mercredi 17 mars 2010

Entre filles:épisode8: type!

Publié par bella_ragatsa à 06:02 0 commentaires

Ce que fut honteux d’être cerné de tant de regards, surtout celui de la fille qui me plaisait. Elle me perçait d’un regard moqueur, un regard de quelqu’un voulant s’amuser en te méprisant en public. C’était la première fois, où je me sentais dans un tel embarras, c’était la première fois aussi où je fus sujet de moqueries. Et pis encore, ils se mettaient à rire, en me voyant, toute rouge, comme quelqu’un d’allergique. Comme j’aurais aimé disparaitre cet après midi maudite, mais je n’ai pas pu. Comme clouée sur ma chaise, je suivais leurs yeux exultant de joie et d’humour. C’est après un long moment de rire, qu’Amira me tapait sur l’épaule en me disant.
- Il te plait c’est ça ?
- Qui ? dis-je, d’une voix si perturbée.
Elle reprenait le rire qu’elle a freiné pour me parler et poursuivait, en faisant un petit mouvement avec la tête.
- Voyons ! Casanova !
- Casanova ?
Une des filles, de leur bande de tarés intervint, en serrant dans ses bras le mec à la natte noire.
- Le voilà, Casanova ! Hikmet, le Roméo de beaux arts.
En regardant le barbu, avec des lunettes de vue si épaisses, je criai.
- Non…
Là, Amira me coupa la parole en me caressant la joue tendrement.
- Il est si mignon ! si je n’étais pas engagée, il serait mon mec. Puis en souriant à Hikmet, enlève tes lunettes pour qu’elle puisse dévorer tes beaux yeux verts.
Hikmet, ria un petit moment et continua avec fierté.
- Arrête Amira ! je ne veux pas faire une nouvelle victime ! sinon on serait dans l’obligation d’appeler une ambulance !
Une ambulance ? Mais pour qui il se prenait ? Pour Brad Pitt ou Gale harold ? Il n’était pas beau du tout. J’ai toujours entendu parler des gouts insolites des étudiants des beaux arts en matière de fringues mais je n’ai jamais cru que leurs gouts bizarroïdes infecteraient aussi leur choix d’hommes et de filles.
À première vue, cet homme, si maigre et si moche avec sa barbe, si sauvage et cette natte qu’il n’arrêtait pas de balancer depuis une bonne heure comme une petite gamine de l’école primaire, me donnait envie de la couper si j’étais disposée d’une paire de ciseaux.
C’était le prototype d’un voyou, d’un SDF modèle des USA. Pourquoi USA ? Je ne sais pas : c’est peut être parce que je regardais fréquemment les séries américaines.
Mais bon il faut rendre à césar ce qui est à césar. D’après ses amis bien sûr, c’était un si talentueux homme, qui vendait déjà des tableaux aux hôtels, et qui gagnait bien sa vie avec ses chef-œuvres.
Mais attendez, pourquoi je parlais de lui ? Qu’il soit un nouveau Picasso, Gauguin, ou Delacroix, je m’en moque ! Si j’ai pris un tel risque de suivre ma princesse qui s’est avérée une méchante sorcière, c’est pour tenter ma chance avec elle et pas avec son Ranma (enfin, le vrai Ranma de la BD était beau).
- T’es belle, Yasmine ! me dit-il en souriant, puis en balançant sa natte, mais je suis en couple pour le moment ! et en me faisant un clin d’œil, mais t’es actuellement sur ma liste d’attentes, en cas où ça foire avec ma copine !
Amira, me secoua de mon épaule en riant.
- T’es chanceuse, tu le sais ?
Comme je ne pouvais plus me casser encore la tête avec cette bande de tarés, je bondis de ma place et je quittai la cafétéria, sans même m’arrêter pour parler à Amira, qui ne cessait de m’appeler de leur table, un bon moment.
Depuis ce jour-là, j’ai pris la décision d’effacer cette fille pour toujours de ma tête. Mais prendre une décision sans l’appliquer, m’était familier. Comme mon père, qui disait toujours non, mais qui finissait par succomber à nos caprices, c’est peut être pour ça, que son mariage s’est foiré. Il n’était pas si ferme, si sévère, et si décisif. Les femmes aimeraient sûrement vivre avec un homme doux et sentimental, mais il faut parfois se montrer dur, et ne pas avoir honte de dire un non inéluctable et irréversible.
Ce qui est clair, ce que j’ai hérité ce non qui signifiait tacitement oui. Après une absence de deux semaines à l’étoile de Nord, je remettais à nouveau mes pieds là-bas. J’étais bien heureuse, de ne pas tomber sur cette bande de looser.
Cependant, mon regard croisera celui de mon ex Fahmi, assis au fond de la cafétéria avec une nouvelle copine. Après m’avoir noyée d’une avalanche de messages et de coup de fils, il a finalement jeté l’éponge et continué sa vie. Il avait raison de toute façon, la vie ne s’arrêtera jamais sur une seule personne. Et ce sont uniquement les maso de la romance, qui brulèrent leur souffrance, en suivant l’unique personne, présente à leur yeux et parfaite, d’où le pourcentage d’une éventuelle substitution est nul.
Je faisais partie d’eux. Mes yeux, ne regardaient qu’Amira, et mon cœur ne battait que quand elle me parla ou me sourit ou effleura ma joue. Je me suis rendue compte aussi après deux semaines de vie casanière, que j’avais plus que de sentiments pour elle. J’avais de l’amour. C’était la première fois où je tombe amoureuse d’une personne.
Je me suis assise autour d’une table à l’entrée de la cafétéria. Seule, fumant une cigarette, je suivais de regard Fahmi, caressant amoureusement la main de sa nouvelle conquête. J’étais jalouse, mais non parce qu’il m’a vite oublié, mais plutôt parce qu’il a vite trouvé quelqu’un alors que moi, je voyais souvent la fille que j’aimais et que je n’osais même pas lui faire sentir la braise de cet amour qui me torturait de plus en plus.
Des larmes, avaient gonflés mes paupières, mais je les ai retenues. Je voulais ne pas me montrer faible et vulnérable. J’avais dans les tréfonds de mon âme, un espoir qu’un jour cette fille se rendra compte toute seule de cet amour que je lui portai. Mais comment elle s'apercevra d’une telle passion alors qu’elle s’apprêtait à se marier ?
C’était toujours l’interrogation qui bouillonnait dans ma tête, et qui m’empoisonnait la vie sans arrêt. Le regard si triste et morne, je tournai la tête vers la porte et j’aperçus Amira sauter d’une belle voiture Mercedes.
En la suivant d’un regard attentif, je la voyais échanger deux bises avec un homme de la cinquantaine, très élégant, les cheveux blancs avec une moustache blanche aussi si épaisse. Elle échangea avec lui quelques paroles puis ferma sa porte de voiture et se dirigea vers la cafétéria.
Je faisais semblant de boire mon café, les yeux baissés. Mais elle s’arrêta devant moi et m’adressa la parole.
- Hey ! Salut toi ! ça fait un bail ?
Je levai la tête et je répondais sans vraiment la regarder.
- J’avais beaucoup d’examens à préparer.
- Oui, je vois !
Puis en déposant sa main sur la chaise en face de moi.
- Tu attends quelqu’un ?
- Non, pas vraiment.
Elle secoua les épaules et reprit.
- Je peux m’assoir donc.
- Oui, bien sûr ! dis-je d’une voix émue.
Elle s’asseyait face à moi, se mettait à tapoter la table aux bouts des doigts, nerveusement, et disait.
- T’as pas vu Hikmet ?
- Non. Dis-je, en faisant semblant d’ouvrir l’un des livres de l’anatomie que j’ai emprunté de la bibliothèque.
Perdant patience, elle regarda sa montre très fine et reprit.
- C’est 18h ! le connard il devrait être là, depuis un quart d’heure !
- Attends encore. Dis-je en saisissant le fleurissant.
Là, elle m’arracha le feutre et s’écria en me dévorant d’un regard soucieux.
- Qu’est ce qui se passe ? pourquoi j’ai l’impression que tu me parles à contre cœur ?
Je reprenais mon feutre d’un geste nerveux et je criai.
- Rien ! j’ai encore un examen à préparer.
- Alors ! ma présence te gène ?
Je secouai la tête pour dire non et je me demandai en osant rencontrer ses beaux yeux.
- C’est ton père ?
- Quoi ? dit-elle en fronçant les sourcils. Puis elle sourit et m’expliquait, mais non, c’est Hedi, mon fiancé.
La bouche entrouverte du choc, je bégayai.
- Ton fiancé ? et ne voulant pas croire. Non, tu rigoles…
Elle sourit et dit d’un air sincère.
- Je te jure ! c’est mon fiancé.
- Mais il est vieux…
- Pas si vieux ! il a 57ans.
- 57ans ? puis en fermant le livre, t’as à peine 21ans.
Elle posa ses douces mains sur les miennes puis en me bornant d’un regard ferme.
- Ce ne sont pas tes ognons ! c’est ma vie, je fais ce que je veux.
- C’est ce que j’appelle une tentative de suicide…
Elle me coupa la parole, en haussant la voix de colère.
- C’est un homme très riche. Avec lui, je nagerai dans l’opulence, je ferai tant de voyages et je vivrai comme une princesse !
Je laissai un rire m’emporter et je poursuivais.
- Alors c’est pour l’argent...
- Ce n’est pas uniquement pour l’argent ! c’est un homme bien que j’aime.
En la cernant d’un regard jaloux.
- Est-ce que t’es amoureuse de lui ?
Elle me regarda bizarrement un long moment puis en croisant les bras.
- Ça ne te regarde pas ! et puis l’amour n’est pas toujours la source du bonheur !
En riant silencieusement, je continuai.
- Vas-y alors, marie-toi.
Elle ria et dit.
- Je n’attends pas ta bénédiction pour le faire ! et en me tenant par le menton, tu te prends pour qui ? hein, pour ma copine ?
- Non ce n’est pas ….
Elle me coupa la parole agressivement, en me jetant un regard si vilain.
- Écoute, même si j’étais encore lesbienne, je ne sortirais pas avec toi.
Et en bloquant ma tête entre ses mains.
- T’es pas mon type !

