lundi 14 novembre 2011

Entre filles:épisode30 : Une nuit interminable

Publié par bella_ragatsa à 04:25 0 commentaires



Les yeux tout rouges d’ivresse, Nesrine s’écria.
- Tu peux te taire, et te laisser faire ?
Quelle gentillesse émanant d’une si belle créature, me dis-je dans un excès d’étonnement.
Amira, qui dansait en collant tout son corps à une autre, semblait plus intéressée par les câlins que j’échangeais avec Nesrine qu’avec sa partenaire. Dès que Nesrine, m’embrassa de nouveau. Elle ria et s’approcha de nous.
- Hey, si vous voulez faire l’amour, allez chez vous !
Nesrine, ne la répondait pas verbalement mais par un petit doigt d’honneur, sans s’éloigner de moi. Quant à moi, tellement ivre, je me laissais faire sur place sans résistance.
Amira, s’arrêta devant nous et continua.
- C’est une soirée de désespérées pas de baise !
Nesrine, m’arracha un autre baiser, puis tourna la tête vers Amira, et cria de sa voix capricieuse.
- T’es jalouse ou quoi ?
Comme si une mouche l’a piquée, sa frimousse changea de couleur, et elle recula d’un pas en disant.
- Moi jalouse ? de qui ? de toi ou de ma pétasse ?
Quand elle voyait, que tous les regards lui fixaient, elle continua.
- Tu parles sérieusement là ?
Ilhem, qui venait de tirer la chasse et d’ouvrir la porte de toilette, intervint :
- Hey, du calme les filles !
Amira, énervante comme d’habitude, badina.
- Tu faisais pipi ou tu entendais la conversation.
- Les deux ! murmura Ilhem en riant. Je n’arrête pas de pisser depuis tout à l’heure.
Amira, éclata de rire et continua en injectant Nesrine d’un regard désagréable.
- C’est à cause de la bière ! puis en tirant Ilhem par la main, viens j’ai quelque chose à te dire.
Et elle s’éloigna. Je regardais l’horloge qui indiquait 23h et je disais.
- Bon, il faut que je m’en aille.
Elle me tint la main, et dit.
- Il est encore tôt ! puis d’un regard malin, ne me dis pas que Amira t’as déstabilisé ?
- Mais non ! criai-je un peu perturbée. Mais… mais je dois aller à la faculté demain matin.
Froidement, elle alluma une cigarette et dit, sans me lâcher de ses yeux :
- Chérie c’est dimanche demain !
- Ah bon !
Elle souriait en tenant le bout de cigarette entre ses doigts.
- Tu l’aimes encore ?
- Qui ?
- Voyons Amira !
- Mais non ! dis-je violemment, et en me levant, bon je te laisse. A demain peut être !
Et je tenais mon sac à main, mais dès que je levais la face, mon regard croisa celui de Sahar en train d’échanger une bise avec Amira, l’organisatrice de cette fête débile.
Et doucement, mes doigts laissèrent le sac, et ma frimousse devint rouge. Nesrine, inhalant de la fumée de ses narines et suivant attentivement le moindre de mes gestes, murmura.
- Il ne manque plus que cette imbécile !
- Oh arrête ! ne dis pas ça sur elle ! criai-je sur les nerfs.
Puis sans attendre la réaction de Nesrine, je me levai si vite et je m’approchai de Sahar, qui a préféré boire la bière de bienvenue prés de la porte d’entrée.
- Bonsoir, Sahar !
Elle leva les yeux à peine vers moi et dit froidement.
- Bonsoir, cava ?
- Oui et toi ?
Mais comme elle regardait dans tous les coins sauf vers le mien, ça me rendait un peu nerveuse voire jalouse et je disais d’une voix aigüe.
- Tu cherches quelqu’un ?
En suivant Nesrine, qui ouvrit une nouvelle bière, elle disait d’une voix basse comme si elle parlait à elle-même.
- Vous vous entendez bien, vous deux ?
- Qui ? et en appréhendant son insinuation, non ce n’est pas ce que tu crois !
Toujours le regard songeur, elle continua
- Pourtant ce n’est pas ce que Amira m’a fait comprendre.
Emportée par la braise d’une colère immense, je criai.
- Qu’est ce qu’elle t’a raconté cette salope ?
- Rien, de nouveau ! et en fixant finalement ses yeux sur moi, tout le monde en parle de vous deux.
- De moi et qui ? et en m’efforçant de rire, moi et Nes ? mais tu rigoles ou quoi ?
Et en tenant son bras
- Tout le monde sait que c’est une fille qui ne cherche qu’à baiser c’est tout !
- Mais ça n’empêche que t’as des sentiments pour elle.
En m’emportant
- Mais ce n’est pas vrai, je te jure, ma chérie !
Furibonde, elle se débarrassa d’un geste violent de ma main et s’écria.
- Je ne suis pas ta chérie, ok !
Et d’une voix qui tremblait de l’émotion.
- Je croyais que t’étais différente des autres filles, mais finalement…
Elle se tut un instant comme pour intérioriser sa colère puis balbutia
- Mais t’es pire !
Et là, Amira s’approcha de nous deux mais accompagnée d’une personne, qui me figea sur place dés que je la voyais.
- Bonsoir Yasmine ! ça fait un bail, tu sais !
C’était Ibtissem, la cousine d’Amira qui m’a fait un chantage dans une crise de psychose en plein rue, il y a une dizaine de jours.
Elle ria haut, montrant ses dents blanches, entre le sang pur de ses lèvres et continua d’un air persifleur.
- Qu’est ce que t’as ? pourquoi tu fais cette tête de mort hhhhh
Amira, comme ayant du plaisir à me voir si pâle et angoissée, interpella.
- N’aie pas peur ma chérie ! elle m’a tout raconté et elle est venue s’excuser ! et en me tapotant sur l’épaule, elle est jeune, elle s’est emportée l’autre jour, et puis ce n’est pas une lesbienne mais elle croyait que tu lui faisais des avances c’est pour ça elle s’est comportée de la sorte !
N’arrivant même pas à ingurgiter ma salive, les mains, tremblant de colère, je criai, la gorge serrée
- Pourquoi tu me fais ça Amira ?
Elle ria comme si elle était étonnée et me répondit.
- Pardon, c’est moi la fautive maintenant ?
En lui coupant la parole violemment.
- Tu ne fais que me créer des problèmes depuis notre rupture…
Ibtissam, s’approcha de moi et en pointant son doigt vers moi.
- Hey, laisse ma cousine en dehors de ça, ce n’est pas sa faute à elle, c’est toi qui es dragueuse.
- Quoi ? moi dragueuse ? et avec un petit rire nerveux involontaire, et tu penses que je te draguerai toi ?
Je ne voulais pas être méchante avec elle. C’était la première fois, où je parlai d’un ton pareil mais je me sentais tellement opprimée et mal comprise que je ne pouvais plus déployer la carte de gentillesse.
Sa face changeait de couleur, ses yeux devenaient si rouges comme si des larmes s’apprêtaient à se manifester. Amira, ne prononça pas le moindre mot, elle me regarda de travers, avec des yeux si indifférents et froids quant à Sahar, la seule fille qui m’intéressait, elle vida le restant de sa bière d’une seule gorgée, mit la canette dans la main d’Amira et dit en traçant un faux sourire.
- Je crois que la fête est finie pour moi.
Puis ouvrit la porte et sortit, alors je la suivais avant qu’elle prenne l’ascenseur en criant.
- Sahar, attends, on n’a pas terminé notre conversation.
Elle appuya sur le bouton d’appel de l’ascenseur puis en tournant la tête vers moi.
- T’es vraiment pathétique !
Puis la porte s’ouvrit et la cabine l’avala si vite.

