, leurs enfants, une preuve tangible de leur ancienne vie commune mais leurs beautés demeure toujours, présente, pour commencer une nouvelle vie.
Je n’avais aucune objection contre le fait que ma mère refait sa vie, mais par fierté, j’aurai aimé qu’elle choisisse une âme sœur convenable. Et selon moi bien sûr, l’âme sœur devrait avoir son âge, voir plus mais pas un jeune homme, de l’âge de mon grand frère.
C’était honteux. Et plus je voyais, Amira sourire en cachette, un sourire de moquerie, plus je sentais le sang circulant dans mes veines comme étant de l’essence prêt à s’allumer à n’importe quel moment.
Ma mère quant à elle ne semblait pas trop perturbée par ma vue. Cependant, elle déployait la carte de la mère, pour prendre sa part de revanche en me posant une multitude de questionnements sur les raisons pour lesquels je ne rentrai pas ces dernières semaines chez moi à Sousse.
- Ah ! te voilà, et moi qui croyais que t’étais trop débordée par tes études pour rentrer le weekend chez nous. Et en me dévorant d’un regard sévère, et ma princesse, passe son temps à trainer dans les cafétérias comme les filles nulles.
Ici, Amira, ne put retenir un rire si fort puis me dit d’une voix très basse.
- Elle a raison là-dessus.
- Ferme-la, tu veux ! dis-je, doucement, en l’injectant d’un regard furieux. Puis je croisais les bras et je contemplai son boyfriend, qui n’était pas mal du tout, un bel homme aux yeux verts et bien foutu, mon type de mecs si j’étais hétéro je suppose.
Comme elle remarquait mon regard déviant vers son petit ami, elle prit la parole et me dit fièrement en le tenant par le bras.
- Je te présente Ahmed, c’est un professeur de danse de salsa et de tango !
Il me sourit et dit de sa voix rauque.
- Enchanté, tu ressembles grave à ta mère.
- Je le sais, connard !
Enfin, je l’ai dit à moi-même, mais, avec mon sourire de boa, quand je devenais en colère, je murmurai.
- Moi, même !
Ma mère, qui ne me laissa guère le temps d’évacuer cette colère, encore coincée au fond de ma gorge, persistait.
- Alors ne t’as pas cours aujourd’hui ?
- La présence n’est pas obligatoire, et puis presque personne n’assiste aux cours, on les imprime à la photocopieuse
- Ah, c’est comme ça alors. Et en élevant sa voix devant tout le monde, ce weekend t’as intérêt à rentrer ! et en souriant, ta mamie est très en colère d’après toi. Et tu sais très bien comment elle devient lorsqu’elle devenait en fureur.
Pour vous expliquer, en deux mots, depuis le divorce de mes parents, l’autorité s’était transmise de mon père, à sa belle mère, par voie de cooptation traditionnelle. Même avant leur divorce, elle tenait ce pouvoir et aimait bien donner les ordres à tout le monde y compris mon père. Elle était, aussi du loin, un facteur responsable de ce divorce. Et ma mère, n’avait jamais le moindre contrôle sur nous.
On n’était pas trois enfants pour mon père, mais quatre avec ma mère, qui n’était point responsable et indépendante de sa vie. Elle se comportait même après avoir eu des enfants, comme une fille en pleine adolescence ; le fruit d’une vie de petite princesse, enfant gâtée d’une famille, très connue et anciennement faisant partie de la haute société, mais qui reste toutefois l’une des grandes familles bourgeoises à Sousse.
Et donc vous pouvez comprendre qu’elle n’était ma mère que sur mon acte de naissance, mais disons ma grande sœur dans la vie courante.
- Je ne peux pas rentrer ce weekend, j’ai un examen lundi et je préfère réviser dans mon appartement. Et en levant sur elle un regard rancunier, mais je pense qu’elle serait en colère si, elle saurait que tu sors avec un homme de l’âge de Mouhaned.
Elle se taisait un petit moment comme préparant le dossier de sa défense et reprit.
- Ton frère est au courant !
- Et il ne dit rien ?
En échangeant un agréable regard avec son copain, elle continua.
- Non, par contre il est content pour moi, parce qu’il ne souhaite que le bonheur de sa mère et ne réagit pas comme un gamin égoïste.
Furieuse, et ignorant les regards qui nous perçaient depuis un bout de temps, dans la cafétéria.
- Je ne suis pas égoïste, man ! tu peux sortir avec qui tu veux, mais pas avec un type qui a la moitié de ton âge.
Là, l’homme m’interpela et dit.
- Écoute moi, bien Yasmine, j’aime beaucoup ta mère et c’est sérieux entre nous deux…
Ma mère, lui coupa la parole, en me regardant nerveusement.
- Ce n’est pas la peine de t’expliquer Ahmed devant elle, je n’attends pas ta bénédiction pour sortir avec lui ! et en me pointant du doigt, je suis ta mère, et non ta fille pour me donner des ordres.
J’ingurgitais ma salive avec difficulté et je criai.
- Ben, au moins sors avec un homme de l’âge de mon père !
- L’âge de ton papa ? je veux pas sortir avec un homme me rappelant le grand perdant avec qui j’ai passé une vingtaine d’années, et en laissant un rire persiflant l’emporter, lui-même sort avec une jeune fille de ton âge alors cesse de me juger et de ma casser la tête !
Comme on faisait le centre du monde, dans la cafétéria, le propriétaire s’approcha de nous et dit d’une gentillesse plus proche d’une hostilité.
- S’il vous plait, soit vous vous assoyez autour d’une table, soit partez, vous bloquez l’entrée de la cafétéria et vous faites beaucoup de bruit.
Et voilà, on se faisait virer à l’amiable par le propriétaire de la cafétéria. Tout de suite après, ma mère tira son mec par la main et m’injecta d’un regard coléreux sans me dire le moindre mot et quelques secondes plus tard, je m’engouffrais avec les filles dans la bagnole et on se dirigea vers l’étoile du nord, pour changer d’air.
Tout au long de la route, Ilhem fut silencieuse comma ayant de la compassion pour moi, sans trouver les mots pour me calmer alors qu’Amira, super sympathique et raffinée, ne cessait de rire et de tourner la tête vers la fenêtre, pour éviter mon regard coléreux et une éventuelle dispute en cas où nos regards se croisaient.
Une fois dans la cafétéria, on trouva le reste de la bande de loosers de ma petite amie, qui ne semblait pas désolée pour moi, comme s’en moquant de ma colère et ma tristesse.
- Hey, les filles, cava ? s’écria Hikmet, en balançant sa natte. Puis se leva et faisait un grand câlin à Amira et dit, tu m’as manqué ma jolie !
- Toi aussi, connard ! et s’assit prés de lui et se mettait à jouer avec sa natte.
Je m’asseyais avec Ilhem face à eux, et Soulayma, en allumant une cigarette intervint.
- Alors vous avez changez d’avis ?
Amira, sourit arracha le bout de cigarette des lèvres de sa copine et dit en riant.
- Euh, oui tu peux dire, grâce à la mère de ma salope.
- Sa mère ? s’écria Hikmet en riant, qu’est ce qu’elle fait sur Tunis ?
Sans scrupule, Amira continua.
- Ben, elle se balade avec son petit ami, n’est ce pas ma puce ?
Ilhem intervint, pour la grogner.
- Ça suffit Amira !
Et comme j’étais aux bouts des nerfs, prête à exploser comme une bombe à n’importe quelle minute, je me levais sans la regarder, et je me dirigeais vers les toilettes des filles. Là-bas, je m’enfermais dans les chiottes, je m’assis sur la lunette, et je mettais à pleurer, silencieusement, des pleurs d’un cœur blessé et humilié.
Un petit quart d’heure après avoir lavé le visage d’une averse de larmes chaudes, j’ouvris la porte et je me dirigeais vers le lavabo pour me débarbouiller, en tournant la tête, par hasard, vers ma droite, je constatais que la fille qui se tenait debout prés de moi fut Sahar, la douce file qui voulait sortir avec moi, avant que ça devenait sérieux entre moi et Amira.
Elle me regarda d’un air soucieux et dit en me caressant le visage tendrement.
- T’as les yeux tous rouges ! et en levant sur moi un regard bienveillant. Ne me dis pas que c’est toi la fille qui était en train de pleurer en s’enfermant dans les chiottes.
Comme je ne disais rien, sans oser hocher la tête, car j’avais encore envie de pleurer, elle poursuivait en me caressant la joue.
- Cava, j’espère ! puis me donna une serviette et continua, arrête de pleurer s’il te plaît ! et en tenant mon visage entre ses mains, je ne supporte pas de voir une fille triste !
En traçant un faible sourire, je murmurai.
- Ok, c’est bon je ne pleurerai plus.
Elle dessina un sourire radieux et m’embrassa sur la joue tendrement et poursuivait de sa voix angélique.
- Tu sais que t’as un beau sourire ? puis par curiosité, j’espère que tout va bien, entre toi et ta meuf ?
En osant la regarder dans les yeux, je murmurai.
- Oui, tout vas bien, merci ! et d’une voix très basse, c’est un petit malentendu familial.
en laissant ses doigts très minces, effleurer mon visage d’une manière caressante elle murmura.
- Ça ira, tu verras !
- Oui je le sais ! dis-je sans la perdre de regard.
Elle me dévora d’un regard séduit puis tenait mon visage entre les mains et me colla un long baiser sur les lèvres. J’étais agréablement surprise, par ce baiser, au point d’en vouloir davantage. Et au moment où je cherchais moi, cette fois-ci ses lèvres, pour un nouveau baiser de consolation, mon regard tomba sur celui d’Amira, les bras croisés et le dos collé sur la porte des WC.
En levant sur moi un regard dédaigneux, elle s’écria.
- Elle embrasse bien, j’espère !