jeudi 11 mars 2010

Entre filles: épisode7: Espionnage

Publié par bella_ragatsa à 06:24 4 commentaires

Nul ne peut comprendre les signes du cœur ; ses battement très forts, ses pincements douloureux par moment. Le cœur, était toujours symbolisé source d’amour et de passion, alors qu’en vrai, ce n’est est un organe creux et musculaire qui assure la circulation du sang en pompant le sang par des contractions rythmiques vers les vaisseaux sanguins et les cavités du corps. On dit aussi, que le cerveau symbolise la raison, la rationalité alors que c’est un organe du système nerveux central traitant les informations en provenance des sens, contrôle de nombreuses fonctions du corps, dont la motricité volontaire, et constitue le siège des fonctions cognitives de l’esprit telles que le raisonnement, les décisions, la perception. Tout se passe en haut, amour, haine, réflexion, calcul. C’est le système nerveux, le vrai chef d’orchestre, c’est lui, qui détient la recette magique d’amour.
Comme on croyait avant à la beauté incontournable de la lune, qu’en vrai, n’est qu’un satellite naturel orbitant autour de la terre, grisâtre avec des cavités et des cratères, partout, comme un défiguré, le cœur était et il est encore, le plus beau organe aux yeux de tous.
Pourquoi cette petite introduction ? Ben, parce que, j’étais en bonne humeur, cet après midi, et que la révélation de ma copine, m’avait chagrinée, à telle point que ma gaieté s’est colorée d’une acrimonie.
Le pire, ce que ma copine, l’a remarqué. C’était une fille, qui avait le sens d’observation. Elle croisa les bras et me dit d’un air soupçonneux.
- Qu’est ce qui se passe ?
- Rien ! dis-je, d’une voix lugubre.
Ce fut en effet, la première fois où je découvris que j’avais des sentiments pour Amira, des sentiments que je n’ai pu cacher. C’était mon point faible, je ne pouvais pas dissimuler mon émotion, même si je fais l’effort, de me passer pour impassible, mes yeux, me trahissaient tout le temps, en dévoilant mon vrai état d’âme.
C’était d’ailleurs, l’époque où des problèmes de couple commencèrent à faire leur humble appariation. Quand on est en couple, on a des devoirs à faire, surtout coté sexe.
Après un mois exactement de ma relation avec Ilhem, elle ne cachait pas son désir de coucher avec moi. Elle était très compréhensive et patiente avec moi, car avec ses ex, c’est à partir de la deuxième semaine de relation qu’elles ont commencé un cycle sexuel actif.
Et comme j’étais nouvelle dans le monde de lesbianisme, elle a voulu me laisser prendre tout le temps nécessaire, pour me préparer psychologiquement à enjamber la vie intime.
Un soir, elle m’invitait chez elle pour passer la nuit ensemble. C’était une invitation claire et nette, pour faire l’amour, mais je prétendais avoir un examen le lendemain de bonne heure pour m’absenter. Le lendemain soir aussi, elle me téléphonait pour la même raison, et je prétendais avoir la diarrhée depuis le matin, suite à un sandwich que j’ai mangé à la faculté.
Après cela, elle ne me parla pas pendant deux jours, et je ne faisais même pas l’effort de la rappeler pour voir si elle allait bien. Je me contentai de la biper, comme quoi, je pense à toi. Mais elle ne répondait pas à mes bips.
À la fin de la semaine, elle m’envoyait un sms, pour me dire qu’elle m’en voulait à mort, et que c’est manifeste que je ne l’aime pas et que j’aurai dû, le lui dire, au lieu qu’elle perde son temps, avec une peureuse et hypocrite.
Au lieu d’être honnête et sincère avec elle, je mentais bien évidemment. J’avais un bonus dans mon gsm, et je passais une heure à lui parler par téléphone, à lui expliquer, que je suis timide et que c’est ma première fois et que je ne suis pas encore prête pour avoir des relations sexuelles avec elle.
Bien évidemment, je m’attendais à ce qu’elle me pardonnait et que tout revenait comme avant. Mais à ma surprise, elle se taisait puis d’une voix frileuse.
- Ok, alors prends ton temps, quant à moi je vais me chercher une vraie lesbienne pour sortir avec !
Là, la face pâle, je criai.
- C’est parce que je refuse de coucher avec toi, que tu me largues ?
Elle ria doucement, et me répondit.
- Je ne veux pas te mentir, mais j’adore le sexe ! et le sexe est crucial dans un couple et tant que tu ne veux pas coucher avec moi, on fera mieux de rester amies.
- Je n’ai pas dit que je ne veux pas coucher avec toi, j’ai seulement dit que je ne suis pas prête…
Elle me coupa la parole, en criant nerveusement.
- Quand on aime quelqu’un franchement, on est toujours prêt à faire l’amour avec lui, mais quand on hésite, c’est qu’il y a un problème et dans votre cas ma chère, soit tu n’as pas de sentiments pour moi, soit t’es pas vraiment lesbienne !
Puis avec une certaine amertume.
- Je ne sais pas pourquoi je ne tombe que sur des hétéros…
- Je ne suis pas hétéro, je suis lesbienne !
- Lesbienne de mon cul, ouais !
Et raccrocha sans me laisser le temps de m’expliquer, et ce fut par la suite, la première fille qui me largue après un mois de relation, sans échanger même un baiser en amoureux.
Je n’étais pas très touchée par ma rupture. D’ailleurs, trois jours plus tard, comme une prédatrice, je ne faisais que surveiller en secret Amira, du loin, à l’étoile du nord. Elle venait souvent, avec un groupe d’amis hétéro, tous étudiants aux beaux arts du Tunis, y compris elle.
Ils rigolaient tout le temps, bombardaient la cafétéria avec leurs rires volumineux, et parfois, même, rendaient l’endroit, un vrai cabaret. Un membre de sa bande, un mec barbu, mais non pieux avec une natte, apportait le plus souvent une darbouka avec lui, et se mettaient, tous, à faire la fête. Et bien sûr, la reine de danse, Amira, était toujours la première qui se mit à danser et à applaudir.
À la voir aussi disjonctée, fofolle et farfelue, on ne peut croire qu’une telle fille, serait pour bientôt une femme mariée, dans une relation mature.
Tant de curiosité m’avait hantée concernant son fiancé. Les questions me démangeraient jours et nuits. Je voulais découvrir l’homme qui a pu conquérir son cœur, et l’assagir.
Et sans vraiment me rendre compte, je ne faisais de mes journées que la suivre partout où elle allait, et je faisais attention à ce qu’elle ne me voyait pas.
Ce qui me rendait de plus en plus perplexe, c’est qu’elle était toujours accompagnée de cette bande de voyous de sa faculté et je n’ai eu jamais la chance de la voir, assise seule avec un homme, avec son prince charmant. Et c’était vraiment très bizarre, surtout qu’ils étaient fiancés et qu’ils préparaient leur mariage, qui serait fêté dans trois mois grand max.
Un jour c’était un mercredi, vers 19h, j’étais comme d’habitude assise à distance de trois tables d’eux, près de l’entrée des toilettes des filles. Et je ne sais pas comment, en tournant la tête, par hasard, elle m’avait repéré, malgré que la cafétéria fût très peuplée ce jour-là, suite à un match de foot de l’équipe nationale contre une équipe de l’Afrique centrale.
Elle me faisait signe avec la main, comme réaction, je baissais la tête et je faisais semblant de lacer mes chaussures. Après cinq minutes, en levant la tête, je vis un beau corps féminin très sexy, debout face à moi et en cherchant le visage, je découvris celui d’Amira, les mains autour de la taille et le sourire démesurément large.
- Qu’est ce que tu fais ici, toute seule ?
- Je viens toujours boire un café, à cette heure là !
En me tenant le bras, elle me dit.
- Viens te joindre à nous !
- Je… je ne veux pas vous gêner !
Elle me pinça doucement de ma joue et dit.
- Mais non, arrête de raisonner comme ça, salope !
En fait, salope, pétasse, connasse, n’étaient pas employés par Amira en tant qu’insultes, mais c’était sa façon de montrer son affection, à ses copines qu’elle aimait bien, et heureusement pour moi, j’avais le privilège, d’être l’une d’elles. La preuve, en me présentant à sa bande de looser, elle cria.
- Je vous présente, ma salope préférée Yasmine !
Le barbu à la natte noire s’écria en ricanant.
- Salut la salope préférée d’Amira !
Amira, se mit à le tirer de sa natte, comme quoi pour le grogner en disant.
- C’est moi uniquement qui lui dit ma salope, compris ?
En essayant de se débarrasser de sa main, il cria en riant.
- Ok, ok ! arrête maintenant, laisse ma pauvre natte !
Elle la relâcha finalement s’assit face à lui, me tira par la main, pour s’asseoir près d’elle puis me dit.
- C’est Hikmet, le grand connard à la natte noire ! et en riant, on le surnomme à la faculté « Ranma » ! tu connais la série Ranma1/2 ?
En souriant, embarrassée par les regards inquisiteurs de ses copains.
- Oui, je l’ai regardé avant sur Mangas !
- Moi aussi, j’adore ! disait-elle.
Puis elle mit à me présenter le reste du groupe. Et au bout d’une demi-heure, elle oublia ma présence et se mettait à parler et à rigoler avec ses copains et ses copines.
Comme je commençais à me lasser, je vidai mon verre de jus que j’ai apporté avec moi de l’autre table et je disais.
- J’ai entendu parler que t’es fiancée, toutes mes félicitations !
- Merci ! murmura-t-elle sans me quitter de ses yeux.
Et là, Hikmet jouant avec sa natte, se mit à rire et en faisant une œillade à Amira.
- Je t’avais dit que c’est pour ça qu’elle. Et se taisait en riant silencieusement, puis répliqua en tendant sa main ouverte à Amira, allez, j’ai gagné le pari, alors où sont mes 10dinars ?
- Attend, je veux m’assurer tout d’abord ! dit-elle en souriant.
Comme je ne comprenais rien à leur minable jeu d’insinuation je me demandai d’une voix perturbée.
- Qu’est ce qui se passe ? vous parlez de moi ou quoi ?
Elle s’accouda sur la table, puis en me regardant un long moment.
- Mes amis et moi, aimerons savoir pourquoi tu nous suis partout où on allait !