vendredi 1 juillet 2011

Entre filles:épisode29: Un kg de bananes qui pèse lourd

Publié par bella_ragatsa à 07:45 0 commentaires

Mes yeux clignotaient. Mon cerveau bouillonnait tellement des milliers de scénarios traversaient mon esprit. La seule chose qui ne bougeait pas était mon corps. En fait, le dos collé sur mon matelas, les yeux fixés sur le plafond, je suivais une petite mouche, se heurtant les quatre coins du plafond, comme une ivrogne. Et voilà qu’un appel téléphonique vint perturber mon équilibre, et un nouveau jeu de rôle s’organise. Cette fois-ci, mon corps sursautait tout entier, et mon cerveau se bloque, mon cœur aussi d’ailleurs, comme dépourvu d’oxygène.
- Allo, oui papa !
Au bout du fil, il murmurait.
- Je suis arrivé, ouvre moi la porte !
Avalant avec difficulté ma salive, je me mis debout et j’ouvris la porte. Tout d’abord, je ne voyais personne puis la porte de l’ascenseur s’ouvrit et mon père costumé, portant un sachet, dans la main gauche, s’approcha de moi. On échangea deux bises, et il pénétrait l’appartement.
En fait, passivement, j’attendais qu’il parlait en premier lieu, pour pouvoir me situer, en défense ou en offense.
Comme découvrant l’endroit pour la première fois, il déposait tout doucement le sachet noir sur ma table basse, et dit en sympathisant.
- Je t’ai apporté un kg de bananes avec moi, je sais que tu l’aimes !
Bon commencement, je me disais au fond de moi-même. En fait, mon père n’avait pas l’habitude d’acheter des cadeaux ou n’importe quelle chose sans qu’on le lui demande et s’il le faisait rarement de plein gré, ce qu’il cachait quelque chose de lourd, qu’il aimait dévoiler.
Je souriais, en croisant les bras nerveusement, imaginant le pire.
- Merci, Pa.
Il frottait son front, hésita un moment entre s’asseoir ou pas. En fait, il s’inclinait un moment puis renonçait et resta debout finalement.
- Tout va bien, ma chérie !
- Oui cava ! dis-je, le cœur battant fort.
Il s’approcha de la fenêtre, jeta un coup d’œil à travers, puis revint à la conversation :
- L’argent que je t’envoie te suffit ou pas ?
La face pâle du suspens qu’il m’infligeait, je m’approche de lui, et je décidais de passer à l’attaque.
- Papa, tu me disais que tu voulais qu’on parle !
Nerveux, plus que moi, il bégayait.
- Ah, oui !
Ses lèvres, paraissaient lourde de paroles qu’il n’osait pas proférer, comme ayant besoin d’une aide pour se lancer.
- Vas-y !dis-je en prendre une position de force.
Le regard un peu troublé, il se prononçait finalement.
- Voilà, j’ai décidé de refaire ma vie !
A vrai dire. Je n’étais pas choquée, j’étais surprise plutôt, surtout que mon père avait juré de ne plus s’engager dans une relation avec une autre femme tellement selon lui, ma mère, lui a fait subi un vrai enfer. C’est ce qu’il disait tout le temps à ses copains lorsqu’ils venaient chez nous.
- tu veux te marier ?
Comme, il ne remarqua pas de signe de colère sur ma frimousse, il souriait et parla avec aise.
- Oui, si Dieu le veut bien sûr !
Dieu ne veut rien mais c’est toi qui le veux père je me dis à moi-même et d’une voix entendue et curieuse.
- Euh, je ne sais pas ce que dois dire !
Il s’approcha encore de moi d’un pas et dit.
- Ne t’es pas contre le principe ?
- C’est ta vie père !
Et notre conversation un peu tendu, prit une pause lorsque mon gsm sonne. C’était en fait, Amira. Je m’éloignais un peu de lui et je décrochai.
- Oui !
- Salut ma salope !
Elle le criait si haut que je me perturbais et que je me dirigeai vers ma chambre.
- Tu ne peux parler plus haut ? dis-je en colère.
Elle riait, et dit.
- Je m’entraine, je veux devenir cantatrice !
- C’est très drôle !
Elle riait pour m’énerver davantage et dit.
- En fait, je fais une soirée de soulards ce soir ! et j’invite tous les âmes déprimées et sans espoir à participer à cet événement de loosers !
La frimousse, rouge de colère je criai.
- Amira ! va te faire !
Et je raccrochai puis je sortis de ma chambre et je ne trouvais pas mon Papa dans le salon. Je le cherchai partout et après cinq minutes de fouille, je constatai qu’il est parti.
Puis en tournant la tête vers la table basse j’aperçus un bout de papier sous le sachet de bananes.
En le tenant par la main, je lisais le petit mot laissé par mon père.
« Je me marierai avec Molka Chtourou. Je n’ai pas osé te le dire directement mais je l’aime et j’espère que tu me comprendras »
Figée sur place, ma main lâche le bout de papier, qui survolait quelques secondes avant de finir sur le tapis. Épatée, extrêmement suffoquée, je ne me réveillais à moitié de mon état de forte émotion, qu’à partir de la 5ème bière.
Assise, sur le canapé, chez Amira, demandant une autre bière, n’ayant que le goût fort de la bière mélangée à l’amertume que je supportais. Elle me donna la 6ème et s’assit près de moi en rigolant.
- Hey, j’ai dit une soirée de soulards, mais pas de soulards ruinés, j’ai bien insisté que chacun apporte avec lui ce qu’il va consommer !
Puis comme, elle remarquait la tristesse dans mon regard, elle continuait doucement.
- Bon, puisque t’as l’air hyper déprimée, t’as gagné le prix de loosers et donc tu consommes gratuitement de l’alcool !
Puis m’embrassa sur mon front, et se leva pour danser quand elle écoutait une chanson qu’elle aimait.
Ouvrant la canette, je suivais quelques filles dansant avec elle, puis je vidai la moitié de la bière d’un seul coup.
Nesrine, le dos collé à la porte de l’appartement, tenant un verre de vin blanc, me suivait du regard, puis vint vers moi.
- Salut, Yasmine, cava ?
En m’arrêtant du regard au niveau de sa poitrine, tellement j’avais la tête lourde, je murmurai.
- Salut, Nes, non, je ne me sens pas bien !
Elle s’assit prés de moi, jouait un petit moment avec mes cheveux puis dit.
- Oui je l’ai bien constaté !
Et voulant me remonter le moral, à sa manière.
- Si t’es en manque et que t’es déprimée de ça, je peux t’offrir mon corps, tu vois j’ai un grand cœur.
Ensorcelée, par sa beauté extérieure, et dégoutée en même temps par sa superficialité et laideur intérieure, je prononçais en la dévorant de mes yeux.
- Merci, Nes, mais je ne fais l’amour que par amour !
Elle riait d’une voix basse un petit moment puis en buvant un peu de son verre.
- Je t’assure que baiser sans amour est plus délicieux !
- Pourquoi ? dis-je, sans la perdre du regard, tellement sa présence et le parfum qui émanait d’elle, me laissait sous son charme charnel.
En déposant sa main droite sur ma cuisse gauche puis en la remontant encore plus audacieusement, elle me murmurait à l’oreille.
- Par ce qu’on ne regrette rien par la suite !
Je souriais, et en mettant ma main aussi sur sa cuisse je continuai, absorbée par son jeu de séduction.
- Mais tu ne fais jamais l’amour avec une même fille deux fois, à ma connaissance !
Elle me caressait le bras, puis dit, de sa belle voix.
- Mais on n’a pas fait l’amour ensemble l’autre jour ! c’était de l’initiation !
Les yeux rouges d’ivresse et de tristesse, je lui demandé :
- Et c’est quoi l’amour pour toi ?
- C’est faire tout !

et en m’embrassant l’oreille, ce qui me fait frissonner tout de suite, et m’allumait instantanément.
- Tu me feras tout alors ?
Elle approcha sa tête de la mienne et nos respirations se croisent.
- Tu n’auras que du bon temps avec moi, crois-moi !
Je caressais sa peau douce, un moment puis je balbutiai.
- Merci, pour l’offre, mais….
Sans me laisser terminer ma phrase, elle sauta sur moi et m’arracha un long baiser, puis en ouvrant ses yeux, plein de désir.
- J’ai envie de toi, Yasmine !
Et perdant le contrôle de ses mains, elle se permettait de me caresser le ventre puis, de toucher mon sein gauche, mais là, j’attrapais sa main, et je criai les yeux gonflés de pleurs.
- Moi j’ai envie de tuer Molka Chtourou !
En ouvrant un œil plus que l’autre de surprise elle s’écria.
- C’est qui celle-là ?
En serrant les dents, très fort, de colère, je criai.
- Mon amie intime, une amie d’enfance qui était à certains moments de ma vie plus qu’une amie pour moi !

vendredi 25 mars 2011

Entre filles : épisode28:L'impasse

Publié par bella_ragatsa à 14:50 0 commentaires

Émettre des hypothèses, fut ma seule occupation ce soir-là. Assise sur mon lit, accroupie et serrant mon oreiller contre ma poitrine, mon cerveau ne cessait de tourner. Je n’avais pas de solution en tête, je me trouvais coincée dans une impasse, où je n’avais que deux alternatives :
1- Sortir avec elle.
2- Affronter mon père et assumer les conséquences de mon orientation sexuelle.
La première hypothèse fut rejetée dans ma tête. Il n’était pas question que je sorte avec Ibtissem. Pas maintenant, que Sahar commençait de s’intéresser à moi. Je ne sortirai pas avec une truie, je n’étais pas aussi désespérée. Non c’est non !