mercredi 28 avril 2010

Entre filles:épisode17: Telle mère telle fille

Publié par bella_ragatsa à 06:25 0 commentaires

C’est très beau pour être vrai, une telle invitation à l’improviste de la part d’Amira. Une envie qui émane d’elle, et non de moi. J’étais extrêmement surprise de sa déclaration, à ne plus pouvoir bouger de petit carreau du trottoir. Mes yeux, cherchaient un confort psychologique de mes nouvelles copines, mais elles étaient plus en train de consoler Abdelmajid, après la claque qu’elle a dégustée, avec un bon nombre de lesbiennes. Quant à Amira, le dos collé à la porte de sa voiture, elle tapotait nerveusement avec les doigts le capot et après un petit moment elle reprit.
- Alors tu viens ou pas ?
Mettez vous à ma place, vous feriez quoi en cas où votre copine te largue à un instant et revient un instant après te demander de faire une partie de jambes en l’air ?
Bon, c’est inutile de vous poser une question pareille, parce que c’est très rare de tomber sur une personne aussi détraquée et indécise comme ma meuf. Et aussi rare d’être si naïve et soumise comme moi, au point de jeter à la poubelle son dernier message de je ne veux plus de toi, et de courir vers elle, comme une gamine heureuse de la venue de sa mère à la fin de la journée pour la sauver des bras de la méchante nanny de la crèche.
J’aurai bien aimé avoir les couilles de dire non, c’est toi qui as mis terme à notre relation et donc tu assumes toute seule les conséquences. Mais bien sûr, je suis lâche, je suis sans personnalité, je suis sans dignité, je suis en deux mots Yasmine la fille qui croit tout ce qu’on lui dit et qui nage jour et nuit dans un ciel bleu de rêves d’une enfant de 2ans dans le corps d’une femme de 20ans.
Une fois à l’intérieur, elle déposa sa main sur ma cuisse et dit après avoir démarré la voiture.
- Tu m’as manqué !
Je la regardais, un long moment très émue et je repris comme si rien n’était.
- Moi aussi. Je n’ai pas arrêté de penser à toi hier soir.
Et voilà que la séquence romantique de notre soap opera prit fin lorsqu’elle reprit sa vraie nature.
- Tu t’es masturbée combien de fois, en pensant à moi, hier ?
Là, tout de suite, l’expression de déception gagna mon visage alors en dégageant sa main de ma cuisse d’un geste nerveux, je rajoute.
- Putain, Amira, tu ne peux pas être romantique pour une fois de ta vie !
Elle sourit et dit en me caressant les cheveux.
- Ce n’est pas moi qui ai inventé le jargon de sexe, et il n’y a rien de romantique dans l’acte sexuel à part les préliminaires ! puis en dépassant une voiture, ok alors je reformule, combien de fois ta main, a fait des mouvements de va-et-vient sur ta petite foufoune !
En m’accoudant sur la fenêtre, je criai furieuse.
- Ferme la, ok !
Elle ria, sans me dire le moindre mot puis s’arrêta au feu rouge. Et là une voiture X5 s’arrêta près de nous et le chauffeur, un bel homme aux yeux bleus sortit sa tête de la fenêtre et dit.
- Salut les filles !
Et comme Amira aimait bien se faire draguer, elle lui sourit et répondit.
- Salut, toi !
Ayant de la confiance, après sa réponse, il continua, en laissant un peu sa voiture nous devancer.
- Je vous invite, toi et ta copine à un café, si vous voulez bien.
- Oui, bien sûr !
Là, je la pinçai de sa jambe et je lui chuchotai.
- T’es folle ou quoi ? on ne connait pas le mec ! et voulant la grogner, arrête de te comporter comme une salope !
Elle sourit au mec puis me tourna la tête.
- On ne peut pas tout de même refuser l’invitation d’un bel homme conduisant une X5 ?
Au bout des nerfs, je criai.
- Ok, c’est bon arrête la voiture, je veux descendre.
Elle ria et dit en persiflant.
- Elle est déjà arrêtée.
Je lui jetai un dernier regard de rogne et je m’apprêtai à me lever alors elle m’attrapa si fort du bras et cria.
- Ok, ok ! puis regarda le mec et dit en souriant, désolée peut être une autre fois.
Le mec, un peu déçu, fit remonter son vitre fumé progressivement et répondit.
- Ce n’est pas grave, les filles !
Une fois le feu vert, l’X5 s’enfonça dans l’asphalte à toute vitesse. Elle me regarda de travers et dit.
- T’es contente maintenant ?
J’eus un petit rire sec et nerveux et je murmurai.
- Écoute, on est sensé passer du bon temps ensemble alors arrête de chercher toujours la petite bête !
Énervée, elle alluma une cigarette et dit.
- Tu fais ta jalouse parce que je voulais prendre un café avec un mec ?
- Ne commence pas s’il te plait !
Ce n’était que le début de son cinéma. Une bonne dose d’énervement qu’elle m’injecta avant de me filler une overdose dans son appartement.
- Fais comme chez toi ! me dit-t-elle, en enlevant sa veste et en se dirigeant vers le réfrigérateur.
Je fermai la porte derrière moi, et je m’installai tranquillement sur le canapé. Au bout d’une minute, elle vint vers moi et s’assit prés de moi en me donnant une bière.
- Non, je ne veux pas merci.
Elle sourit, ouvrit une canette et dit.
- Comme tu veux, je vais les boire toute seule.
D’un geste nerveux, je lui arrachai la canette et je criai.
- Mais putain, tu ne peux pas pour une fois m’embrasser sans avaler une seule goute d’alcool ?
En laissant sa langue, faire un petit tour dans sa bouche elle reprit sans me quitter de son regard.
- Je dois me saouler, pour faire comme si t’étais un mec !
Les poings serrés, je baissai la tête, et je murmurai d’une voix très basse.
- Pourquoi tu n’arrêtes pas toujours de me blesser ?
Elle vida la canette et ouvrit la deuxième, en me caressant les cheveux.
- Tu sais très bien que je ne suis pas lesbienne, mais je fais un énorme effort avec toi.
Et en laissant sa main atterrir sur mon ventre.
- Je n’aime pas la chatte ! qu’est ce que tu veux que je fasse ?
- Ok, c’est bon ! dis-je en faisant un bond.
Puis en saisissant ma veste.
- Je me demande toujours pourquoi je cède à tes caprices !
En s’accoudant, sensuellement sur un coussin elle dit en traçant un malin sourire.
- Parce que t’es amoureuse de moi.
- Et je pense que j’ai suffisamment payé pour ça ! dis-je en enfilant ma veste, brusquement.
Elle se leva, me contourna et dit en laissant ses doigts me caresser la joue.
- Je mouille, tu veux voir ? et en souriant, ou tu préfères partir ?
Je tins ses doigts entre les miennes et je dis, les yeux brulant de désir.
- Pourquoi tu fais ça ?
- Quoi ? dit-t-elle en mettant mon pouce entre ses deux lèvres.
Et en laissant l’autre main descendre tout doucement sur mes fesses.
- Je veux te baiser.
En approchant ma tête de la sienne, jusqu’à ce que son haleine chaude me chatouille les lèvres.
- À un instant tu me dis que tu n’aimes pas la chatte et maintenant t’as envie de moi ?
Sa main glissa sous mon pull puis ses doigts se mirent à escalader mon ventre et finissaient sur ma poitrine. En m’arrachant un long baiser, elle introduisait l’autre main qui ne se perdit pas à trouver son chemin vers mes seins. Une fois palpant ma poitrine, d’une manière caressante. Elle me mordilla l’oreille et me chuchota.
- Dis-moi que tu brûles de désir comme moi.
En laissant mes jambes frotter les siennes, avidement, je murmurai en cherchant ses lèvres.
- J’ai envie de toi.
- Moi aussi ! murmura-t-elle, en épousant mes lèvres.
Puis sa main droite, dégringola, très rapidement ma poitrine et s’arrêta sur ma ceinture. Elle tenta de déboutonner mon jean, mais comme elle ne parvenait pas avec une seule main. L’autre vint la secourir. Une fois dégrafée, sa main droite coulissait dans ma culotte. Ici, elle ouvrit ses yeux et approcha son nez du mien en humant mes respirations qui s’accéléraient, d’un rythme extraordinaire.
- Tu mouilles !
- Oui ! dis-je en fermant les yeux.
Plus sa main dansait entre mes cuisses, plus je haletais. J’étais à deux doigts de jouir, pour la première fois, non seule. Et c’était différent, plus intense, chaleureux, exaltant de vivre le moment à deux, de croiser son regard au moment de l’atteinte d’un orgasme.
Mais malheureusement, je n’ai pas eu le plaisir d’accéder à ce plaisir en duo. Car au moment où je m’apprêtai à franchir le septième ciel, la porte s’écria. Comme quelqu’un qu’on vient de choper en train de commettre une bêtise, elle retira brusquement sa main, l’essuya sur mon jean, à le tacheter avec le jet de cyprine que j’ai secrété comme une fontaine.
Moi aussi de ma part, je boutonnai mon jean, en la suivant ouvrir la porte. Et ce n’est plus une surprise puisque 99%, de ses visites, furent d’une seule personne Ilhem, que j’ai détesté trop ce jour là puisqu’elle m’a privé de la jouissance.
C’était une fille qui avait le sens de l’observation, en excès même. En nous voyant toutes les deux transpirant, elle nous demanda.
- Vous étiez en train de baiser ou quoi ?
- Mais non ! dit Amira, en s’efforçant de rire, et en me regardant avec crainte, tu sais que les filles me dégoutent.
- Pas la peine de me le rappeler ! dit-elle en s’approchant de moi.
Puis ses yeux tombèrent sur la petite tâche blanche sur mon jean, malheureusement d’une couleur noir.
- C’est quoi ça ? s’interrogea-t-elle avec l’intention de mettre son doigt dessus.
- C’est rien ! c’est un peu de poussière, c’est tout.
- Ah ! d’accord ! puis en souriant, va le laver.
Et en adressant la parole à Amira.
- Il y a une nouvelle cafétéria, c’est un karaoké en même temps et tout le monde en parle.
- Ah, c’est cool. Et en criant pour que je l’entende, on va faire la fête ma chérie.
En essayant avec le savon et l’eau d’enlever la tâche, qui n’était ni blanche ni transparente.
- J’arrive !
En final, j’ai réussi à la rendre moins remarquable à l’œil nu, mais en fronçant les sourcils et en regardant minutieusement, elle était encore là, une preuve dénonçant notre petite partie de jambes en l’air.
Avant de monter dans la voiture d’Ilhem, qu’elle a volé cette fois-ci à sa mère, Elle s’est arrêtée pour passer un coup de fil à une amie. Pendant ce bref laps de temps, Amira laissa ses yeux fixés sur mon pantalon noir et dit en se moquant.
- Ah, c’est encore apparent !
- C’est grâce à toi ! dis-je en grinçant les dents, d’énervement.
Elle laissa un rire ricanant, sortir et dit.
- T’as une cyprine de bonne marque.
- Va te faire foutre ! dis-je en riant.
Avoir une dose d’énervement dans la voiture puis une tâche de merde me rappelant mon acte sexuel à vue de tout le monde, n’était pas au même pied d’égalité de ce que j’ai vu dans cette cafétéria karaoké.
Elle était à cinq kilomètres d’où habitait ma copine. Et il y avait beaucoup de monde dedans au point de rester debout un bon quart d’heure.
- Pfff ! on est venue pour rester debout ? grommelai-je. On ferait bien de partir.
Amira me tint par la main et dit.
- Patience ! et en pointant le doigt vers une table au fond, cette dame et le jeune homme, s’apprêtent à partir.
- Qui ? s’interrogea Ilhem.
Puis en suivant la dame.
- C’est son fils ? ou son petit ami ?
Amira, se mit à rire et badina.
- T’as déjà vu une mère prendre du café en tête à tête avec son fils ?
Et comme je manquais de vue, et que la dame et l’homme étaient assez loin, je ne parvenais pas à les regarder clairement.
- Je ne les vois pas bien.
- Mets tes lunettes !
- Je les ai oubliées chez moi.
Un grand sourire se traça sur les lèvres d’Amira qui s’écria.
- Ça y est, ils s’en vont ! allons-nous !
Elle me tint par le bras et me tira. En s’approchant de la table, mon regard croisa celui de cette femme, bras dessus, bras dessous, avec le jeune homme de 24ans à peine, amoureusement. Figée sur le sol de surprise, mon sourire disparût, et une huée sauta de mes lèvres.
- Maman ?!!