dimanche 7 mars 2010

Entre filles: épisode 6: Smack

Publié par bella_ragatsa à 15:18 2 commentaires

En couple, il n’y pas de différence entre une fille lesbienne et une autre hétéro. Elles sont toutes des tigresses, quand il s’agit de garder l’amoureux. Mais chez nous les lesbiennes, les bagarres sont des séances de mise au point. Deux filles hétéro, quand elles se disputent, n’évoquent presque jamais le nombre de mecs avec qui elles ont eu des rapports sexuels. Chez nous c’est une fierté, surtout, que les filles lesbiennes qui s’affichent sont en nombre restreint., et par conséquent deux filles sur trois, couchent avec les même filles de son ex.
C’était un simple jeu, à vrai dire pour s’amuser, mais il a viré à cause d’un Smack , au cauchemar. À la différence d’un bisou, le smack est accompagné du bruit, des lèvres quand elles se renferment sur ses similaires et s’ouvrent par la suite. Pourquoi le bruit ? C’est pour montrer que ça n’a rien de sensuel, et que c’est à titre amical pour s’amuser.
Mais pour Ilhem, un bisou amoureux était lui-même un smack amical. Tant que sa copine soit touchée par les lèvres, d’une autre prédatrice, c’est la guerre.
Par conséquent, elle devenait dans tous ses états surtout qu’on a jamais échangé un baiser amoureux. Comment tolérer ce qu’on n’a pas gouté à autrui ? Étant égoïste par nature, nous les humains, on n’aime pas le partage surement pas dans les histoires de cœur.
Du coup, Ilhem, saisissait la bouteille, et d’un geste violent la fit tourner.
- Bon, tu choisis une autre !
Là, Hana, arrêta la bouteille de son bras musclé, elle faisait d’ailleurs de la musculation dans une salle de sport, et prenait même de la créatine. Hey, faites gaffes les garçons, elle avait vraiment des biceps durs. Et une fois, venant de sortir de la salle de gym, avec une fille qu’elle venait de connaitre pendant son entrainement, se faisait draguer par deux voyous du coin. À vrai dire, ils ne la draguait pas elle mais sa meuf, parce que Hana, du loin ressemblait plus à un mec qu’à une fille, toujours des jeans larges d’hommes, une chemise et une veste noire qu’elle empruntait souvent à son grand frère. C’est pour cela qu’elle était plus connue sous le surnom « Abdelmajid » que son vraie nom.
- Hey, beauté , tu veux pas deux vrais mecs ?
Se douter de la virilité de « Abdelmajid » fut un crime impardonnable, qui méritait la peine de mort. Elle n’était surement pas dotée d’un pénis, mais elle était loin d’être une femmelette. Comme un mec qu’on provoque lorsqu’on le traite de ne pas être digne d’avoir les bijoux de famille, elle enleva sa veste, la jeta dans les bras de sa copine, puis s’approcha de l’un d’eux, qui était plus petit qu’elle de taille. « Abdelmajid » était une fille costaude, d’un mètre 80.
- Qui sont les vrais mecs, couillon ?
Et sans lui donner le temps de se défendre , elle le fixa de ses bras, à le clouer par terre, et lui donna un coup de tête sec, à la façon d’un catcheur. Le pauvre, tomba tout de suite « raide mort ». L’autre, se pencha par terre, avec l’intention de saisir une pierre, mais elle fut plus rapide , en lui donnant un coup de pied agressif, directement dans le ventre, et il eut le même sort que l’autre victime. Parfois, les mecs peuvent devenir les victimes d’une agression physique, et vous avez bien sûr la preuve.
Revenant au cœur du sujet, comme un juge objectif , Hana s’écria, d’un ton ferme.

- No way ! ce sont les règles de jeu ! et en serrant sans aucune finesse, Amira de son cou. Allez, ma grande, faites nous un joli smack !
- Ferme la, Abdelmajid, ok ?
Hana, se leva d’un bond, puis en injectant ma copine d’un regard sacripant.
- Si t’étais un mec, je t’aurais cassé la figure, pour ta dernière phrase !
- Heureusement que je suis une fille ! puis en me tirant par la main, alors tu viens ?
Comme une conne, je me demande.
- Où ça ?
- On quitte ce putain d’appart !
Amira là, se leva à son tour et s’écria.
- Mon jour d’anniv , tu dis que j’ai un putain d’appart ?
Ilhem, sourit et reprit en se moquant.
- C’est juste une fête comme les autres, ce n’est pas la date de ton anniv !
En secouant ses épaules.
- Quand même, on est sensé faire comme si c’était mon anniv.
Et Hana, interfère à nouveau dans la conversation.
- Allez ! ce n’est qu’un smack, les filles, c’est pour le fun !
- Pourquoi t’es si obsédée par le smack ! intervenait Khawla, l’hôtesse de l’air, et en essayant de calmer les filles, oublions-le et continuons le jeu !
C’est là, que le simple acharnement devenait une véritable mise au point.
- C’est parce que j’ai refusé de sortir avec elle, au passé ! disait Ilhem, les mains autour de sa taille.
- Pardon ? intervenait Hana, en s’approchant d’elle. Quand ça ? si tu me rappelles la date s’il te plait ?
- Il y a deux ans dans les toilettes des filles, à l’ancienne boite qu’on fréquentait. Et en haussant la voix pour la provoquer, on était seule aux vestiaires, et tu t’es mise à te frotter contre moi ! puis tu as tenté même de m’arracher un baiser !
Intimidée, Hana disait d’une voix perturbée.
- J’étais surement bourrée pour le faire ! et en l’insultant à sa manière, si tu n’avais pas l’allure d’une pute, avec ton jean serré taille basse et le string apparent , je ne serai pas tentée !
Ilhem, les yeux rouges de colère hurla.
- Oui, j’aurai pas dû le faire surtout qu’on avait un mec avec une montée de testostérone comme « Abdelmajid » !
Et là, une fille qui ne cessait de boire des bières depuis le début de cette soirée catastrophique.
- Salope ! tu me trompais alors qu’on sortait ensemble ?
- Tout le monde commet des fautes ! disait Hana, perturbée, puis voulant se venger, est ce que vous savez les filles, qu’Ilhem s’est fait virée une fois de l’étoile du nord, parce que des pauvres filles hétéro et vulnérables l’ont vu, embrasser une autre fille dans les toilettes des filles ? et en riant, c’est depuis son scandale, qu’ils ont placé des caméras de surveillance à l’entrée des toilettes des filles !
- Tu vas me le payer, salope ! disait Ilhem en me tenant par la main.
Mais, Hana, ne s’arrêta pas là. Dès qu’on s’approcha de la porte , elle hurla d’une voix haute.
- Elle ne veut peut être pas que les deux filles qu’elle aime, s’embrassent !
- Qu’est ce que tu veux dire par là, « Abdelamjid » ?se demanda son ex tenant la bière.
Amira, devenait rouge, et Ilhem aussi, jusqu’à ce que Hana continua.
- Vous ne savez pas qu’Amira et Ilhem, sortaient ensemble à l’époque ?
Et en éclatant de rire.
- Elle était tellement nulle au lit, apparemment qu’après leur rupture, Amira est redevenue hétéro !
Emportée par sa colère, Ilhem courut vers Hana, avec l’intention de sauter sur elle pour la frapper. Mais les filles interviennent pour mettre terme à cette bagarre.
Voilà, donc à cause d’un putain de smack, deux nouvelles ennemies firent leur manifeste apparition dans la communauté ; la tigresse Ilhem VS le bison « Abdelmajid ».
Cependant, c’était loin de finir ainsi. Pendant tout le trajet , on s’est pas parlé. Je voulais pas la frustrer encore plus. La manière avec la quelle, elle s’est emportée en défiant Hana et en sautant sur elle pour lui casser la figure, était largement suffisante pour que je comprenne qu’elle aimait beaucoup Amira à l’époque, mais ce que j’ignorai c’est si elle avait encore des sentiments pour elle.
Vers 2H30, en me contactant sur mon compte de lesbienne de Face book, la dispute était encore en cours d’exécution. Dès que les deux filles, revenaient à leur domicile, elles faisaient une partie d’insultes et de grossièretés , chacune laissant des vulgarités sur le mur de l’autre et finissait par la supprimer, après avoir lui dit ses quatre vérités, de sa liste d’amis.
Le lendemain, elle m’appela vers 12h. Et on se voyait à l’étoile du nord deux heures après. Elle était calme, me souriait et me parlait comme si elle avait oublié la grande dispute du jour précédant. Ilhem, se mettait à me parler de tout et de rien, et puis de son plein grès, elle parla de Hana.
- Écoute, c’est une pute et une sale gouine ! et je ne veux plus que tu lui parles !
En fait, c’était pas la seule fille qui m’a demandé de ne pas parler à une ennemie. Dans notre monde de lesbianisme, il ne faut jamais adresser la parole aux ennemies de notre bien aimée, mais aussi il faut se lier d’amitié même si c’est temporairement à son cercle d’amis , ce fut la deuxième règle que j’ai apprise.
Et puis , elle seule aussi, évoque le sujet d’Amira en me disant.
- Je veux pas mentir ! c’est vrai, il y a deux ans, j’étais amoureuse d’Amira ! elle n’était pas lesbienne ! et en secouant les épaules, mais tu vois, on se voyait assez souvent, et on a fini par sortir ensemble ! mais, au lit c’était autre chose ! elle ne voulait pas coucher avec moi ! elle prétendait qu’elle était amoureuse de moi mentalement, mais qu’au niveau de physique elle était attirée par les mecs ! et donc on a décidé de rester amies !
Je me taisais un long moment et je me demandais.
- Je vois, mais c’est bien que vous êtes devenues les meilleures amies du monde ! et songeant encore à Amira, et elle sort avec un garçon, je suppose ?
Elle buvait de son jus d’orange et me répondit, calmement.
- Elle est fiancée depuis un an, et se mariera ce printemps !