J’ai passé une nuit blanche à réfléchir en vain. Le matin, je me suis allée à l’appartement d’Amira. Je me disais que seule, cette salope, pouvait me sauver, puisque c’est elle qui m’a présentée sa cousine.
- Oui qu’est ce que tu veux ? dit-elle, les yeux presque fermés de sommeil.
- On dit bonjour avant.
- Je veux dormir, donc soit tu me dis qu’est ce que t’amènes chez moi, soit je ferme la porte.
En posant ma main contre la porte en colère.
- Ecoute, tu dois agir et faire comprendre à ta cousine de ne plus m’embêter ?
Là, elle ouvra un œil plus que l’autre et s’interrogea.
- Qu’est ce qu’elle a encore fait ?
- Elle veut que je sorte avec elle sinon elle dira à mon père que je suis homo ! criai-je furieuse.
En baillant et en enlevant ma main de sa porte.
- Sors avec elle donc !
Et sans attendre ma réaction, d’un geste rapide, tenta de fermer la porte. Mais je la poussais , et je pénétrai. Je ne sais pas d’où j’ai eu toute cette force tout d’un coup. Elle me regarda un bout de temps puis ferma la porte et se dirigea vers sa chambre, comme si je n’étais pas avec elle.
- Amira ne m’énerve pas !
Elle s’arrêta à l’entrée de sa chambre, et parla d’une voix basse.
- Écoute, c’est ton problème, ne me mêle pas à ça !
En m’arrêtant devant elle, et en la pointant de mon doigt :
- C’est ta cousine !
Elle traça un sourire persifleur, et murmura :
- Avoir un lien de parenté avec elle, ne signifie pas que je dois être mêlée dans vos affaires à deux ! et en baillant pour la deuxième fois, trouve toi une solution… sors avec elle. Sois désagréable, odieuse, elle aura vite marre de toi, et elle t’oubliera !
- Tout est simple pour toi ! je m’écriai en serrant les dents.
Elle me caressa la joue tendrement, puis m’embrassa longuement sur la bouche et dit :
- Ne te complique pas la vie Yasmine ! sors avec elle, t’a pas d’autres choix !
Puis me sourit agréablement et pénétra sa chambre en la fermant à clé. Je restai immobile un bout de temps puis en frappant à la porte.
- Ne t’as pas son num ?
Installée sur son lit, et d’une voix basse :
- Je ne sais pas, t’as que chercher sur le répertoire de mon cellulaire !
- Et il est où ton foutu de gsm ?
- Sur la table basse, t’as qu’ouvrir les yeux ! dit-elle en grommelant.
En le tenant entre mes mains, je tapais le nom Ibtissem, mais aucun résultat ne s’affiche.
- Hey, tu l’as enregistrée sous quel nom, putain !
Mais elle ne répondait pas là.
- Amira ! merde ! je te parle !
Et je passai un petit quart d’heure à frapper à la porte de sa chambre, sans qu’elle me parle ou me rouvre la porte.
- Et merde !
Au bout des nerfs, je passai presque un long moment à visualiser tous ses contacts, en espérant trouver le numéro de sa cousine, mais à ma surprise je trouvai le numéro de Sahar. C’était un choc pour moi. Et beaucoup de questions passaient dans ma tête. Ça m’intriguait de savoir la nature de relation qui existait entre les deux filles. Et surtout pour quelle raison elle l’a enregistrée étant donné qu’elles ne se connaissaient presque pas.
En descendant un peu plus dans le répertoire, je tombai sur un contact qu’elle a surnommé petit cœur, qui n’était que mon numéro.
Ça m’a vraiment épatée, de me trouver le seul contact, avec un surnom aussi adorable. Tous les autres étaient affichés avec le nom et prénom soit avec un surnom débile. Et ça m’a poussé à m’interroger, encore et encore, si elle avait encore des sentiments pour moi, qu’elle essayait de cacher.
J’ai eu comme un petit pincement au cœur, comme une petite lueur d’espoir qu’elle a eu un jour un faible pour moi. Mais pourquoi tous ces questionnements ? J’avais une nouvelle fille en tête, et ce ne n’est pas le temps de faire marche arrière pas maintenant que j’ai réussi à l’enlever carrément ou presque de ma tête.
Et donc sans trop m’attarder à hésiter entre taper à sa porte pour le numéro de sa cousine ou continuer à me déchirer intérieurement entre l’envie de savoir si elle a encore des sentiments pour moi ou pas, je déposai doucement son GSM sur la table basse et je sortis de son appartement.
A vrai dire, je ne savais pas quoi faire. Je n’avais aucune idée de ce que le destin me préparait comme paquet de surprises. Et je ne voulais pas non plus continuer à penser parce que ça commençait vraiment à m’empoisonner la vie.
Et voilà, à midi, je me trouvais à l’intérieur de l’espace culturel l’étoile du Nord. Accompagnée d’un verre de jus frais, je suivais passivement et désintéressée des yeux, un groupe de techniciens préparant la salle de spectacle pour un prochain concert musical jusqu’à ce qu’un petit bip me réveille de mon pseudo méditation.
C’était Sahar. Un sourire spontané trouva son chemin sur mes lèvres. Et au moment, où je tenais mon gsm avec l’intention de l’appeler. Je la voyais me faire un signe avec la main, en venant vers moi.
Je me levais et on échangeait deux bises .elle prit une chaise et s’asseyait en croisant les jambes.
-alors qu’est ce que tu fais ici toute seule ? En traçant un agréable sourire sur ses lèvres. Tu attends quelqu’un ?
- non, je ne sais pas comment je me suis trouvée à l’avenue Habib Bourguiba, et du coup j’ai eu l’idée de boire un jus dans un endroit assez tranquille et isolé comme le sien.
Il y a eu un petit silence. Un homme venait de poser sur le plateau un grand baffle puis s’en alla. Elle le suivait un peu avec le regard puis lui sourit et tourna la tête vers moi une autre fois.
- Tu le connais ? dis-je curieuse.
- Oui, c’est un pote à moi… je suis venue avec lui, il y aura un petit concert d’un jeune groupe de rock vers 18h. ça serait intéressant d’écouter un groupe tunisien de rockeurs.
Comme si j’avais le désespoir du monde entier, le cœur coupé, je balbutiai.
- Oui…t’as raison ?
Sentant que je n’allais pas bien, elle mit sa main sur la mienne et dit en me la caressant, d’une voix inquiète.
- Qu’est ce qui se passe Yasmine ? tu n’as pas l’air d’aller bien ?
- Non, cava ! dis-je en dessinant un faux sourire.
En fait, je ne savais pas si je devrai lui dire dans une crise d’étouffement ce qui m’angoissait ou garder le tout pour moi. J’étais plutôt emportée par la peur de la perdre si elle découvre qu’une nouvelle fille venait de se mettre entre elle et moi. Et finalement, je n’ai rien proférée. Interrompue avant même de remuer mes lèvres, par la voix de Abdelmajid, qui pénétrait la cafétéria avec deux filles aussi masculines qu’elle.
- Hey, regardez qui est là ?
En baissant la tête et en mordant la lèvre inférieure d’énervement.
- Qu’est ce qui l’amène cette conne !
Elle s’approcha de moi avec ses deux copines et en déposant sa lourde main sur mon épaule, elle continua de sa voix grave.
- Tu ne nous présente pas ta copine ?
En faisant semblant de sourire, je ricanai.
- Tu connais Sahar, quand même, ce passage par les présentations est inutile à mes yeux.
Elle prit une chaise d’une autre table et la colla à la mienne en s’asseyant.
- Je ne parle pas de Sahar.
- De qui alors ? dis-je aussi étonnée que Sahar.
Abdelmajid, me regarda avec malice et me dit en me tapant l’épaule.
- Voyons, la cousine d’Amira.
- Quoi ? criai-je la face pale.
Elle éclata de rire et continua.
- Le monde est si petite ma chère, eh ! et grâce à Facebook, rien ne peut se cacher.
Bleue de colère, Sahar, serra ses mains et m’interrogea en tremblant de voix.
- Tu m’avais dit que tu n’avais personne. Je ne suis pas aussi désespérée que ça Yasmine...
Ne savant plus si je devrai me défendre ou me renseigner auprès de Hana, je m’écriai comme une folle.
- Mais d’où t’as eu cette information ?
Un peu stupéfaite, Hana, me regarda bizarrement et dit.
- Tu n’as pas ouvert ton compte Facebook hier soir ?
Et comme je ne disais rien, elle continua.
- Amira était en train de féliciter sa cousine sur son mur et j’ai lu toute la conversation. J’étais stupéfaite, vraiment de savoir que sa cousine sortait avec une fille parce qu’il y a quelques semaines, je l’ai vue avec un jeune garçon aussi gros qu’elle à une cafétéria de l’avenue et je croyais qu’elle était hétéro.
- La salope ! dis-je, les yeux brulant de colère.
Et Sahar, se mettait debout, et traça un sourire furieux en me disant.
- Tu me déçois vraiment.
Là, j’ouvris grand les yeux, et je sautais de mon lit complètement effarouchée. Le cœur battant si vite, j’avalais ma salive avec difficulté puis quand je me suis aperçue qu’il ne s’agissait que d’un mauvais rêve, je me suis allongée de nouveau sur mon lit, tranquille cette fois-ci en regardant le plafond. Après un bref moment où je ne faisais que prendre mon souffle tellement j’avais stressé, je saisissais mon gsm où je trouvais 7 appels en absence tous en provenance de mon papa avec ce message de sa part envoyé tôt ce matin.
« Je passerai te voir l’après midi. Il faut qu’on parle ». Et cette fois-ci, une chose m’était certaine, ce qu’il ne s’agissait pas d’un cauchemar.