mardi 20 avril 2010

Entre filles: épisode16: le mythe

Publié par bella_ragatsa à 07:22 0 commentaires

J’ai beau essayé d’analyser le sens d’une nouvelle connaissance selon Amira, et j’ai fini par conclure qu’elle avait honte de moi, et que même en tant qu’amie, elle ne voulait pas m’accepter alors à quoi bon continuer une pseudo relation, qui ne se formulait que dans ma tête ?
Le lendemain, après m’avoir réveillée, à 16h, cernée comme un monstre, et les cheveux éparpillés dans tous les sens comme des satellites, je trouvai un texto m’attendant sur mon cellulaire, de la part de ma soi-disant copine « Bonjour Yasmine, je ne veux plus te voir ni que tu m’appelle, à dieu ».
C’était clair au moins, qu’elle m’a doublé même en matière de plaquer. Et je ne sais pas, je n’étais pas émue, ni touchée par son texto. C’est peut être dû au fait, que je me suis adaptée, aux règles de son sale jeu de sadisme, où peut être aussi, parce que au fond de moi, je savais qu’elle le faisait juste pour m’énerver, ou pour me voir souffrir quelques temps puis elle reviendrait me serrer dans les bras avec un grand sourire pour me dire, c’était juste pour tester si tu m’aimes ou pas.
Stupide comme pensée, mais c’était le cas de toute façon. Trois jours plus tard, j’étais avec mes deux potes à l’étoile du Nord, c’était vers 18h. Et elle était assise avec sa bande de loosers, autour de la même table. Comme un policier motivé, elle ne cessait de me surveiller. Puis comme elle me voyait rire et rigoler avec Cyrine et Nawras, elle se leva, et s’approcha de nous.
- Salut, les filles.
Cyrine, sirotant son jus, ne prit même la peine de la regarder. Nawras, quant à elle, qui fut en manque tout le temps, puisqu’elle n’a jamais eu de copine, traça un agréable sourire et dit.
- Salut, Amira, cava ?
Puis un coup de pied violent, la piétinant de la part de sa voisine, la calma et réussit même à la faire taire. Comme je fus l’unique à n’effectuer le moindre geste, elle inclina un peu son dos pour rencontrer mes yeux et dit en saisissant mon menton.
- Cava, Yasmine ?
En traçant un faux sourire, je murmurai.
- Oui, cava, merci !
Elle injecta Cyrine d’un mauvais regard et continua en baissant la voix.
- Lève-toi, il faut qu’on parle.
Cyrine, ne dit rien mais son regard si furieux m’ordonna de ne pas bouger.
- Qu’est ce que tu veux Amira ? dis-je, en m’efforçant de rester calme.
- Lève-toi et tu sauras qu’est ce que je veux.
En secouant mes épaules, je murmurai avec mon entêtement.
- Non, vas-y, devant mes amies.
En fait, je m’attendais à ce qu’elle me supplia encore davantage, comme peut être un dernier espoir pour me remonter la morale à la vue de mes potes. Mais, elle me lâcha le menton, et dit en reculant d’un pas.
- Ok, comme tu veux, ce n’est pas la peine !
Et rebroussa chemin vers ses potes. Énervée, Cyrine but de son verre de jus et s’écria.
- Quelle salope, comment tu arrives à la supporter ?
En sirotant le reste de mon jus, avec un petit bruit, je murmurai.
- Grâce à paracétamol et parfois doliprane.
Elle ria et dit pour me taquiner.
- Fais attention, je ne veux pas que tu sois une droguée de produits pharmaceutiques.
- Non, t’inquiète ! dis-je en riant, sans pouvoir contrôler mes yeux, qui me trahissaient en la cherchant.
Ce qu’on devient indigne lorsqu’on tombe amoureux. Même après ce qu’elle m’a fait au poste de police, un secret que j’ai gardé pour moi, sans le révéler à mes deux potes, je n’ai pu cesser de l’aimer. Elle était certainement sadique et je crois que moi de ma part j’étais maso.
C’est vrai que je souffrais beaucoup de son hostilité permanente, mais c’est en quelque sorte, ce qui pimentait notre relation. Très compliquée comme situation n’est ce pas ?
Voilà c’était tout ce qui m’occupait dans ma petite vie de lesbienne, mes hauts et bas avec ma copine hétéro jusqu’au jour où je fais la connaissance d’une fille magnifique, la fille, que tout le monde rêvait de sortir avec, le mythe.
La première fois que je l’ai vue c’était à l’étoile du nord. Elle était venue avec un mec, chauve et moustachu. C’était son meilleur ami, et avec qui elle trainait tout le temps, toutefois il n’était pas homo mais elle si. Une vraie lesbienne, (au début, comme tout lesbienne, elle cachait son identité sexuelle, mais après, elle n’avait plus aucune gêne de s’afficher en tant qu’homosexuelle fière de son mode de vie particulier) une féministe engagée, une journaliste connue et une blogueuse de poids, avec les débats épineux et tournant tous sur l’homosexualité en Tunisie.
C’était un mythe aux yeux des petites lesbiennes vulnérables et timides, une femme forte, qui a du caractère. Elle s’appelait Ines, et elle avait 27ans. Elle n’était pas très belle, mais super charmante. Elle avait du charme quand elle parlait, quand elle souriait et même du charme quand elle se mettait en colère.
Elle était tout simplement magnifique. Rien qu’en la regardant, bavarder, rire et fumer, ça me faisait un grand plaisir mais surtout calma la bête d’amour qui me torturait et qui ne cessait de bourdonner dans mes oreilles, me demandant de me lever demander le pardon d’Amira, comme si j’étais moi la fautive. Cette fille, involontairement, me donna la force, de résister à cet amour malsain qui m’affaiblissait.
Et c’était aussi la lesbienne la plus embêtée par les malades, qui se prenaient pour défendeurs de l’identité sexuelle, naturelle, à l’encontre des pervers, des vermines qui voulaient, selon eux, massacrer les bonnes meurs, enracinées par la religion.
Une fois l’un de ses ennemis, comme beaucoup de mecs le font, s’est fait passé pour une fille. Il allait même très loin dans son minable jeu, en demandant à une fille de l’appeler par téléphone et se montrer par caméra sur MSN, pour qu’elle commence à lui faire confiance.
Et osa même l’inviter pour boire un café. Le jour j, arriva, et la fille avec qui elle parla pendant des jours s’avéra le mec en question. Il faisait semblant d’être gentil, compréhensif, mais ne tarda pas à lui dire que l’homosexualité est interdite, voire prohibée et sévèrement punie, par Allah, ainsi que l’État, comme si elle l’ignorait. Et ajouta qu’il aimerait bien sortir avec elle.
Ines donc, resta très calme, très souriante. C’était l’une des histoires qu’elle racontait assidument à toute nouvelles amie, y compris moi. Ce jour là, elle partit, et la nuit lui envoya un texto, pour lui annoncer qu’elle acceptait son offre, avec une grande joie.
Le jour suivant, l’homme se trouvait au lieu où elle lui a demandé de l’attendre. Dans un parc à Tunis, mais ce n’était pas elle qui était venue, au rancard, mes deux mecs, deux voyous, qu’elle a engagé, pour lui casser la figure.
En deux mots, c’était la fille imbattable et la plus imprévisible. Une autre histoire qu’elle m’a racontée, était celle d’un ennemi virtuel, qui ne cessait de l’insulter et de lui dire des propos blessant sur son blog. Le pire, ce qu’il était tellement bête, à ne rien trouver pour argumenter sa haine envers les homosexuels que d’user les gros mots, qu’il tapait comme il respirait.
Il était son commentateur, numéro un, le seul, qui ne manquait le moindre de ses billets. Mais comme, il ne savait pas à qui il avait affaire, elle a mené sa propre recherche sur le type qui s’est avéré un jeune étudiant dans la faculté de la psychologie de Tunis : un type qui l’a payé cher, surtout qu’elle a découvert ses coordonnés, son nom et prénom, et s’était décidée à le scandaliser et à rendre sa vie pendant des semaines infernales, jusqu’au jour où il venait lui demander pardon devant tout le monde.
Mais l’histoire qui m’a marquée le plus mais surtout m’a fait le plus marrer, c’était celle que j’ai assistée de mes propres yeux, le premier jour où je l’ai vu à la cafétéria.
Elle était l’héroïne, avec Abdelmadjid de ce conte comique. Moi de ma part, j’avais un œil sur elle, et l’autre sur l’élue de mon cœur, qui faisait sa salope avec Hikmet, et Ines quant à elle, fumait une cigarette et parla à son meilleur ami, Bilel.
Et soudainement, l’entrée brusque à la façon d’un taureau dans une corrida, de Hana, attira l’attention de tout le monde à l’étoile du nord.
Les pleurs glissant partout de ses yeux, Hana lui attrapa la main agressivement et s’écria.
- Pourquoi tu m’as fait ça ?
Étonnée comme nous, Ines, ouvra grands les yeux et s’écria.
- Cava pas non ? lâche mon bras.
- Pas avant que tu me dises pourquoi tu ne m’as pas rappelé ! hurla Abdelmajid, folle de rage.
- Quoi ? et en écrasant sa cigarette dans le cendrier, cava Hana ?
- Non pas du tout ! continua Hana, en laissant des gouttelettes de salive sautant de ses lèvres, et asperger le pauvre Bilel sur la figure jusqu’au ce que le pauvre homme ne puisse ouvrir les yeux tellement, il fut victime d’une forte averse violente.
Intimidée plus par les regards, lui bornant de partout, Ines se mit debout, s’enveloppa très vite dans son blouson et quitta la cafétéria. Furieuse, Hana, la suivait en courant, mais elle n’était pas la seule à le faire. Les deux tiers des gens, se trouvant à la cafétéria, l’ont fait, en tête d’eux moi, mes deux potes et le groupe de loosers d’Amira. Qui n’aime pas assister à une bagarre de filles ?
À trois pas du portail de l’étoile du nord, Hana, dans un misérable état psychologique, l’arrêta en la tirant de son blouson cuir.
- Tu ne vas pas t’en sortir comme ça ma grande !
Serrant les dents de colère, ines hurla.
- Assez de scandale devant le monde entier, lâche mon blouson.
- Pourquoi tu ne veux pas sortir avec moi ? s’écria Hana, pleurant de plus en plus fort.
- Mais arrête putain, tu veux me faire la honte de ma vie ou quoi ?
Hana, comme s’en moquant de la vingtaine de personnes, assistants à la bagarre sur le trottoir, prés de feu rouge, poursuivait, d’une manière hystérique.
- Je t’aime Ines ! je suis folle de toi !
Cramoisie, Ines, tenta en vain de débarrasser le bras de fer d’Abdelmahid.
- T’es malade !
L’autre de plus en plus affolée et emportée par la vague de ses sentiments.
- S’il te plait Ines, donne-moi une chance, je t’aime.
Ne pouvant plus supporter le scandale en public, sa main se mit à trembler, puis d’un excès de colère, elle se leva et faisait une chute libre assourdissante sur la joue de Hana.
Une claque historique et mémorable, qui provoquait depuis ce jour là le rire à chaque fois qu’Abdelmadjid pénétra l’étoile du Nord.
Pendant le temps, que je suivais Ines s’éloignant en pressant le pas, et Hana, pleurant de plus en plus fort comme une gamine délaissée par sa mère, une main se posa audacieusement sur mes fesses. Honteuse, je tournai la tête, en croyant que c’était un mec, profitant de la foule, pour laisser sa main balader, à son aise. Mais à ma surprise, c’était Amira, qui me souriait et me ceintura de ses deux bras en me chuchotant à l’oreille.
- J’ai envie de toi !
Je fis tout un demi-tour, le cœur battant si fort à exploser et je me demandai frustrée.
- Pardon ?
Elle m’embrassa, exprès près de mes lèvres, pour m’allumer, puis continua en souriant.
- Tu m’as bien écouté. Puis en se dirigeant vers la voiture de son père qu’elle emprunte de temps à autre, tu viens ou pas ?