lundi 1 mars 2010

Enre filles: épisode5: A party!

Publié par bella_ragatsa à 17:06 2 commentaires

Depuis ce jour là, je me ne suis pas vraiment arrivée à fermer l’œil. J’étais contente, aux anges. Je croyais que c’était l’un de mes rêves fantastiques, roses. Enfin, j’aurai le privilège de sortir avec une fille, de faire un pas grandiose dans le monde de lesbianisme, de vivre ma vie comme je l’ai toujours souhaité sans pouvoir m’imprégner dans ce petit monde discret et spécial.
Je n’éprouvais plus le besoin de me cacher, ou même de jouer à l’hypocrite avec mon copain. Dès le lendemain, je lui laissai un message sur son GSM. Pour la première fois de ma vie, je pris mon courage à deux mains, et je tapai ce qui suit « Fahmi, je suis désolée, mais je veux rompre ». Que c’était facile de le taper ! Le dire en face, serait surement hargneux. Mais bon, c’était à la manière de ma mère quand elle a largué mon père. Elle n’a pas pris la peine d’attendre le soir, quand il serait rentré. Dès le matin, après avoir lui fait la bise, comme si tout allait bien. Elle faisait toutes ses valises, comme pour quitter définitivement notre maison ou plutôt notre ancienne maison, puisque elle fut vendue deux mois exactement après leur divorce. En tout cas, je me souviens très bien de ce jour là, il y avait une grève pour la cause palestinienne dans la rue, la plupart des manifestants étaient des lycéens du lycée Taher Sfar, et du lycée des garçons, mais entre parenthèses, ils participaient dans cette manifestation pour sécher les cours et non pour se faire entendre au nom de la solidarité, ça me fait rappeler d’ailleurs les jeunes syndics de notre faculté, qui se prenaient pour superman, qui ne cessaient de répéter dans un discours à deux balles, qu’ils représentaient la voix des étudiants mais en vérité, ils parlaient en utilisant toujours la troisième personne du pluriel alors qu’ils ne cherchaient que leur propre bien et pourquoi pas se faire remarquer pour arracher n’importe quel poste politique.
Je sais je suis une grande gueule et je change souvent de sujet. En bref, en m’approchant de ma mère, je croyais qu’elle comptait faire un voyage. Elle avait la fâcheuse manie toujours de nous annoncer son intention de prendre de l’air à la dernière minute.
- Alors ou comptes-tu aller cette fois-ci ?
Elle me caressa le visage, tout en pliant une dernière robe.
- Je vais chez ma mère !
- Et pourquoi toutes ces valises ?
Elle ferma la valise, puis en me fixant d’un regard profond.
- Je vais passer quelques jours chez elle !
- Quelques jours avec la moitié de ta garde robes ?
- Yasmine, fiche moi la paix !
Puis me poussa doucement de la paume de sa main, porta les deux valises prêtes et descendit l’escalier. C’est uniquement le soir, quand mon papa rentra, tard pour la première fois que je saurai la vraie raison. Il s’arrêta devant sa chambre, l’expression du chagrin envahissant son visage et me disait d’une voix émue.
- Ta mère veut le divorce ! et en riant, elle n’a même pas pris la peine de me le dire en face, et en sortant une bouteille de vin d’un sac qu’il a ramené avec lui, c’est ma belle mère qui me l’a dit, et en buvant une bonne gorgée, heureusement qu’elle est fille de bonne famille !
Après il s’enferma dans sa chambre. Je l’entendis pleurer un petit quart d’heure, puis un silence régna et sa mélodie de renflement prit la relève. Il buvait surement en même temps, en mélangeant le gout fort du vin à l’amertume qu’il ressentait, car j’ai trouvé dès le lendemain la bouteille toute vide sous le lit.
Voilà, donc en récapitulant, on n’hérite pas uniquement des gènes mais des comportements, et voilà un aspect que j’ai eu de ma mère, mettre terme à une relation en douce.
C’est ce que je croyais en tout cas. Mais Fahmi, n’était pas prêt à me lâcher. Dès le lendemain, il ne faisait que m’appeler sans arrêt mais je ne répondais pas. Et même pendant mon premier rancard à l’étoile du Nord, mon cellulaire ne cessait de vibrer. Ilhem, me dévisageait d’un regard séducteur et comme elle remarqua mon GSM qui faisait des minuscules sursauts sur la table, elle parla.
- C’est lui encore ?
Honteuse, et en fixant le gsm sur la table d’un geste d’énervement.
- Oui, il me fait chier !
En buvant, tout en tenant la paille.
- Il n’est pas prêt à te lâcher, il est surement amoureux de toi !
- Oui, mais moi, je ne le suis pas !
- Dis le lui !
En cliquant sur les nerfs sur le bouton raccrocher.
- Je lui ai envoyé un message !
Elle laissa, un super sourire gagner sa face, et reprit.
- Ma puce, il faut toujours faire les choses en face ! un simple message, ne suffit pas pour rompre ! et en me caressant la main, surtout pas quand ton copain, est amoureux de toi !
- Ce n’est pas mon copain, je ne l’aime pas, c’était juste…
En allumant une cigarette, elle me coupa la parole.
- Je sais, je sais, pour sauver les apparences ! et en me faisant une œillade, la plupart des lesbiennes ont passé par cette étape !
Puis en me caressant la main tendrement.
- Alors t’as déjà embrassé une fille ?
Les joues toutes rouges.
- Non, jamais !
Elle plongea son regard dans le mien, et reprit.
- Je serai donc honorée d’être ta première et ta professeur of art of kissing !
- Art of kissing ?
Pour clarifier, Ilhem était une étudiante d’anglais, c’est pour cela, qu’elle aimait tant déployer des mots anglophones, pourtant elle n’était pas brillante à la faculté, mais vous savez, surement les filles « in », et tout ce qu’elles font pour se démarquer y compris au niveau du langage.
Pendant une heure et demie, elle ne faisait que me parler de son ex qui l’a larguée pour se mettre en couple avec l’ex d’une ancienne ex à elle, qu’elle a connu sur Face Book. À maintes reprises, j’avais envie de crier « hey ! J’en ai ras le bol, parlons d’autre chose ! », Mais comme je fus lâche, je voilais ma colère par un sourire de sadique. Et ce fut par la suite ma première leçon du lesbianisme.
Règle numéro1 : ne jamais sortir avec une lesbienne qui vient de rompre avec son ex !
Je n’ai compris manifestement cette règle d’or qu’après quelques mois passés et vécus au sein de ma nouvelle communauté.
Mais que j’étais heureuse, lorsqu’elle finit par déchiffrer mon sourire à double sens. Elle, vida son verre de jus de fraise et me dit.
- Je suis désolée ! je sais que je parle trop d’elle ! mais c’est uniquement parce qu’elle m’a laissé pour l’ex de mon ex !
Puis en caressant ma main à nouveau.
- Alors, ça te dit a party ?
Les yeux grands ouverts.
- Pardon ?
- A party ! a lesbian party, chez une amie à moi, qui fête son anniversaire !
L’idée m’avait tellement excitée surtout quand elle ajouta qu’il y aurait plein de lesbiennes et bisexuelles, dans l’appartement de sa copine.
Le soir donc vers 22h, accompagnée de ma nouvelles copine, on s’arrêta devant un bel appartement à Menzah 6.
J’étais aux anges, voilà comment en deux mots je me décris. La main dans la main avec Ilhem, et le cœur battant. Elle frappa à la porte. Et à ma surprise, la personne qui nous ouvrira la porte fut sa copine de l’autre soirée disjonctée à ButterFly Gammarth ; la fille qui m’a ensorcelée, Amira, la reine de danse.
Elle faisait la bise à ma copine, me regarda du coin de l’œil et me fit une bise rapide. Puis d’un geste avec la main nous demanda d’entrer.
En chuchotant dans l’oreille d’Ilhem.
- Pourquoi tu ne m’as pas dit qu’elle serait là ?
Elle s’arrêta en face de moi, et en me regardant bizarrement.
- Ça te fait un problème, sa présence ?
En secouant les épaules, perturbée, tout en cherchant Amira de regard.
- Non, mais t’aurais du me le dire, quand même !
Elle me tapota sur l’épaule droit et en rigolant.
- De toute façon, c’est son anniversaire et son appartement !
Puis me poussa des deux bras, vers l’avant.
- Bon, voilà la bande !
En quittant le hall, je dévisageai une dizaine de filles, assises sur des matelas par terre dans le petit salon. Une fille sur deux, tenant une bière, et me fixaient, toutes, d’un regard à la fois bienveillant et inquisiteur. Et j’ai pu repéré, deux couples au moins, puisqu’elles n’avaient aucun complexe à s’embrasser sur la bouche devant le reste des invitées. Ilhem, me tenant par la main, fièrement, me présenta aux filles.
- Hey, girls ! je vous présente ma nouvelle copine Yasmine !
La bande de filles, me sourit. Quelques unes me faisaient un coucou doux avec la main, émanant d’une certaine sympathie. Et une au look garçon manqué, m’adressa la parole.
- Je t’ai pas vu avant !
Ilhem, rigolant comme d’habitude en me serrant fortement dans ses bras.
- C’est une nouvelle !
- Hum, on doit fêter donc son coming out !
Elle posa ses douces mains autour de ma taille, et en chatouillant mon nez avec le sien.
- Je le ferai à ma façon !
Pendant ce temps là, Amira, ouvra une bière, après avoir assistée attentivement au petit câlin et s’assit cote à cote avec la fille masculine qui m’a adressé la parole.
Tout de suite après, Ilhem, s’assit sur un matelas à deux pas de la télé, et me tira par la main en me disant.
- Viens t’asseoir près de moi, ou sur mes jambes si tu veux !
En rigolant, tout en m’asseyant près d’elle.
- Je pèse 61kg, je crains t’écraser !
Elle se mit à rire et en m’embrassant.
- Non t’inquiète, je suis costaude !
Puis Amira, nous interrompit en parlant à haute voix à tout le monde.
- Hey , les filles, et si on joue à action vérité !
- Bonne idée ! s’écria Ilhem, j’adore ce jeu !
Puis uniquement sept filles, des invitées faisaient un grand cercle, pour participer à ce jeu, tandis que, les deux couples restent sur la même position, s’embrassant sur les lèvres, comme si elles étaient dans une course de qui passe plus de temps collés aux lèvres de son amoureuse.
L’animatrice, du jeu, était la fille masculine, qui s’appelait Hana, et c’était elle aussi qui modifiait les règles de jeu à sa guise et attribuait aux participantes, si elles devraient répondre à une question ou effectuer une action. Pour ma part, j’étais plutôt dans la première catégorie, quant à Amira, la pauvre, elle devait obéir aux ordres.
Ilhem, donc entama, le jeu en s’adressant à Hana.
- La dernière fois où tu as fait l’amour !
- Il y a trois jours !
Toutes les filles, à la fois.
- Ouah ! avec qui ? t’es pas célibataire ?
Elle ria, et répondit.
- C’était un coup d’un soir !
Puis à tour de rôle chacune jouait jusqu’à arriver à Amira qu’après avoir posé une question coquine, à une participante, gouta à la vengeance de son adversaire, une bisexuelle, travaillant comme hôtesse de l’air.
- Ok ! tu dois embrasser une fille !
- Non ! je ne ferai pas ça ! disait Amira, en croisant les bras.
Hana, riant.
- Ce sont les règles de jeu !
Puis saisit une bouteille et la fi tourner par terre, à l’intérieur du petit cercle formé par nos jambes collées l’une à l’autre . Après avoir fait trois rotations, la bouteille, me choisit. Hana, se mit à rire, et en tapotant Amira, en se moquant.
- Voilà, tu dois embrasser la meuf de ta meilleure amie !