mercredi 29 décembre 2010

Entre filles:épisode27: La vache qui hurle!

Publié par bella_ragatsa à 06:07 0 commentaires

Les filles, les filles, des êtres aussi complexes que l’on croit. Qui n’a pas essayé de séduire une fille auparavant ? Qui n’a pas tenté de gagner l’attention de ces êtres fins et incontournables ?
Il ne suffit pas d’être rigolo, riche ou beau gosse pour en avoir la nette certitude d’avoir une fille dans sa poche. Figurez-vous qu’une fille c’est elle qui a le maitre mot dans les affaires du cœur.
C’est elle qui choisisse son âme sœur, et une fille quand elle tombe amoureuse, devient une vraie fleur épanouie, prête à parfumer le monde qui l’entoure d’un arc-en-ciel d’amour et de tendresse, rien que pour faire plaisir à l’élu de son cœur.
Mais quand elle tombe amoureuse de quelqu’un qui refuse ses sentiments, en la rejetant, elle pourrait devenir dangereuse, une vraie louve qui pourrait te mordre à n’importe quel moment.
Quant à moi, j’étais plutôt du genre à me retirer face à l’échec, à me cacher pour enterrer mon humiliation.
Après quelques jours de ma nouvelle déception sentimentale si je peux la qualifier ainsi, je décidai de prendre une pause, de ne plus penser aux relations mais plutôt de m’amuser de sortir un peu, et rien n’était plus distrayant pour moi, que d’aller danser en boite pour me défouler un peu.
Sans trop réfléchir, un certain samedi alors que je venais de me réveiller, j’ai tapé le numéro d’Amira, qui était tellement surprise à entendre ma voix.
- Oh la la ! est ce Yasmine à l’appareil ?
- Oui, c’est moi.
Garce comme d’habitude, elle s’écria.
- Ecoute, si tu veux me baiser on laissera ça au milieu de la semaine. Le weekend est sacré pour moi tu le sais…
Sans trop me casser la tête à entendre ses saletés.
- C’est justement pour ça que je t’ai appelée ! et en avalant ma salive, je veux aller en boite !
A vrai dire, je ne savais pas si accompagner Amira et sa bande de looser en boite était une bonne action à faire, surtout que je voulais fuir la malchance qui me frappait à chaque fois qu’une fille me plaisait.
Mais ce fil maudit qui me retenait prisonnière de cette malchance, n’a cessé de s’enrouler autour de moi, en faisant cette fois-ci un immense nœud.
C’était le même samedi, vers minuit. On n’avait pas de problème avec une patrouille de police. Tout allait bien ou me semblait aller bien. On a bien rigolé, moi, Ilhem Amira et un pote à elles, on a bu mais pas au point de devenir ivres et j’ai beaucoup dansé avec Ilhem. Amira, quant à elle, semblait vouloir regarder les danseurs sans une réelle envie de passer à l’acte.
En revenant vers notre table, je voyais une fille, assez grosse, je dirai dans les 90kg, s’asseyant sur ma chaise, et la main d’Amira, lui pinçant ses joues tellement roses comme celles d’un bébé.
- On a une invitée spéciale ce soir ! s’écria Amira, en riant en me voyant s’approcher avec Ilhem.
La fille, d’une couleur de peau très blanche et d’un visage très rond avec une chevelure d’un châtain clair me dit timidement
- Salut !
En jouant avec ses boucles, Amira continua.
- C’est ma cousine Ibtissem , une bachelière !
En m’asseyant face à la fille, qui me regardait droit aux yeux comme si j’étais l’unique personne avec elle.
- Si tu veux réussir ton année scolaire ma chérie, évite Amira !
La fille, riait doucement et me répondit.
- C’est ce qui me dit ma mère aussi…
Amira, lui coupa la parole et dit en l’embrassant sur son front.
- Aujourd’hui c’est un jour particulier, c’est son anniversaire, et oui, elle est devenue majeure, 18ans les amis !
Ilhem, badina, et répliqua en buvant un peu de bière.
- Et pour ça tu décides de l'emmener en boite !
Ibtissem, sourit faiblement et dit.
- Je ne voulais pas venir, mais elle m’a suppliée en me disant que j’allais rater beaucoup de choses si je ne viens pas !
D’un air de méchanceté, Amira regarda sa cousine et dit.
- C’est ma petite chérie, ma vache à moi ! et sans s’arrêter, mais quand elle devient coléreuse, il vaut mieux l’éviter et en riant, c’est pour ça qu’on l’appelle la vache qui hurle !
La pauvre fille sembla gênée mais ne proférait le moindre le mot devant sa cousine, quant à moi, n’appréciant guère l’humour noir d’Amira.
- Arrête Amira ce n’est pas drôle !
A moitié soule, elle dit en riant.
- Je rigole ! et puis ça lui gène pas qu’on l’a surnomme la vache qui hurle !
Ibtissem, devenait cramoisie et baissa la tête.
- Amira, tais-toi ! j’ajoutai d’une voix ferme.
- D’accord, d’accord ! dit-elle en se mettant debout et en tenant la main de sa cousine, alors tu viens danser avec moi ?
Ibtissem, d’une voix à peine entendue vu qu’elle était humiliée.
- Non, je n’ai pas envie !
- C’est l’occasion pour perdre du poids ma truie !
Ilhem, se leva et dit.
- Allons nous danser et laisse la à son aise !
Elle échangea un bref regard avec sa cousine et s’en alla par la suite. Je restais donc pour une quinzaine de minutes seule avec elle puisque le mec qui nous accompagnait ,allait vers les toilettes.
- Dis !m’interpella-t-elle en reprenant confiance en elle.
- Oui ! dis-je en cherchant mon gsm dans mon sac à main.
- T’es très amie avec ma cousine ?
Un peu étonnée par sa question, je murmurai en tenant mon gsm entre les mains.
- Oui, tu peux dire ça.
Puis je remarquais la présence de trois appels en absence provenant de numéro de mon père.
- Zut, il m’a appelé pendant que je dansais...
- Il y a un problème ?
- Non, dis-je la frimousse un peu pâle, c’est juste que j’appelai mon papa toute la matinée et il me répondait pas..
- Tout va bien, j’espère !
En souriant faiblement.
- C’est pour le loyer, je voulais le rappeler !
- Ce n’est pas grave, appelle-le maintenant. Dit-elle en souriant.
- Je n’ai plus de solde maintenant.
Gentiment, elle me donna son gsm en disant.
- Ben appelle-le du mien !
- Non, ce n’est pas si urgent que ça..
- Vas-y ! dit-elle en traçant un agréable sourire.
Je souris et je passai le coup de fil. J’avais beaucoup apprécié son geste, un geste qui m’a couté cher au bout de quelques jours.
- T’es lesbienne ? m’interrogea-t-elle directement.
Je me taisais un peu et je lui répondis par une autre question.
- Pourquoi tu me demandes ça ?
- Parce que ma cousine, adore les filles, elle me l’a dit une fois et…je sais qu’elle sort en boite avec des filles comme elles.
Comme je ne disais rien, elle continua rapidement avant la venue des filles de la piste de danse.
- Je suis lesbienne, moi !
Je souris, et je dis en levant mon verre de bière.
- Bienvenue au club !
Vers deux heures du matin, je rentrai chez moi, toute bourrée et je dormais comme un bébé. Le lendemain, comme je n’avais rien à foutre, je prenais un petit déjeuner tardif vers 12h à l’étoile du nord avec Cyrine.
- T’as l’air très fatiguée !
- Non, je ne le suis pas ! dis-je en buvant mon café.
Une heure tout juste après, Amira pénétra le portail de la cafétéria accompagnée d’Ilhem, et me fit un geste avec la main en me saluant.
Très attentive, Cyrine suivait Amira jusqu'à ce qu'elle s’asseyait et dit.
- Ne me dis pas que t’es redevenue amie avec elle ?
- Amie de boite c’est tout !
Elle me jeta un regard d’indignement sans prononcer le moindre mot. Et Amira en levant la voix pour que je puisse l’entendre dit.
- Ma cousine te passe le bonjour !
Je souris sans dire le moindre mot alors elle continua en rigolant.
- Elle semble t’apprécier ! elle n’a cessé de parler de toi.
Cyrine, m’interrogea curieuse.
- C’est quoi cette histoire de cousine ?
En secouant les épaules,
- Ben, rien, elle a amené sa cousine à l’occasion de son anniv en boite hier, c’est tout !
D’une voix basse, Cyrine me demanda.
- Sa cousine est gay ?
- Non, elle ne l’est pas ! répondit Amira, qui semblait plus concentrée avec mon amie que moi.
En croisant les bras, je m’adressai à Amira.
- C’est pourtant ce qu’elle m’a dit hier.
Amira, se leva donc de sa chaise et s’approcha de nous en blaguant.
- C’est parce que aucun mâle ne veut d’elle à cause de son poids, qu’elle pense changer d’orientation, comme si les filles étaient moins superficielles que les garçons !
Et mon gsm qui vibre m’interrompit. En vérifiant l’écran, je fus surprise par l’appel de Sahar. En tournant la tête, elle me fit un signe avec la main me demandant de venir.
Sans croire mes yeux, j’hésitai un moment puis je me mettais debout et j’allais vers elle. A deux pas d’elle, elle se leva, s’excusa de son amie, et me demanda de la suivre aux toilettes des filles.
Elle s’arrêta, devant le lavabo puis en me regardant à travers le miroir.
- Tu vas bien, j’espère.
- Oui, cava ! dis-je sans trop oser la regarder aux yeux.
Elle poussa un souffle volumineux puis s’approcha de moi.
- J’ai aussi entendu que tu t’es fait avoir par la salope Jihen.
- C’est du passé ! dis-je en traçant un faux sourire.
En levant un regard audacieux sur moi, elle murmura.
- Tu ne trouves pas que se sont des signes du destin ! et en m’attrapant la main, que toi et moi on devrait peut être…
Puis comme timide elle se taisait. Alors en caressant ses doigts, je m’interrogeais en la dévorant du regard.
- On devrait quoi ?
En plongeant son joli regard sur moi.
- Sortir plus ensemble ! et d’un ton capricieux, tu me plais beaucoup Yasmine... je sais que… je te paraissais assez distante, mais j’hésitai parce que tu me semblais séduite par chaque belle lesbienne et je ne voulais pas m’attacher à toi…
En lui coupant la parole.
- Si tu parles de Nesrine, tu te trompes ! et en attrapant son autre main, c’est vrai, je la trouve belle, enfin, tout le monde la trouve belle, mais c’est toi seule qui m’as séduite !
Elle retira ses mains doucement, et en m’embrassant sur la joue.
- On en parlera de ça une autre fois, ok !
Emportée par une immense émotion, je lui arrachai un délicieux baiser sur les lèvres. Et elle répondit à mon baiser par deux autres sensuels, puis en ouvrant les yeux.
- Je t’appellerai plus tard !
En tentant de contrôler ma grande joie.
- D’accord !
Puis elle me souriait largement et quitta les toilettes. J’étais tellement aux anges. Je me croyais dans un beau rêve, mais j’ai constaté qu’il s’est avéré cauchemardesque à la fin de la journée, en rentrant chez moi. A l’entrée de l’immeuble, je voyais Ibtissem parler avec le concierge.
Un peu surprise, je lui parlai.
- Ça alors ? qu’est ce que tu fais ici ?
En tournant la tête, et en me voyant, elle se précipita vers moi, me serra entre les bras en me faisant deux bises.
- Je t’attendais .dit-elle d’une voix excitée.
- Pourquoi tu m’attendais ? et comment t’as su que j’habitais ici ?
- C’est Amira qui m’a donnée ton adresse ! dit-elle en souriant. Puis en me tirant par la main pour un coin assez tranquille loin du concierge. C’est fou, mais je n’ai pas cessé de penser à toi depuis l’autre soir.
En reculant d’un pas, je balbutiai, un peu gênée.
- De penser à moi ?
Elle m’attrapa, par la main et me dit en levant un regard sincère sur moi.
- Tu m’as plus depuis l’instant où je t’ai vu…
En retirant ma main brusquement, et en m’éloignant d’elle.
- C’est bon arrête !
Elle me suivait, nerveusement et s’écria au bon milieu de la rue.
- Je te plais pas c’est ça eh ! et d’une voix étranglée de pleurs, c’est à cause de mon poids c’est ça eh ! et en avançant encore de deux pas de moi, je n’étais pas grosse avant…c’est…à cause de mon diabète !
En m’arrêtant sur place, je disais, émue.
- Ce n’est pas pour ça…
Je mentais. Comme la plupart, je n’acceptais pas la différence. Je préférai tout ce qui est standard parce que le regard des autres comptait beaucoup pour moi. Mais cette fois-ci, ce n’était pas que pour ça, c’est ce que j’avais essayé de lui faire comprendre.
-j’ai…j’ai quelqu’un dans ma vie.
- Menteuse ! hurla-t-elle, furibonde, Amira, m’a dit que t’avait personne !et, en me pointant du doigt, je croyais que t’étais différente des autres mais t’es comme tout le monde.
En perdant mon sang froid, je criai.
- Bon j’en ai ras-le-bol !
Et sans développer ma colère, je mis le pied sur la première marche du portail de l’immeuble mais je fus figée par ses paroles menaçantes.
- Tu vas le regretter Yasmine !
Et en sortant son gsm.
- Tu vas me le payer cher ! et d’une voix endiablée, j’ai encore le numéro de ton papa, et en traçant un sourire si méchant, je ne crois pas qu’il serait heureux quand je lui annoncerai que sa fille chérie n’est qu’une lesbienne !