dimanche 18 avril 2010

Entre filles: épisode15: Nouvelle connaissance

Publié par bella_ragatsa à 08:25 0 commentaires

Qui était capable d’imaginer une telle tournure d’événements ? On se donnait la peine de nous pomponner, de nous maquiller, pour aller passer, notre soirée pourrie derrière les barreaux d’un poste de police, à rue Barcelone. C’était vraiment le top, que même dans une fiction, on ne peut l’imaginer. On dit souvent que la vérité dépasse la fiction et s’est avéré vrai, finalement.
Mais passer trois heures au poste, ne m’a pas trop affecté, c’est le geste qu’a fait Amira lorsque son sauveur est venu, qui m’a blessé, voir m’a laissé avaler mes larmes, tellement, mes yeux n’avaient pas la force de les secréter.
Sans trop vous faire attendre, et à la manière de la fameuse série américaine, unité spéciale pour les victimes, voici mon histoire.
Sans trop entrer en détails, en vous expliquant qu’il nous a toutes expédiées à l’arrière de sa bagnole, une vieille voiture, de dix ans au moins, l’œuvre d’une charité pour cette patrouille de police, sa caisse, voulait faire l’intéressante, en s’arrêtant, un petit quart d’heure après nous avoir ramassées de notre belle voiture, comme des moutons.
- Et merde ! s’écria le policier, en fermant le moteur, puis en redémarrant de nouveau, en vain.
- Pas de gros mots, monsieur l’agent ! s’écria Amira, plus odieuse que jamais.
Il lui injecta d’un regard désagréable de son rétroviseur et dit.
- Hey, toi, j’enregistre tout mot que tu craches, alors fais attention, tu vas payer cher pour le petit doigt que t’as monté !
D’une voix si basse que j’ai à peine entendue, elle murmura.
- Je serai aux anges de te monter un autre !
Je la pinçai de son bras, furieuse.
- Qu’est ce que t’as ce soir ? hein ? tout ça nous arrive à cause de toi !
Elle tourna la tête vers moi et reprit de son ton culotté.
- Hey, ma grande ? t’étais volontaire, on ne t’a pas forcé alors arrête de bouder, tout ira bien !
Puis tira son GSM, et avant de pouvoir composer le moindre numéro, le policier l’arracha d’un geste brusque et hurla.
- Pas de coup d’appel ! vous êtes en état d’arrestation !
- Hey, c’est mon IPOD, et je fais ce que je veux, tant que je ne suis pas au poste.
Il se souleva un peu de son siège et en la fixant d’un regard colérique.
- Tant que vous vous retrouvez dans ma bagnole, vous m’obéissez !
Puis nous demanda, de lui donner nos cellulaires aussi. Une fois que sa voiture, accepta de démarrer, il ne nous fallait qu’une petite dizaine de minutes pour nous retrouver au poste.
Dès notre entrée, une fille de rue, une fausse blonde, d’une trentaine d’années qui tenta de débarrasser sa main de celle d’un agent qui l’a agrippé, s’écria en nous voyant.
- Hey, tiens de la concurrence !
- Ferme-la, loulou ! s’écria le vieux policier assis à l’accueil, en prenant ses empruntes.
- Hey, tu me fais mal, et puis t’es pas obligé d’émerger tous mes doigts dans l’encre, vous allez salir mes angles manucurés, ça m’a couté 5dinars chez l’esthéticienne.
Puis quand elle voyait, le résultat désastreux, avec les doigts si noirs.
- Ah putain, vous l’avez fait exprès.
Un autre policier, mâchant un bout de chewing-gum, interféra en se moquant.
- Ce n’est pas grave loulou, tu feras une nouvelle manucure avec ton prochain client, avant d’être chopé par l’un de nos agents.
D’un geste violent, elle retira sa main sortit un bout de mouchoir de son sac à main et continua.
- Vous avez imprimés mes empruntes digitales il y a 6mois, je ne vois pas pourquoi vous le faites une autre fois ?
- On a perdu ton ancien dossier, donc on est obligée de répéter la procédure. Puis en levant les yeux sur l’agent qui mâchait, hey, Hosni, viens lui montrer le chemin de notre salon de thé.
L’homme, ria, puis attrapa la prostituée de son bras à le casser et dis en la poussant devant lui.
- Allez devant moi, ma poule !
Une fois disponible, le vieil homme, nous fit geste avec la main pour que nous approchions de son bureau puis dit après avoir pris, tout son temps pour nous dévisager.
- Alors, dans quelle maison close vous bossez?
- Pardon ? s’écria Ilhem.
Et Amira, sur les nerfs s’écria.
- Ne nous sommes pas des putes ? et en pointant son doigt vers le policier qui nous a ramené, c’est ce monsieur qui nous a amené ici de force !
Il leva un regard douteux vers son collègue et dit.
- Qu’est ce qu’elles ont fait ?
- Manque de respect à l’égard d’un agent de police et conduite en état d’ivresse.
L’homme cinquantenaire, traça un faible sourire puis dit.
- Ben, c’est grave comme accusations les filles. puis en allumant une cigarette, ben, si vous avez un parent à appeler vous le feriez maintenant.
Amira, emportée par une fierté surprenante, me poussa de son épaule, me devança tout en parlant à l’homme.
- Je vais appeler Hedi ! puis en jetant un regard énervant à l’autre policier, et on verra !
Une fois qu'elle passait son coup téléphonique, le policier en question, au bout des nerfs, l’attrapa de son bras agressivement en criant.
- Pendant ce temps là, vous allez découvrir notre salon de thé.
- Non, merci, je n’ai pas soif.
Il ria, nerveusement et murmura.
- Il est fait justement pour les personnes qui n’ont pas soif.
Une fois, nous trois derrière les barreaux, Ilhem, qui n’arrivait plus à parler tellement elle brûlait de colère.
- Tu m’as gâché une belle opportunité d’avoir un autographe d’Inna.
Bon, je comprends bien qu’elle soit en colère, moi aussi je l’étais mais par pour le même motif, ce qui était très évident. Quant à Amira, elle ne lâcha pas le policier de son regard belliqueux, qui s’enflamma lorsqu’elle le voyait jouant avec son IPOD.
- Hey, ne touche pas à mon IPOD !
Il sourit pour l’énerver puis continua à jouer avec, sans prononcer le moindre mot. Dans cette cellule d’arrestation, nous nous étions pas seules, mais avec cette prostituée, qui ne faisait que mâcher un bout de chewing-gum, puis marmonna.
- Alors vous bossez pour Ibrahim ?
- Quoi ?
Elle ria silencieusement et reprit en croisant les bras.
- Des putes de luxe ?
Ilhem, ne pouvant plus supporter toutes ces fausses accusations lui coupa la parole agressivement.
- On a l’air de putes ? sale pute !
- Oh, oh du calme ! dis-je en retenant le bras d’Ilhem.
Puis un cri de joie sauta des lèvres d’Amira, qui s’approcha des barreaux et dit, gaiement.
- Oh, c’est mon chéri, il est arrivé !
Le vieux fiancé, lui sourit et fit un petit coucou avec la main puis partit parler au policier.
- On va bientôt sortir de ce trou de rats ! s’écria Amira en croisant les bras.
L’autre femme, sans nous manquer de son regard inquisiteur murmura d’une voix basse.