jeudi 18 février 2010

Entre filles:épisode4: Ma première

Publié par bella_ragatsa à 13:14 2 commentaires

Après la mésaventure que j’ai vécue, je décidai de me comporter en « adulte ». Adulte pour moi, fut de raisonner avec mon cerveau et non mon cul ! Je croyais que mes pulsions envers les filles, étaient passagères, le fruit d’un vide affectif qu’aucun mec n’a pu remplir, y compris, mon petit ami.
Je me suis dit aussi que je demandai peut être trop du sexe opposé, que j’étais exigeante et que peut être en étant plus tolérante, j’arriverai à négliger certains « critères » qui furent fondamentaux pour moi ; romantisme, câlins et non baiser sauvages avec la langue, parce que beaucoup de mecs confondent une personne câline à une personne performante au lit, etc. nous les filles, on aime les caresses, les bisous, survolant, et qui ne font pas un long escale sur un même endroit, un bisou, chatouillant et effleurant des parties bien sensibles. En deux mot, un bisou qui émane du cœur et non des lèvres. Je vous casse la tête, je sais, je suis bien contente de moi.
Bon revenons au cœur du sujet. Après m’avoir vu dans un sale état, Fahmi s’est changé à mon égard. Je ne sais pas comment il a interprété ma tristesse et mes pleurs ce jour là. L’important, que dès le lendemain, un autre aspect de sa personnalité se manifesta ; un coté « In » et branché. Après deux mois de relation, et des rancards exclusivement dans des cafétérias et des endroits publics, que pendant le jour, nos rencontres prennent une nouvelle direction , les boites de nuit, et des soirées d’anniversaire, dans des villas de gens aisés, et se prolongent dans la durée jusqu’à l’aube parfois. Le pire, ce que je prenais du plaisir à veiller jusqu’à des heures tardives, une manie, qui m’est collée comme une puce jusqu’à présent.
Il se disait peut être que vu le décalage d’âge entre nous deux, et le caractère classique et ennuyeux de nos rancards, je m’éloignais de lui et qu’il ne ressentait plus la flamme de mon amour et mon dévouement, mais sincèrement, je ne lui ai jamais montrée une lueur d’amour. Je ne faisais qu’accepter ses sentiments, passivement sans une contre partie sentimentale. Et le drôle, ce qu’il était tellement aveuglé par mon amour, qu’il trouvait toujours une réponse à mon silence lorsqu’il me posait la question classique « est ce que tu m’aimes ? ». Il interprétait mon sourire, comme étant un je t’aime timide, et la rougeur de mes joues parfois, comme un je t’aime passionnel plus une envie de câlin, mais cette rougeur était héréditaire dans ma famille, et me donnait toujours l’allure d’une gamine, ou d’un grand bébé.
En conclusion, je ne sortais plus avec l’homme trentenaire, corps et âme, mais avec un jeune homme de 23ans, dans ses tenues vestimentaires, et avec une telle sophistication dans son comportement. Sa stratégie était claire pour moi, se plonger dans la peau d’un jeune pour me récupérer. Mais ce n’était pas la bonne stratégie pour moi. Je préférai du loin l’homme raisonnable, calme, classique dans ses habits, et reflétant avec authenticité ce qu’il était vraiment.
Mais grâce à sa métamorphose, j’ai réalisé un grand pas vers le monde de lesbianisme. Enfin, j’ai connu la catégorie branchée et libertine des lesbiennes de la capitale.
Comme je le disais, on devenait des clients fidèles d’une des boites de Gammart, les plus connues. Il était un bon ami au propriétaire de la boite, et bien dorloté par les serveurs, qui nous gâtaient avec les bières et les bouteilles de vodka. C’est avec lui aussi, que j’ai bu de l’alcool pour la première fois, et c’était à la suite de son admirable discours, quand il m’a demandé de boire et que j’ai refusé. Il m’a dit, les yeux rouges d’ivresse « une femme sexy pour moi, c’est une femme qui boit et qui fume ! Une femme qui ne l’est pas, est une femme ennuyeuse, complexée qui a un grand problème, et qui a besoin d’une mise à jour pour être à la page ! ».
Nul ne peut rester bras croisés, suite à un telle déclaration provocante. Comme riposte, je prenais une canette de bière, je la renversai dans mon verre, puis d’un seul coup, le liquide trouva son chemin vers mon estomac. C’était fort, sec et amer, mais pour lui montrer que je n’étais pas ennuyeuse ni complexée, je me suis efforcée à boire une deuxième et une troisième bière.
Puis au fil des jours, ça devenait une sorte de concurrence entre nous deux, de qui pourra boire un maximum de bières sans sombrer dans une ivresse profonde. Avec la pratique, j’ai gagné le pari et je devenais miss ivrogne par excellence.
Après une période dite d’ « observation participante », j’eus ma petite idée sur la petite tribu, dans laquelle je me suis immergée. Il y avait toujours sept à dix personnes, qui venaient constamment à cette boite, et sans leur présence je sentais comme si quelque chose manquait au décor intérieur de la boite. Parmi ces férus de veille et de danse, quatre, en particulier, m’intéressaient. Une petite bande de filles fofolles, sexy et ultra « in », c’était d’ailleurs, ce petit clan féminin, qui animait la boite avec leurs cris et leurs danses sensuelles et provocatrices, dans des robes super courtes et dénudés, qui mettaient en valeur des silhouettes divines de mannequins.
Elles étaient toutes hyper belles, deux blondes, l’une vraie et l’autre une fausse, et deux brunes, et c’était l’une des brunes, spécialement, qui m’ensorcelait à fond. Elle avait des yeux noisettes, à croquer, et un sourire divin, irrésistible, et qui était d’ailleurs la plus active sur la piste de danse. Et comme j’adorai la mater discrètement, de plus près, j’emmenai mon petit ami, d’un geste sensuel avec le bras, un « copier coller », en imitant la manière dont ma brune, invitait ses copines à danser quand elle entendit un morceau « spunk », pour m’approcher d’elle, et flairer son parfum, qui me rendait de plus en plus sous le charme.