vendredi 5 novembre 2010

Entre filles: épisode26: Bisexuelle et allumeuse

Publié par bella_ragatsa à 08:11 0 commentaires

La gène, la honte, l’humiliation, sont des états dans lesquels je glisse souvent. Est-ce par pur malheur ? Ou est-ce une mauvaise adaptation aux circonstances de la vie que je mène ?
Pourquoi à chaque fois qu’une fille me plaise, une chose surgisse pour l’éloigner de moi ? Pourquoi Nesrine, qui d’habitude n’aime pas trop parler et me taquiner, décide de le faire à l’instant même où Sahar met le pied au salon ? Est-ce un pur hasard ou un complot qu’elle avait mené avec Amira, juste pour me faire chier (excusez-moi pour le terme) ?
Enfin bref, poser des questionnements inutiles à un moment où je fus victime d’un regard accusateur de la fille qui m’intéressait fut exactement comme faire appel dans une affaire perdue d’avance.
Elle était calme, elle souriait alors que son regard cachait une colère, ou plutôt une déception. Amira, quant à elle, ne cessait d’élargir son sourire. Je n’arrivais pas à comprendre cette pseudo-lesbienne, qui me traitait comme si j’étais un clown, bon même un clown était maitre de ses actions mais disons plutôt sa marionnette, qui lui permettait de passer du bon temps.
- Ben vas-y Nesrine, aide-la ! s’écria Amira excitée.
Nesrine sentant une certaine alchimie entre moi et la nouvelle invitée, eut comme de la pitié pour moi, ce qui me prouvait son innocence du complot imaginaire que j’ai cru pour un moment fruit d’un plan diabolique commun entre elle et mon ex.
La majeure partie des invitées, ennuyées par l’attente du strip tease, semblaient désintéressées. Les couples présents, s’éloignaient un peu, pour flirter et discuter, et quant aux célibataires comme moi, il y avait celles qui baillaient et d’autres, qui s’asseyaient sur le canapé pour regarder la télé. Quant à Khawla, l’unique bisexuelle dans le groupe, elle saisissait son portatif qu’elle se déplaçait avec tout le temps, et mettait sa clé orange pour surfer un peu sur le net.
Pourquoi la seule bisexuelle dans le groupe ? Et ben tout simplement, car celles qui s’identifiaient comme étant vraies lesbiennes, détestaient ces soi-disant intruses dans la communauté des gays et lesbiennes.
Les bisexuelles, n’étant donc pas les bienvenues dans la communauté, furent toujours traitées de tous les noms par le petit groupe lesbien de la capitale. Toutes les filles du groupe racontaient donc à chaque nouvelle novice dans le monde de lesbianisme, le mythe selon lequel une fille bisexuelle présentait un danger permanent pour une vulnérable lesbienne. Elles sont des prédatrices, des manipulatrices des nymphomanes, qu’au point d’aimer le cul, elles cherchent à diversifier les partenaires des deux sexes ; qu’une bisexuelle est à éviter et surtout pas à sortir avec. Ce sont donc des pétasses et des psychopathes, qui peuvent rendre ta vie un vrai enfer.
Pourquoi donc ne pas exclure Khawla du groupe ? Et ben tout simplement, parce qu’elle est classée comme ex bisexuelle, depuis qu’elle ne sortait plus avec des mecs, mais ça de toute façon ne veut pas dire qu’un jour elle ne pourrait pas tomber amoureuse d’un mec.
Mais bon les exceptions font partie de la vie, et Khawla fut l’antithèse de ce raisonnement. Enfin, c’est peut être parce qu’elle fut la plupart de temps célibataire vu qu’elle n’avait pas le temps pour tisser une vraie relation à cause de la nature de son job puisqu’elle passait plus de temps dans l’air que sur la terre sinon elle serait exclue de cette bande qui se connaissait depuis quelques années.
- Hey, les filles ! est ce que l’une de vous a reçue une demande d’ajout de la part d’une renommée agora lesbien ?
Toutes les têtes présentes se tournaient intéressées vers khawla, surtout celles des célibataires, puisque la découverte d’une nouvelle lesbienne fut fêtée comme une occasion de quitter ce cercueil de célibat pour celles qui ne souhaitaient que sortir pour le fait de sortir.
- Non, je ne la connais pas ! murmura Abdelmajid en boutonnant son chemisier et en courant vers elle pour arracher une petite place à coté d’elle. Est-ce qu’elle met des photos d’elle ? ajouta-t-elle d’une motivation comme celles des enfants, puisque le rêve ultime de cette pauvre Hana, n’était que sortir avec une fille, puisque aucune fille ne voulait d’elle.
- Attends je vais voir !
Et d’un simple clic sur photo, elle découvrait un album photos de cette fille en question dans une cérémonie de mariage.
- Elle n’est pas mal !
Surexcitée, Hana la poussa d’un coup de main et en dévorant la photo de profil.
- Elle est super jolie !
- N’exagérons pas ! disait Khawla, en riant.
- Moi j’adore les filles avec les cheveux bouclés !
- Oui mais bon, elle n’est pas assez belle comme Nesrine !
Nesrine, allumant une cigarette très calmement, se contentait de sourire en réponse au compliment. Enfin, tout le monde savait que Khawla était folle amoureuse de Nesrine. Elle ne le cachait pas, elle parlait tout le temps d’elle, et se trouvait à chaque fête lesbienne à proximité d’elle comme par hasard.
Nesrine aussi le savait, mais elle faisait semblant de ne pas le savoir. Elle l’ignorait tout le temps et ne parlait pas trop avec elle ; c’était peut être sa façon de lui dire qu’elle ne lui intéressait pas. Khawla, était assez mignonne, une peu petite, mais très féminine avec des beaux yeux d’un noir grisâtre, mais bon, ce qui intéressait Nesrine n’était point la beauté ou les sentiments mais uniquement le sexe, c’était sa nature. Elle était une fille à plusieurs et jamais on l’imaginait en couple avec une seule fille, c’était le joli papillon de la communauté, la sirène de rêve de toutes les filles célibataires et engagées en même temps, tellement elle était extrêmement belle.
Profitant du moment de méditation amoureux de Khawla, Hana arracha le pc de ses genoux et le posa sur les siennes en cliquant et en visionnant toutes les photos de l’album.
- Putain, elle est jolie ! et en rougissant, elle a une belle poitrine.
Amira, toujours en bonne humeur, saisissait la cigarette des lèvres de Nesrine et en prenant un souffle.
- Un nouveau coup de foudre !
Un peu gênée, Abdelmajid ne quittait pas l’écran des yeux et continuait.
- Elle a mis intéressée par les hommes et les femmes. Elle ne serait pas peut être bisexuelle ?
- Bisexuelle ou lesbienne ou même hétéro, tant qu’elle te plait, saisis ta chance ! lança Amira, en disant pour la première fois une phrase sérieusement.
De ma part, je profitais de ce moment où cette fille mystérieuse fut le centre du monde pour m’approcher de Sahar, qui avait l’air intéressée par cette discussion.
- Salut ! dis-je timidement.
En tournant la tête vers moi, elle traça un petit sourire et répondit froidement.
- Salut !
Sans ajouter un mot de plus, elle tourna sa tête vers le reste du groupe aggloméré autour de Khawla. C’était donc sa façon pour me transmettre le message qu’elle ne voulait pas me parler.
Même le salut qu’elle a prononcé fut d’une voix gonflée de colère, d’un ton d'une personne voulant achever la conversation avant même de la commencer.
Un peu humiliée mais surtout triste, je m’éloignais d’elle et en dévisageant tous les visages présents comme pour leur dire au revoir, je m’approchai de la porte à pas de chats, puis quand je voyais Sahar, éclairant sa jolie frimousse d’un agréable sourire en demandant à Khawla de lui montrer les photos de la fille, j’ouvrais la porte et je sortais en rentrant chez moi.
Cette nuit je ne savais pas comment ou quand je me suis endormie. J’étais tellement saturée par les événements par lesquels j’ai passés que je ne me rappelais plus de rien depuis.
Le lendemain vers 10h, en buvant mon café de matin, je consultai mon compte de facebook, et puis en me rappelant la petite conversation d’hier, je tapais le pseudo de cette fille mystérieuse qui a suscité la curiosité du groupe fêtard de la communauté.
- Agora lesbien ! parlais-je à moi-même en tapant son pseudo dans la case recherche.
Très vite, le résultat s’est apparu. C’était très facile puisqu’on avait une amie en commun Khawla. Et je n’ai pas trop hésité avant de lui envoyer une demande d’amitié.
Quelques minutes après un préambule rouge apparait sur mon écran, m’annonçant que la fille avait accepté ma demande.
Très curieuse, je visitai son profil et je mitraillais ses photos. Elle avait un joli sourire, c’est ce qui m’a attiré en premier, puis un certain mystère au regard.
En tout cas, je n’ai pas pris tout mon temps pour contempler le reste de ses photos puisqu’elle m’a adressé la parole sur le chat.
- Salut ! me tapait-elle avec un émoticône qui souriait.
Un peu hésitante, je répondais.
- Salut, et avec politesse, je te remercie pour l’ajout.