- Putes de luxe et VIP de plus !
Au bout d’une vingtaine de minutes, son fiancé élégant dans un costume grisâtre s’approcha de nous accompagné du policier qui nous a chopées de Gammart. Il traça un sourire puis adressa la parole à Amira d’un ton doux.
- Alors ma princesse ? on fait encore des bêtises ?
Elle sourit et lui caressa sa main poilue puis murmura honteuse.
- Ce n’était pas exprès Titi !
- Titi ? dis-je, en croyant l’avoir dit à moi-même.
Alors Ilhem, ria doucement et reprit en me chuchotant à l’oreille.
- C’est comme ça qu’elle appelle Hedi.
Hedi ? Titi ? Pour moi, il était clair qu’il n’y avait aucune mot apparenté à ces deux noms propres ni aucune possibilité de dérivation, mais bon qui sait d’où on invente les surnoms et sur quelle base ?
- Hey, mon chou, si tu veux une expérimentée tu peux t’adresser à moi ! dit la prostituée, en se faisant caressante, puis en lui faisant un clin d’œil, tu ne le regretteras pas !
Le policier, intervint d’une voix ferme.
- Ferme-la, layla !
Hedi, suivit sa fiancée d’un œil bienveillant puis dit.
- Bon, voilà, ce monsieur, s’est avéré un homme bien et gentil, il est prêt à faire table rase avec toi ma puce à condition que tu t’excuses.
Elle le regarda, froidement un petit moment puis s’efforça de le dire à contre cœur. Une fois qu’il partit chercher les clefs pour nous ouvrir la cellule, Amira se demanda non convaincue.
- Ça t’a coûté combien ?
Il sourit et dit en baissant la voix, puisque le policier se dirigea vers nous.
- C’est en nature ! deux weekends gratuitement à mon hôtel, Hedipalace au mois de juillet, lui sa femme et ses enfants.
- Je doutais bien de sa gentillesse ! murmura Amira, en ricanant.
Une fois la porte ouverte, Amira sortit et se jeta audacieusement dans les bras de son homme en l’embrassant sur la joue longuement.
- Merci mon sauveur !
Hedi, plus raisonné et pudique qu’elle, se relâcha gentiment des bras de sa fiancée et dit en souriant.
- Alors ,qui étais avec toi dans la voiture ?
Sans réfléchir deux fois elle dit, en attrapant la main de Hedi.
- Ilhem.
Ilhem, sortit de la cellule d’arrestation et s’écria, les yeux grands ouverts.
- Et Yasmine ? tu l’as oublié.
Elle me regarda bizarrement, pour la première fois puis dit, en dessinant un faux sourire.
- Ah oui, Yasmine.
Son fiancé, me fixa d’un doux regard et dit.
- Je connais Ilhem, mais toi non.
Je souriais, en voulant me présenter mais Amira fut plus rapide et me vola la parole en s’écriant.
- C’est une nouvelle connaissance d’Ilhem !

mardi 13 avril 2010

Entre filles:épisode14: Doigt d'honneur

Publié par bella_ragatsa à 06:02 0 commentaires

Ô amour quand tu nous rattrapes, tu nous méprises, tu nous rends plus imbéciles, plus naïfs, tu nous émerges dans un cercle vicieux d’amertumes et d’échecs innombrable !
Ne vous trompez pas, je ne suis pas en train d’écrire un poème, ni de vous dévoiler une partie de mon âme amoureuse à travers des proses. Je ne détiens ni la manière ni l’art ni le verbe pour faire chanter ma plume.
On dit souvent, que ceux qui tombent amoureux, deviennent des pseudos poètes ou beaucoup mieux des rimeurs, rimailleurs ou versificateurs, et à la limite des chantres. Enfin, tout ça dans leur têtes, mais quand il s’agit de traduire les idées d’une inspiration naissante qui vient pour la première fois chatouiller votre esprit, tu perds la mobilité de tes doigts ou plutôt le fil conducteur de tes idées romanesques.
Et pis encore, quand la personne pour qui toute cette inspiration, te hante, se moque de ton talent latent et se met à rire, tu perds non seulement l’envie d’écrire mais aussi tu te sens ridiculisé.
La seule fois, où je me suis mise à l’écriture, c’était avec Amira. C’était ma façon pour lui exprimer mes sentiments profonds. Elle m’avait invité chez elle un vendredi, pour aller diner quelques part. Et pendant le temps qu’elle se douchait (elle a même fermé la porte à clé de la salle de bain, je ne voulais même pas interpréter la raison), je me suis plongée dans la lecture d’un livre de poèmes qui me plaisait grave les fleurs du mal. Comme je trouvais ce qu’il écrivait d’une beauté extrême, cela m’a encouragé d’écrire, une prose à sa manière.
Dès qu’elle sortit de la douche, elle courut vers moi et remua la tête pour m’asperger avec ses cheveux mouillés. Une fois, mon pull trempé, avec des gouttelettes d’eau tièdes, et la feuille sur laquelle j’ai écrit mes trois phrases, nageant dans un lac d’ancre dilué, elle ria et s’écria.
- Tu veux encore te mouiller ?
- Arrête ! dis-je en me levant, au bout des nerfs.
Elle remarqua la feuille trempée, alors elle la saisit et lis à haute voix.
- Ô amour ?
Et là, une crise de rire allant jusqu’aux larmes aux yeux, l’enveloppa.
- C’est quoi ça ? t’es devenue poétesse, maintenant ?
Je tentais de lui arracher le bout de papier, mais elle le garda dans sa main puis continua à lire en se moquant.
- Ilhem doit voir ça !
- Arrête Amira, ce n’est pas drôle !
Elle me regarda, longuement puis me lança.
- Écoute, les poètes sont des gens ennuyeux, qui n’ont pas trouvé de réconfort qu’auprès des mots ! et en m’embrassant sur la bouche, si tu deviens poétesse, tu m’oublieras !
Je reculais d’un pas et je lui demandai.
- Heureusement que t’es étudiante en beaux arts et donc tu sais ce qu’un art !
Elle ria, m’embrassa de nouveau sur les lèvres et continua en se dirigeant vers sa chambre.
- Tu me fais vraiment rire, ma salope ! et en laissant la porte semi ouverte, elle poursuivait, avec le score que j’avais en bac, je ne pouvais m’inscrire qu’aux beaux arts ! donc ce n’est pas par amour à l’art que j’ai choisi cette branche ! et puis en rigolant, ô amour quand tu nous méprises…
- Ok, c’est bon Amira !
Et sans pouvoir me retenir je courus vers elle d’énervement, en poussant la porte sans m’apercevoir qu’elle était toute nue.
- Oh, désolée ! je ne voulais pas…
Elle avait des belles fesses, bien rondes et bien musclés. D’un geste nerveux elle saisit le bout de serviette qu’elle ait laissé retomber sur le sol, puis enveloppa sa partie inférieure, et tourna la tête vers moi, en attrapant un soutien gorge.
- À ce point là, t’es en manque ? s’écria-t-elle en ricanant, puis pour m’énerver encore plus, ô amour !
- Amira, ferma la ! dis-je en serrant les poings de colère.
Comme si elle savourait la colère qui montait en moi, elle continua en haussant la voix.
- Ô amour ! ô amour !ô amour !
- Ok, c’est bon !
Furieuse, je pressais le pas vers la porte de son appartement, mais elle me rattrapa à la dernière seconde, puis me serra contre ses bras en m’embrassant sur le front.