Je m’arrêtai toujours là où elle se trouvait sur la piste, et je mis à danser en ignorant Fahmi, qui comme un coincé, se contentait de bouger sa partie supérieure, tout en laissant sa partie inférieure figée. Quant à moi, en calculant mes mouvements, je faisais tout en sorte que mes pas soient les plus possiblement proches des siennes et que mon regard suit toujours la trajectoire de ses yeux.
Après des longues tentatives de drague à la con, en essayant de lui dire tacitement « hey ! Je suis là ma jolie, regarde moi », mes efforts finissent par fructifier, et la fille en question, se rendait compte de ma présence, et enregistra ma frimousse dans sa mémoire visuelle.
Ce retard est certainement dû à l’état d’ivresse dans lequel , elle nageait , tout le temps et qui diminuait ses capacités de concentration et de mémorisation. Mais ça allait à merveille pour moi, puisqu’en cas où ça dérape et qu’elle ne s’avérait pas homosexuelle, elle ne se rappellerait de rien le lendemain.
Une fois, après avoir gagné son amitié de regards affectifs lointains, elle faisait le pas, et se mit audacieusement entre moi et mon copain sur la piste de danse, m’enlaça le cou avec ses bras et se mit à se tripoter contre moi. Ses respirations se mélangèrent avec les miennes, son nez effleura par moment le mien, et son regard me perça profondément, un regard charnel et de désir incontrôlable, qui, sans la contrainte de mon petit copain, debout prés de moi, souriant, pour cacher son mécontentement d’être délaissé, me donna envie de gouter à ses lèvres.
Puis ce moment de séduction mutuelle, prit fin par un geste jaloux de mon petit ami, qui me tira, agressivement par le bras, et me chuchota pour que je puisse l’entendre.
- Hey ! danse avec moi !
La fille, d’une voix capricieuse et super douce, lui jeta un regard de travers, et répondit, en poussant son bras.
- Non, elle danse avec moi ! puis en souriant, n’est ce pas ? puis en me demandant, tu t’appelles comment ?
- Yasmin !
- Moi, Amira !
- Enchantée Amira ! dis-je, les yeux vacillant de joie.
Se sentant à l’écart, comme un petit garçon capricieux et égoïste, il me tint la main, fortement et en la poussant odieusement avec la paume de l’autre main, il disait.
- Hey ! c’est ma meuf !
J’intervenais ici, sous l’emprise du charme, en hurlant.
- Oh ! mais lâche-moi Fahmi !
Pour étouffer sa colère et réprimer sa peine, il nous laissa finalement et s’assit autour de notre table, en buvant les bières les une après les autres, sans nous manquer d’un regard inquisiteur et possessif comme pour me rappeler qu’il était encore présent et qu’il n’avait pas encore perdu la partie.
Amira, comme si elle prenait un plaisir fou à le faire chier, m’invitait à leur table, en me tenant par la main, elle me présenta à ses copines, en disant.
- Hey, les filles, je vous présente Yasmin !
L’une d’elle en sortant de la fumée de ses narines, tout en buvant une gorgée de sa bière.
- Ah ! ce n’est pas la meuf du ringard ?
Puis les deux autres filles se mirent à rire. Je me sentais embarrassée mais je ne proférai le moindre mot jusqu’à ce Amira intervint en les grognant.
- Arrêtez ! c’est comme ça que vous lui souhaitez la bienvenue ?
- Désolée ! disait la fausse blonde, qui m’a provoqué en premier puis en me faisant une œillade, ben, c’est parce que t’es belle, et que tu mérites un beau gosse !
L’autre brune la tapota doucement sur son épaule , en rigolant.
- Mais arrête de la taquiner !
- Je ne la taquine pas, c’est la vérité ! puis en me dévisageant d’un regard avide, tu sais que t’es belle ?
Amira, se mit à rire puis s’écria.
- Arrête ilhem, tu veux l’apeurer ou quoi ?
- Quoi ? je n’ai pas le droit de m’exprimer ! dit-elle en fixant son regard sur ma poitrine.
Puis, en toute confiance en soi, Ilhem, m’attrapa le bras, et me disait.
- Alors si ça te tente on pourra se voir à l’étoile du nord demain !
Amira, ne put tenir un rire persiflant, puis dit.
- Hey ! tu n’es pas en train de la draguer là ?
- Ben je l’invite à boire un café avec moi ! disait Ilhem, en plongeant son regard dans le mien.
Puis, l’autre blonde, participa à la petite conversation amusante en taquinant Amira.
- C’est peut être Amira qui désire la draguer !
- Ferme la salope ! cria Amira, un peu angoissée.
Les trois filles se mirent à rire, puis Ilhem, en me caressant la main, reprenait.
- Moi je suis au moins une vraie lesbienne ! puis d’un air sérieux, enregistre mon numéro !
Puis elle sortit son cellulaire, et là, Amira, un peu sur les nerfs, me parla.
- Excusez-les, s’il te plait, elles sont bourrées et ne savent plus quoi dire !
- Non, c’est rien !
Au fond de moi, j’aurai voulu que ce soit elle qui me demande mon numéro, elle qui me drague et me caresse la main , mais malheureusement pour moi c’était sa copine. C’est vrai qu’elle n’était pas aussi belle qu’Amira à mes yeux, mais elle avait du charme , même si j’aimais pas beaucoup les blondes.
Mais comme une première expérience lesbienne, l’idée m’excita à mourir. Par conséquent, on échangea nos numéros, et on fixa un rendez vous à l’étoile du Nord, un café, qui avait la réputation d’être l’endroit favori, de la communauté LGBT tunisienne de la capitale.
Comme gênée, Amira ne put cacher sa mine fâchée suite à l’échange de numéros, mais elle ne faisait rien pour manifester sa colère, elle se taisait, et retourna sur la piste de danse en tirant par la main l’autre blonde, une façon peut être pour tenter de dissiper son mécontentement. Toutefois, elle n’était pas prête à jeter l’éponge. Malgré qu’Ilhem fût mon premier rancard homosexuel, Amira était ma première et la fille avec qui j’ai fait l’amour.

lundi 25 janvier 2010

Entre filles:épisode3: Choisir son camp!