Après un petit moment où elle ne tapait rien, elle surgissait de nouveau en m’écrivant.
- Désolée, je parlais avec le serveur !
- Ne t’es pas chez toi ?
- Non, à l’étoile du Nord.
- Ah, tu connais l’étoile alors ? je tapais avec un large sourire.
La fille, après un petit moment disait.
- Tu t’appelles comment avant tout ?
Un peu intimidée je retapais.
- Ouf, on a parlé de la cafétéria avant de se présenter ! et en tapant un long hhhhh comme quoi pour avoir l’air, rigolote, je continuai, moi c’est Yasmine et toi.
- Jiji !
- Jiji ? retapais-je, comme étonnée.
Elle m’envoya donc un émoticône qui sortait la langue et rectifiait.
- Mon nom c’est jihen mais on m’appelle Jiji et entre nous, je préfère Jiji à Jihen, c’est plus fun et léger pour une fille in comme moi.
- T’es in alors ?
- Enfin, je ne suis pas classique j’aime tout ce qui est branché et à la mode ! mais j’adore la lecture comme les classiques intello !
- Moi aussi j’adore la lecture ! c’est cool !
Pour tout vous dire, j’aimais les filles à l’allure intello le genre de la mythique et féministe Ines ; avec un côté branché comme Nesrine, c’était vraiment le top pour moi.
J’étais tellement désespérée de courir après Sahar, que j’ai fini par renoncer à cette fille, enfin, pas renoncer au vrai sens du terme mais à éloigner cette délicieuse pensée d’être en couple avec elle après son comportement. Et je me suis dit que faire la connaissance de cette fille, que je trouvais mignonne, et pourquoi pas tenter de la connaitre du plus prés pour une éventuelle relation fut une bonne idée et beaucoup plus possible que continuer à draguer une fille qui m’avait repoussé gentiment.
Évidemment c’est ce que j’ai concrétisé en lui demandant s’il était possible qu'on se voit. Elle paraissait surprise, vu qu’on n’a pas trop papoté et que j’ai vite demandé à la voir. Elle m’avait dit qu’elle trouvait le fait que je n’aime pas perdre mon temps à parler un point positif, et accepta du coup mon invitation pour boire un café le soir même à l’étoile du Nord.
A 18H30, je fus à l’étoile. En pénétrant l’espace à faible luminosité de la cafétéria, je saisissais la chaise d’une table et je m’asseyais à proximité de petit coin où ils faisaient des spectacles de temps à autre.
Et puis en gardant les yeux fixés sur la petite porte menant à cette partie de la cafétéria, j’arrivais à la reconnaitre dés qu’elle s’arrêta à la porte. En lui faisant un signe avec la main, elle me souriait et se dirigea vers moi.
En me faisant deux bises, elle enleva son gilet et s’asseyait face à moi.
- J’espère que je n’ai pas tardé !
- Non, non, c’est bon, je viens d’arriver !
Elle était plus charmante en direct, une fille mince et petite de taille, disons 1m 58, avec des cheveux longs et bouclés, elle portait beaucoup d’accessoires aux mains et quatre bagues en tout.
En s’accoudant sur sa main, elle me regardait longuement. Elle prenait tout son temps pour me photographier de ses beaux yeux noisette puis me demanda d’une voix capricieuse.
- Je peux fumer ?
- Oui, oui, vas-y ! dis-je un peu troublée vu que c’était notre premier rancard.
En prenant un souffle de sa cigarette, elle reprit.
- Alors, t’es lesbienne ou bisexuelle ?
- Lesbienne ! et en croisant les mains et les jambes, mais je déteste faire les classifications.
Elle sourit et répondit en inhalant de la fumée.
- C’est cool de faire la connaissance d’une fille qui raisonne comme ça ! et en s’accoudant sur l’autre main cette fois-ci. Moi je suis bisexuelle !
Elle le disait et se taisait exprès, comme attendant une réponse de ma part, mais comme je ne disais rien sans la perdre de regard, elle dit.
- Ça ne te gène pas de faire la connaissance d’une bisexuelle ?
- Non, j’ai déjà une amie bi !
Elle traça un sourire persifleur et continua.
- Avoir une amie bi c’est une chose et sortir avec une bi c’est une autre chose !
En participant à son jeu de séduction, je parlais.
- Mais on ne sort pas encore ensemble !
Elle me dévora d’un regard séducteur et continua.
- Mais c’est possible non ?
Les joues un peu rouges, vu qu’elle me draguait directement.
- Je te plais ?
De l’autre main, elle posa la cigarette sur le cendrier et au bout des doigts elle me caressait ma main gauche, sans me quitter de son regard ensorcelant.
- T’es vraiment mignonne ! et en laissant ses doigts m’effleurer la peau, alors avec combien de filles t’es sortie ?
- Une seule.
- Une seule ?
En ingurgitant ma salive, je reprenais.
- Enfin, ça ne fait pas beaucoup de temps que j’ai fait mon coming out !
- Emm, une toute nouvelle ! murmura-t-elle en souriant.
- Et toi ? me lançai-je timide, avec combien de filles?
Elle retira sa main, et dit doucement.
- Je suis sortie à 90% qu’avec des garçons ! et… deux fois uniquement avec des filles ! puis en rigolant, ma première copine, je suis sûre que tu la connais !
- Ah bon ? elle est assez connue ?
Elle prit un long souffle de la cigarette et dit.
- Oui, c’est Ines !
- T’es sortie avec Ines ? m’écriai-je impressionnée, comme si Ines était une superstar.
Elle rait à voix basse et continua.
- Oui, c’était ma première expérience ! j’aimais sa façon de penser les causes qu’elle défendait, mais ça n’a pas marché entre nous ! on est resté d’ailleurs qu’un mois ensemble.
- et pourquoi ça n’a pas marché ? dis-je en la regardant comme un enfant attendant la suite de l’histoire avec impatience.
- Ben, ça n’a pas marché ! j’ai constaté que j’avais uniquement de l’admiration pour elle et non pas de l’amour. Et en rigolant, je crois d’ailleurs que c’est à cause de notre rupture qu’elle a tissé toutes ces histoires bidon autour des bisexuelles, méchantes, sans cœur, nymphomanes etc. et puisqu’elle a de l’influence sur les lesbiennes, elles ont cru à ses histoires, et ont pris son opinion sur les bi comme une référence !
Et tout en riant.
- Elle a un vrai talent de leader cette nana !
- Et ta deuxième !dis-je calmement.
- C’est une française qui est venue passer les vacances d’été à Hammamet ! on a passé deux agréables semaines ensemble puis elle est rentrée chez elle !
- T’as pas eu donc de relations sérieuses avec des filles ?
- Non, malheureusement ! mais ça ne veut pas dire que je ne désire pas m’engager sérieusement avec une fille ! je l’étais une fois avec un mec et on est resté deux années ensemble.
A part ce petit flash sur sa vie sentimentale, on n’a pas trop parlé. Elle avait un an de plus que moi, une fille charismatique, qui savait parler et qui communiquait trop avec les yeux. Mais ce que j’ai constaté ce que je lui intéressais, enfin c’était ma première interprétation. En lui demandant si on pouvait se revoir le lendemain, après avoir passé une heure et demie ensemble, elle faisait semblant de réfléchir puis refusait gentiment et en mettant son gilet, elle continua.
- Si tu veux après demain, je serai libre !
- D’accord alors ! dis-je en traçant un agréable sourire.
Le lendemain, à la même heure, j’étais à l’étoile du Nord, mais cette fois-ci accompagnée de mes deux potes Nawras et cyrine. Elles discutaient et moi je buvais un café crème, en suivant de regard Sahar, assise avec quatre amies à elle, en face de nous. Et puis, j’entendis les sifflements de quelques têtes présentes. Et en tournant la tête, je voyais Abdelmajid chiquement costumée, et Nesrine assise avec Ilhem et Amira , la taquinait.
- Oh ! Hana a un rancard à ce qu’il paraît !
Hana, très heureuse, répondait.
- Oui, oui à la cafétéria dans l’autre avenue avec la belle agora !
- Ah ! tu l’as draguée ? s’écria Amira en allumant une cigarette.
Hana, dessinant un agréable sourire disait avec fierté.
- C’est notre deuxième rancard les filles ! je l’ai vu hier matin à l’étoile du Nord ! et elle m’a dit que je lui plaisais !
- Ah bon ! s’écria Nesrine, ne croyant pas ce qu’elle entendait.
Amira, riant à haute voix.
- Ben, les bisexuelles adorent les filles masculines en général ! c’est à la fois le côté masculin de l’homme qu’elle cherche et la féminité de la fille sur laquelle elle fantasme ! donc une fille masculine c’est un bon coup !
Hana, prenant les paroles de la bande fofolle de Amira comme de la jalousie, fait semblant de ne pas les entendre et quitta la cafétéria en pressant le pas.
Quant à moi, je me sentais stupide. J’étais très intimidée d’avoir mordu à l’hameçon de cette bisexuelle allumeuse, et ne voulant pas éclater en sanglot devant mes potes, je courus vers les toilettes des filles. Et là, à ma surprise, je trouvais Sahar, pleurant dans les bras d’une amie à elle en disant.
- Je n’ai pas de chance avec les filles ! elle s’est moquée de moi cette poufiasse Jiji, elle m’a dit qu’elle me trouvait jolie et qu’elle aimerait bien me revoir demain !!