- Ne te fâche pas mon cœur, je voulais te taquiner ! puis en me caressant la joue, promis, je ne me moquerai plus de ton talent latent !
- Va te faire foutre ! dis-je en riant.
Elle me serra contre elle, d’une façon caressante et rajouta, en me dévorant d’un regard passionnel.
- Quoi ? tu veux une deuxième manche !
Je la ceinturai de mes bras et je répondis sans la quitter de mes yeux.
- À condition que tu sois sérieuse cette fois-ci.
Elle se débarrassa de mes mains puis en riant.
- T’es vraiment naïve, il ne faut pas me croire sur parole ! et en levant les bras, je rigolais !
Honteuse, je baissai les yeux, puis en levant ma main sur la poignée de la porte.
- Je n’ai plus envie du diner, je vais partir.
Elle sécha ses cheveux avec une autre serviette et me dit froidement.
- Ok, au revoir !
- Merci, Amira ! c’est très gentil.
Comme elle ne disait rien, tout en mettant le sèche-cheveux en marche. Je pris ma veste et je quittai son appartement en fermant si fort la porte.
-hey, connasse, un peu de finesse ! Tu payeras les frais d’une nouvelle porte si tu la déboites !
C’était sa façon de me dire au revoir, avec l’aimable expression de son amour et de son affection hors normes.
Quand je fais un feedback dans le passé, je me demande souvent, comment je n’ai pas pu ouvrir grand les yeux et m’apercevoir qu’elle ne m’aimait pas, enfin peut être, elle m’aimait bien mais elle n’était pas amoureuse de moi.
Le jour suivant, elle m’appela à 19h. J’étais chez moi, je faisais des résumés sur des fiches pour le cours d’anatomie. Et son coup de téléphone, vient me déconcentrer.
- Hey, ma salope ? qu’est ce que tu fais ?
- Je révise.
Elle ria et s’écria.
- Oh, arrête, tu deviens très ennuyeuse, une fois t’es poétesse une autre une bosseuse ?
En suçant un bout de bonbon pour me calmer, je murmurai.
- Je suis fâchée contre toi.
- Oh, putain, ne commence pas s’il te plait. C’est toi qui es partie hier, et je ne sais pas pourquoi…
Je lui coupai la parole, nerveusement.
- Tu ne sais pas pourquoi ? tu me parles comme si j’étais personne pour toi.
- T’es ma petite amie.
- Et ben tu ne me donnes pas l’impression de l’être.
Elle baissa le ton, comme pour s’excuser et rajouta.
- Je sais que je ne montre pas mes sentiments. Je suis comme ça ma puce.
Éprise par ma passion pour elle, je m’écriai.
- Tu ne me dis jamais, je t’aime, quand tu m’envoie un texto, pourtant moi, je te le dis toujours.
Elle laissa un souffle de lassitude s’échapper de ses lèvres et dit.
- Ok, je t’aime !
- C’est clair et net, que tu le dis à contre cœur ! dis-je en riant.
Elle me partagea le rire et continua.
- Allez salope, bouge les fesses et ramène-les à mon appartement !
- Pourquoi faire ?
- Pour faire la fête ma chérie.
Faire la fête selon la définition de ma copine, fut de boire jusqu’à sombrer dans une ivresse profonde, casser la tête des voisins avec une musique assourdissante de house, me faire un striptease sans me laisser la toucher. Mais cette fois-ci c’était différent. On n’était pas seules en tête à tête, comme les deux fois où on a fait la fête.
Ce qui était prévu, fut de me trouver avec elle seules. D’ailleurs, elle était tellement bourrée, à me laisser finalement la toucher de partout. On était sur son lit, elle avait les yeux presque fermés tellement, elle a bu une douzaine de bières. Pour m’exciter, encore plus elle enleva son soutien gorge et resta en culotte rouge, puis se tenant debout avec difficulté.
- Allez, cette fois-ci, je vais jouer le rôle de la soumise ! et en me faisant un clin d’œil, c’est rare, j’adore dominer quand je fais l’amour.
Puis elle se jeta sur le lit, et m’invita avec le doigt à venir la rejoindre. Dès le moment où je fus sur elle, je clouai ses deux mains sous les miennes et en lui arrachant un long baiser.
- T’es mignonne, en tant que soumise !
Elle sourit, et me poussa avec ses jambes, et se mettait sur moi. Son pendentif de cœur noir, me chatouilla un peu le cou puis finit par s’arrêter au niveau de mon menton. Elle me suçota le cou, ce qui me faisait rire alors elle reprenait.
- Tu adores ça, vilaine fille, hein ?
En la dévorant d’un regard avide de désir, je murmurai.
- J’adore tes lèvres quand elles me touchent !
Sa main, glissait peu à peu vers mon vente et elle continuait sans me quitter de ses yeux.
- Tu veux que je te caresse, n’est ce pas ?
- Oui, dis-je, en sentant une flamme, envahir tout mon corps.
- Ok ! dit-elle, en collant ses lèvres au miennes.
Au moment où sa main franchit ma « zone rouge », la porte de l’appartement s’écria. Elle retira donc sa main de ma culotte, et se relava.
- Oh, non, reste ! dis-je d’une voix capricieuse.
Elle me jeta un bisou avec la main, et dit.
- Je suis curieuse de savoir qui c’est ! puis en me jetant mon jean à la figure, rhabille toi, c’est peut être Ilhem !
En me soulevant, tristement.
- Elle vient à minuit, ilhem ?
Elle mit son pull puis dit en enfilant son pantalon.
- Elle vient même parfois vers 2h du matin.
Et comme elle l’a deviné, c’était Ilhem. Dès qu’elle pénétra l’appartement. Elle échangea, sans gêne un baiser, sur la bouche avec ma meuf. J’étais choquée, à perdre la langue, alors Ilhem, s’approcha de moi me colla un baiser à moi aussi et rigola.
- Pour que tu ne sois pas jalouse.
Puis en tapotant l’épaule d’Amira.
- Allez rhabille toi, on va partir au disco !
En ouvrant une nouvelle bière, Amira se demanda.
- Quelle boite ?
- Butterfly Gammart ! et en traçant un sourire radieux, ce soir, Inna va exploser la boite avec ses tubes.
- Je pensais qu’il n’y avait plus de billets ?
Elle sortit, donc de la poche de sa veste trois tickets et dit fièrement.
- Les deux semaines que j’ai passé avec Imed, ont fructifié.
- Imed ? m’écriai-je stupéfaite.
Amira, ria et m’expliqua.
- Oui, c’est son copain.
- Ah bon, ton copain ? je pensais que t’es lesbienne ?
Ilhem, m’arracha un nouveau baiser et dit.
- J’adore ta naïveté ! puis en me faisant un clin d’œil, sortir avec des mecs de temps à autres pour le business, n’est pas mal !
Et en ouvrant une canette à son tour.
- Il faut seulement savoir quel mec choisir, et en badinant, sortir donc avec le responsable de la vente de tickets de concert, fut une bonne idée.
Je m’assis sur une chaise et je dis, hésitante.
- J’adore Inna, mais il se fait tard !
Les deux filles explosèrent de rire puis Amira parla.
- Oh, ma puce ! d’habitude on sort vers 1H du matin ! et en me tenant par le bras, viens on va se pomponner pour faire la fête.
Une fois pomponnées, maquillées et enveloppées de robes dénudées, on s’engouffra dans la bagnole qui était celle du cousin d’Ilhem. Dès qu’elle démarra le moteur, Amira s’asseyant au siège avant, mit la musique en marche.
Assise en arrière toute seule, je disais, le cœur battant.
- Baisse un peu le volume, les gens s’endorment.
Elle se mit à rire, et augmenta le volume pour m’énerver en criant pour que je l’entende.
- Il n’y a que les ringards qui s’endorment tôt un samedi soir !
Puis se mit à danser sur son siège, en remuant la canette de bière par la fenêtre.
- Hey, Amira arrête !
- Quoi ? je veux faire la fête, et en laissant Ilhem, siroter de sa bière puisqu’elle avait les deux mains sur le volent. Oh, sois tu participes à notre fête, sois ferme la, Yasmine !
Au bout des nerfs, je croisais les bras et je m’allongeais sur mon siège. C’était vers 1h du matin, on était à l’entrée de Gammart, et au niveau de rond-point, Ilhem arrêta la voiture quelques temps en attendant le passage des trois voitures venant de l’autre sens.
Pendant ce temps là, une voiture de patrouille de police s’arrêta à droite de la nôtre. Il n’y avait que le conducteur, un jeune trentenaire. En ne voyant que des filles, super belles et sexy dans les robes de soirée, il avança sa voiture un peu jusqu’à s’arrêter au niveau de la fenêtre d’Amira.
Elle n’eut aucune gêne de boire encore de la bière devant lui. Le policier, se contentait de sourire puis quand elle tourna ses yeux vers lui, il faisait un clin d’œil. Elle vida sa bière, puis en me visant avec la canette, elle regarda du nouveau le policier, puis s’écria.
- Hey, les filles, il m’a envoyé un bisou !
Ilhem, dépassa une voiture, puis dit en cherchant la voiture de police.
- Qui ?
- Le policier.
- Non, tu rigoles, dis- Ilhem, en riant.
- Je vous jure !
Ilhem, le regarda du coin de l’œil, et à son tour recevait un bisou volant.
- Ça alors, quel culot !
Puis dépassa la voiture de police. Mais Amira ne s’arrêta pas là, elle sortit sa tête de la fenêtre alors je m’écriai de l’arrière.
- Hey, qu’est ce que tu fais ?
- Je vais lui envoyer un bisou à ma manière !
Culottée par nature, elle lui faisait un doigt d’honneur, puis s’assit de nouveau sur son siège. Ilhem, se mit à rire et dit.
- T’es vraiment folle.
Mais là, la voiture se mettait à klaxonner, puis il nous faisait signe avec ses phares pour que nous arrêtions la voiture.
- C’est la meilleure, celle là ! dit Ilhem, en garant la voiture.
Une fois la voiture garée, il arrêta la sienne devant la nôtre puis s’approcha du siège d’Ilhem et dit en insérant sa tête par la fenêtre.
- Alors, les filles, on manque de respect pour la police maintenant ?
Puis en cherchant avec ses yeux, Amira.
- Ce n’est pas digne d’une jeune fille de faire des gestes déplacés !
- On s’excuse monsieur ! s’écria Ilhem, un peu frustrée. Elle est ivre et n’est pas vraiment consciente de ce qu’elle fait.
Comme pour renifler, il approcha son nez du visage d’ilhem et dit.
- Ben, toi aussi, t’as bu ?
Puis en retirant sa tête et en tapant si fort sur le capot.
- Conduite en état d’ivresse ! et d’un ton ferme, vos papiers mademoiselle.
Hésitante, elle ouvra la petite lampe en dessus de rétroviseur, et lui donna les papiers de la voiture, dès qu’il les lut, brièvement, il s’écria.
- Ce n’est donc pas ta voiture !
- C’est celle de mon cousin !
- Et il est où ton cousin ?
Frustrée et énervée, elle s’écria.
- Il me l’a emprunté pour ce soir.
- Qui peut m’assurer que tu ne l’as pas volé.
- Oh, puisque je t’ai dit que c’est celle de mon cousin.
Il ouvrit sa porte, et dit en la tirant violemment de son bras.
- Allez debout !
Et en adressant la parole à Amira.
- Toi aussi !
Puis ouvrit la porte arrière et hurla furieux.
- Ça s’applique à toi aussi, ma grande !
Puis sans relâcher le bras d’Ilhem.
- Allez ferme la voiture !
Se tenant debout avec difficulté, Amira s’écria en m’attrapant par le bras pour ne pas perdre l’équilibre.
- Je peux savoir où voulez-vous en venir ?
Il sourit et dit en ricanant.
- Ben, pour l’instant vous allez monter dans ma voiture, et par la suite continuer votre fête de samedi soir au poste de police !