Publié par bella_ragatsa à 06:07 0 commentaires

Personne ne souhaiterait être à ma place ce jour-là ; personne ça c’est sur ! Suivre les moindres mouvements de ses lèvres voluptueuses et brillantes comme de l’or dans un fleuve. De l’or dans un fleuve ? Ça devrait être le résidu d’un documentaire que j’ai vu sur Voyage, non, non, plutôt comme des fraises bien lavées, et mises sur une belle assiette bien présentable attendant capricieusement d’être dévorées par une bouche affamée, échappant de la misère d’un cerveau t’efforçant à bouffer en permanence des bananes et des patates. Des bananes et des patates ? Pff, oubliez ce que je viens de vous dire. De toute façon, comme si ma langue était bloquée au fond de ma gorge, je ne faisais que clignoter mes yeux, et sourire naïvement comme un vilain gamin qui se faisait avoir.
Puis la vue de mon petit ami, en tournant la tête, me fit encore engloutir dans un silence angoissant.
Sentant la colère brulant son beau regard, elle se redressa puis me dit.
- T’as perdu la langue ?
Et l’arrivée de mon petit ami, le regard inquisiteur et curieux, l’obligea à partir en me jetant un dernier coup d’œil désagréable et sacripant.
Il reprit sa place et le regard noyé dans une tourmente de questions.
- Ce n’est pas la fille de l’autre fois ?
- Non ce n’est pas elle ! dis-je en évitant de le regarder.
En attrapant ma main sérieusement, et d’un ton furieux.
- Je ne suis pas un con Yasmine ! qu'est-ce qui se passe entre vous deux et pourquoi elle est venue à notre table puis en me voyant elle est partie ?
- Rien ! je t’assure rien !
- OK ! c’est bon ! puis en se mettant debout, lève-toi, je vais te ramener chez toi !
- Mais on vient d’arriver ! dis-je, intimidée, surtout que toutes les têtes nous contournaient.
Il me serra la main à la briser, et en m’apostrophant, en jouant le rôle du mâle dominant.
- Suis-moi !
Dans la voiture, il n’osa même pas me regarder. Il fumait comme un train un bout de cigarette, et au moment où il la gara en face de l’immeuble où j’habitais.
- Bonne journée !
Étonnée de la façon douce qu’il il a employée pour me dire dégage, je poussais la porte puis en sautant de la voiture.
- Merci Fahmi !
Il ferma ma porte puis me regarda à travers brièvement et disparait si vite avec sa bagnole dans les entrailles de la capitale.
Comme une gourde, je restai un long moment sur place contemplant les voitures et les quelques camions bouchant la circulation. Toutefois, je n’étais pas triste, au contraire, très ravie, qu’il m’ait finalement libéré, enfin momentanément, car Fahmi n’était pas du genre qui perdait l’espoir aussi facilement, mais quand il s’énerve il préfère s’isoler, c’est mieux que manifester sa colère en cassant la gueule de sa partenaire.
Une fois à l’intérieur de mon appartement, je me jetai sur mon lit, les bras sous ma tête, et les yeux fixés sur le plafond, imaginant la fille de tout à l’heure et ses belles lèvres, délicieuses. Après un long moment de méditation fanatique, je revenais à mon insignifiant monde réel camouflé par l’hypocrite personne que j’étais devenue.
Tout ce que je voulais, fut être moi-même, je voulais plus mentir, plus m’investir dans cette comédie idéaliste de la fille hétérosexuelle modèle.
Et pourquoi je ne serai pas moi-même pour une fois ? Excitée par l’idée enflammée d’un cœur ne battant que pour les filles, je pris finalement la décision, de franchir la porte d’homosexualité, d’adhérer sans honte à mon véritable camp, et pour s’inscrire officiellement dans ce monde spécial, il fallait avoir un compte sur Netlog ou Face book.
Comme première étape, il fallait choisir un pseudonyme original, un surnom qui reflétait convenablement la personne que tu es. Une fois le surnom choisi, il fallait aussi réfléchir bien sur la photo de profil à télécharger, une photo qui hurle solennellement que t’es lesbienne.
Ce que j’étais tellement heureuse, au moment où j’ai tapé intéressée par les femmes. Pour la première fois de ma vie, j’arrivai à m’identifier, à trouver un sens à ma vie. Un sentiment de sureté et de soulagement m’avait envahi comme de l’extase.
Une fois le compte « Sapho Lesbika », crée, et la photo du drapeau multicolore de la fierté gay, choisie comme photo de profile, je me suis lancée dans la course de ce monde jusqu’ici ténébreux pour moi.
Comme j’étais nouvelle sur mon compte face book homosexuel, j’ai commencé à distribuer les demandes d’amitié un peu partout.
Que c’était aisé à mes yeux de le faire, en tapant dans la case rechercher le mot lesbienne, gouine, belle fille aimant les filles, et que ma joie était tellement immense de voir s’afficher des centaines de profiles où les mots clefs que j’ai employés apparurent.
Je me sentais une autre Yasmine, nouvellement née. Tout ce qu’il me restait à faire c’était sélectionner les comptes qui me paraissaient intéressants et attractifs. Et je me suis mise à ajouter tout profile affichant la photo d’une belle fille.
A l’instant où en bas de l’écran de ma page de Face book, un tout minuscule préambule rouge apparut pour m’annoncer que l’un des comptes que je venais d’ajouter, accepta mon amitié. Mon cœur se fit ébranlé par un tonnerre de joie et d’excitation.
Directement sans réfléchir mille fois, je cliquai sur son lien et je lui tapai un court message pour la remercier de m’avoir ajouté. Le temps, que je faisais un petit tour sur son profile, en examinant ses belles photos, sexy, je me suis dit qu’une telle beauté, sans le moindre défaut, ne serait intéressée par une fille, qui n’est pas extrêmement belle comme elle.
J’étais sur le point de décourager, lorsque « lesbienne Tahfouna barcha » me répondit finalement. Elle me demanda illico mon adresse MSN. Emportée par la joie, je lui filai mon MSN officiel
Une fois connectée, elle m’envoya une émoticône d’homme baisant sauvagement une fille. Et puis l’image de son profile, me dévoila le corps nu d’une belle femme.
Perturbée et frustrée, qu’elle s’exhibe de cette manière à une personne qu’elle connaissait à peine je tapai, gentiment.
- Pourquoi tu te montres nue ? On se connait à peine.
Elle me répondit rapidement.
- T’es pas lesbienne ?
- Si je le suis !
- Alors pourquoi tu me poses cette question ?
Puis elle m’envoya une invitation pour que j’ouvre ma caméra et me disait.
- Je veux te voir !
Naïvement, j’acceptai de démarrer ma caméra puis une fois en marche.
- T’es super belle !
Timide de recevoir un premier compliment de la part d’une fille, je souris et je disais.
- Je veux te voir aussi !
- OK !
Puis elle mit sa caméra en marche. Au début, je ne vis rien puis, dans une chambre légèrement éclairée, je vis un petit organe long, rougeâtre, et en enfonçant mes yeux sur l’écran, je constatai finalement que c’était un pénis en érection, se redressant de la braguette d’un gars qui s’ébranlait devant moi, en me montrant que sa partie inférieure.
Honteuse, dégoutée par cette vue exclusive d’une scène de masturbation masculine pornographique. Je coupai ma caméra, et la sienne et au moment où je cliquai sur le bouton droit cherchant l’icône supprimer pour effacer ce pervers de ma liste, il m’envoya un message désagréable manifestant sa colère de l’avoir interrompu en plein fantasme.
- Salope pourquoi t’as coupé la caméra ?
Sans prendre la peine de répondre et de participer à son sale jeu de crapule, d’un geste de répugnance, je le supprimai. J’étais choquée, écœurée, tellement intimidée par ma naïveté, que je décidai d’éteindre l’ordinateur, la lampe et de glisser sous la couette, pour dormir et tenter d’oublier la mésaventure honteuse qui m’était arrivée.
Vers 17heures, je me réveillai, et l’image du gars redressant son pénis ne put s’effacer de mon esprit. J’étais extrêmement dégoutée, et je regrettai dans un moment de détresse d’avoir créer un compte de lesbienne sur Face book.
Je me levai, et je décidai de me préparer un bon café chaud, question de me détendre et d’avoir les idées plus claires. Une fois préparé, je m’endossais dans mon lit et j’allumais l’ordinateur. Comme je l’ai éteint brusquement sans fermer les fenêtres que j’ai ouvertes tout à l’heure.
La page de Face Book s’ouvrit automatiquement, et je vis une dizaine de demande d’ajout à ma liste.
Par curiosité, je consultai ces demandes d’amitié, et d’un geste rancunier colérique, je mis à ignorer les demandes, jusqu’à m’arrêter sur une demande de provenance d’un compte d’homme, qui n’utilisait pas un pseudonyme, mais son vrai nom et mettait sa photo.
Rassurée et curieuse qu’il fit une demande d’ajout à une fille qui affichait clairement qu’elle était lesbienne, je l’acceptai. Et en une fraction de seconde, cet homme me parlait sur le chat de Face Book.
- Salut ! il me tapa en m’envoyant une émoticône qui sourit.
En buvant un peu de mon café, je tapai.
- Salut !
Et puis il resta un long moment tapant un paragraphe, qui s’affichait sur ma page cinq minutes plus tard pour me dire, que c’est honteux et déshonorant à l’égard de ma famille, de suivre la voie de perversion, que j’étais , en quelque sorte, malade, et que j’aurai besoin de l’aide d’un psychiatre sinon lui , il était bénévole pour jouer ce rôle, soi-disant par bonté de cœur, pour que je reprenne mon identité sexuelle.
Il me disait aussi que Dieu est miséricordieux, comme si je ne le savais pas, et que l’homosexualité est un péché suprême contre l’ordre établi par Dieu ; que le Coran la condamnait et que l’enfer m’attendait en cas où je ne suivis pas la voie de la raison, en épousant un homme et fondant une famille, comme le tout puissant le souhaitait.
Ne pouvant plus de ces montées de tensions, les pleurs couvrirent mes yeux et je fermai l’ordinateur et puis je m’éclatai en sanglot en essayant d’étouffer mes larmes sur mon oreiller.
Quelques minutes plus tard, la porte de mon appartement cria, et la vue de Fahmi debout, souriant tendrement et tenant une rose, me fit craquer encore plus alors je me jetai dans ses bras. En me serrant chaleureusement dans ses bras, il disait naïvement.
- Je suis désolée ma puce ! j’aurai pas dû me comporter aussi sévèrement avec toi ! j’étais jaloux et énervé, car je sentais que tu me négliges ?
Et en collant une bise sur mon front.
- Je te jure bébé, je ne te ferai plus de peine !