mardi 5 octobre 2010

Entre filles:épisode25:A poils les filles!

Publié par bella_ragatsa à 07:52 3 commentaires

Allongée sur le ventre sur un canapé, entourée, par une dizaine de filles qui dansaient et buvaient, Amira s’approcha de moi, en me donnant une pilule.
- vas-y ma grande, avec ça tu iras mieux ?
- Ma tête tourne !
Elle s’asseyait prés de ma tête, me caressa les cheveux, puis rajouta.
- vas-y! relève-toi !
Alors où suis-je là ? Eh, voilà, à une nouvelle girly party, dans l’appartement d’Amira. C’était la veille du braquage, à minuit voire plus. Enfin, je me rappelle pas très bien comment j’ai fini aussi saoule sur son canapé, capable uniquement de clignoter mes cils et de voir à peine les pieds dansants des quelques filles à ma proximité.
17heures avant, j’étais au cœur d’un film d’action à la tunisienne. A quelques kilomètres de l’autoroute, menacée pas par un revolver, mais par un petit couteau.
Comme je ne prononçais pas le moindre mot, sous l’emprise de la peur. Ce ne fut pas le bandit qui réagissait, mais une femme de la cinquantaine assise à ma gauche.
Sauvagement, elle m’arracha le collier du cou et le donna au voyou en enlevant ses boucles d’oreilles aussi.
- Voilà, c’est tout ce qu’on a !
Il dévisagea l’autre à l’arrière et s’écria.
- Hey, vous, donnez moi vos bracelets.
La femme de la trentaine, stressée s’écria.
- Ce ne sont que des faux bijoux je t’assure !
- Donnez-les-moi ! hurla-t-il d’un ton menaçant.
Voilà, après 20 minutes horribles, où on nous braqua nos bijoux et vida nos poches d’argents et de cellulaires, les bandits partaient mais en laissant leur emprunte en déchirant les quatre roues du pauvre louagiste. Sans un seul millime, à 7h du matin, sur une route presque calme, on faisait de l’auto-stop.
J’avais la sensation qu’aucune des voitures passantes ne voulait nous embarquer jusqu’à ce qu’une vieille camionnette marron me rappelant celle d’un film d’horreur français « haute tension », s’arrêta devant le louage.
La fille trentenaire, sans réfléchir, partit parler au chauffard puis en haussant la voix.
- Il a de la place pour une autre personne ! Alors, qui veut monter avec moi ?
Et comme je voulais à tout prix rentrer à Tunis, j’ai saisi mon sac à main et je suis partie en courant. C’était un monsieur de la cinquantaine, un type gros avec un ventre énorme et nous deux on arrivait à peine à nous asseoir à coté de lui à cause de son ventre.
Enfin, je sais comment vous réfléchissez ? Vous allez me dire, il vous a emmené sans contre partie comme ça ? Et ben non, la bonté n’est pas donnée à tout le monde, soit on l’a soit on l’a pas.
On n’avait pas de quoi payer et le monsieur ne cessait d’insinuer qu’on devait le payer. Mais n’allez pas très loin avec votre imagination, surtout pas, hein ? Il ne nous demanda pas des faveurs sexuelles, loin de là.
C’était un misérable chauffeur d’une usine à l’entrée de Tunis, et après une demie heure de silence, il sourit, alluma une cigarette et dit.
- Les fils de putes ! ils ne s’endorment jamais ! puis en nous regardant avec ses petits yeux, alors mesdemoiselles, vous allez vous taire tout au long du trajet ?
La femme, qui était plus courageuse que moi, se demanda en rigolant nerveusement.
- Vous voulez peut être qu’on vous chante ?
L’homme appréciant la proposition, cria.
- Oui, une très bonne idée, surtout que je n’ai pas de radio !
La femme, ria doucement et dit.
- Ben, je m’excuse mais si je chante, vous allez sûrement me jeter de la camionnette !
L’homme lança un volumineux rire, au point de nous assourdir avec, puis s’écria.
- Vous avez un sacré sens de l’humour vous ! et en me parlant, et toi, jeune fille ? ne sois pas timide, je veux vraiment t’entendre parler et en me faisant un clin d’œil, la chance de conduire un long trajet accompagné de deux charmantes demoiselles, ne me sourit pas tous les jours, et en prenant un souffle de sa cigarette, alors tu vas sauver ton amie, en chantant à sa place ou pas ?
Un léger coup de pied sur la cuisse, me fit revenir à mon présent. Et après j’entendis un rire que m’était familier.
- Dis donc, ce n’est pas Yasmine qui est là ?
Amira debout prés de moi, buvant de la bière répondit en souriant.
- Oui c’est elle, elle a trop bu ce soir ! et en riant encore, elle a passé une mauvaise journée, elle s’est fait braquée dés l’aube !
- Ce n’est pas vrai ? s’écria Nesrine, puis en parlant à Amira, elle me semblait timide, t’es sûre qu’elle est venue à cette soirée "strip" de son plein grès ?
- Ben, oui ! dit Amira calmement. Puis en regardant avec désir la poitrine de Nesrine. Il est joli ton soutien gorge ?
Allumeuse de nature, Nesrine s’approcha d’Amira et parla avec malice.
- C’est le soutien qui te plait ou ma poitrine ?
Amira, se laissant aller dans le jeu de séduction, répondit.
- A vrai dire, la poitrine !
Nesrine, me secoua à nouveau avec la pointe de son espadrille Asics et badina.
- C’est en fait Yasmine qui m’a aidé à le choisir ! en en me caressant les cheveux, n’est ce pas ma chérie ?
Puis me regarda minutieusement et s’interrogea en chuchotant mais j’arrivais à les entendre.
- Tu ne lui as pas mis un truc dans le verre par hasard ?
Amira, ceinturant le cou de Nesrine avec ses deux bras disait, le visage un peu empourpré d’ivresse.
- Elle est timide, et elle a besoin de se relâcher !
- Coquine ! s’écria Nesrine en lui arrachant un long baiser.
Après je ne me rappelle pas très bien ce qu’elles ont fait. Je crois qu’elles étaient parties quelque part pour faire l’amour. De toute façon, je me rappelle que j’étais restée seule dans la pièce. J’entendis les rires des autres filles provenant de la cuisine et la voix insistante d’Abdelmajid qui demandait à l’une des filles de faire un strip tease.
- Allez Khawla ! ne sois pas timide !
La fille apparemment refusant de le faire, rigolait.
- Non, non, fais le toi-même ! je désire vraiment te voir en sous vêtements.
Abdelmajid, ria à haute voix et dit.
- Moi ? vous n’allez pas l’adorer ! je suis toute musclée.
Une fille, le dos collé au mur, parla.
- Moi, j’adore les filles masculines !
Hana, un peu gênée, finit par accepter, et toute la bande revenait où je me trouvais pour faire le show. En commençant à déboutonner son chemisier, Hana me regarda et me parla.
- Hey, Yasmine ! on est là pour faire la fête, ma grande pas pour dormir !
Khawla, l’hôtesse, sourit et proposa d'un ton malin.
- Et si vous feriez le strip tease en même temps, vous deux ?
- Très bonne idée ! s’écria Hana, joyeuse.
Et après, deux filles s’étaient venues m’aider à me relever.
- Qu’est ce que vous voulez ? dis-je un peu troublée.
Khawla, les bras croisés dit.
- Ne sois pas timide ! tu ne seras pas seule ! et puis on est là pour s’amuser et t’es la seule avec Abdelmajid qui ont refusé de rester en sous vêtements depuis le début de la soirée ! et en buvant un peu de bière, vous nous devez un petit spectacle quand même !
Au bout d’un moment, Nesrine et Amira nous rejoignaient. Puis en s’asseyant côte à côte sur le canapé. Amira, s’écria excitée.
- Allez que la fête commence !
Et Nesrine sous l’emprise de l’alcool :
- A poils les filles !
On était piégée par les regards avides de toute la bande. On se regardait moi et Hana, et une sorte de chaleur moite s’insinua entre nous. Encouragée, par les applaudissements, les sifflements et surtout la musique, Hana commença à déboutonner sa chemise ample et en me souriant.
- Vas-y, qu’est ce que tu attends ?
En clignotant les yeux pour me persuader si je faisais un mauvais rêve ou que réellement je m’apprêtai à devenir strip teaseuse amatrice, je me rendais compte que la situation embarrassante n’était pas moins pire que celle que j’ai vécue très tôt le matin.
Victime de ma propre voix, j’étais obligée de passer une heure et demie voire plus à chanter puisque le chauffeur ne conduisait pas à toute vitesse. Il prenait tout son temps, pour m’entendre chanter.
Comme si c’était son jour de chance, il me demanda de chanter quelques vieux morceaux tunisiens après m’avoir entendu chanter des chansons anglaises.
- Tu sais que t’as une agréable voix ! moi j’adore le Mezoued, chante-moi, un tube de Fatma Bousaha !
- Pardon ?
Et voilà, j’étais donc poussée à me faire passer pour une Bousaha contemporaine jusqu’à ce qu’il nous déposa à l’entrée de Tunis. Là, après un petit quart d’heure de bronzage sous un soleil très fort, et éblouie par les rayons, un taxi s’arrêta et la fille avec moi le prit la première. Elle était gentille en me demandant de l’accompagner mais quand j’ai su qu’on n’avait pas la même destination je me suis excusée.
Un petit bout de moment après, une voiture bleue s’arrêta. Et je n’avais pas compris qu’elle l’avait fait pour moi que quand le chauffeur s’est mit à klaxonner.
En m’approchant de la porte de conducteur, je m’apercevais, surprise, que le conducteur, n’était qu’Ilhem, accompagnée d' Amira à sa coté et de deux fausses blondes à l’arrière de la voiture, toutes bien pomponnées et en robes de soirée.
- Bonjour ma salope ! qu’est ce que tu fais à 8h du matin dans la zone industrielle ? s’écria Amira en me souriant.
Ilhem, gentiment m’interpela.
- Vas-y monte, ne reste pas debout sous le soleil ! on dirait un soleil de plein été !
Une fois engouffrée à l’intérieur de la voiture et coincée entre les cuisses des deux blondasses, je me demandais, les yeux gonflés suite à mon manque de sommeil.
- Ne me dites pas que vous étiez à Hammamet ?
Amira en tournant sa tête, et en me pinçant la joue en badinant.
- Pour la première fois, je découvre que Yasmine est très intelligente ! comment l’as-tu deviné ?
Ilhem, en riant.
- Arrête de la taquiner ! puis en me regardant du rétroviseur, j’aurai aimé que tu nous accompagnes à la boite Ibiza, il y avait une super soirée hier, avec un DJ canon ! mais bon, j’ai changé mon cellulaire et du coup j’ai perdu tous mes contacts.
En m’allongeant sur mon siège, je murmurai.
- De toute façon, moi je dois collecter tous les numéros de mes amies puisque je venais de me faire braquer !
- Non, pas vrai ? s’écria les deux filles à mes côté.
Et sous la surprise, Ilhem fit un frein sec puis cala la voiture au démarrage.
- Comment ça raconte ?
Sous les klaxons désagréables et des quelques insultes matinales de gens voulant atteindre leurs lieux de travail à temps. Amira s’écria, en riant.
- Et si elle nous raconte sa mésaventure à l’étoile du nord !
- Oui, une bonne idée ! dit Ilhem en appréciant l’idée, puis en criant sur les nerfs en sortant sa tête de la fenêtre.
- Vas-y connard passe ! et arrête de klaxonner, tu m’énerves !
Le type nous doubla et cria en s’éloignant.
- Poufiasse !
Autour d’une table au fond de la cafétéria, je me suis mise à leur raconter en détails ma mésaventure matinale.
Amira, en prenant tout à la légère comme d’habitude, se faisait passer pour une écrivaine et dit.
- Si j’avais le don de l’écriture, j'aurai écrit une nouvelle sur tout ce que t’as vécu ce matin, intitulée mon jour de malchance !
Un peu énervée, je murmurai.
- Heureusement que tu ne l’es pas !
En me dévisageant d’un regard séducteur, elle rajouta.
- Ilhem et si tu lui annonces la petite nouvelle toute fraiche ?
- Quelle nouvelle ? se demanda Ilhem, puis en se rappelant, ah, oui, un autre couple lesbien, a rompu hier !
Amira lui coupa la parole en disant.
- Cela t’intéressera sûrement !
- Et pourquoi ça m’intéressera ?
- Il s’agit de Sahar et sa meuf ! c’est fini entre elles deux ! en souriant, elles ont changé leur statut de facebook, mais une fille me l’a informé bien avant.
- J’étais à Tunis hier à l’après midi…
Amira m’interrompit en continuant.
- Et ben pour rompre, même quelques minutes suffisent ! puis en se mettant debout, c’est ta chance de la draguer !
- Elle ne m’intéresse pas ! je criai, frustrée.
Mais comme si, elle ne m’entendait pas, elle ajouta pour me provoquer.
- Et tu ne seras plus dans l’obligation de l’embrasser en cachette dans les toilettes des filles ! puis en parlant à sa bande, alors vous venez ? moi je suis KO, j’ai très sommeil, et je ne veux pas passer une troisième nuit blanche consécutive !
Les autres filles se levèrent, et Ilhem, me demanda si je voulais qu’elle me dépose chez moi, mais je refusais tout en la remerciant. Pour être franche, je ne voulais pas monter avec Amira dans la même bagnole surtout pas qu’elle m’avait mise sur les nerfs.
Et avant d’avancer un seul pas, Amira dit en se rappelant.
- Ah, j’ai oublié ! et en me regardant droit aux yeux, j’organise une petite soirée chez moi ce soir, je t’invite !
- Non, merci, je ne veux pas ! dis-je en faisant une moue.
- Comme tu veux ! dit-elle en secouant ses épaules, puis fit un pas pour s’en aller et se ravisa presque aussitôt. Ah, oui, Sahar fait partie des invitées !
Puis me salua avec la main et partit avec sa bande. Comme si elle savait que j’avais un faible pour Sahar, j’ai mordu à l’hameçon. Et le soir, vers 22h, j’étais même arrivée une des premières à son appartement.
Il n'y avait à cette heure là, qu’Amira et Abdelmajid. En l’interrogeant sur Ilhem, elle m’avait informé qu’elle avait un petit empêchement, mais que ça ne gâchera point notre party.
Et après peu à peu, des couples lesbiens faisaient leur apparition sauf bien sûr Sahar. En m’approchant d’Amira, elle me rassura qu’elle lui a promis de venir, mais j’étais convaincue que c’était un autre piège que cette fille m’avait tendu comme d’habitude juste pour m’avoir prés d’elle.
Et quand elle s’est rendue compte après une heure, que j’étais sur le point de partir, surtout que je ne me sentais pas à l’aise avec toutes ces filles qui se déshabillaient en restant en sous vêtements uniquement ; C’était peut être le thème de leur soirée disjonctée chez une fofolle comme Amira, elle m’avait rattrapé à la porte en me suppliant de rester, elle m’avait même dit qu’elle allait téléphoner à Sahar pour lui demander de venir et m’avait offert un verre de bière.
- Non, merci, j’ai vraiment mal à la tête !
Elle me tint par le bras et dit.
- Viens t’asseoir un peu, je vais t’apporter des comprimés pour maux de tête !
- Non, je ne peux pas vraiment…
- Je t’en supplie Yasmine ! je ne peux pas te laisser t’en aller sur cet état là !
Si j’avais suivi mon instinct à cette heure là, ça m’aurait évité le strip tease que je me préparais à le faire.
Nesrine, ne pouvant plus attendre le show, s’adressa à Hana en disant.
- Ben vas-y ! aide-la un peu à enlever son pull !
Elle hésita un moment, puis mit sa main sur ma taille.
- Ne me touche pas ! dis-je en réagissant agressivement tout en expédiant son bras.
Là, Nesrine s’approcha de moi, et dit en me ceinturant de ses deux bras.
- Tu veux que je le fasse moi, n’est ce pas ?
Le cœur battant, je devenais toute rouge, et là, les autres filles commençaient à me taquiner.
- Oh, elle a un faible pour Nesrine !
- Non, ce n’est pas… ! balbutiai-je très gênée.
En relevant la tête, je perdais ma langue pour de bon, lorsque mes yeux croisèrent ceux de Sahar, debout à côté d’Amira, qui riait en silence.