dimanche 11 avril 2010

Entre filles: épisode13: Statut" en couple"

Publié par bella_ragatsa à 08:27 0 commentaires

Qui peut comprendre ce qui se passe, dans nos têtes quand on tombe amoureux d’une personne ? Qui peut bien expliquer des comportements antagonistes chez une même personne. Un psy ? Même pas. Comment peut-on expliquer qu’une personne te rejette une heure pour revenir te récupérer une heure après ? La réponse à ces questionnements réside sans doute chez Amira.
Même à titre de délire, Je ne pouvais croire la scène à laquelle j’étais impliquée. Elle s’arrêta, comme une tigresse devant la pauvre Sahar, en lui criant dessus, c’est ma meuf. Elle avait une sacré personnalité, qui m’avait fortement épuisée lorsqu’on est sortie ensemble. C’était une drôle de relation, une relation qui m’avait marquée à jamais.
- Désolée, je ne savais pas. Bégaya, la pauvre Sahar, harcelée par un regard venimeux.
J’étais comme une gourde, présente physiquement mais quasi absente tellement je fus ébahie qu’Amira, en personne, ait prononcé cette portion magique à la lesbienne.
- Maintenant, tu le sais. Dit-elle, en mettant ses deux mains autour de sa taille.
Les yeux grands ouverts, j’intervenais en tirant Amira par le bras.
- Mais qu’est ce que tu fais ?
Elle se débarrassa de mon bras, d’un geste nerveux, puis en plongeant un regard sacripant dans le mien.
- Tu me trompes salope ?
Tromper ? Mais depuis quand on sortait ensemble pour qu’elle m’accusait de tromperie ? Un tas de questions, se balançait au bout de mes lèvres, que je ne sus laisser évader, tellement, le ton montait et la dispute fut rapide.
- Et toi, tu feras mieux de partir, si tu veux que je sois gentille!
- Hey, ne me cris pas dessus, ok ? hurla la fille, sur les nerfs, je t’ai dit que je ne savais pas.
Puis en me pointant de son doigt.
- Je le lui ai demandé, mais elle n’a pas répondu.
Amira, me pinça par la joue, puis en tenant ma main fortement.
- Elle est timide ! puis en me fixant d’un de ses regards de psychose, n’est ce pas ma puce ?
Suivant un regard blâmant, garni d’une immense colère, émanant des yeux de Sahar, puis en tournant la tête vers Amira, souriante comme une gagnante au loto.
- Je…
Mais je ne pus parler pour m’expliquer, car d’un geste rapide et improviste, Amira me tira par le cou, et me colla un baiser sur les lèvres, à la hollywoodienne, puis ouvrit les yeux, en laissant, un petit sourire méchant se tracer, comme pour énerver la fille, où lui montrer que j’étais à elle.
- Tu veux peut être nous voir nous embrasser avec la langue ?
Et en faisant sa salope.
- Ou peut être nous filmer en train de baiser ?
- Amira, arrête ! m’écriai-je, aux bouts des nerfs tellement, elle manquait de respect à la fille.
- Non, toi, arrête ! me dit-elle, en fixant mes joues entre ses deux paumes. Puis en levant un regard de braise vers Sahar, quoi tu attends le show ? il faut payer d’avance pour ça ?
La fille, secoua la tête, comme choquée, puis en s’approchant de la porte.
- T’es vraiment une pétasse.
Puis elle partit.Une fois seules, j’eus ma part de gâteau comme si j’étais fautive.
- Je peux savoir ce que tu faisais seule, avec elle au vestiaire ?
- Je suis venue, me débarbouiller !puis en haussant ma voix, et puis, ça te regarde pas, je ne vois pas pourquoi tu t’es acharnée sur la fille ? et serrant les dents, Soulayma, t’attend certainement.
- Elle est partie avec son copain…
Je lui coupai la parole, furieuse.
- Ah, et maintenant que tu es seule et que tu n’as rien à faire, tu viens pour m’emmerder ?
Elle ne répondait pas à ma question mais me coinça avec sa jambe au bord du robinet, puis en me fixant d’un regard jaloux.
- Elle te plait ?
- Je… je ne vois pas le rapport ! dis-je en essayant de me faufiler, tellement j’avais mal au dos, d’être inclinée.
- Tu la trouves belle ? continua-t-elle en me collant le dos sur le contour en marbre du robinet.
- Elle est mignonne. Dis-je, embarrassée.
- Mignonne ? elle ? s’écria Amira jalousement, puis en me tirant vers elle, d’un geste avide. Tu la trouves plus belle comme moi ?
- T’es jalouse ou quoi ?
En fait, ce n’était pas totalement de la jalousie. Sa réaction violente, l’était d’une part, mais ce n’est qu’au bout de la période que j’ai passée avec elle que j’ai bien assimilé la raison d’être d’une telle crise.
C’était une fille atteinte du syndrome de narcissisme et de sadisme, qui se prenait pour une déesse, pour une Chakira. (Bon, Chakira avait certainement un corps de rêve mais pas un si beau visage); qui me considérait comme un larbin, ou son esclave. Et regarder son pauvre serviteur, la désobéissant, en tombant sous le charme, d’une rivale considérable, selon les critères d’Amira, d’un point de vue physique bien évidemment, fut un crime grave.
Du coup, elle décida d’intervenir et de monter cette scène maquillée en jalousie possessive. Dommage, que je ne me suis arrivée à cette conclusion, qu’après avoir rompu avec elle.
Ce jour-là, tellement les événements s’étaient succédés d’une manière aussi rapide et mouvementée, que je me suis cru, héroïne de l’un de mes rêves fantastiques, l’un de mes fantasmes, plutôt, qui se passaient dans ma tête, en fermant les yeux, pour me faire un petit plaisir sous la douche.
En me voyant, la main dans la main avec Amire, s’approchant de sa table Hikmet, perdit la langue quelques secondes avant de retrouver son sourire et ses mots.
- Qui peut vous comprendre, vous les filles ?
Elle reprit donc sa place, me tira par la main pour que je m’asseye à ses côtés puis en mettant un bout de chewing-gum dans sa bouche.
- On s’est réconcilié ! et en me tenant comme un gamin par le menton tendrement, n’est ce pas mon cœur ?
En débarrassant mon menton, tout en étant prisonnière de regards déçus que mes deux copines, m’injectent depuis ma sortie des toilettes des filles.
- Je suis désolée, Amira, mais il faut que…
Elle me coupa la parole sans perdre mes copines de ses yeux.
- Mais quoi ? je ne te suffis pas moi. Puis insolemment, tu veux retrouver tes loosers.
- Mes amies ne sont pas des loosers !
Et en relevant sur elle, un regard craintif.
- Je ne sais pas ce que tu manigances cette fois-ci, mais je t’assure que si tu tentes de m’avoir, tu le regretteras.
Elle se taisait, en fixant sur moi, pour la première fois, un regard affectif et si tendre que rarement, envahissait sa frimousse.
- Écoute, je sais que j’étais désagréable avec toi. Mais ce n’était pas par méchanceté.
Sans relâcher sa natte, Hikmet rigolait.
- Ben, elle est toujours chienne avec moi, mais elle m’aime. Et en riant, c’est sa façon de montrer son affection aux gens qu’elle aime.
Drôle de façon de manifester son amour, vous trouvez- pas ? Enfin, à chacun une manière bien spécifique à lui, pour envoyer ses sentiments à la personne qu’il aime. Mais être méchant, pour assouvir à ses fins relationnelles ? Ça m’était bizarre mais typique à Amira.