dimanche 20 décembre 2009

Entre filles:épisode2: Refuser ce qu'on est

Publié par bella_ragatsa à 06:14 0 commentaires

Ma situation familiale, délicate ne m’a pas suffisamment torturé comme la vraie torture qui m’a causé, mon refus de ce que je suis. Refuser d’admettre que j’étais homosexuelle, refuser d’avoir les yeux toujours, en quête d’une femelle, dans la rue, à la faculté, dans les cafétérias, les centres commerciaux, refuser de rêver tout le temps et de fantasmer sur des femmes.
À une époque, je pensais que c’était juste l’objet d’un fantasme, cette fixation mentale irraisonnée, pour assouvir une pulsion sexuelle, juste pour déguster l’interdit. Mais je me disais aussi que c’était tout à fait naturel de souhaiter de briser la censure sociale et religieuse à certains moments de notre vie ; de vouloir se rebeller, se défouler, juste pour se sentir libre, sentir humain, et non-esclave de toute une mentalité.
Mais que dire d’un fantasme qui ne s’éteignait jamais, et qui devenait de plus en plus intense et persistant, cette pulsion sexuelle, qui te dominait l’esprit et qui ne te laissait te concentrer, à chaque fois que je mets un cahier ou une polycopie sur les jambes, portant sur l’anatomie du corps féminin.
Cette excitation sexuelle, qui s’appointe aux vestiaires, de l’hôpital, quand je regardais des femmes médecins, des infirmières et même des collègues se changeaient, devant moi. Je baisse toujours la tête, en disant que c’est mal sain, de les percer de regard, mais malgré moi, les yeux se levèrent et dévorèrent chaque beauté dévoilée du corps de la femme, bien sculpté, bien fait, sans le moindre défaut, ce corps, qu’on prenait du plaisir à le découvrir chaque fois qu’on le voyait comme un cadeau.
Comme j’étudiais la médecine, j’étais consciente de l’impossibilité de ma guérison qu’il n’existait aucun remède pour ma sexualité ; qu’il était inutile de suivre un traitement psychologique ou autre pour repousser ces tentations incontrôlables, ces tentations qui s’aggravaient de plus en plus. Il m’arrivait même de vouloir sauter une fille, une fille qui me plaisait surtout lorsque je me trouvais seule avec une inconnue, sur l’ascenseur de l’immeuble où j’habitais à une heure tardive le soir, après avoir bu quelques verres gratuitement dans le restaurant où je chantai les weekends.
Et je ne sais pas comment je pouvais me retenir, c’est peut être le fait d’être femme, me fait revenir à la raison, car un homme à ma place, sous la colonisation d’une poussée de testostérone, ne tarderait pas une seconde à le faire.
Mais comme toute homosexuelle refusant son identité sexuelle, je votai pour la solution typique qu’on te conseillerait sans réfléchir ; « sortir avec le sexe opposé », pour essayer de s’auto guérir, d’être sur la bonne voie.
Pour se faire, à mes 20ans, c’était d’ailleurs, lors de ma première année en faculté, je décidai de sortir avec un gars, c’était le propriétaire de la buvette de la faculté. Un mec bien, poli, très gentil, qui ne cessait de me gâter en m’offrant toujours un plus, à ma commande ; une tablette de chocolat, une canette de soda, un croissant bien chaud, lorsque je descendais le matin à sa buvette et une bouteille d’eau lors du déjeuner.
C’était un type formidable, qui a la trentaine, bien foutu, et qui n’hésitait pas à manifester son dévouement pour moi, à chaque fois que je pénétrai sa petite buvette du rez- de- chaussée. D’ailleurs, toute la faculté était au courant pour la « love story » qui s’est imposée malgré moi, et j’ai fini par sortir avec lui ; après tout, je me disais que je ne perdais rien d’essayer avec lui, voir si avec lui une étincelle d’intérêt pour les hommes pourrait naître.
C’était un mec très généreux avec moi, qui m’emmenait toujours aux cafétérias et aux restaurants les plus branchés et les plus chers ; je ne sais pas s’il faisait ça uniquement par amour où il l’était par nature. Mais surtout, on se voyait dans une cafétéria, bien connue le Jasmin ; il me disait qu’il aimait bien l’endroit puisqu’il portait mon nom et qu’il aimait la qualité de service dedans.
Je prenais toujours un cocktail, et lui un café crème. Il était bavard, enfin, trop pour moi, c’est peut-être la conséquence d’être amoureux, qui le poussait à parler tout le temps, à vouloir s’exprimer sans cesse avec sa bien aimée.
Plus il prenait du plaisir à papoter plus je me taisais. Fahmi, avait tout dont rêvait une fille, un grand cœur, et du fric, il n’était même pas mal physiquement, quoi que je n’aimais pas trop son nez bien droit, ni le parfum qu’il mettait.
J’étais souvent présente avec lui physiquement, mais quasi absente mentalement, en buvant mon cocktail de fruit, je voyais toujours ses lèvres se remuer et ses mains, très activement mouvementées, puisqu’il parlait trop avec les mains. Et les yeux toujours, en quête d’une silhouette féminine, jusqu’au jour où mes yeux tombèrent sur une belle fille, assise toute seule, sans compagnon, autour de la table, juste avant la nôtre, et ça tombait bien puisqu’elle se trouvait sur le champ de ma vision. Elle avait mon âge, enfin, c’est ce qui me reflétait son corps et les traits de son visage, bien rond, ainsi que la lueur émanant de son regard.
Et je prenais un plaisir fou à la mater, et à suivre ses moindres gestes, jusqu’à ce que mon compagnon remarque ma divagation.
- Yasmine !
- Oui, je marmottai, frustrée, comme quelqu’un qu’on a surpris en train de faire une bêtise.
Il me dévora d’un regard, inquiet, puis continua.
- Tu me donnes l’impression parfois que je parle tout seul !
- Non, non, je te suis ! dis-je en traçant, un faux sourire.
En croisant les bras, il ajouta de sa voix grave.
- Alors de quoi je te parlai ?
C’était la question qui tue, dont j’ignorai la réponse ; la question piège qui m’a fait avoir.
- Euh, tu me parlais du foot ?
- Non ! puis en allumant une cigarette, je te parlai de ma mère !
- Ah, oui, de ta mère ! puis en mettant ma main sur la sienne, tout en s’efforçant de rire, je voulais te taquiner c’est tout !
Il retira sa main doucement, et d’une voix furieuse.
- Je ne suis pas un con Yasmine ! tu ne me suis jamais quand je te parle ! y-a-t-il un sujet qui te préoccupe ces jours-ci ?
En fuyant son regard sévère, je répondis.
- Non, non il y a rien je t’assure !
- Alors pourquoi je te sens souvent dans un autre monde ?
Puis la fille se mettait debout et passait près de moi. Son parfum, me drogua les narines, et sans me rendre compte, je tournai la tête, et je la suivis du regard jusqu’à ce qu’elle disparaît au milieu de la cafétéria.
- Tu la connais ?
- Pardon ! je murmurai, en rencontrant son regard.
- La fille, qui vient de passer !
- Non, non ! c’est la première fois que je la vois !
- Elle te plait ? me lança-t-il directement, d’une voix perturbée.
- Quoi ? t’es fou ?
Il ma regarda minutieusement, un long moment puis reprit calmement.
- Il y a pas de mal à ce qu’une fille te plaise ! je sais que c’est courant chez les filles ?
- Quoi ? Qu'est-ce qui est courant chez les filles ? m’écriai-je en sentant mes battements de cœurs s’accélérer progressivement.
- Ben, de trouver une fille jolie et de la regarder d’un air séduit !
- Non, elle ne me plaît pas ! c’est juste l’odeur de son parfum qui m’a plu !
Il éclata de rire, et en voulant me taquiner il disait.
- Et l’odeur de mon parfum ne te plaît pas ?
Et comme, je ne savais pas mentir, ni répondre d’une façon diplomate, je me taisais tout en attrapant la paille et en faisant semblant de boire le reste de mon cocktail.
Son rire cessa petit à petit, et l’éclat de son sourire disparaissait. Je le sentais, un peu embarrassé, mais je ne faisais rien pour le mettre bien à l’aise.
Le lendemain, il changea de parfum ; qui sentait bon. Et on se voyait comme d’habitude dans la même cafétéria, l’après-midi. Il me parlait de tout et de rien, et moi comme d’habitude, je cherchai la fille de l’autre jour, et je finis par la trouver. Cette fois-ci elle s’assit, avec une amie à elle, autour de la table, juste à côté de la nôtre. Et je me trouvais obligée, de tourner la tête chaque fois où je voulais lui jeter un regard.
Et soudainement, en tournant la tête, elle leva la face, et nos regards se croisèrent. Tout de suite après, comme électrocutée, je changeai de direction et je mettais à regarder Fahmi, en faisant semblant de suivre ses histoires.
Mais l’envie de la regarder à nouveau me joua des tours, et sans pouvoir me contrôler, en profitant de l’arrivée du garçon, je tournai la tête vers elle.
Comme si elle ne s’attendait qu’à ça, elle regarda dans ma direction, et en rencontrant mes yeux, elle me souriait, un joli sourire, un sourire qui eut de l’effet sur moi.
Le cœur, battant et les joues toutes rouges, je lui souris, puis je baissais la tête, et d’une voix à peine entendue je remercie le serveur, qui posa doucement le cocktail devant moi.
En dégustant à peine son café, Fahmi, bâillait pour la sixième fois, puis en se levant les yeux, très fatigués.
- Je vais me débarbouiller mon poussin, je ne sais pourquoi je bâille tout le temps !
- Tu manques peut-être de sommeil !
- Oui, c’est probable ! dit-il en se levant, puis en me faisant une œillade, je reviens dans deux minutes !
- OK ! dis-je entre les dents.
C’était mon occasion pour regarder largement la fille, inconnue. À peine parti, et en voulant tourner la tête vers la table juste à côté, la fille, se mit debout, je la suivis du coin de l’œil, en pensant qu’elle allait vers les toilettes des femmes, mais à ma surprise, elle se dirigea vers moi, très sure d’elle.
Elle s’arrêta face à moi, et en posant sa main sur la chaise de Fahmi, elle parla, d’une voix douce.
- Salut !
- Salut ! dis-je en ingurgitant avec difficulté ma salive.
En me regardant bizarrement un long moment, elle me demanda.
- On se connaît ?
 

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