vendredi 3 septembre 2010

Entre filles: Episode24: Des retrouvailles

Publié par bella_ragatsa à 08:14 6 commentaires

- Tu n’es pas un homme !
- Fais attention à ce que tu dis ! et rajouta furieux, je t’ai toujours respecté à cause du lien de parenté qui nous unissait !
Voilà, c’était la fameuse dispute qui s’est déclenchée entre mon papa et ma grand-mère, suite à mon retour forcé à Sousse, l’après midi du scandale qu’elle m’a faite sur le lieu de mon travail.
Elle n’a cessé de m’insulter tout le trajet et surtout d’insulter mon père.D’ailleurs, une heure tout juste après notre arrivée à sa villa de Bouhsina, elle l’a appelé , lui demandant de venir d’urgence comme si quelque chose de grave s’est produite, dont la résolution exigeait la présence de plusieurs personnes.
Cet incident si grave, était bien sur , mon travail. J’étais jeune aux yeux de ma mamie, très jeune même, un bébé dépendant, comme sa fille qui n’a jamais quitté l’adolescence.
Pour elle, tant que j’étudiais, c’était le devoir de mon père de subvenir à mes besoins. Elle aurait cru peut être qu’il ne me donnait pas assez d’argent pour mener une vie d’aisance et de confort, une vie qui correspondait à ma classe sociale.
Pour elle, un enfant de bourgeois, ne devrait bosser qu’en tant que chef de sois même, c’est quelqu’un d’important, avec plein de responsabilités et beaucoup de subordonnées à sa disposition.
Mais être vendeuse dans une boutique, au service des autres, ça c’était impardonnable, une insulte à sa dignité et à son égo. Personnellement, ça me gênait pas d’être au service d’autrui, mais pour elle c’était la fin du monde.
Quand elle l’a appelé, elle ne cessait de crier, comme si un malheur avait surgi. Mon pauvre papa, avait tout laissé et est venu en courant lorsqu’il a appris qu’il s’agissait de moi.
C’était vers 20h. J’étais assise sur un sofa au grand salon, très tendue sous les regards méchants et sacripants de ma grand-mère, debout à quelques centimètres de moi, comme si elle craignait que je prenne la fuite.
A trois pas sur une pouffe, devant l’écran mon frère, était scotché, les mains tenant une manette de sa console de jeu. Très concentré, il n’a même pas fait attention à ma présence et n’a pas pris la peine de ma saluer, même par un simple sourire, pourtant, on s’est pas vu depuis trois mois au moins.
Quant à ma sœur, qui n’avait que 8 ans, elle se tenait debout prés d’une plante de décoration que ma grand-mère, a reçue comme cadeau de l’un de ses amis qui est parti en voyage pour le Mexique très récemment, un Philodendron mandianum, je crois. Elle caressait les feuilles, tendrement, comme si elle caressait les cheveux d’une poupée. En fait, ma sœur, était un peu bizarre, elle ne jouait pas avec les poupées ni avec les voitures des garçons, mais elle adorait les plantes. Elle leurs parlait même.
Elle avait une imagination tellement débordante, qu’elle crut que les plantes et les arbres de la villa lui parlaient le soir quand tout le monde s’en dort.
C’était un sujet qui a toujours inquiété ma grand-mère, puisqu’elle s’est chargée de l’éducation de Lina dés sa venue au monde. C’était d’ailleurs, la seule de nous trois, qui a vécu à plein temps avec mamie, et n’était pas très affectée par le divorce de mes parents, puisqu’elle considérait mamie comme sa mère et son père à la fois. Elle l’emmenait d’un pédiatre à l’autre, et même parfois à des psychiatres. Elle craignait que sa petite fille soit atteinte d’une sorte de démence que son médecin traiteur n’a pas détectée à sa naissance.
Mais la conclusion tirée par tous ceux qui l’ont examiné, ce que c’est dû à son isolement puisque ma grand-mère, avait décidé dés son jeune âge de ne pas l’inscrire à un jardin d’enfant, mais à la manière des aristocrates, de lui payer un professeur qui vient quotidiennement lui apprendre les bonnes manières, et les langues. Elle maitrisait d’ailleurs le français plus que l’arabe. C’était la volonté de ma mamie, qui adorait la langue de Molière et qui la considérait comme un symbole d’appartenance à la hight society.
Et elle l’a inscrite comme nous trois, à l’école des sœurs, une école prestigieuse, pour les enfants de familles bourgeoises.
- Maman, regarde, elle a bougé ses feuilles !
Mamie, la regarda du coin de l’œil tout en gardant l’autre sur moi et dit doucement.
- C’est dû au courant d’air ma chérie !
Puis on entendit le claquement de la porte principale et je voyais papa, avancer à pas lourdes, comme ayant peur d’entendre une mauvaise nouvelle.
Dès qu’elle l’aperçût, elle me libéra de son regard venimeux et le dirigea vers mon pauvre papa.
Sans un bonsoir de sa part, elle l’attaqua directement, si violemment comme d’habitude. Elle l’avait écorché vif, avec ses paroles, ses préjugés moraux.
Et ce que je trouvais bizarre , ce que mon père ne prenait pas sa défense. Il la laissait l’insulter, l’indigner sans vraiment riposter, même pas une crise de colère.
Il lui était peut être reconnaissant, puisqu’elle se chargeait de l’éducation de sa petite fille, mais ce n’était pas une raison pour se laisser maltraiter et humilier ainsi.
- Qu’a-t-il de si urgent ? puis en me dévorant d’un regard à la fois doux et inquiet, cava ma puce ?
En hochant la tête pour dire oui, je murmurai.
- Oui, cava !
Comme soulagé, mon père sortit sa pipe, la seule habitude qu’il a gardée de son ancien statut de businessman, et de l’autre main saisissait le briquet mais ma grand-mère l’arrêta sur le champ.
- Tu fais quoi, là ?
En levant les sourcils de stupéfaction.
- A ton avis ?
- Ne réponds pas à ma question par une autre ! s’écria-t-elle en colère, puis en lui arrachant la pipe avec férocité. Dans ma maison, on ne fume pas !
Puis en me pointant par le doigt comme un condamné à mort.
- Ta chère fille bosse en tant que vendeuse, tu te rends compte ?
Mon père s’assit sur un fauteuil, et dit calmement.
- C’est bien, qu’elle prenne de la responsabilité…
- Pardon ? hurla-t-elle furieuse. Je t’ai dit une vendeuse !
- Et alors ? c’est un travail comme les autres.
Énervée par la froideur de mon père, elle continua.
- Mais tu n’as pas honte de toi ? t’es son père, tu dois travailler pour subvenir à ses besoins mais pas la laisser bosser, elle est si jeune !
Et là, j’intervenais prenant la défense de mon papa.
- Mamie, ce n’est pas pour l’argent que je bosse, c’est juste que…
- Ferme-la ! me lança-t-elle, quand les grands parlent, les jeunes se taisent !
Mon père, intervenait pour la première fois en haussant la voix.
- Ne parle pas comme ça à ma fille !
- Non, c’est ma fille à moi, tu l’as peut être conçue, mais c’est moi qui l’a éduquée.
Et là, on entendit la musique de la perte et une voix ressemblant à celle d’un robot, dire « Game over »émanant de la télé. Là, mon frère, jusqu’à là silencieux, dans son monde à lui, revenait quelques instants avec nous en boudant.
- Merrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrdeuuuuuu ! et en se levant de sa pouffe ! mais vous ne pouvez pas aller discuter ailleurs ? vous me déconcentrez !
Mon père souriait et lui adressa la parole.
- Salut fiston cava ?
Bayram, le regarda du coin de l’œil, et murmura à contre cœur.
- Oui, cava ! et en parlant à mamie, vous ne pouvez pas aller continuer vos discussions byzantines dans une autre pièce ?
Ma grand-mère, ne voulant pas se disputer avec lui aussi.
- Va jouer avec ta console dans ta chambre !
- Non, l’écran de ma télé est petit, et j’aimerai jouer sur celui là ! et insolemment, alors si vous voulez, allez vous disputer dans ma chambre ou dans le jardin !
- Merci pour ta générosité, fiston ! s’écria mon père, en badinant.
Et ma petite sœur aussi, tira le bout de la robe ample de ma grand-mère, en criant de sa voix capricieuse.
- Shuuuuuuuuuuuut Loulou veut dormir !
- C’est qui Loulou ?
- Voyons, maman ! dit-elle en pointant la plante avec son doigt.
Les yeux brulant de colère, mamie hurla.
- Lina, va dans ta chambre !
Et quelques instants après, la porte principale de la villa s’ouvrit et le bruit des talons de ma mère s’approcha de nous. Mamie coulait un regard furieux dans sa direction et la gronda.
- Enfin, t’es de retour !
Sans même s’arrêter, et en mettant le pied sur la première marche de l’escalier.
- On parlera demain man, je suis pressée.
- Pardon ? et en laissant mon père prendre son souffle quelques secondes, tu n’as pas vu qui est ici ?
Ma mère, jeta un coup d’œil sur sa belle montre en or, et en tournant la tête vers nous, l’expression de son visage changea.
- Putain, man, qu’est ce que cet homme fait ici ?
- Cet homme ? se demanda mon père stupéfait, puis en riant, ah c’est bien, tu ne sais plus mon nom maintenant.
Ma mère, faisant semblant de ne pas l’entendre monta encore deux marches, mais ma grand-mère l’arrêta en criant.
- Mais où vas-tu ? tu viens de rentrer.
Ma mère, poussa un siffle, et en fouillant son sac à la recherche de son GSM.
- Je vais sortir avec Ahmed, on va on boite !
- Mais t’étais avec lui l’après midi ?
- Oui, mais on a décidé d’aller en boite, donc je vais me changer pour ça !
En en croisant mon regard.
- Ah, Yasmine ? t’es là ?
- Oui, man ! dis-je en traçant un faux sourire.
- Cava les études ? puis en montant le reste des marches rapidement, écoute si t’as besoin d’argent ou de quoi que ce soit, on en parlera demain, puis en en m’envoyant un bisou avec la main, reste sage, eh !
Puis disparait dans sa chambre de premier étage. Mon père croisa ses bras, un moment, puis se leva du fauteuil, en disant d’un ton sérieux.
- Et ben, ma chère belle-mère, je crois que tu feras mieux de remédier à l’éducation de ta propre fille avant de t’occuper de celle de mes enfants !
Et en s’approchant de moi, tout en me collant une douce bise sur le front.
- Je suis fier toi, ma chérie ! tu peux travailler comme vendeuse ou même comme une danseuse, moi ça ne me gène pas !
Puis serra ma petite sœur contre lui et parla à mon frère.
- Bonne nuit, Bayram !
Mon frère, ne faisait pas l’effort de tourner sa tête et leva juste sa main pour le saluer.
Mon père, le regarda un peu d’un air triste puis traça un petit sourire pour énerver ma grand-mère, qui n’aimait rien en lui, et quitta la villa en claquant fortement la porte.
- Même sa façon de fermer la porte prouve qu’il manque de délicatesse !
Puis en suivant mon regard qui ne traduisait aucune réaction.
- Qu’est ce que tu regardes eh ? à ta chambre tout de suite !
Voilà, une petite idée de la belle ambiance familiale pilotée par la maestro ma grand-mère. Vers22h pile, le calme absolu avait régné dans la demeure. Mamie était dans sa chambre et moi dans la tienne que je partageais avec ma petite sœur.
Je n’avais pas du sommeil, je ne faisais que l’observer dormir comme un bébé et parler pendant son sommeil parfois. Et j’étais décidée à quitter la maison de bonne heure avant que ma grand- mère se réveille et qu’elle me fera une nouvelle leçon de morale à l’ancienne.
Vers 5H du matin, je fuguai de la maison en direction de la station des louages. Le soleil se cachait encore entre les nuages, et un vend froid mais léger jouait tout le trajet avec mes cheveux.
Une fois dans un louage pour Tunis, je mis mes lunettes de soleil sur les yeux, et je m’allongeais légèrement sur mon siège arrière prés de la vitre droite. Un petit quart d’heure après, le chauffeur démarra la voiture, qui fonça dans l’asphalte à toute vitesse, en sautant parfois à cause des multiples crevasses dans la route.
Avant d’entamer l’autoroute, je fermai les yeux en espérant dormir un peu pour me reposer, mais à peine endormie, je fus réveillée par le bruit assourdissant de la cassure de pare brise. La voiture se mettait à déraper sur la route, puis le désagréable son du freinage de la voiture qui s’arrêta brusquement sur la piste me faisait accélérer les battements de cœur.
En ouvrant les yeux, affolée et le visage pâle du choc, je voyais une énorme pierre sur le pare brise, carrément brisé, et les fragments de la pierre étalés sur le capot de la voiture. Et puis en enlevant mes lunettes, je voyais la voiture encerclée par trois mobylettes. L’un des hommes, le visage découvert, sauta de sa mobylette et en menaçant le chauffeur avec un grand couteau.
- Donne-moi les clés de la voiture !

Et l’un des quatre bandits qui l’accompagnait, s’approcha de ma vitre semi ouverte, et se pencha par-dessus la portière, en dévisageant nos visages pâles de peur, puis dit en traçant un méchant sourire quand il remarquait qu’il n’y avait que des femmes à l’arrière de la voiture.
- Alors mesdames et mesdemoiselles, vous n’avez pas quelque chose à m’offrir ce beau matin ?
Et en admirant mon collier qui brillait sous les rayons de soleil infiltrés timidement à travers les nuages, il dégaina son couteau en disant.
- Alors tu me le donnes gentiment ou je le prends à ma manière ?
 

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