Toutefois, j’étais encore perdue, car elle ne m’a pas dit solennellement qu’elle voulait devenir ma petite amie. Du coup, en rentrant chez moi le soir, je pris mon courage à deux mains et je l’appelai, pour avoir les idées plus claires.
- Salut.
De sa voix froide, elle répondit.
- Salut, mon cœur. Cava ?
À chaque fois qu’elle me disait mon cœur, un petit frissonnement agréable de joie circula dans tout mon corps et ma voix se perturba.
- Oui, cava. puis en ingurgitant ma salive avec difficulté, écoute, je sais que ça va t’apparaître con de ma part, mais je veux savoir si on sort ensemble ou pas.
Elle ne disait rien. Comme j’entendis du bruit, auprès d’elle je sus qu’elle n’était pas seule, puis en baissant la voix elle murmura.
- Oui, tu peux dire ça. Puis en haussant le ton, je t’appellerai après, je ne suis pas seule.
Au bout d’un quart d’heure, elle m’appela pour ajouter.
- Écoute, je veux que ça reste notre petit secret, ok ?
Un peu déçue, je répondis en m’allongeant sur mon lit.
- Même pas Ilhem ?
- Surtout pas elle. Me cria Amira, d’une voix frustrée.
- Pourquoi tu tiens tant à ce qu’elle ne sache pas pour nous ?
Elle poussa un souffle volumineux et reprit.
- Comme ça, je ne veux pas.
Comme j’étais tellement contente d’être officiellement en couple avec la fille dont j’étais folle, je n’ai rien ajouté, pour éviter tout conflit. Mais comme j’étais une vraie lesbienne, et fière de l’être, j’ai poursuivi.
- Alors je peux changer mon statut ?
- Pardon ? puis quand elle comprit mon insinuation, elle ria en disant, ah, oui, j’ai oublié, les coutumes de lesbiennes.
Et finit par me donner son accord, pour changer mon statut face book, de célibataire à en couple, mais sans préciser la personne, car elle ne voulait pas, vu qu’elle était fiancée et que le compte qu’elle utilisait était son compte officiel.
C’était mieux que garder un statut de célibataire et s’engager dans une relation top secrète. Dès le moment, où je tapais le mot magique en couple, les appels téléphoniques se succédèrent, et ma page firefox se bloqua tellement, plein de filles me parlaient sur le chat de ce réseau social. Et la question, à laquelle je n’avais pas droit de répondre fut de dévoiler ma copine.
Du coup, j’inventai un petit mensonge pour sauver ma peau, en supposant que ma petite amie, est une femme mariée, et qu’elle voulait entretenir une liaison amoureuse avec moi, loin des yeux mais discrètement. Bon nombre, n’ont pas gobé mon histoire, y compris mes deux amies proches, qui m’ont aperçu main dans la main avec elle, et même un arriéré mental, aurait eu des doutes à notre propos.
Et Ilhem fut l’une des filles curieuses, qui m’ont appelé pour découvrir ma nouvelle copine.
- Alors, sale cachotière, c’est qui l’élue de ton cœur ?
- Tu ne la connais pas ! dis-je frustrée.
Elle ria et continua.
- Ne me sous-estime pas, je connais presque toutes les lesbiennes de Tunis.
- Non ce n’est pas une lesbienne. Et plus perturbée, je veux dire, pas une fille de l’étoile du nord, c’est une femme mariée.
Non convaincue, bien sûr, elle parla.
- Ah bon, mariée ?
- Oui.
- Elle a quel âge ?
- 28ans.
Là, elle m’étonna en s’écriant.
- Ah, c’est bon, je l’ai reconnue.
- Ah bon ?
Elle ria et rajouta fière.
- On ne t’a jamais dit qu’on m’appelait CNN la LGBT tunisienne ?puis en toute confiance. C’est Sarra, et je te signale qu’elle est sortie avec le tiers de lesbiennes de la capitale.
Sarra, cette lesbienne mariée, était d’ailleurs une jeune maman, est un autre personnage particulier, qui trouvera bien sûr, son chemin vers moi. Une autre histoire, à suivre.
Bon assez de sauts dans le futur, et revenons à mon histoire avec ma première. Aux yeux, des unes donc, je sortais avec une inconnue mariée, aux yeux d’Ilhem, c’était Sarra, et pour cyrine et Nawras, c’était Amira.
Mais comme je le leur ai demandé, elles m’ont promis de garder le secret, même si elles manifestaient plus de peur pour moi que de joie, pour ma liaison, qui fut dangereuse selon elle, et finalement, elles avaient raison.
Deux jours après, Amira m’appela et me demanda de passer le soir chez elle. C’était ce qu’elle appelait aussi « soirée pyjama » mais dans ma tête, je la prenais pour une invitation pour faire l’amour.
Et je ne pouvais vous décrire le bonheur dans lequel je nageais, en choisissant minutieusement, les sous vêtements à mettre, en cas où elle désirait avoir un rapport sexuel avec moi.
Vers les 20h15 je fus devant son appartement, elle m’ouvra, vêtue d’un pyjama rose, avec pleins d’images de BD japonaises, me colla un long baiser sur la bouche, puis me tira vers elle.
- Tu vas adorer le film.
- Quel film ?
- Le tout dernier film de Twilight.
En cachant mon sourire, je murmurai capricieusement en la suivant dans sa chambre.
- Je l’ai déjà vu.
Elle s’installa sous la couette, puis en me tendant la main.
- Moi 15 fois, au moins.
- Pourquoi le revoir alors ?
Une fois les pieds nues, je montais sur le lit, elle me tendit le bout de couette puis continua, en riant.
- J’adore le film, tout simplement ! et en m’embrassant sur la joue. J’aime beaucoup l'héros.
- Oui, je vois ! dis-je, absorbée par une vague d'ennuis.
Et voilà, une autre fois, je me faisais avoir, mais cette fois-ci, par moi-même. Au bout d’une heure et demie du film, je me lassai. Elle était silencieuse, les yeux collés plutôt sur l’écran de la télé, et uniquement ses doigts caressaient mon bras, de temps à autre.
C’était peut être sa façon, d’être en couple, mais chez nous les lesbiennes, c’était plus proche d’une nuit entre amies qu’entre amantes.
Du coup, je me retrouvais dans l’obligation, de faire le premier pas moi-même. Tout doucement, ma main s’échappa de sa poignée. Dire que je n’ai pas trouvé de difficulté à le faire, tellement elle était ravagée par le film. Et mon index, commença par effleurer son cou, et je trouvais même du plaisir à le laisser danser sur sa poitrine, et palper ses rondeurs.
Comme elle ne fut aucune réaction, mon index glissait peu à peu vers son ventre mais à chaque fois qu’il franchissait son nombril, elle intervenait, en l’attrapant et en lui collant une douce bise, tout en gardant mon doigt prisonnier de sa main.
À la lumière de la quatrième tentative, pour descendre encore plus bas, elle le retenait brusquement puis me tourna la tête, tout d’un coup.
- Arrête, Yasmine, je n’ai pas envie !
- Je n’ai rien fait ! dis-je, un peu honteuse.
Elle laissa un souffle nerveux s’échapper et s’écria.
- C’est encore tôt pour ça !
En tirant ma main furieusement, je murmurai.
- La dernière fois, pourtant tu semblais prête.
Elle traça un sourire persiflant, et répondit en appuyant sur ma main.
- La dernière fois c’était pour t’emmerder, je savais très bien que tu n’oserais pas passer à l’action. Maintenant, c’est différent, on est en couple !
 

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